Changement de cap radical de la BCE, « not a step but a journey »…Welcome on board !

La BCE n’a pas molli et confirme, non seulement, l’arrêt de ses achats d’actifs fin juin mais également son intention de relever le niveau de ses taux directeurs d’un quart de point en juillet et de procéder à une hausse en septembre dont l’ampleur sera définie en fonction de l’évolution du contexte inflationniste à ce moment-là, précisant que si les perspectives de moyen terme se détériorent davantage, il sera approprié de procéder à une hausse plus importante qu’un quart de point. Au-delà, compte-tenu de son scénario, la BCE considère que des hausses régulières de ses taux directeurs  seront nécessaires pour ramener l’inflation à son objectif de 2 %. Le changement de cap est donc bel et bien acté et comme le précise Mme Lagarde lors de sa conférence de presse : il ne s’agit pas seulement d’une marche franchie mais d’un voyage au long court durant lequel la BCE relèvera ses taux autant qu’il faudra pour ramener l’inflation là où son mandat la contraint. Les réponses des marchés ne se sont naturellement pas faites attendre, avec pour effet immédiat l’amplification des anticipations de hausses des taux qui se traduit par une réaction brutale des marchés de la dette en même temps qu’un rebond de l’euro.

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La BCE peut-elle ignorer l’accentuation des tensions souveraines de ces derniers jours ?

Depuis le dernier comité de politique monétaire, l’inflation a poursuivi sa hausse et poussé la BCE à revoir, une fois de plus, sa copie. Cette fois, c’est clair, Mme Lagarde a laissé entendre que de possibles hausses des taux directeurs pourraient avoir lieu dès juillet et se prolongeraient en septembre, à raison de deux mouvements de 25 points de base chacun qui ramèneraient à zéro le taux de dépôt. Jusqu’alors relativement contenues, les tensions souveraines se sont largement intensifiées dans cette perspective. A plus de 210 points de base, les écarts de taux entre l’Italie et l’Allemagne, approchent dangereusement les niveaux de crise que la BCE pourrait aisément provoquer si elle n’y prend pas garde. C’est donc plus sur ses annonces en matière de mesures de sauvegarde des États les plus fragiles que sur la confirmation de ses intentions de relever les taux que la BCE jouera son va-tout. Quelle tournure pourrait prendre, dès lors, sa communication.

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Malgré le léger rebond allemand, l’industrie européenne piétine

Malgré des indicateurs de climats de affaires encore relativement satisfaisants, les retours en provenance de l’industrie européenne restent moroses. En France, la production a reculé de 0,1 % en avril et de 0,4 % pour sa composante manufacturière, après déjà des baisses de respectivement 0,4 % et 0,2 %. L’Espagne s’en est sortie un peu mieux, avec une progression de 2,1 % de son activité en avril, après toutefois une baisse d’ampleur similaire en mars. En Allemagne, enfin, la production industrielle a augmenté de 0,7 % mais de seulement 0,4 % pour sa composante manufacturière, après une chute de 4 % : l’acquis pour le deuxième trimestre s’établit ainsi à -2,6 % Outre-Rhin ; un bien mauvais point de départ pour la croissance de ce printemps quand bien même le rattrapage dans les services pourrait en atténuer les conséquences sur le PIB.

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Le rapport sur l’emploi n’offre pas à la FED de quoi dévier de sa trajectoire

… Tout du moins, pas dans l’immédiat. Trop abondantes les créations de postes et, qui plus est, revues à la hausse le mois précédent au lieu de la correction généralement attendue à la baisse. Fort heureusement, le taux de chômage reste inchangé, à 3,6 %, mais à raison de 390K créations de postes, après 436 K, il faudra très peu d’emplois en juillet pour qu’il ne rebaisse pas. La croissance des salaires est également moins vigoureuse et bien peu en phase avec les retours alarmistes des PME sur leurs difficultés de recrutement, lesquelles se seraient accentuées davantage à en juger par la remontée de leurs offres insatisfaites, selon les données publiées hier. La FED aura néanmoins du mal à effectuer la pirouette escomptée par les marchés dans de telles conditions. Les taux d’intérêt remontent donc dans la foulée du rapport et le risque d’aller un peu plus haut que leurs plus hauts récents s’accroissent. Les bourses, à nouveau happées par la menace monétaire, n’apprécient guère.

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L’ADP confirme le coup de frein du marché de l’emploi dans les services américains

Sans grande surprise au regard des retours récents en provenance de l’économie américaine, le rapport de l’ADP sur les créations d’emplois privés est en nette détérioration, avec 128K emplois créés au lieu après 202K en avril (initialement 247K) et 390K en moyenne au cours des quatre premiers mois de l’année. Comme déjà suggéré par le rapport JOLTS d’hier, c’est dans les services que le ralentissement est le plus marqué, avec une division par plus de trois du rythme d’augmentation des postes par rapport aux mois précédents, notamment du fait d’une nouvelle détérioration dans les PME, lesquelles auraient détruit 91K postes, après déjà 120K en avril.

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BMG mai 2022 – Lancinante érosion

Notre baromètre macroéconomique global ressort à -0,1 en mai, inchangé par rapport à avril (initialement estimé à -0,2). Les indicateurs les plus avancés, climat des affaires et consommation, perdent encore un peu de terrain, en zone négative. Les autres, investissement et exportations, retrouvent le territoire neutre. Par pays, seul le Royaume-Uni se détache en zone positive, tandis que la Chine et l’UEM restent les moins bien lotis. Notre indicateur global d’inflation stagne à 0,6.

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L’inflation en zone euro : à ce rythme on va dans le mur !

Sans surprise, au vu des données de ces derniers jours, l’inflation a continué à gagner du terrain en zone euro pour ressortir à 8,1 % en mai, un nouveau record. La hausse des prix à la consommation s’est accélérée dans la totalité des pays de la région à l’unique exception des Pays-Bas. Les pays baltes, les plus exposés à la guerre russo-ukrainienne, sont aussi les plus touchés, puisque l’Estonie franchit la barre des 20 % et que la Lettonie enregistre la plus forte progression : +3,3 points, à 16,4 %.

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