Laborieux retour de la confiance en Allemagne

L’Allemagne va mieux ! C’est en tout cas ce que laissait penser la publication du PIB annuel de 2019, en hausse de 0,6 %, preuve d’un dernier trimestre légèrement meilleur que les deux précédents. Par ailleurs, les indicateurs de climat des affaires confirment l’amélioration globale de la situation et semblent écarter, à priori, la perspective d’une récession dans les mois à venir. Reste que leurs faibles niveaux et des divergences entre instituts (IFO, ZEW et PMI) n’offrent pas beaucoup de visibilité.

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C. Lagarde : en guise de chouette, une vraie colombe…

Sagesse, perspicacité, déesse des Arts et de la Sagesse, défense, intelligence, commandement… Autant d’adjectifs associés au nom de chouette sur Wikipédia. Quel que soit celui que cherche à nous renvoyer Mme Lagarde en choisissant ce symbole, c’est avant tout par une posture très colombe qu’elle marque sa première communication de 2020.

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La hausse des prix alimentaires malmène le monde émergent

Difficile de trouver de quelconques signes d’un regain d’inflation dans les économies développées. Si la disparition de la contribution négative de l’énergie à l’inflation annuelle fait mécaniquement remonter le rythme de hausse des prix, les sous-jacents évoluent peu. En zone euro, l’inflation totale est remontée de 1 % à 1,3 % entre novembre et décembre tandis que l’inflation sous-jacente s’est stabilisée à 1,3 %. Aux États-Unis, où l’inflation annuelle s’est accélérée de 2,1 % à 2,3 %, la hausse des prix hors alimentation et énergie a, quant à elle, reflué de 1,6 % à 1,5 % et à moins de 1 % hors loyers et assurances santé, les deux principales sources de hausses des prix sous-jacents. Au-delà des effets de base annuels liés aux prix de l’énergie, la situation semble peu amenée à changer à brève échéance. Un certain nombre de déterminants cycliques subissent, en effet, le contrecoup du tassement récent de la conjoncture tandis que les perspectives de prix futurs des ménages sont stables, voire en léger repli de part et d’autre de l’Atlantique.

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Frénésie financière : une roulette russe sur la tempe de l’économie mondiale

Buy the rumor, buy the fact ! Malgré le scepticisme exprimé de toutes parts, la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain se révèle un nouveau prétexte pour une flambée des actifs mondiaux. La frénésie des marchés financiers semble totalement incontrôlée et incontrôlable et, au rythme où vont les choses, il est difficile de faire l’autruche et d’échapper à la question : comment tout ceci se termine ? Nul n’a le pouvoir de le prédire, que ce soit dans la forme ou dans le temps. C’est le propre des bulles, en effet, que de dépasser l’entendement et de piéger les agents en défiant toujours plus les fondamentaux. Mais on ne pourra pas dire que les économistes n’auront pas prévenu : les phénomènes spéculatifs atteignent des proportions inédites qui agissent aujourd’hui comme des menaces de premier plan, sans commune mesure avec les risques économiques, sur les perspectives mondiales. Piégés, les responsables de politiques économiques n’ont d’autre choix que de brosser la bête dans le sens du poil, ce qui revient à accroître plus encore les risques futurs. Mais leur capacité à repousser l’échéance aura forcément une fin. D’où pourrait-elle venir ?

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Ventes de détail américaines : le juste ton

Ventes de détail américaines : le juste ton

En décembre, les ventes de détail américaines on progressé de 0,3 %, conformément aux attentes et comme elles l’avaient fait le mois précédent, le chiffre initial de 0,2 % ayant subi une légère révision haussière. La progression est donc modeste, d’autant plus qu’elle est exprimée à prix courants. L’estimation de ces mêmes ventes corrigées de la hausse des prix par le Census Bureau ne ressort plus qu’à zéro pour-cent. Pas de quoi fouetter un chat, donc, en dépit de la satisfaction provoquée par ces données. Origine de la confusion : les données publiées par le Census sont en valeur, diffusées en variation mensuelle et annuelle, cette dernière mesure étant ressortie en forte accélération, de 3,3 % en novembre à 5,8 % en décembre. Deux éléments expliquent ce résultat :

  • l’accélération de la mesure des prix de ces mêmes ventes, dont le glissement annuel est passé de 1,9 % en novembre à 2,4 % en décembre ;
  • les effets de base annuels liés au fait que décembre de l’année précédente (2018) était un mauvais mois au cours duquel le breakdown de l’Administration avait occasionné un reflux de 2,3 % des ventes mensuelles.

Autrement dit, des effets d’optiques qui ne disent rien quant à la tendance des ventes effectives de ces derniers mois lesquelles sont, en l’occurrence, littéralement atones en volume depuis septembre, soit légèrement inférieures à leur niveau du mois d’août dernier, comme illustré ci-dessous.

Si le rapport n’est pas foncièrement mauvais, la consommation étant également alimentée par les dépenses de services dont la majeure partie ne figure pas dans ce rapport, il ne justifie aucunement l’optimisme des réactions qu’il a provoquées dans un contexte où le marché ne voit que ce qu’il veut face à la surenchère provoquée par la signature de la phase I de l’accord commercial sino-américain.

On rappellera, comme illustré par le graphique ci-dessus, que le volume des ventes n’a pas progressé de plus de 3,2 % en deux ans ; un résultat à peu près équitablement réparti entre 2018 et 2019 si l’on fait abstraction du contrecoup du shutdown, décembre 2019 terminant à un niveau à peine supérieur de 1,5 % à celui de novembre 2018. Les ventes automobiles, pour leur part, lesquelles représentent avec les accessoires 20 % du total des achats, poursuivent leur tendance graduelle au repli comme c’est le cas depuis au moins deux ans.

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L’or remonte après l’accord USA-Chine…

Dubitatifs, est sans aucun doute le qualificatif le plus approprié à la réaction des marchés à la signature de la phase I de l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine. Si les indices boursiers américains donnent le sentiment de continuer à « acheter » la bonne nouvelle supposée, les marchés de taux et de matières premières semblent avoir fait plus de cas des faibles chiffres des prix à la production américains qu’à cette nouvelle du jour. Contrairement au scénario de reflation privilégié il y a quelques semaines à la perspective de cette trêve entre les deux premières économies mondiales, c’est un repli des taux futurs et des cours du pétrole qui ont simultanément marqué la séance de ce mercredi, qui plus est, couronnée par une remontée des cours de l’or de 0,8 %, à 1556,6 USD, à deux doigts de ses plus hauts récents de la semaine dernière.

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Tour d’horizon de la conjoncture mondiale début 2020. Vous avez dit reprise ?

Trois mois après le début du rallye boursier en cours, une envolée de plus de 11 % de l’indice MSCI mondial et de plus de 12 % de ses seules composantes cycliques, où en est l’économie mondiale ? À en juger par les commentaires de ces premiers jours de l’année, la cause est entendue : l’industrie serait sur la voie de la reprise, en témoigne le regain de confiance exprimé par les PMI manufacturiers mondiaux, le ZEW et l’IFO allemands qui, en la matière, sont traditionnellement considérés comme des valeurs fiables. La récession industrielle ayant été la principale source de dégradation de la conjoncture en 2019, ce diagnostic dégagerait l’horizon en faveur d’une embellie généralisée des perspectives économiques qui justifierait l’optimisme des bourses mondiales. L’analyse des indicateurs les plus récents apporte pour l’instant peu d’éléments véritablement convaincants d’une telle lecture.

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La FED bientôt à la rescousse de l’emploi américain ?

Le rapport sur l’emploi américain du mois de décembre déçoit, avec 145 K créations de postes au lieu de 164K généralement attendus et des révisions en baisse de 14 K des deux mois précédents. Les pertes d’emplois manufacturiers, miniers et, dans une moindre mesure, des transports et du stockage ont participé à ce résultat. Mais c’est surtout du côté des services professionnels que proviennent les mauvaises surprises, avec 10 K créations de postes seulement contre 36 K en moyenne au cours des six mois précédents. A l’inverse le rebond de plus de 40 K emplois dans le commerce de détail est une bonne nouvelle de taille que l’on est tenté d’attribuer aux effets positifs de l’ajournement de hausses de tarifs prévues pour le 15 décembre. Voilà bien longtemps, en l’occurrence quasiment trois ans, que le secteur n’avait pas enregistré une telle amélioration.

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