Jackson Hole est passé, la guerre commerciale est restée

Avant l’intervention de J. Powell à Jackson Hole nous écrivions : « Si les dissensions au sein de la FED risquent d’imposer une certaine réserve au Président de la FED malgré des données économiques (PMI notamment) passablement médiocres, la réponse des marchés à cette déception ne laissera vraisemblablement pas beaucoup de temps au président de la FED pour se raviser… même d’ici la prochaine réunion du FOMC ». Nous ne pensions pas si bien dire ! Vendredi après-midi, l’annonce par la Chine du relèvement de ses droits de douanes sur 75 milliards de ses importations américaines a court-circuité le discours de J. Powell et provoqué une réplique quasi-immédiate du président américain. Dès lors, les marchés, n’ont pas eu le temps de digérer le contenu de l’allocution du président de la Fed que les nouvelles salves dans la guerre commerciale ont provoqué une violente chute de bourses, laquelle débouche aujourd’hui sur une situation de risque financier extrême qui, selon toute vraisemblance, ne tardera pas à pousser la FED à agir… Revenons sur ces différents développements.

Lire la suite…

Périlleuses accélérations estivales : le risque politique s’invite sur tous les fronts

La panique s’est emparée des marchés financiers depuis le début du mois d’août sur fond d’instabilités économiques, politiques et géopolitiques croissantes face auxquelles les promesses des banques centrales n’ont eu que des effets transitoirement apaisants. Face à la dégradation du contexte conjoncturel, aux risques politiques et financiers qui en découlent et à l’inefficacité de plus en plus flagrante des remèdes monétaires, les gouvernements s’agitent.  Mais ces avancées peinent à convaincre dans un contexte de guerre commerciale ravageuse et de défiance qu’exacerbent la chute des taux d’intérêt en territoire toujours plus négatif et une instabilité politique croissante.

Lire la suite…

Gros warning en provenance du ZEW pour les bourses européennes

Les mauvaises nouvelles se sont succédées au cours de la première quinzaine du mois d’août mais aucune n’a donné un signal aussi clair que le ZEW allemand de ce matin, à savoir : récession économique et baisse des marchés actions au programme du second semestre. à en juger par la survalorisation du DAX comparativement à l’indice synthétique du climat des affaires de ces derniers mois, la correction pourrait être violente sur le marché allemand et, par voie de conséquence, sur l’ensemble des places européennes, voire, globales.

Lire la suite…

BMG Juillet 2019 – Le momentum d’activité se stabilise, sans plus

Notre indicateur de momentum global de l’activité se stabilise en zone neutre en juillet, à 0,1 après 0,2 en juin ( 0 initial). Le maintien des indices de production et du climat des affaires en zone positive ou neutre et de meilleurs résultats sur le front de la consommation compensent une situation toujours très dégradée en matière d’investissement. Bien qu’un peu atténuées par rapport au mois dernier, les pressions sur l’inflation restent intenses avec un indicateur à -0,5.

Lire la suite

La FED n’arrive pas à convaincre

Pourquoi baisser les taux d’intérêt si tout va bien et pourquoi ne pas envisager un cycle durable de baisse des taux si de vrais risques sont en présence ? Voilà en substance les questions récurrentes posées au président de la FED lors de sa conférence de presse, auxquelles, force est de constater, J. Powell, n’a pas trouvé de réponse suffisamment convaincante.

Lire la suite…

La BCE ne déclenche pas la guerre de tranchée contre la FED

Il y avait un risque évident à ce que la BCE dévoile toutes ses cartouches aujourd’hui : celui d’encourager les marchés à anticiper d’autant plus d’assouplissement de la FED à l’occasion de son prochain FOMC de la semaine prochaine. Il fait peu de doute qu’une posture plus immédiatement accommodante aurait poussé le cours de l’euro-dollar à la baisse et déclenché les foudres de D. Trump, tant à l’égard de la BCE que de J. Powell, augmentant les risques d’une spirale à la baisse des anticipations de taux d’intérêt. M. Draghi n’a pas donné cette occasion au président américain. En se contentant d’indiquer son intention d’actionner tous les moyens d’assouplissement à sa disposition sans préciser les contours, l’agenda ni l’ampleur de ce qu’elle envisageait, la BCE a rassuré tout en évitant de créer les conditions d’une surenchère de plus en plus embarrassante des anticipations. L’histoire ne dit pas si les dissensions internes sont à l’origine de cette posture mais dans un contexte de concurrence croissante entre banques centrales, cette attitude, choisie ou subie, est plutôt bienvenue.

Lire la suite…

L’hypocrisie à son comble à la veille des annonces de la BCE

Ce n’est pas faute de l’avoir dit ces dernières années : la BCE pourra faire tout ce qui est en son pouvoir, cela ne sera pas suffisant sans le relais des politiques économiques. Sept ans presque jour pour jour après le « Whatever it takes » de M. Draghi, le 26 juillet 2012, la BCE a usé de tous ses moyens pour éviter le chaos de l’union monétaire et, sans doute, son éclatement. Sur ce point, le succès est incontestable. Reste son mandat, celui de permettre un rétablissement des perspectives d’inflation vers la cible de 2 % ; sur ce dernier, l’échec est au contraire total. Personne n’oserait décemment en tenir la BCE pour responsable tant il est devenu évident que cette situation n’a pas grand-chose d’un phénomène monétaire. C’est pourtant bien de la BCE que sont hypocritement attendues les initiatives pour remédier à la menace que constitue ce risque de déflation chronique. Mario Draghi va donc faire semblant et tenter de convaincre de l’efficacité de son action immédiate ou à venir. Ironie de l’histoire, le PMI manufacturier de la zone euro est retombé à 46,4 points en juillet, deux doigts au-dessus de son niveau de juillet 2012 et un signal presque garanti d’intensification des pressions déflationnistes… M. Draghi saura-t-il trouver une nouvelle formule pour convaincre ? Paradoxalement, cela pourrait être plus difficile qu’en 2012, malgré la gravité de la crise d’alors.

Lire la suite…

La BCE et sa cible d’inflation, quelque chose nous échappe…

La rumeur s’est répandue ces dernières heures selon laquelle la BCE s’apprêterait à modifier sa cible d’inflation, laquelle a été interprétée par les marchés comme le signal d’un plus grand degré d’assouplissement monétaire à venir à l’origine d’un accès de faiblesse ponctuel de l’euro dans la journée. Que la BCE réfléchisse à ce type d’ajustement n’est pas impossible au vu des difficultés à parvenir à ses fins depuis plusieurs années maintenant. Que ce changement soit synonyme d’un assouplissement accru de la politique monétaire est loin de couler de source, en revanche. En l’occurrence si la BCE venait à abaisser son objectif d’inflation, ce serait sans doute, en effet, pour le rapprocher de l’inflation présente. Elle aurait donc plutôt moins de raisons de faire plus, non ? À moins que ce geste soit perçu comme une capitulation, ce qui serait potentiellement plus dangereux encore. Décidément, quelque chose nous échappe.

Lire la suite…