La FED n’en fait pas trop ; les taux et le dollar fléchissent, les bourses et les MP respirent

Fait inhabituel, J. Powell a débuté sa conférence de presse en s’adressant aux Américains pour les rassurer sur le fait que la FED a les moyens de lutter contre l’inflation et de restaurer la stabilité des prix. Elle justifie ainsi la remontée de son l’objectif des Fed funds d’un demi-point, pour la première fois en 22 ans, et envisage de faire de même à l’occasion des deux prochaines réunions. Pour autant, la FED ne considère pas devoir aller plus vite ; il n’en fallait pas davantage pour rassurer sur le fait qu’elle ne partait pas bille en tête dans une stratégie trop agressive ainsi que certains propos ou indicateurs récents avaient pu le laisser craindre.

La réduction de son bilan, est, par ailleurs, confirmée et débutera en juin, selon les termes déjà précisés dans les minutes du dernier comité, à raison de 95 milliards de dollars par mois, pour une durée envisagée de 3 ans, soit une baisse de 3 000 milliards de dollars qui abaisserait son stock d’actifs d’un tiers, si elle parvient à son terme.

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L’inde entre dans la danse: la RBI procède à une première hausse de ses taux directeurs

La Banque centrale indienne a repoussé le plus longtemps possible l’échéance mais vient aujourd’hui de passer à l’acte, de manière impromptue, entre deux réunions de son comité de politique monétaire. La RBI a, en effet, annoncé une remontée de 40 points de base de ses taux directeurs, la première depuis 2018, à 4,4 %, ainsi qu’une hausse du taux de réserves obligatoires d’un demi-point à 4,5 %. Après avoir mené une politique particulièrement accommodante depuis le début de l’épidémie de Covid, la Reserve Bank of India prend acte des menaces inflationnistes grandissantes consécutives à l’envolée des prix des matières premières énergétiques et alimentaires. L’inflation, déjà de 7% en mars, est attendue en hausse en avril et les risques qu’elle poursuivre sa tendance haussière dans un avenir proche sont indiscutablement élevés ; une menace importante qui contraint le gouverneur de la BRI, Shaktikanta Das, à agir dans le but de « consolider les perspectives de croissance économique à moyen terme ».

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Option « dovish » ouverte du côté de la Banque d’Angleterre

L’arbitrage entre la lutte contre l’inflation et les risques pour la croissance est de plus en plus difficile… Tels ont été, en substance, les mots du gouverneur de la Banque d’Angleterre, le 21 avril, qui ont mis fin à l’escalade des anticipations de hausse des taux directeurs et provoqué une chute de la livre Sterling. La BoE est la seule des grandes banques centrales à avoir anticipé le dérapage de l’inflation dans des proportions comparables à ce qui s’est effectivement produit, dès la fin de l’année dernière, quand FED et BCE défendaient encore le registre d’une inflation transitoire, et à en avoir tiré les conséquences, avec trois hausses successives de son taux directeur. Cette approche a permis de nettement limiter le dérapage des anticipations d’inflation en comparaison de ce qui a été observé ailleurs. Prête début février, à envisager la nécessité d’une récession pour contrer l’inflation, les anticipations sur le resserrement à venir n’ont pas molli au fur et à mesure de l’envolée des prix… du moins, jusqu’aux propos plus hésitants d’A. Bailey il y a deux semaines. Il faut dire que les retours sur la conjoncture britannique ne sont pas les meilleurs et que la récession est peut-être déjà au coin de la rue.

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Inflation, croissance, risques financiers : les banques centrales face à un choix cornélien

Si les banques centrales avaient les mains libres, sans doute la FED préfèrerait-elle d’emblée relever le niveau des Fed Funds de 100 points de base cette semaine, quand, de son côté, la BoE pourrait opter pour le maintien de ses taux directeurs actuels. La première augmenterait ainsi ses chances de casser les anticipations d’inflation une bonne fois pour toute et la seconde pourrait préserver l’économie britannique d’un choc dont elle n’a assurément pas besoin compte-tenu des nombreuses difficultés engendrées par le Brexit et autre pandémie. Sauf qu’aucune n’a véritablement ce choix. En procédant de la sorte, la FED risquerait d’expédier l’économie américaine en récession et les marchés financiers mondiaux dans un abîme aux conséquences imprévisibles, tandis que la seconde exposerait le Royaume-Uni à une chute de sa devise à même de souffler un peu plus sur les braises de l’inflation qui étouffe d’ores et déjà les Britanniques. Dans de telles conditions, l’une comme l’autre risque de surprendre, dans un sens ou dans l’autre, fonction de l’agglomération des sensibilités de leurs membres respectifs. Mais l’une et l’autre donneront aux marchés des indications précieuses sur leurs priorités face à un environnement, à bien des égards, inédit au regard de ce qu’elles ont affronté jusqu’alors.

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La FED s’apprête à prendre le « taureau » par les cornes

Les membres de la FED ont suffisamment préparé le terrain ces derniers jours pour que le contenu des minutes du dernier FOMC ne prenne pas les marchés par surprise : outre l’intention confirmée d’accélérer le rythme des hausses des Fed funds, sujet sur lequel ce compte-rendu n’offre pas plus que la communication post-FOMC de J. Powell qui laissait déjà entendre de possibles mouvements de 50 points de base, les minutes donnent des précisions sur l’exercice de réduction de son bilan. Celui-ci, passera, comme annoncé, par une réduction des réinvestissements, dont l’ampleur est maintenant précisée : elle atteindrait 95 mds par mois, à raison de 60 mds pour les Treasuries et 35 mds pour les MBS (titres adossés à des créances immobilières), avec un probable début dès le prochain FOMC, des 3 et 4 mai. Le rythme de réduction de son bilan serait, ainsi, près de deux fois plus rapide que celui de l’exercice 2017-2018.

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Powell-Lagarde, même discours, même combat… ça promet !

Confiance, en apparence, sans limite dans les perspectives de croissance et crise ukrainienne, de facto, avant tout perçue comme un facteur d’inflation additionnel. Le message de la FED, comme celui de J. Powell, a rarement été aussi clair : le temps est venu de durcir les conditions de politique monétaire, ce qui assurera de ramener l’inflation dans les clous dès l’année prochaine, à 2,3 % en fin d’année pour les prix à la consommation hors énergie et alimentation.

Pour arriver à cette fin, la FED programme de relever ses taux directeurs jusqu’à 1,9 % d’ici décembre au lieu de 0,9 % envisagé il y a trois mois, soit quatre hausses de taux d’un quart de point supplémentaires qui portent à sept le nombre total de hausses cette année, une à chaque FOMC, le rythme étant susceptible d’être accéléré si la FED le juge opportun. Est-ce pour ne pas être accusée d’être derrière la courbe qu’elle se cale sur les anticipations des marchés ? C’est vraisemblable au moment où s’emballent à nouveau les anticipations de long terme. Comme le dit J. Powell, pas d’inquiétude à avoir, puisque les marchés anticipent déjà ce qu’elle annonce ce soir !

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Jusqu’où la FED est-elle prête à aller pour contrer l’inflation face au risque récessif ?

La FED, c’est presque acquis, devrait procéder à un relèvement des Fed Funds d’un quart de point à l’occasion du FOMC de ce mois-ci, dans une fourchette de 0,25% à 0,50 %. Son président, J. Powell, ayant écarté l’éventualité d’un mouvement de 50 point de base en début de mois, le risque d’une mauvaise surprise sur ce front est, a priori, relativement faible. C’est ailleurs que se situent, néanmoins, les risques, en particulier sur les annonces qui seront faites en matière d’évolution du bilan de la FED et sur les perspectives des membres du FOMC quant à l’évolution à venir des taux directeurs, les « Dot Plot ». Il est vraisemblable, en effet, que ces dernières subissent une nouvelle révision à la hausse, potentiellement substantielle, compte-tenu des développements récents sur le front de l’inflation et de la vision très optimistes que conservent certains membres du FOMC sur la conjoncture américaine. Les nuances qu’apportera J. Powell à ces projections lors de sa conférence de presse seront, de facto, essentielles pour éviter que les anticipations de marché ne s’emballent alors que, de leur côté, les signes avant-coureurs de récession et de stress financier ne cessent de se multiplier.

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La guerre, ce n’est pas suffisant, la BCE en rajoute et durcit sa politique monétaire

Contre toute attente, la BCE annonce un durcissement de ses conditions monétaires en revenant sur l’accroissement prévu de son programme d’achats APP. Après avoir annoncé que ces derniers seraient accrus de 20 milliards par mois au deuxième trimestre et de 10 mds au troisième, à respectivement 40 et 30 milliards pour assurer une transition en douceur de l’arrêt du PEPP, le communiqué d’aujourd’hui annonce :

  • Une réduction du programme d’achats, maintenu à 40 milliard en avril mais abaissé à 30 milliards dès le mois de mai, puis à 20 milliards en juin et ne se prononce pas sur le troisième trimestre. A ce terme, les achats dépendront des résultats économiques. Il pourraient être interrompus s’il s’avérait que l’inflation ne soit pas amenée à refluer à terme.
  • Un durcissement de ton à l’égard tout à la fois du risque d’un arrêt imminent de ses achats et de possibles hausses des taux dès ces derniers stoppés.

L’ensemble est indiscutablement plus sévère qu’envisagé, propulsant l’euro et les taux futurs bien au-dessus de leur niveau de ces derniers jours.

Cette décision, assez largement incompréhensible, dans le contexte en présence, est très mal venue. Susceptible, en particulier de créer les conditions d’une rapide remontée des taux et d’un très net regain d’inquiétude sur les perspectives souveraines, avec à la clé des tensions très probables des spreads de taux. Les 10 ans italiens s’envolent en l’occurrence de 23 points de base depuis la publication du communiqué et les français de 19 pb, contre une hausse de 8 pb du Bund. Une fois encore, la BCE semble commettre une erreur qui risque fort d’être coûteuse…

La conférence de presse de Mme Lagarde apporte quelques éléments sur ce qui a conduit à sa décision.

1) Le scénario central de la BCE est particulièrement optimiste

2) Une accumulation d’inquiétudes au sujet des perspectives d’inflation sur lesquelles la présidente de la BCE est revenue à plusieurs reprises.

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