L’hypothèse inflationniste

L’onde de choc économique et financière provoquée par la propagation de l’épidémie de coronavirus à travers le monde a jusqu’à présent suscité peu de doutes sur les marchés financiers : cette crise serait éminemment déflationniste, en témoigne l’écrasement des anticipations implicites d’inflation depuis que le cap des cent morts a été franchi en Italie le 5 mars, moment à partir duquel s’accélère également l’effondrement des cours du pétrole. Pertes inédites d’activité et d’emplois, dépression économique, crise financière sur fond de chute des prix des matières premières, conduisent, en effet, les uns et les autres à privilégier une telle issue ; en quelque sorte, dans le prolongement de la situation qui prévalait depuis 2015 à l’échelle mondiale.

La tournure récente prise par la crise sanitaire amène, pourtant, à s’interroger sur ce postulat, comme l’incite également le redressement des anticipations d’inflation sur les marchés à terme ces derniers jours. Épiphénomène sans conséquence ou prémices d’un mouvement plus préoccupant ? En quoi la situation présente conduit-elle à questionner le scénario jusqu’alors prédominant ?

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Des nouvelles du front économique

Les nouvelles économiques nous arrivent d’un peu partout et confirment la brutalité du choc planétaire provoqué par les mesures de prévention face à l’épidémie de coronavirus. Sans surprise, la dégradation est exceptionnelle qu’il s’agisse des données asiatiques de la nuit, de celles d’Allemagne ce matin ou des inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis cet après-midi. Si les résultats de l’enquête INSEE semblent mieux résister que ceux d’ailleurs, ils décrivent cependant un brutal changement de décor tandis que leurs détails offrent une idée de la hiérarchie de l’exposition des différentes branches d’activité aux mesures de confinement.

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Présentation Mars 2020: Covid 19, état des lieux et perspectives

Déferlante systémique:

  • Les chances d’un répit mondial avant la rentrée de septembre disparaissent
  • D’un choc d’offre chinois à un choc de demande internationale : une profonde récession industrielle, un tsunami dans les services
  • Un choc de 8 %-10 % du PIB mondial ? On peine à le croire, et pourtant…
  • Une crise financière proportionnelle à l’irrationnalité passée : TINA c’est fini
  • On s’en remet comment?
    La page de 30 années de mondialisation est en train de se tourner
    L’Europe survit-elle à la déferlante ?
    Déflation ou hyperinflation?

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Covid-19, une crise pour les services avant tout : premières évidences graphiques

La paralysie de l’activité consécutive aux pratiques de confinement des populations affecte en tout premier lieu les activités de services, au sens large : commerce, loisirs, tourisme, hôtellerie, restauration, services aux entreprises, logistique, transports, finance et immobilier, services aux particuliers. C’est par cette caractéristique qu’elle prend un tour inédit et particulièrement inquiétant tant ces activités sont importantes dans le tissu économique (60 % à 80 % du PIB), concentrant notamment une large majorité de PME et d’emplois, y compris bien souvent les plus précaires.

Les premiers indicateurs PMI publiés cette nuit au Japon et ce matin en zone euro nous donnent une illustration de l’onde de choc déjà à l’œuvre dans ces activités, plus importante à ce stade que celle enregistrée dans l’industrie qui a pu temporairement profiter des effets d’aubaine temporaires provoqués par l’arrêt des approvisionnements chinois.

Nous sommes assurément loin de l’impact provoqué à l’époque par la crise de 2008

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Un mal pour un bien. Vraiment ?

L’idée a germé dans nos esprits dès les débuts de l’épidémie de coronavirus : cette crise sanitaire inédite ne serait pas sans lendemains. Non pas qu’elle aura dévoilé la fragilité d’un monde que l’on croyait aseptisé qui nécessiterait une remise à plat des pratiques de prévention médicale en même temps qu’une plus grande transparence des systèmes santé et une meilleure préparation à des scénarii d’épidémie de grande ampleur. Non, c’est sur un autre plan que le choc provoqué par cette pandémie est le plus largement attendu : en l’occurrence dans sa capacité à accélérer le détricotage d’une mondialisation effrénée, aux proportions devenues insoutenables pour la bonne marche économique mondiale, qui plus est, incompatible avec toute ambition climatique un tant soit peu significative. L’apparition du Covid-19 en Chine a levé le voile sur l’extrême dépendance du reste du monde à l’égard de ce qui est devenu son atelier. Rien de nouveau mais néanmoins une violente prise de conscience des risques associés à une situation de sujétion critique allant jusqu’à l’approvisionnement des cellules souches de nos médicaments les plus indispensables. Alors on se prend à rêver que cette crise éveille les consciences, qu’elle permette d’effectuer ce grand pas en avant vers de nouveaux modes de consommation plus respectueux des besoins effectifs, de l’environnement et des équilibres économiques régionaux ; qu’elle rapproche les lieux de production de ceux de la consommation et redistribue plus équitablement les ressources en emploi ; que les images de la NASA d’un ciel pourri aux particules de dioxyde d’azote au-dessus du territoire chinois n’appartiennent plus qu’au passé. Une crise salvatrice en somme, un mal pour un bien. Mais, c’est à craindre, un rêve bien éloigné des lendemains que nous promet la crise en cours.

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IFO : l’Allemagne en récession

Sans surprise, et dans la foulée du ZEW, les chiffres IFO de climat des affaires connaissent leur plus lourde chute depuis 2005. L’indicateur global passe ainsi de 96 à 87,7. Plus encore que l’indicateur de situation courante, qui ne perd « que » 5 points, à 93,8, c’est le recul des perspectives qui frappe : -11 points à 82, 3 points seulement au-dessus du plus bas de décembre 2008. En revanche, les détails sectoriels nous montrent quelques disparités, avec des services qui dévissent franchement.

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