Dans la hotte du père Noël, il y aura au moins des PMI…

En nette amélioration en décembre, les PMI préliminaires pour la zone euro sont-ils plus fiables que les PMI et ISM américains en matière de conjoncture industrielle? La perméabilité des indicateurs de climat des affaires à l’optimisme provoqué par le début des vaccinations semble particulièrement élevée ces derniers temps, au risque de sous-estimer les conséquences des mauvaises nouvelles sur le front sanitaire. Que la croissance soit plus soutenue en décembre qu’en novembre ne fait aucun doute, compte-tenu de l’assouplissement d’un certain nombre de règles de distanciation dans plusieurs pays en début de mois. Qu’elle ait retrouvé un rythme normal, comme pourrait le laisser penser un indice synthétique proche de 50 points est assurément un leurre. C’est toute la subtilité qu’impose la lecture de tels baromètres dont les marchés ne s’embarrassent pas. Particulièrement appréciés de ces derniers, les indicateurs de Markit ont fini par perdre de leur pertinence pour l’économiste et les résultats de ce mois-ci ne vont pas aider à la réconciliation.

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Mois de novembre, malgré tout, médiocre pour la production américaine

La production industrielle américaine a ralenti sa progression, passant de 1,1 % en octobre à +0,4 % en novembre, une tendance bien en-deçà des promesses envoyées par les différentes enquêtes de climat des affaires, que ce soit le PMI ou l’ISM manufacturiers. Quant au retard sur un an, il augmente de 0,5 points, à -5,5 %. Le diagnostic diffère peu pour le seul secteur manufacturier avec une hausse de 0,8 % et un recul de 3,7 % sur douze mois. Dans le détail, l’évolution de la production a été sauvée par l’automobile et les métaux de base. La plupart des autres secteurs font du sur place ou restent très déprimés. Alors que novembre est censé avoir bénéficié de l’effet Thanksgiving et du repli du dollar avant un regain sévère de l’épidémie, ces résultats sont non seulement décevants mais inquiétants pour la suite.

 

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Le grand bluff chinois

« La reprise est spectaculaire en Chine » entend-on régulièrement. Le pays, qui a su éradiquer l’épidémie de coronavirus, serait le grand bénéficiaire de cette épidémie et également un exemple de ce qui attend le reste du monde une fois les campagnes de vaccination suffisamment avancées, a priori au tournant de l’hiver ou courant du printemps. Sauf que la manière de lire les résultats de l’économie chinoise, n’est pas tout à fait la bonne, tout du moins est-elle contestable. Parmi les données les plus suivies, celles du commerce extérieur témoigneraient non seulement du succès chinois, avec des exportations en progression de 13 % par rapport à l’année dernière en novembre, mais également de la résistance de la demande internationale. L’illustration ci-dessous est une autre représentation de cette exceptionnelle reprise… en l’occurrence, celle du niveau des exportations depuis le début de l’année, enfin, depuis février puisque l’activité était tellement ralentie en janvier que les données ne sont même pas publiées par l’office de statistiques. Vu sous cet angle, c’est, un déficit de ventes de 30 % à 40 % qui ressort de la performance à l’exportation par rapport à 2019, quel que soit le secteur et sans prise en compte, donc, des données de janvier… Problème, ce type de biais se retrouve dans bien des domaines du déchiffrage de la conjoncture chinoise…

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2021 : reflation, enfin?

L’élection de J. Biden parviendra-t-elle à insuffler un nouveau cycle mondial de productivité; autrement dit, à mettre un terme au régime dit de « stagnation séculaire » du monde développé? De la réponse à cette question dépendent dans une très large mesure les perspectives de croissance et de taux d’intérêt pour l’année prochaine et les suivantes.

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L’industrie européenne résiste en début de trimestre. La suite sera plus compliquée.

La production manufacturière européenne a progressé de 1,9 % en octobre, une nette amélioration mensuelle malgré un retard persistant de 4,1 % par rapport à octobre 2019. La locomotive allemande a, cette fois, joué son rôle à plein, avec une hausse de 3,1 %, la plus forte hausse des grands pays européens. Elle devrait garder cette fonction motrice en novembre, où, malgré le confinement, la production automobile progresse toujours. De quoi rassurer sur la chute du PIB au dernier trimestre, qui pourrait être un peu moins marquée que ne le laissaient envisager les indicateurs de mobilité en début de période. Reste que la partie est loin d’être gagnée, d’une part parce que l’industrie ne représente, même en Allemagne, qu’une faible part de l’activité en comparaison des services, et, parce que la période décembre/janvier pourrait s’avérer riche en déceptions.

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Perspectives 2021 : reflation, enfin ?

Après une contraction sans précédent de plus de 4 % de l’économie mondiale cette année, 2021 devrait être une année de rattrapage avec une croissance autour de 5 %. L’épidémie de coronavirus, bien qu’encore très active, semble en mesure de pouvoir être maitrisée d’ici à la fin du printemps 2021 ce qui irait de pair avec un début de normalisation de l’activité et de la mobilité économique à partir de l’été. Alors que les mesures de soutien à l’économie, en provenance des banques centrales ou des États ont considérablement réduit l’impact de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises, la mise en place des premiers dispositifs de relance structurels entretient une relative confiance. Reste néanmoins de nombreuses incertitudes sur ce que sera cette reprise et les délais nécessaires pour ramener l’économie mondiale sur sa trajectoire d’avant crise.

–    Si le programme du président J. Biden suscite d’immenses espoirs, les marges de manœuvre de la nouvelle administration sont très incertaines face à une opposition farouche des républicains.

–    Le haut niveau d’endettement des entreprises est un autre point majeur de ces questionnements, en termes de risques financiers d’une part et de capacité de ces dernières à prendre le relai de l’investissement public.

–    Les destructions d’offre, en particulier dans le tertiaire, constituent la troisième incertitude majeure, notamment pour ce qu’elles impliquent pour le futur du marché de l’emploi et, simultanément, les sous-jacents d’inflation.

Les développements sur ces trois points-clés conditionneront dans une large mesure ceux des taux d’intérêt et la capacité des banques centrales à prévenir des hausses futures dans un environnement de surendettement généralisé des États et d’extrême dépendance des marchés financiers au très bas niveau historique des taux réels. En dépit de perspectives de croissance plutôt réconfortantes, 2021 s’annonce avant tout comme une année d’incertitudes et de risques persistants, bien que de nature potentiellement très différente de 2020.

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Surprendre à tout prix ; la BCE y parviendra-t-elle ?

Christine Lagarde l’a annoncé au terme du dernier comité de politique monétaire de novembre : la mise à jour des projections économiques de décembre serait l’occasion de « recalibrer les outils d’intervention de la BCE de manière appropriée», précisant lors de sa conférence de presse que ce recalibrage ne se limiterait pas au seul programme d’urgence pandémie (PEPP) mais concernerait l’ensemble des outils aujourd’hui à disposition. Depuis cette dernière communication trois développements influents penchent en faveur d’une action de taille :L’alerte donnée par la BCE sur la vulnérabilité des banques européennes face aux risques de défaut des entreprises et des ménages, laquelle a aussi pu être interprétée comme le signal d’un gel prolongé de la distribution des dividendes. Le regain de l’épidémie et la multiplication récente des mesures de restriction dans plusieurs pays, malgré un allègement des contraintes parmi les premiers touchés. L’accélération de l’appréciation de l’euro, dopé par la chute du billet vert et l’écrasement des spreads de taux intra-zone euro tandis que se multiplient les secteurs en déflation. Reste que les attentes des marchés sont élevées et qu’une déception pourrait avoir des conséquences importantes, notamment en ce qui concerne la devise européenne. À quoi s’attendre dès lors ?

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