Biden redonne le moral aux classes moyennes et aux jeunes américains

A peine plus de cent jours et déjà la marque de la nouvelle équipe au pouvoir aux Etats-Unis ressort d’un certain nombre d’enquêtes. L’indicateur de confiance des ménages américains du Conference Board a fortement rebondi en mars, signe tout à la fois d’une détente des restrictions sanitaires, vraisemblablement suivie d’une amélioration perceptible du marché de l’emploi, et de la bonne réception des mesures du plan de soutien gouvernemental. Sans aucun doute, ce rebond de l’indicateur signale-t-il un sursaut des dépenses dont témoigneront sans tarder les statistiques de consommation et, plus largement, d’activité. Au-delà de cet effet immédiat se dessine peut-être un mouvement plus intéressant pour l’avenir, celui d’un regain de confiance particulièrement marqué des Américains dont les revenus s’échelonnent entre 25 000 et 75 000 dollars par an, pas les moins bien ni les mieux lotis mais, précisément, « l’Américain moyen ».

 

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Les ménages européens entrevoient le bout du tunnel, dans l’indécision

Les indicateurs de confiance des ménages, publiés aujourd’hui par l’INSEE pour la France et la Commission européenne pour l’ensemble de l’UE illustrent dans l’ensemble une progression encourageante. Si ces indicateurs ont pu, dans le passé, paraitre moins fiables que le climat des affaires pour l’étude de la conjoncture, en raison notamment d’une plus grande perméabilité aux événements d’ordre sociaux ou politiques, ils offrent aujourd’hui l’avantage d’être beaucoup moins sujets à l’influence des effets de base qui, à l’inverse, affectent grandement le sentiment des entreprises ; les ménages ne raisonnent pas par rapport au même mois de l’année passée, en effet ! Le rebond des enquêtes auprès des consommateurs, de l’ordre de 4 points en zone euro, valide donc une amélioration généralisée de la situation conjoncturelle, laquelle tient cependant beaucoup à une amélioration de leur confiance en l’avenir. La confiance sera-t-elle suffisante alors que ces enquêtes ont été menées pour la plupart avant les durcissements récents des politiques sanitaires ?

 

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Marchés de taux, un peu plus haut, « pour voir »…

Le débat sur les perspectives d’inflation ne cesse d’enfler, plus stimulé encore que l’inverse par la posture conservatrice de la FED et de la BCE à l’occasion de leur dernier comité de politique monétaire. Leur position ne sera assurément pas facile dans les prochains mois, au cours desquels s’empileront les résultats en très forte hausse des données annuelles d’inflation à travers le monde, sur fond de vraisemblable réouverture économique et d’initiatives budgétaires toujours plus importantes. Aux Etats-Unis, J. Biden trace sa route et pourrait faire adopter plus facilement que prévu les points-clés de son programme de relance structurelle. En Europe, la persistance de la maladie force les gouvernements à envisager plus de soutien tandis que l’audace américaine commence, semble-t-il, à transpirer. L’Allemagne a annoncé cette semaine une augmentation à 240 mds d’euros de l’enveloppe de ses emprunts pour 2021, à plus de 7 % de son PIB 2020…Après une consolidation de quelques jours, les taux d’intérêt sont dans les starting blocks, prêts pour repartir à la hausse et acter ce qui semble aujourd’hui s’imposer : le retour d’une croissance plus inflationniste face à laquelle les banques centrales sont volontairement en retard. Si le diagnostic d’inflation de moyen terme, nous l’avons souvent exprimé, est loin d’être posé les évolutions de court terme l’emportent. La balle est lancée et les marchés de taux semblent bien partis pour tester les résistances conjoncturelles. Seule question : où se situe le point de douleur ?

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Emballement des taux américains, l’Europe peut difficilement rester à l’écart

Alors que la remontée des taux d’intérêt américains s’accélère, l’Europe est-elle vouée au même sort ? La réponse la plus sûre est OUI à en juger par la forte corrélation de long terme entre les rendements des T-Notes et des Bunds à 10 ans, notamment depuis le début des années deux mille. Ce constat ne signifie pas que l’ampleur des mouvements soit systématiquement comparable mais que les périodes de forte hausse des taux d’intérêt à long terme américains sont le plus souvent accompagnées de remontées également significatives en Europe quand bien même, généralement, de moindre importance. Or, ce constat vaut pour tous les pays de la région, notamment en dehors du noyau dur…

 

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Le temps se gâte pour les marchés émergents avec des banques centrales sous pression

Brésil, Turquie, Russie ou Ukraine, les hausses de taux directeurs ont refait surface dans plusieurs pays émergents cette semaine, rappelant que leur capacité à prendre leurs distances à l’égard du dérapage de l’inflation en cours est souvent plus réduite que dans le monde développé.

À brève échéance, les tendances inflationnistes ne vont pas aider à calmer le jeu. La BCB a prévenu qu’une nouvelle hausse de ses taux était à prévoir après celle de jeudi et, si toutes les devises ne sont pas aussi fragiles que le real, la hausse, même largement technique, de l’inflation des prochains mois augmentera la nervosité des responsables monétaires, notamment si les cours des matières premières venaient à subir le contrecoup de leurs récentes exubérations. Derrière ceux-ci résident pour de nombreux exportateurs du monde émergent, en effet, la garantie de leur solvabilité et, de facto, les risques plus ou moins importants sur leurs devises. Dit autrement, le rebond de l’inflation n’est pas de bon augure pour les marchés émergents, lesquels, particulièrement captifs ces derniers mois, pourraient en payer les conséquences, malgré des perspectives encourageantes de croissance.

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La BoJ empêtrée

La BoJ souhaite limiter les effets secondaires de sa politique accommodante sur les marchés. Préoccupée par les risques de bulle que ses achats massifs alimentent, elle décide d’introduire plus de flexibilité dans ses actions, comme elle l’avait annoncé le mois dernier. Sa communication s’est avérée compliquée à l’occasion de l’exposé de la revue exceptionnelle de sa politique ce matin, l’annonce d’une modulation de ses interventions sur le marché des ETF ne devant pas être interprétée comme un prélude à une politique moins accommodante. La BOJ a de fait supprimé sa « forward guidance » sur ses achats annuel d’ETFs (jusqu’alors de 6 Trillion de Yen) mais elle a conservé un plafond élevé d’achats d’actifs censé lui permettre d’intervenir à hauteur de 12 Trn si nécessaire. Dit autrement dit, la BoJ marche sur des œufs, prisonnière d’une politique sans effet sur l’inflation autre que celle des actifs, laquelle finit forcément par poser problème.

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La FED garde la main sur les taux 2 ans et laisse libre cours à l’inflation anticipée…

… Le dollar trinque, l’or salue l’évacuation du risque de changement de cap monétaire et l’écrasement des taux réels à court terme qu’il provoque.

Pas de changement de posture, donc, de la part de la FED qui continue officiellement à voir dans la remontée des taux longs une réaction normale des marchés à l’amélioration des perspectives économiques, que ses projections confortent ; ses prévisions de croissance pour 2021 sont revues à 6,5 % l’an pour la fin de l’année contre 4,2 % en décembre. La pentification de la courbe des taux ne préjugerait en rien de la nécessité de changer de cap monétaire. À ce titre, J. Powell rappelle que le niveau des taux d’intérêt est resté très bas pendant l’essentiel du cycle passé, pourtant le plus long de l’histoire contemporaine. Le changement de policy-mix ne soucie pas davantage le président de la FED qui met en avant la nécessité d’une politique de soutien à l’investissement, qu’il se donne, manifestement, comme mission de faciliter par le maintien d’une politique durablement très accommodante.

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Powell, ou comment acter le nouveau mixte de politique économique américain ?

Assurément risqué l’exercice de communication de J. Powell de ce soir qui devra tenter de réconcilier ce qui semble de moins en moins réconciliable, sinon dès ce mois-ci, du moins sans tarder, c’est à dire : Des révisions substantielles à la hausse de son scénario de croissance et d’inflation par rapport à celui de décembre, avant l’adoption de la rallonge budgétaire de 900 Mds de $ et le nouveau plan Biden de 1.900 Mds de $. Une vraisemblable révision à la hausse des perspectives de moyen terme de taux d’intérêt de ses membres, les DOTS, dont l’ampleur pourrait sensiblement compliquer l’exercice du Président de la FED devant la presse. La prolongation, ou non, de l’exclusion des Treasuries et des réserves bancaires des calculs de ratios de leviers, mesure introduite en avril dernier censée prendre fin le 31 mars qui, si elle n’était pas étendue, pourrait accentuer les tensions sur les conditions de financement du Trésor. L’absence, a priori, de changement imminent de sa politique monétaire ni le désir de donner plus de précisions sur les modifications à venir, dans un contexte encore éminemment incertain sur les tendances de plus long terme de l’économie américaine. Le tout en évitant de souffler sur les braises des marchés de taux qui seraient peut-être plus facile à éteindre si la FED pouvait effectivement affirmer que le mixte de politique économique a changé et que sa politique monétaire doit en prendre acte, option néanmoins impossible tant elle ferait encourir un risque majeur sur des marchés financiers dopés depuis plus de dix ans aux liquidités.

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