La FED devrait pouvoir lever le pied plus facilement après les données de février

Contrairement à janvier, qui avait été un bon mois pour les données de production et de consommation, février/mars a été particulièrement morne : -0,4 % pour les ventes de détail, +0,1 % pour la production manufacturière et -4 points pour l’indice Michigan de confiance des consommateurs. Il existe néanmoins une exception, le marché immobilier, qui, quoique toujours déprimé, a retrouvé quelques couleurs en début d’année.

Sur le fond, le dilemme de la Fed reste donc le même. En temps normal, la persistance de l’inflation l’emporterait sur les à-coups conjoncturels, somme toute encore mineurs et dont la composante immobilière affiche des signes de reprise. Une hausse de taux, voire une accélération de la réduction du bilan s’imposerait. Pour l’heure, néanmoins, même si la contagion bancaire ne s’étend pas outre mesure, ces signes de fragilité semblent autant de portes ouvertes pour un lâcher prise, au moins temporaire, de la FED.

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Sidération après les décisions et propos de la BCE

Écouter la conférence de Mme Lagarde n’a pas permis de faire retomber notre sidération depuis notre réaction immédiate à l’annonce d’une remontée des taux directeurs de 50 points de base par la BCE, bien au contraire. La référence incessante à la période à laquelle a été bouclé leur scénario, il y a plus d’un mois !, comme une excuse sur le fait de ne pas avoir intégré les conséquences de la crise bancaire en présence, est, non seulement, stupéfiante mais particulièrement inquiétante sur ce qu’elle nous dit de la réactivité de l’Institution. Est-ce la raison pour laquelle l’euro ne profite même pas de la nouvelle sur les taux ? Il s’agit, en tout cas, d’une source de préoccupation fondamentale que l’on est, peut-être naïvement, tenté d’expliquer par un jeu tactique de la part de la BCE. Si, pour l’instant, la stratégie paraît gagnante, au vu, en tout cas de la réaction des bourses, qui semblent prendre pour argent comptant la confiance affichée par la présidente de la BCE, tout incite à être particulièrement prudent quant au risque d’effet boomerang à venir.

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Jusqu’où ira l’hypocrisie de la lutte présumée contre l’inflation des banques centrales ?

Les banques centrales occidentales ont beau avoir procédé aux relèvements de taux d’intérêt les plus importants depuis quatre décennies au cours de l’année écoulée, le resserrement opéré n’a toujours pas permis d’assurer une quelconque maîtrise de l’inflation. Conséquence de cet échec et conformément à l’approche monétaire dominante selon laquelle la maitrise de l’inflation passe par un ajustement à la baisse de la demande, marchés et économistes envisagent un nouveau round de hausses des taux directeurs dont tous redoutent les conséquences économiques délétères. Les banques centrales auraient donc la responsabilité de propulser les économies occidentales en récession en pleine guerre économique et militaire dans le seul but de respecter leur mandat. La perspective, reconnaissons-le, est de moins en moins plausible.

Si les banques centrales avaient véritablement voulu court-circuiter les rouages inflationnistes c’est, en priorité, sur leur bilan qu’elles auraient agi. Par là-même, elles auraient provoqué une remontée beaucoup plus importante des taux de moyen et long terme auxquels se financent les agents économiques, y compris les Etats dont les largesses de ces derniers trimestres ont largement relayé la transmission des chocs de prix. Si elles ne l’ont pas fait, en dépit des évidences, c’est manifestement pour plusieurs raisons parmi lesquelles, non des moindres, les enjeux stratégiques en présence. Alors, bon ou mauvais rapport sur l’emploi américain, la question est probablement plus marginale que généralement considéré, en comparaison de celle de la capacité des banques centrales à jouer à l’encontre de la stratégie des Etats qu’elles représentent.

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ADP, Jolts, Beige Book : la courbe des taux encaisse et pousse la FED dans un corner

Contrairement au statu quo de la Banque du Canada sur ses taux directeurs, les éléments en faveur d’un nouveau tour de vis monétaire s’accumulent aux Etats-Unis. J. Powell semble d’ailleurs de moins en moins hésitant sur la question à en juger par ses propos devant le Congrès, convaincu qu’il a encore du grain à moudre pour avoir une chance de maîtriser l’inflation. Ses déclarations et les résultats de ces derniers jours ont déjà nettement modifié les anticipations des marchés qui envisagent maintenant un nouveau round de hausses des Fed Funds et entrevoient la possibilité d’une remontée des taux au-delà de 6 % d’ici la fin de l’année.

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Menaces chinoises

La communauté financière se réjouit des premiers signes de rattrapage de l’économie chinoise, notamment concrétisés cette semaine par la franche remontée des PMI. L’idée que l’Empire du Milieu vienne à nouveau tirer la croissance du reste du monde justifie, évidemment, cette réaction, à laquelle s’ajoute la conviction que les dysfonctionnements de l’offre chinoise inhérents à la pandémie ont été en large part responsables des tensions inflationnistes apparues depuis 2021. La réouverture de l’économie chinoise aurait donc la double vertu d’asseoir l’économie mondiale sur une trajectoire de croissance à la fois plus soutenue et moins inflationniste.

Une telle lecture risque de se révéler bien éloignée de la réalité. Non seulement, dans le contexte en présence, le rattrapage de la demande de l’Empire du Milieu a toutes les chances de venir exacerber les tensions inflationnistes en place mais les bénéfices escomptés d’une reprise de la croissance chinoise pour les entreprises occidentales sont loin d’être acquis.

Alors que l’industrie chinoise semblait endormie pendant la période de covid, sa percée sur les marchés mondiaux n’en a pas moins redoublé de vigueur, notamment dans des secteurs-clés où on ne l’attendait pas. C’est bien sûr le cas dans le domaine des équipements énergétiques mais aussi, et de manière nettement plus inquiétante, dans celui de l’automobile, tout particulièrement en Europe où la pénétration des véhicules chinois donne, à bien des égards, le vertige. Si l’on ajoute à ces observations les conséquences environnementales d’une accélération de l’activité de l’Empire du Milieu, la question se pose bel et bien de savoir si le pire n’est pas devant nous.

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La hausse des taux est sans effet sur l’inflation de la zone euro

Sans surprise, l’inflation en zone euro a plus ou moins stagné en février : 8,5 % contre 8,6 % en janvier. Sur l’ensemble de la région, le ralentissement de  énergétique a, en effet, été effacé par l’accélération des autres composantes, notamment sous-jacentes  en hausse de trois dixièmes à 5,6 %. L’action de la banque centrale européenne n’a donc pas encore porté ses fruits et sauf une récession sévère, les chances de revenir a 2% à horizon prévisible ont quasiment disparu. La BCE continuera à relever le niveau de ses taux directeurs  lors de sa prochaine réunion et apporter plus de précisions sur son calendrier de restrictions à venir, malgré une situation conjoncturelle délicate, notamment en Allemagne.

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Aux Etats-Unis, rien de nouveau sur les ISM, sauf pour les prix

Après les PMI, d’ailleurs révisés légèrement à la baisse pour la composante manufacturière, et les bonnes données de consommation et de production, les indicateurs ISM étaient particulièrement attendus. Pas grand-chose, in fine, à se mettre sous la dent. Le climat des affaires n’a gagné que trois petit dixièmes en février, à 47,7, toujours soutenu par les secteurs des transports et du pétrole, qui bénéficient d’une conjoncture favorable.

Dans le détail, seul l’indice des nouvelles commandes, porté par ces deux secteurs a nettement progressé, de 42,5 à 47, tandis que les indicateurs d’emploi et de perspectives de production se sont repliés. En résumé, des données médiocres et toujours en territoire de contraction.

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Inflation de février : mauvaise pioche en zone euro

A la veille de la publication pour la zone euro dans son ensemble, les premières livraisons des CPI pour février donnent le ton. Les tendances sont, globalement, assez similaires à celles constatées hier sur la France, c’est-à-dire une légère baisse de la composante énergétique, déjà plus que compensée par les autres postes. En Allemagne, l’inflation totale est restée stable, à 8,7 %, malgré la baisse de quatre points de sa composante énergétique. En effet, les hausses de prix alimentaires sont passées de 20,2 % à 21,8 %, tandis que les services ont accéléré, de 0,2 point, à 4,7 %. Nos calculs montrent également une nette hausse de l’inflation dans les biens hors énergie et alimentaire, d’environ un demi-point.L’Espagne a suivi, au cours des derniers mois, presque pas à pas l’Hexagone. L’inflation y est passée de 5,9 % à 6,1 % en février, avec une nouvelle hausse, de deux dixièmes, de sa composante sous-jacente. Pour l’heure, donc, seule la Belgique sort du lot, avec une baisse de presque un point et demi, à 6,6 % de son inflation totale mais une inflation hors énergie et alimentaire qui, comme ailleurs, augmente. Rien, donc, qui pourrait inciter la BCE à lever le pied, au contraire.

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