Nikkei-Eurostoxx, un passage obligé pour le stratège européen

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Dans un contexte d’aversion au risque, l’intérêt pour le marché boursier nippon est retombé ces derniers temps. L’échec des Abenomics, l’appréciation du yen et les achats de titres par la Banque du Japon ont refroidi les investisseurs étrangers. Depuis le début de l’année, le sujet même des développements de l’économie japonaise a bien du mal à retenir l’attention. Le contraste est saisissant par rapport aux trois dernières années durant lesquelles le Japon a souvent servi de facteur de différenciation des stratégies d’investissement.

À en juger par l’exceptionnel degré de corrélation entre l’indice Nikkei et l’Euro Stoxx 50 ces derniers trimestres, mieux vaudrait, pourtant, que les investisseurs s’enquièrent davantage de ce marché lointain avant d’aiguiser leur propre stratégie sur les indices européens, leur exposition au risque, voire davantage…

Baromètre Macroéconomique Global

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BMG

En mai, notre indicateur d’activité ressort inchangé, à 0, par rapport à avril, malgré des mouvements significatifs sur plusieurs composantes et d’importants contrastes entre les zones :

  • détérioration des tendances d’activité en zone euro et en Chine, amélioration aux États-Unis ;
  • neutralité des indicateurs de consommation mais amélioration au Japon ;
  • hausse quasi-généralisée des indicateurs d’investissement productif, sauf aux États-Unis ;
  • regain d’activité exportatrice des États-Unis et du Japon, repli en zone euro

Notre indicateur d’inflation témoigne d’un net changement de tendance, partout à la hausse par rapport au mois dernier

« Décevant et préoccupant », Janet Yellen prend la mesure du mauvais rapport sur l’emploi.

La Présidente de la Fed, Janet Yellen, fait marche arrière tout en évitant de jeter de l’huile sur le feu, se disant raisonnablement confiante sur les perspectives de l’économie américaine et sur la possibilité de relever le niveau des taux directeurs… à un terme qu’elle évite toutefois de préciser, rappelant que sa politique n’est pas prédéfinie et évoluera en fonction des développements économiques futurs. Elle souligne le caractère décevant et préoccupant des derniers chiffres sur l’emploi du mois de mai ainsi que ses interrogations sur quatre points essentiels de la conjoncture américaine :

  1. la résilience de la demande domestique ;
  2. l’impact des faibles gains de productivité sur le potentiel de croissance de l’économie, donc sur le niveau d’équilibre des taux d’intérêt ;
  3. l’environnement international de faible croissance et inflation dans lequel l’appétit pour le risque des investisseurs peut rapidement basculer, notamment dans le contexte du référendum sur le Brexit ;
  4. l’inflation au sujet de laquelle elle souligne l’affaissement de certaines mesures des anticipations de long terme.

Le message est clair : pas de hausse des taux en juin et sic « invalidation des tendances observées sur le marché de l’emploi avant d’envisager une remontée des taux ». À en juger par l’indicateur synthétique du marché de l’emploi, publié plus tôt dans la journée, la FED aura besoin d’un temps plus long que celui de l’été avant de reconsidérer cette hypothèse…

LMCI

De l’emploi américain aux bancaires européennes et aux émergents…

I- Le rapport sur l’emploi américain, un mauvais signal pour les bancaires européennes

Si le lien entre l’emploi américain et la performance de valeurs bancaires mondiales ne coule pas de source à première vue, il est pourtant bien réel, ceci peut-être plus encore pour les valeurs européennes.
Il y a trois éléments d’explication a cette conclusion :
  1. L’évacuation des anticipations de hausse de taux de la Fed que suggèrent les chiffres de l’emploi a tout lieu de pousser les taux longs à la baisse dans l’ensemble du monde développé ; un mouvement malvenu pour le secteur bancaire européen encore largement convalescent.
  2. En faisant refluer le cours du dollar, cette évolution des taux d’intérêt risque de faire remonter la probabilité de baisse des taux en Europe et au Japon, M. Draghi n’a pas hésité à mentionner la possibilité de baisser davantage les taux de dépôts lors de sa conférence du 2 juin et la BoJ s’était déjà clairement positionnée sur cette voie ces derniers mois. Une telle éventualité, on le sait, serait très négative pour les établissements financiers.
  3. Les effets négatifs de la détérioration des perspectives économiques américaines et leur impact sur les marchés financiers mondiaux constituent un facteur additionnel susceptible d’être accentué par le reflux des cours du pétrole.
A l’heure où nombre d’observateurs étaient tentés d’accroître leur exposition aux valeurs bancaires européennes, ces arguments méritent d’être considérés comme d’importants facteurs de risques. Face à celui-ci, l’Italie, le Portugal sont sans aucun doute très exposés, leur performance n’ayant même pas réussi à se redresser ces derniers jours en dépit du regain de confiance observé à l’égard du secteur. Il serait sans doute erroné de considérer que seuls ces deux pays soient exposés. Les couleurs reprises du côté allemand ou français risquent fort de ne pas faire le poids dans un environnement redevenu menaçant sur le front de la croissance et des marchés de capitaux.
II- S’il ne s’agissait que de l’emploi pour pourrions escompter un appel d’air pour les émergents, mais tel n’est pas le cas.
La baisse du dollar qu’implique le changement d’anticipations sur la politique monétaire américaine n’est pas en soi un facteur négatif pour le monde émergent. A l’instar de ce qui s’est passé en mars-avril, le reflux du billet vert peut même être considéré comme un facteur positif ces marchés.
  • en premier lieu parce qu’un dollar plus faible allège d’autant le coût des dettes en dollar de pays et entreprises, tous fortement endettés en devise americaine,
  • en second lieu parce que la baisse du dollar permet mécaniquement au yuan de se déprécier, ce qui retire une épine du pied de la banque de Chine dont on pouvait redouter que le renchérissement malvenu de sa devise à l’egard de l’euro et du yen ces derniers temps ne conduise à une nouvelle dévaluation.
Nous avions expliqué les enchainements d’un scénario vertueux sur ce sujet qui, bien que difficilement cohérent sur la durée, pouvait justifier, à brève échéance, un regain d’appetit pour les actifs du monde émergent et, par voie de conséquence, les matières premieres (voir Y croire ? et Dollar).
Toutefois, comme nous l’avions conclu à ce moment là, ce schéma n’est guère compatible avec celui d’une détérioration marquée des perspectives americaines, de l’ampleur aujourd’hui suggérée par les indicateurs récents, emploi et autres.
En d’autres termes la réaction positive des palces emergentes à la publication des chiffres de l’emploi américains dans la journée de vendredi nous semble des plus precaires.

Pauvre Janet !

Décidément pas chanceuse la Présidente de la Fed, en permanence prise à revers. Avec 38 000 créations d’emplois en mai, ce n’est pas seulement la possibilité de relever le niveau de ses taux directeurs en juin qui disparaît mais probablement toute opportunité de hausse des Fed Funds d’ici la fin de l’année. Lire la suite…

Les plans de la Fed à nouveau contrariés

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Cet article sera publié sur le site Boursorama le jeudi 2 juin

C’est devenu un classique ces deux dernières années : la Fed avance d’un pas et recule de deux.

Alors que les minutes de son dernier comité de politique monétaire du mois d’avril semblaient avoir dégagé l’horizon, la Fed promettant un début de normalisation de ses taux directeurs pour les mois à venir, le Beige Book publié hier soir offre bien peu d’éléments susceptibles de convaincre du bien-fondé d’un tel changement de la politique monétaire américaine.

Ce compte-rendu ajoute, en effet, à la panoplie d’indicateurs médiocres publiés ces derniers jours, avec une description des plus réservées de l’état de santé de l’économie américaine.

La reprise française, de plus en plus convaincante

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Les données de l’INSEE publiées ce matin offrent leur lot de bonnes nouvelles avec une révision à la hausse du PIB du premier trimestre, ainsi qu’une forte révision des chiffres de consommation de biens du mois de mars. Plus persuasives, toutefois, sont les données détaillées des comptes trimestriels, desquels il ressort notamment :

–     une nette accélération des dépenses de services des ménages,

–     ainsi qu’une vigoureuse remontée des dépenses réelles d’investissement des entreprises.

Un ensemble, au total, beaucoup plus convaincant d’une embellie de la conjoncture hexagonale que jusqu’à présent.

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L’immobilier peut-il être une force de rappel pour l’économie américaine en cette fin de cycle ?

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Les dernières statistiques immobilières ont dopé la confiance des investisseurs sur les perspectives américaines. Gare toutefois à ne pas dupliquer des schémas d’un passé révolu lorsque la dynamique du secteur signifiait le bien-être de la plus grande majorité des Américains. Les temps ont changé…

Les données en provenance du secteur de l’immobilier constituent à peu près le seul réconfort. Après avoir plutôt perdu en dynamisme depuis l’été dernier, le secteur a retrouvé des couleurs ce printemps, avril ressortant à bien des égards comme un très bon mois, tant sur le front des ventes de maisons neuves, en progression de 16,5 % par rapport à mars, que sur celui des prix (+7,8 %) ou des promesses de ventes.

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