Mesures Macron – un impact économique significatif, une réponse pas forcément suffisante

Il y avait dans le mouvement des « gilets jaunes » l’expression de deux types de revendications :

  • Une, immédiate, que l’on peut résumer à celle du pouvoir d’achat trop durement impacté ces derniers mois par la remontée de la CSG et l’envolée des prix des carburants qui a résulté de la conjonction de l’envolée des cours du pétrole et de l’augmentation de la fiscalité carbone.
  • Une revendication plus structurelle, ou sociétale, appelant à une réduction des inégalités, une meilleure redistribution des ressources, une plus grande sécurité économique, cette dernière passant, entre autres, par le maintien de services publics de proximité et de qualité (transport, éducation, santé en particulier).

Les mesures annoncées par le président de la République répondent à la première ; elles colmatent les brèches d’une année 2018 particulièrement difficile en matière de pouvoir d’achat et sont, de ce point de vue, à la hauteur des besoins immédiats, à même, y compris, de changer la donne conjoncturelle en France. Elles laissent néanmoins de côté les revendications plus politiques, dont pourrait dépendre l’efficacité des dispositions adoptées en termes de revenus immédiats.

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Brexit stress

L’incertitude franchit un nouveau sommet après le report du vote sur l’accord de Brexit par Theresa May.

Nul ne pouvant plus imaginer que les responsables britanniques assument la folle décision de lancer leur pays dans le néant d’un Brexit sans accord préalable avec l’UE, l’espoir, aussi mince était-il, que Theresa May arrache une majorité au Parlement subsistait tant que le vote prévu demain était maintenu. Voilà qui n’est plus. En annonçant, après une immense confusion depuis le début du week-end, le report de ce vote, la 1ère Ministre Theresa May, a réveillé le spectre d’un impossible compromis, réouvrant par là-même toutes les options. L’économie britannique déjà fort mal en point n’en sortira assurément pas consolidée.

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Inflation & Stratégie: Brutal changement de décor après la chute du pétrole

La chute des cours du pétrole bouleverse la donne inflationniste des prochains mois et in fine celle de l’ensemble de l’année 2019. Ces changements devraient avoir d’importantes répercussions sur l’environnement économique et sur la perception des banques centrales quant à l’évolution du contexte de prix. Aux Etats-Unis, l’inflation totale refluerait vers de 1,5 % dès le premier trimestre 2019, un mouvement qui ne sera, a priori, pas suivi par l’inflation sous-jacente à ce stade du cycle, attendue en légère hausse (voir page 4). En zone euro, l’inflation totale devrait revenir vers 1 %. Au contraire du cas américain, l’inflation sous-jacente aura du mal à résister à la diffusion des effets dépressifs en provenance de l’énergie et refluerait légèrement aussi. L’année prochaine devrait ainsi marquer un fort mouvement de convergence des différentes mesures d’inflation en zone euro (cf page 6) ainsi qu’une moindre dispersion des taux d’inflation entre pays membres, au risque près des problèmes d’approvisionnement en carburants en Allemagne qui, toutefois, devraient se cantonner au court terme.

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Décevant, le rapport sur l’emploi américain voit ses effets court-circuités par l’accord de l’OPEP

Les déceptions en provenance du rapport sur l’emploi américain du mois de novembre n’ont pas eu le temps d’avoir les effets sur les marchés des taux. Entre-temps, l’accord intervenu entre les pays producteurs de pétrole en faveur d’une baisse de la production a fait s’envoler les cours du brut et, dans leur sillage, les taux d’intérêt à long terme américains. L’ensemble aboutit à une situation assez incohérente où la médiocrité des données américaines est suivie d’un redressement des rendements et d’une repentification des courbes des taux, seule la faiblesse du dollar permettant de réconcilier l’ensemble, avec, en prime, une singulière accélération de la hausse des cours de l’or. Il serait surprenant que les tendances observées sur les marchés obligataires en cette fin de semaine aillent très loin avant de s’inverser à nouveau.

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France-Allemagne, la production industrielle dans un mouchoir de poche

Les données publiées ce matin sur la production industrielle du mois d’octobre en France et en Allemagne semblent, en première lecture, contrastées, avec un rebond de 1,2 % de l’indice français contre un repli de 0,5 %de l’allemand. On aurait tort d’en tirer des conclusions hâtives. Non seulement, les évolutions respectives de l’activité industrielle entre la France et l’Allemagne évoluent très peu ces cinq dernières années mais la bonne nouvelle du rebond français est largement nuancée par la chute du mois de septembre. L’ensemble suggère, au mieux, une très faible croissance pour le quatrième trimestre dans chacune de ces deux économies.

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ADP – quels enseignements préliminaires pour le rapport sur l’emploi de demain ?

Le rapport sur l’emploi mensuel de vendredi aux Etats-Unis sera suivi avec attention par les marchés financiers et les membres de la FED. De la lecture qui en sera faite dépendent en grande partie les marges de manœuvre que la FED pourrait consentir à employer dans le contexte actuel de montée des risques financiers. Un bon rapport sur l’emploi, potentiellement accompagné de tensions salariales un peu plus développées, réduirait l’espoir que la FED ajuste sa trajectoire monétaire à la baisse ; ce ne serait une bonne nouvelle ni pour les marchés d’actions, ni les marchés obligataires. Un rapport décevant pourrait se révéler plus favorable aux marchés obligataires mais risquerait, en contrepartie, d’accentuer l’aplatissement de la courbe des taux et de nuire aux indices boursiers. Ce même rapport, assorti d’une montée des tensions salariales, serait doublement sanctionnant, potentiellement plus périlleux que le premier scénario. La voie n’est assurément pas large et le risque de basculer d’un côté ou de l’autre est significatif dans le contexte en présence. Les données de l’ADP publiées aujourd’hui préfigurent plutôt le second de ces scénarii.

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Commandes allemandes : quelques éléments de réconfort malgré tout

Les commandes adressées à l’industrie allemande ont enregistré une légère progression de 0,3 % en volume en octobre, après une hausse révisée de 0,3 % à 0,1 % le mois précédent. L’ensemble n’est guère enthousiasmant. Avec six mois de baisse depuis le début de l’année, les commandes ressortent en chute de 3 % sur l’année écoulée ce qui augure d’un ralentissement accéléré de l’activité industrielle en tendance annuelle qui pourrait avoir pour corollaire une nouvelle contraction du PIB au dernier trimestre, après une baisse de 0,2 % déjà au troisième trimestre.

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Corner obligataire

Entre la hausse des taux et aplatissement de la courbe des taux, l’issue est étroite

La remontée des taux longs américains a été la principale cause des tumultes financiers de ces deux derniers mois. On aurait pu penser que leur repli soit, à l’inverse, un soulagement. Tel n’est guère le cas. Car, faute de correction proportionnelle des taux d’intérêt de plus courte échéance, leur reflux a provoqué un nouvel aplatissement des courbes de rendements auquel les bourses américaines ont violemment répondu dans la journée d’hier.

Pour sortir de ce guêpier, trois conditions seraient requises : 1/Un changement de cap radical de la politique monétaire de la FED ; 2/Une stabilisation des anticipations d’inflation afin de prévenir une baisse trop rapide des taux longs ; 3/Une stabilisation des perspectives de croissance mondiale sans laquelle les anticipations d’inflation continueront vraisemblablement à être revues à la baisse, même dans le cas américain. L’ensemble, reconnaissons-le, ne correspond guère à un scénario « naturel ».

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