Inquiétude palpable à la FED ; cristallisation des doutes sur les marchés

Les marchés attendaient peu du FOMC de ce mois-ci mais avaient sous-estimé l’inquiétude de la FED sur la situation sanitaire et ses potentielles retombées économiques. Fini les références à l’amélioration de la conjoncture qui avaient marqué ses communiqués entre juillet et décembre ; la FED acte ce mois-ci « la modération de la reprise de l’activité et de l’emploi et les faiblesses concentrées dans les secteurs les plus impactés par la pandémie ». Si elle s’est jusqu’alors montrée résolument prudente quant aux conséquences de moyen terme de la crise sanitaire, la référence au moyen terme a disparu de son communiqué, remplacée par cette formulation laconique et d’autant plus cinglante : « la crise de santé publique en présence continue à peser sur l’activité économique, l’emploi et l’inflation et pose des risques considérables sur les perspectives économiques ».

 

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Les indicateurs américains sont meilleurs que prévu mais n’informent pas sur la suite

Meilleures que généralement attendu, les statistiques américaines publiées aujourd’hui tombent à pic pour offrir aux marchés le coup de pouce dont ils avaient besoin pour se remettre des turbulences de la fin de la semaine dernière. Ventes au détail, production industrielle, indice NAHB de confiance des constructeurs, ont tous marqué une nette amélioration par rapport au mois d’avril. Tout comme les effets du confinement étaient très difficiles à anticiper, ceux de sa fin créent une volatilité telle qu’il est difficile d’en tirer beaucoup de conclusions sur ce que ces indicateurs nous enseignent au-delà du seul constat que la situation s’améliore. On retiendra néanmoins de ces données :

Qu’elles devraient autoriser une révision à la hausse des estimations du PIB du deuxième trimestre, que les derniers chiffrages de la FED d’Atlanta voyaient toujours en repli de 48,5 %…

Que les bonnes surprises viennent avant tout des ventes de détail, lesquelles affichent une progression de 17,7 % mensuelle en mai, proportionnelle à leurs chutes passées.

Que rien dans ces données du mois de mai, ne nous indique quoi que ce soit sur le futur de l’économie américaine, à savoir : de quoi sera faite la reprise et combien de temps il faudra pour effacer les pertes occasionnées en début d’année par le coronavirus, sur l’emploi notamment.

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Un quatrième trimestre bien peu inspirant aux États-Unis

Sans surprise, la croissance américaine est ressortie à 2,1 % en rythme annualisé au dernier trimestre de l’année dernière, un chiffre conforme aux attentes et quasiment identique à ceux des deux précédents. Sur le détail peu à dire : consommation de biens ramollie, dépenses de services un peu plus solides, frémissement de l’investissement immobilier mais nouvelle contraction de l’investissement productif, l’ensemble compensé par une chute des importations de 8,7 % r.a. qui permet aux exportations nettes de compenser l’impact négatif de la baisse des stocks… Bref, il ne se passe pas grand-chose de palpitant dans la première économie mondiale où, un peu comme dans un jeu de chasse-taupe, les soutiens à la croissance vont et viennent au fil des trimestres parvenant à maintenir un équilibre fragile autour d’une moyenne de 2 % sans qu’aucune tendance ne se profile véritablement.

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Guerre de tranchée entre les taux et les actions

Si, nombreux voient dans le bas niveau persistant des taux d’intérêt la principale explication à la bonne tenue des actions, les distorsions observées entre ces deux marchés ces dernières semaines ne peuvent guère être considérées comme durables et le risque d’un changement abrupte de perception d’un marché ou de l’autre s’en trouve incontestablement accru. Les données publiées ce mercredi aux États-Unis, ajoutées à celles de la semaine dernière en provenance du marché immobilier, pourraient avoir constitué les premiers éléments déclencheurs d’un environnement plus propice à une hausse des taux futurs.

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Statistiques américaines, du pareil au même

L’ISM non-manufacturier s’est ressaisi en octobre, remontant de 52,6 à 54,7 points, au-delà des attentes des économistes de marché. Pour ceux qui veulent croire à un point bas de la conjoncture américaine, cette statistique viendra s’ajouter à la liste des données de ces derniers jours : PIB et emplois à la fin de la semaine dernière notamment. Tout comme ces dernières statistiques, néanmoins, la lecture que l’on peut faire de l’indice ISM est variable. Replacé dans la perspective des dernières années, le chiffre d’aujourd’hui est juste médiocre et ne remet aucunement en cause la tendance au tassement de l’activité observée depuis le début de l’année. Les économistes ont coutume, pour se prémunir du risque de surinterpréter des mouvements liés à la volatilité normale des séries statistiques, d’analyser les tendances lissées sur deux ou, plus traditionnellement, trois mois. En l’occurrence, ici, la moyenne mobile sur 3 mois ne donne aucun signal interprétable compte-tenu du caractère très réduit de son redressement. Ce constat n’exclut pas que septembre 2019 puisse se révéler in fine le point bas de l’ISM non-manufacturier mais cette enquête ne nous le dit pas.

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PIB et emploi américains : J. Powell moins libre qu’il ne le pense…

À 1,9 %, la première estimation de la croissance américaine est au-dessus des attentes (1,6 %), offrant a priori peu d’arguments à la FED pour défendre une nouvelle baisse des taux directeurs qui devrait être annoncée ce soir. Dans un tel cas de figure, c’est plutôt un discours relativement ferme sur son intention de stopper l’exercice d’assouplissement monétaire qui pourrait être attendu. A y regarder de plus près, pourtant, les données américaines sont beaucoup moins réconfortantes. Les détails du PIB du troisième trimestre portent de plus en plus les stigmates d’une fin de cycle, une conclusion que ne remettent à l’évidence pas en cause les données de l’ADP après de sérieuses révisions apportées sur les six derniers mois. Conséquence de tout cela, les anticipations d’une nouvelle baisse des taux des Fed Funds en décembre sont remontées de 17 % hier à plus de 26 % aujourd’hui ! Dans de telles conditions, J. Powell devra faire état d’une prudence renouvelée…

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L’international à la rescousse des profits des entreprises américaines, mais encore ?

La première estimation des profits des sociétés américaines du deuxième trimestre a été publiée ce jeudi, en même temps que la révision du PIB. Bonne surprise, les profits avant impôts se sont redressés de 5,3 % après deux trimestres consécutifs de médiocres résultats, dont une baisse de 3,7 % en début d’année. Sur un an, l’évolution des profits repasse ainsi en territoire positif, avec une hausse de 2,7 % au lieu d’un repli de 2,1 % au premier trimestre. De manière inattendue, au vue des évolutions de changes, de la dégradation de l’activité internationale et de ce que l’on serait tenté d’attendre de la politique étrangère de D. Trump, c’est du reste du monde que provient l’essentiel de cette amélioration, avec une envolée de quasiment 12 % des résultats des sociétés américaines à l’étranger au deuxième trimestre. Bien qu’exceptionnel, ce résultat n’est pas isolé. En l’occurrence, la politique de rapatriement des bénéfices de D. Trump porte ses fruits : les profits réalisés dans le reste de monde ont ainsi compensé le déclin persistant enregistré sur le front domestique depuis leur pic de la fin de l’année 2014 ; ils étaient alors supérieurs de 13,5 % à leur niveau présent…

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Le point après le coup de semonce des marchés

Rappelez-vous l’Annapurna, image mise en avant en fin d’année dernière pour qualifier nos perspectives 2018. À cette altitude, la tentation est grande de tenter l’ascension du toit du monde, mais les pertes sont élevées et les faux pas, trop souvent, fatals. La faille de la semaine écoulée semble pouvoir être surmontée mais le terrain reste éminemment instable et les retardataires sont loin d’être sortis d’auberge. Où en sommes-nous en matière de balance des risques et sur quels éléments centrer l’attention ?

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