Aux Etats-Unis, les pertes d’emplois s’accélèrent dans les services professionnels

Le rapport ADP sur l’emploi du secteur privé aux Etats-Unis est ressorti nettement plus faible qu’attendu en janvier, avec seulement 22 K créations de postes contre 43 K attendus par le consensus. Par ailleurs, les données de décembre ont été révisées en baisse, à 37 K au lieu de 41K en première lecture. Ces chiffres restent très en retrait de ce que laisserait envisager une croissance économique du rythme de celui de ces derniers mois. Le rapport du mois de janvier met particulièrement l’accent sur les destructions d’emplois dans les services professionnels, lesquels auraient perdu 57 K postes au cours du seul mois de janvier. Effet IA ou reflet des distorsions sectorielles exceptionnelles ? La réponse n’est pas formelle à ce stade, d’autant que la région Atlantique Sud (Floride, Géorgie, Carolines…) apparaît comme la principale responsable de ces mauvais chiffres avec 76 K destructions de postes. Les tendances de l’emploi dans les services professionnels sont, néanmoins, parmi les plus mauvaises depuis l’introduction de ChatGPT, en novembre 2022 et le lien de cause à effet est fortement suggéré. Avec 22,2 millions de salariés, ce secteur, le troisième plus important aux Etats-Unis, a déjà vu ses effectifs réduits de 500 K en un peu plus de deux ans.

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Déflagration?

Après une envolée de respectivement 24 % et 65 % depuis le 1er janvier, les cours de l’or et de l’argent ont dévissé de 11 % et 32 % vendredi. Ainsi vont les choses quand la spéculation se déchaîne, sur fond de liquidités trop abondantes. La frénésie d’achat ne pouvait, à l’évidence, se poursuivre et, comme toujours, les signes avant-coureurs d’une correction majeure n’ont pas manqué ces derniers jours. Mais qui pouvait dire qu’ils feraient, forcément, barrage à une potentielle nouvelle jambe de hausse de 10 %, 20 %, peut-être encore 50 % dans le contexte alors en présence ? La crainte de rater une dernière opportunité (FOMO!) est, souvent, plus forte que tout dans de telles circonstances, jusqu’à ce qu’un déclencheur, souvent anodin, vienne signer la fin de partie. La nomination de K. Warsh, comme successeur de J. Powell à la tête de la Fed, par D. Trump a bon dos. Le personnage, plus académique que les autres pressentis, serait plus fiable que ces derniers, plus scrupuleux à l’égard des pratiques bilancielles de la banque centrale offrirait une garantie de gestion plus orthodoxe qui aurait suffi à provoquer une réévaluation des craintes à l’origine de la frénésie des investisseurs pour les métaux précieux de ces dernières semaines…
Les cours des précieux sont-ils, dès lors, voués à s’effondrer, comme cela a le plus souvent été le cas après leurs vagues de hausses passées ?

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J. Powell ne voit pas pourquoi la Fed devrait baisser ses taux davantage cette année

Le communiqué le suggérait, J. Powell l’a clarifié et n’argumente pas en faveur de baisses supplémentaires des taux directeurs cette année, compte-tenu : 1- des résultats en amélioration en matière de la croissance économique et de perspectives, 2- de la stabilisation du marché de l’emploi, 3- d’un niveau d’inflation toujours relativement élevé. A la question d’un journaliste sur le fait que la Fed recule le moment de la baisse de ses taux prévue en décembre, la réponse de J. Powell est donc on ne peut plus claire, quand bien même le président de la Fed s’est abstenu d’y répondre formellement, avant la publication des nouvelles projections du FOMC du mois de mars. Il fait peu de doutes, néanmoins, qu’à conditions inchangées d’ici là, ces dernières devraient, tout à la fois, gommer le quart de point supplémentaire de baisse des Fed Funds intégré aux Dots du mois de décembre et publier un scénario de croissance rehaussé.
Les anticipations de marchés, qui intègrent encore deux baisses des taux d’ici la fin de l’année, n’ont donc plus lieu d’être, du moins, dans les conditions en présence et avec les membres actuels du FOMC.

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La BoJ, à son rythme

Dans un monde où 24 heures suffisent à faire ou défaire les grands équilibres mondiaux, l’extrême gradualisme de la BoJ ne cesse de surprendre. Après une troisième remontée de ses taux directeurs, à 0,75 %, en décembre, le statu quo n’a surpris personne cette semaine. M. Ueda finira sans doute par évoluer, du moins est-ce le message que renvoie la révision à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation sous-jacente mais rien ne se passera de fait avant, au mieux, son prochain meeting, c’est-à-dire avant les élections convoquées par la première ministre, S. Takaichi, pour le 8 février. Les résultats de ce scrutin repousseront-ils une nouvelle fois sa décision ? Le cas de figure n’est pas totalement impossible. En attendant, le yen s’effrite davantage et les taux de financement campent sur leurs records dans un contexte d’extrême nervosité face aux promesses de Mme Sanae Takaichi de renverser la table avec une politique expansionniste au coût exorbitant pour les finances publiques. Les chefs d’entreprises trouvent leur compte dans ces développements, à en juger par l’envolée des PMI, manufacturier avant tout, en progression de 2,8 points entre novembre et janvier, à 51,5 ce mois-ci, de quoi permettre au Nikkei de se maintenir à deux doigts de ses records de la semaine dernière malgré la dissolution du Parlement depuis ce matin, en vue de la préparation, au pas de course, des élections du 8 février. Entre Ueda et Takaichi, c’est un peu le lièvre et la tortue…

La croissance américaine, de record en record, continue, malgré tout, de questionner

Les données actualisées du PIB du troisième trimestre ont subi une révision à la hausse d’un dixième, à 4,4 % en rythme annualisé, après 3,8 % au deuxième trimestre. Les résultats de l’économie américaine sont donc, au moins en apparence, de très bonne facture, avec, qui plus est, une estimation par la Fed d’Atlanta de quasiment 5,5 % pour la fin de l’année dernière. Après un début d’année morose, le secteur manufacturier poursuit son rattrapage et explique, à lui seul, plus de la moitié de la croissance du PIB du troisième trimestre, un peu moins qu’au deuxième mais, toujours, une proportion élevée. La situation s’est malgré tout améliorée dans les services, avec une contribution de moitié à la croissance du PIB du troisième trimestre, également la plus forte depuis trois ans. Le secteur de la construction est à l’écart, en territoire récessif pour le troisième trimestre consécutif, sans pour autant avoir d’impact notoire sur la conjoncture dans son ensemble, à ce stade.

On comprend le satisfécit de D. Trump sur son bilan. Restent malgré tout bon nombre de questions sur les développements en cours.

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Non, D. Trump n’a pas refermé à Davos la crise qu’il a ouverte le week-end dernier

La prise de parole de D. Trump au forum de Davos était au cœur des attentes du jour. Que retenir de la logorrhée à laquelle s’est livré le président américain ?
1- Sans surprise, il n’a pas tari d’éloges sur son bilan, au sujet duquel il a égrené les réussites supposées de son année au pouvoir, parfois sur la base de données ou d’affirmations des plus fantaisistes. Cette longue première partie de son discours, à destination de son électorat, avait pour objectif de rappeler son engagement à l’égard des ménages américains.
2- D. Trump a aussi cherché à justifier sa volonté d’annexer le Groenland, reprochant, notamment, aux Danois de ne pas avoir agi comme ils s’y étaient engagés pour portéger la région. En somme, D. Trump n’aurait pas d’autre choix que de mettre la main sur ce territoire, vital pour la sécurité de l’Amérique.
3- Le président américain a soigné son image, un brin paternaliste, évitant d’apparaître comme un va-t-en guerre. Mais, s’il a explicitement écarté le recours à la force pour obtenir le Groenland, ses propos particulièrement critiques et méprisants à l’égard des pays européens, mêlaient moqueries et provocations, en même temps que menaces explicites ou à mots à peine couverts, a priori, économiques, peut-être géopolitiques.
Quand bien même, le président américain n’a donné aucune précision sur ses intentions, le conflit est donc incontestablement ouvert entre l’Amérique de D. Trump et les Européens et l’on voit mal, après ce discours, comment les uns et les autres pourraient s’asseoir à la table de négociations, à ce stade, pour régler les différends en présence. Il faut donc s’attendre à des rebondissements et, vraisemblablement, à une escalade au niveau, au moins, commercial.

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En Chine, comme ailleurs, les prouesses technologiques ne font pas tout

Palpable depuis les printemps, la tendance se précise avec les données du dernier trimestre et de l’ensemble de l’année 2025 : sauf le secteur technologique, l’économie chinoise patine, voire s’enlise dangereusement. Vue sous cet angle, la situation ressemble plus qu’on ne le pense à l’américaine, aggravée dans le cas de l’Empire du Milieu par de puissants effets richesse négatifs, contrairement aux Etats-Unis, où ces derniers camouflent efficacement la misère d’une croissance en K. La crise immobilière a, de ce fait, des conséquences décuplées sur une économie chinoise, tout à la fois, capable de briller dans les domaines stratégiques de pointe et de donner l’impression de sombrer dans de nombreux autres, à l’égard desquels le gouvernement semble avoir capitulé, au grand dam d’une large majorité des consommateurs. Il faudra bien, pourtant, que la situation évolue pour que Xi Jinping conserve le soutien indéfectible d’une population dont il a plus que jamais besoin dans le contexte en présence.

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Quand le pétrole entre dans la danse, un puissant « game changer » potentiel

L’envolée des métaux précieux et plus récemment des métaux industriels n’a pas eu de conséquences significatives jusqu’à présent. Reflet de la montée des crispations géopolitiques et de la défiance à l’égard des politiques monétaires, la hausse des métaux précieux n’a pas d’effets économiques majeurs en retour. Celle des métaux industriels en aura davantage, en particulier sur les coûts de production, mais en l’absence de tensions sur les prix de l’énergie, son impact peut être considéré comme relativement marginal, à l’exception de quelques rares secteurs. La donne pourrait changer radicalement si les prix de l’énergie finissent par être enrôlés dans une dynamique haussière, comme le fait craindre l’envolée des cours du brut de ces tout derniers jours.

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