Victoire à la Pyrrhus de la décision de la Cour suprême américaine

Le dicton dit : un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…. Attendu depuis plusieurs semaines, le verdict de la Cour suprême américaine sur la légalité des droits de douanes réciproques instaurés depuis le mois d’avril 2025 par D. Trump est tombé : ces taxes sont pour la plupart illégales. La décision constitue un revers d’autant plus cinglant pour D. Trump que les juges de la Cour sont en majorité républicains.
Annoncée avant la fermeture des marchés européens, la nouvelle a été largement saluée par les investisseurs, provoquant des rebonds d’ampleur des valeurs les plus sensibles au marché américain, au bénéfice, notamment, d’une hausse de 1,4 % du CAC 40, valeurs du luxe en tête.
Il a néanmoins fallu peu de temps avant que le président américain réplique à cette décision par l’usage d’une procédure d’urgence (article 122 du code commercial) lui permettant d’augmenter les droits de douanes pour une période limitée à 150 jours dans la limite de 15 % en cas de grave déséquilibre de la balance des paiements. D’abord portés à 10 % vendredi soir, un nouveau décret les élevait à 15 % samedi. A l’euphorie initiale succède depuis samedi une nouvelle vague d’extrêmes incertitudes. Qu’attendre maintenant de l’administration ? Que deviennent les accords précédemment conclus ou en voie de l’être ? Quelle valeur politique donner au barrage d’une Cour qui semblait être acquise à l’administration ? Enfin, quelles conséquences économiques de ce nouveau choc en perspective ?

Les réponses ne sont pas connues. Mais une chose semble sûre : les incertitudes commerciales, progressivement passées au second plan des préoccupations ces derniers mois, reviennent avec fracas sur le devant de la scène internationale. Les marchés des précieux l’ont compris plus vite que les bourses, l’or et l’argent profitant de la nouvelle pour conforter leur récupération.
Que dire à ce stade ?

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L’Asie sombre, cela devrait caper la hausse des taux américains

La détérioration des indicateurs économiques en provenance d’Asie s’est singulièrement accélérée ces derniers mois. Ce constat est inquiétant à plus d’un titre. Tout d’abord pour la situation asiatique elle-même. Au vu des derniers indicateurs, plusieurs pays pourraient, en effet, faire face à un risque de récession. Ensuite, pour ce qu’elle nous susurre des tendances de la conjoncture internationale : par leur importance dans le commerce, les économies d’Asie du sud offrent traditionnellement des indications très fiables de l’évolution de la demande mondiale ; la chute des PMI composites singapourien et hong-kongais en septembre, deux des premières plateformes du commerce intra régional asiatique est, à ce titre, préoccupante. Par ailleurs, le fait que cette dégradation intervienne précisément au moment où l’économie américaine, de son côté, donne de plus en plus de signes d’emballement, pose bien des questions. Rares ont été par le passé les occasions de constater de tels écarts de tendance entre les deux blocs.

En l’absence de resynchronisation rapide, il fait peu de doutes que les économies asiatiques seront d’autant plus exposées à la remontée des taux d’intérêt américains. Cette situation pourrait, par ricochet, soit considérablement réduire le potentiel de hausse de ses derniers, soit considérablement fragiliser l’environnement financier international… Ce qui in fine aboutirait au même effet, à savoir caper la hausse des taux d’intérêt.

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La belle surprise de l’IFO, un effet de la politique d’investissement public ?

Après six mois de repli ininterrompu, l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne s’est singulièrement amélioré en août, se redressant de plus deux points, à 103,8, ce qui équivaut à effacer les baisses des cinq derniers mois. Selon les estimations de l’Institut, l’indice serait ainsi passé d’un niveau synonyme de forte probabilité de contraction de l’activité économique dans laquelle il oscillait depuis mars à celui d’une forte probabilité d’expansion. À un moment où l’espoir de voir l’activité se ressaisir au second semestre commençait à sérieusement s’éroder, la nouvelle est donc d’importance. Quel poids lui donner ?

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