Economie chinoise : on comprend mieux le recul de Xi Jinping…

Parmi les données chinoises publiées ce matin, aucun rattrapage possible : les statistiques du mois d’août sont toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il y a sans doute là de quoi mieux comprendre le recul du président Xi Jinping sur l’augmentation des tarifs à l’importation de produits agricoles. Une telle taxe interviendrait assurément à un très mauvais moment pour le consommateur chinois, déjà victime de la situation en présence. Jusqu’à présent soutenu par la population dans le conflit qui l’oppose à l’administration américaine, le président chinois n’est pas à l’abri d’un retour de bâton au fur et à mesure de la détérioration de l’environnement conjoncturel national. Si son recul de la semaine dernière ne préjuge en rien de la probabilité d’un accord commercial avec les Etats-Unis, il fait de moins en moins de doute que la situation critique dans laquelle se trouve la Chine, qui ne manquera pas de s’aggraver si D. Trump met ses menaces à exécution le 15 octobre, réduit sa capacité de résistance aux pressions américaines.

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Arabie Saoudite – risque géopolitique et risque de récession mondiale

Sans surprise, la réaction des cours du pétrole à la paralysie de 50 % des capacités productives de l’Arabie Saoudite après l’attaque de ses installations samedi est violente. L’ouverture sur le marché du Brent s’est ainsi soldée par une envolée des cours à plus de 68 $ contre 60 $ en clôture vendredi dernier, avant que les cours ne reviennent aux environs de 66 $-67 $ dans un marché forcément nerveux. Si les risques d’approvisionnement sont minimes compte tenu des hauts niveaux de stocks commerciaux mondiaux et des réserves stratégiques, la montée des risques de réplique à l’égard de l’Iran créé un climat d’incertitude à même d’entretenir une extrême volatilité des cours. Washington n’a pas hésité en effet à accuser Téhéran de cette attaque au drone des installations saoudiennes. Sur le plan économique, l’envolée des cours, si elle venait à persister équivaudrait à un risque accru de récession.

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Postview BCE : En route vers l’hélicoptère ?

La BCE a choisi de réduire le risque au maximum en oeuvrant, comme elle l’avait laissé entendre, sur tous les fronts, quand bien même certains observateurs semblent déçus par l’ampleur de la baisse des taux de dépôt (10 pb contre 20 pb parfois escomptés) ou la taille de son QE, 20 mds contre 30 envisagés. La stratégie permet, certes, de réduire le risque de décevoir des marchés très gourmands mais a en contrepartie l’inconvénient de ne plus laisser beaucoup de marges de manœuvre, tout du moins parmi les outils non conventionnels devenus usuels. Or, à en juger par ses propres prévisions, la BCE semble bien peu convaincue de l’efficacité des mesures qu’elle nous annonce : son nouveau scénario n’envisage pas plus de 1.0% d’inflation a horizon 2020, après 1.2% pour cette année ! Autrement dit, l’assouplissement des conditions monétaires décidé aujourd’hui pourrait n’être que le début d’une longue série de nouvelles mesures a venir… Reste a savoir quel nouvel outil la BCE sortira de son chapeau. Sauf capacité de Mme Lagarde a faire bouger la Commission en direction d’initiatives budgétaires, l’hélicoptère pourrait ne pas être loin….

BCE – entre les murs

À en juger par l’envolée des valeurs bancaires de la zone euro ces derniers jours, +11 % pour le secteur depuis son récent point bas du 15 août, les anticipations des marchés s’agissant des mesures que pourrait annoncer la BCE ce jeudi sont de taille. Si la perspective de baisse des taux de dépôts en territoire plus négatif encore n’émeut pas davantage, c’est sans doute, au-delà du mouvement généralisé de hausse du secteur à l’échelle mondiale, que les attentes concernant le paquet de mesures susceptibles de l’accompagner sont particulièrement élevées : nouveau décalage dans le temps de l’agenda de hausse des taux, exonération de la taxe sur les dépôts en-dessous d’un certain seuil (« tiering »), nouveau programme d’achats d’actifs, voire… « monnaie hélicoptère », la liste est décidément bien étoffée ! Est-elle pour autant crédible et, effectivement, rassurante ?

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Hécatombe en Allemagne

-2,7 %, soit la nouvelle contraction des commandes à l’industrie allemande en juillet qui efface un peu plus que l’intégralité de la hausse de même ampleur du mois de juin. Les commandes domestiques se contractent de nouveau et affichent dorénavant un recul de plus de 8 % l’an. Les commandes étrangères se contractent quant à elles de 4,2 % par rapport à juin quand bien même les effets de base favorables du secteur automobile par rapport à l’an dernier atténuent leur chute annuelle à 3,2 % ; un résultat vraisemblablement amené à être suivi d’une violente rechute le mois prochain quand les effets de base rebasculeront à -7,1 %… L’ensemble reste, au total, très préoccupant pour l’économie allemande.

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Brexit : sidération

Boris Johnson avait averti : il mettrait le parlement britannique en congés pour prévenir le risque d’un barrage à son projet d’un Brexit à n’importe quel prix, avec ou sans accord. L’idée semblait tellement impensable au royaume de la démocratie qu’il était difficile de croire en ces menaces. La reine Elizabeth II vient, pourtant, de valider la demande du premier Ministre B. Johnson et nous restons pantois. Pantois, devant la brutalité d’un premier ministre porté à la tête du Royaume-Uni par défaut, sans avoir été élu, s’apprêter à décider du sort historique de son pays. Pantois, devant la résignation d’une population lassée d’une affaire qui paralyse leur pays et dont nombreux ne comprennent pas les enjeux, prête à se résigner à bafouer sa démocratie et son Royaume par dépit. Pantois, devant le peu de cas que font les marchés du risque de jour en jour plus important d’un Brexit dans quelques neuf semaines, aux conséquences imprévisibles mais sans aucun doute ravageuses de part et d’autre de la Manche à brève échéance. Pantois, enfin, face à la multitude de questions que pose cette perspective pour l’avenir du Royaume-Uni d’abord et, au-delà, celui de l’Europe et des démocraties.

S’agit-il d’un ultime coup de bluff destiné à faire peur aux européens pour les forcer à accepter un nouveau délai, en dépit de toute proposition crédible de renégociation de l’accord de T. May ? La sidération conduit forcément à se poser la question, au risque de faire preuve de déni d’une réalité trop accablante pour être acceptée.

Les Britanniques croient-il vraiment pouvoir être gagnants en s’imposant comme le paradis de la défiscalisation et de l’abolition des droits de douanes mais en empêchant la libre circulation des personnes et du capital qui va de pair ?

Sont-ils aussi prétentieux qu’ils envisagent pouvoir, seuls, établir de meilleures relations commerciales avec les grands de ce monde dans un contexte international de plus en plus instable et conflictuel ?

Sont-ils aussi convaincus de l’attachement des Irlandais et des Écossais à la Grande-Bretagne qu’ils n’envisagent pas que cette atteinte à la démocratie rende insupportable leur maintien dans le Royaume-Uni ?

Cette folie politique nous sidère, assurément.

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Le PIB allemand baisse de 0,4 % hors stocks au deuxième trimestre

Avec un PIB réel qui se contracte au deuxième trimestre, à -0,1 %, l’Allemagne confirme les craintes nées des chiffres de production et de climat des affaires des derniers mois. Encore ce mauvais résultat est-il atténué par le fort gonflement des stocks sans lequel le PIB réel aurait baissé de 0,4 %. Au-delà de la mauvaise performance du commerce extérieur, très largement attendue, la demande domestique a été faible au printemps, avec une hausse de seulement 0,1 % des dépenses de consommation des ménages ainsi qu’un repli de l’investissement. Au vu des indicateurs avancés toujours plus mauvais de cet été, le troisième trimestre a tout lieu de connaitre une nouvelle contraction de l’activité qui viendra signer l’entrée effective de l’Allemagne en récession au printemps.

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PMI : l’industrie allemande déteint sur les services, pas encore sur l’hexagone

L’année 2019 avait débuté sous le signe d’une double dichotomie, l’industrie allemande dégringolait mais ni les services ni son voisin français ne semblaient particulièrement affectés. Dans le premier cas, cet écart semble, lentement, se résorber, puisque le secteur tertiaire commence à accuser le coup outre-Rhin. Bonne surprise en revanche pour la France qui, malgré une situation loin d’être au beau fixe -le climat des affaires reste très loin de son niveau de novembre- tient le coup par rapport au reste de l’Europe. L’écart des PMI manufacturiers entre la France et Allemagne qui a dépassé son niveau historique en mai s’est de nouveau creusé en août, à 7,4 points.

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