Après les PIB en trompe l’œil, l’INSEE et l’IFO sonnent le retour à la réalité

Le PIB allemand, conformément à la première estimation publiée fin juillet, est ressorti stable au deuxième trimestre. Officiellement, l’Allemagne est donc sortie de la récession de la fin 2022/début 2023, le premier trimestre étant, par ailleurs, légèrement revu à la hausse, à -0,1 % contre -0,3 %. Maigre satisfécit néanmoins dès lors que la seule contribution positive des stocks explique ce résultat : les autres postes sont stables, voire en baisse pour les exportations. La situation n’est pas sans rappeler celle de la France où, a contrario, les exportations exceptionnelles ont permis une croissance de 0,5 % du PIB tandis que la demande domestique subissait une forte contraction.
Les climats des affaires de l’INSEE publié hier et de l’IFO, ce matin, pour le mois d’août, dressent sans doute un tableau plus fiable de la conjoncture en présence et celle-ci n’est guère rassurrante. Comme les PMI, ils confirment l’imminence d’une récession de plus en plus pesante sur les perspectives d’emploi. Il serait assurément temps que la BCE en prenne acte.

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Sauf au Japon, les PMI plongent en août

Décidément ça ne s’arrange pas. Alors que les PMI manufacturiers continuent d’évoluer en zone négative, voire dépressive en Europe, les indicateurs des services rebaissent nettement dans la pluspart des pays à l’exception du Japon. Inflation et hausses de taux semblent commencer à peser davantage sur la demande des ménages et les entreprises rencontrent plus de difficultés à répercuter la hausse de leurs coûts dans leurs prix. Un mauvais mix alors que les tensions renouvelées sur les prix des intrants ne vont pas dans le sens souhaité par les banques centrales.

Les PMI européens se sont, au mieux, maintenus à de très bas niveaux sur fond de nette dégradation du côté des services. La croissance du deuxième trimestre, un peu supérieure aux attentes en zone euro et au Royaume-Uni, n’a donc pas été synonyme d’amélioration durable. Loin des données encourageantes des dernières semaines, les PMI américains renvoient l’image d’une conjoncture en net ralentissement. Finalement seul le Japon résiste. En l’absence de resserrement monétaire, le reflux de l’inflation semble aider le tertiaire à mieux tirer son épingle du jeu.

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Brèves estivales

1) Les déboires de la construction continuent de plomber l’activité chinoise

Les PMI chinois sont chaque mois un peu plus mauvais. Alors que les retours en provenance de l’industrie piétiennent en territoire toujours légèrement négatif, l’activité des services perd davantage de terrrain. Manifestement, les déboires immobiliers et leurs effets sur l’ensemble de l’activité expliquent une bonne part de ces déceptions face à un contexte international toujours bien peu porteur.
Peu de changements donc, sinon, une légère remontée des prix producteurs dans l’industrie et toujours l’espoir de nouvelles mesures de relance salvatrices quand bien même les initiatives de ces dernières années ont, assez largement, échoué…

 

2) Déception sur l’inflation sous-jacente en zone euro

L’inflation en zone euro a reculé de 0,2 point en juillet, à 5,3 %, une amélioration surtout permise par la décrue de sa composante alimentaire de 11,6 % à 10,8 % et par celle de l’énergie, de -5,6 % à -6,1 %. Les prix sous-jacents ont, en revanche, moins reflué qu’ils ne le font habituellement au cours du mois de juillet de sorte que l’inflation hors énergie et alimentation campe toujours à 5,5 %, comme en juin, sous l’influence d’une réaccélération des prix des services, de 5,4 % l’an en juin à 5,6 %.
La normalisation de l’inflation sous-jacente laisse manifestement à désirer. Potentiellement liée à des effets saisonniers quelques peu exceptionnels dans la restauration, les voyages et loisirs, il s’agit néanmoins d’une déception que la BCE ne laissera pas passer si elle venait à persister en août.

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Lagarde : « We are not in the domain of forward guidance», ça c’est sûr !

Après avoir de nouveau relevé ses taux directeurs d’un quart de point, portant le repo à 4,25 %, son plus haut niveau depuis octobre 2008, que fera la BCE ? Nul ne le sait et, a priori, surtout pas Mme Lagarde, à en juger par ses propos qui, comme ceux de J. Powell hier soir, semblent avoir avant tout cherché à ne rien divulguer de ses intentions. En septembre ce sera donc une pause ou une hausse des taux, fonction des données économiques publiées d’ici là, de l’estimation des effets retardés de la politique monétaire et de la perception de la BCE sur les tendances inflationnistes. Seule certitude, il n’y aura pas de baisse des taux et si pause il y a ce pourrait être pour un mois, pas davantage… Message reçu : la politique évoluera au gré des données économiques jusqu’à atteindre un degré suffisant de restriction pour garantir que l’inflation revienne à 2 %. Une réduction accélérée du bilan n’a même pas été évoquée par le Conseil des gouverneurs qui continue à privilégier son instrument préféré, celui des taux d’intérêt. A priori ces derniers n’ont pas atteint leur pic mais, tout dépend, peut-être que si, qui sait ? Voilà qui n’aide pas beaucoup et promet encore pas mal de volatilité sur les anticipations de politique monétaire. Comme pour la FED, les marchés jouent malgré tout une autre partition : celle d’une BCE plutôt colombe. Cherchez l’erreur. A force de tirer sur le malade, ils finiront sans doute par avoir raison.

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L’économie américaine à la merci de l’action publique

Au deuxième trimestre, le PIB américain progressé de 2,4 % en rythme annualisé, soit 0,6 % en rythme trimestriel, ce qui constitue une accélération par rapport aux 2% du premier trimestre. Néanmoins, cette accélération est surtout le fait d’une contribution nulle des variations des stocks, après leur franc repli en début d’année. La consommation privée et publique a, quant à elle, ralenti, les investissements résidentiels ont amplifié leur baisse et le commerce extérieur s’est nettement replié, la chute des importations compensant celle des exportations.
Seul l’investissement non résidentiel a donc nettement accéléré, porté, en partie, par les dépenses de structures ; plus précisément, par les investissements effectués par les entreprises manufacturières. Ceux-ci ont contribué à hauteur de 0,3 point à la croissance, soit un huitième de la hausse du PIB. L’IRA semble donc porter ses fruits, ce qui est indiscutablement un avantage pour l’économie américaine… qui risque cependant de ne pas plaire à la FED….

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Net ralentissement de l’activité des services aux États-Unis, selon les PMI

En comparaison des données européennes de ce matin, les PMI américains sont nettement moins inquiétants. Cependant, l’indice composite a, tout de même, affiché une baisse, de 53,2 en juin à 52 en juillet, sous l’effet d’un recul de deux points de l’indicateur des services, à 52,4.
Les conditions de crédit sont clairement citées comme un facteur limitant pour la demande et expliquent une bonne part de ces médiocres données. Le rapport de juillet confirme, en outre, la tendance au ralentissement des créations d’emplois du mois de juin, du fait, là aussi, d’une dégradation des indicateurs dans les services.
Contrairement au vieux continent, ces mauvaises nouvelles dans le tertiaire ont été, en partie, compensées par un léger mieux du côté du PMI manufacturier, avec une hausse de près de trois points, à 49, malgré une détérioration de l’opinion sur les carnets de commandes à l’export. Les industriels comptent sur l’affaissement des tensions inflationnistes, les nouvelles embauches et le coup de pouce de l’IRA pour stimuler l’activité des mois à venir.

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Premiers signes de baisse sur l’inflation britannique… Les taux allemands chutent !

Au Royaume-Uni, l’inflation a reculé de 0,8 point, à 7,9 %. Sa composante sous-jacente a quant à elle perdu 2 dixièmes, à 6,9 %, une première baisse depuis janvier. De plus, l’indice des prix « cœur » a, également, ralenti d’un mois sur l’autre. La normalisation des prix à la production et le très léger ralentissement des salaires pointent également vers une inflation un peu moins forte dans les mois à venir.

L’action de la BoE semble donc, timidement, porter ses fruits et cela rassure. Insuffisant au regard des objectifs de politique monétaire, ce ralentissement de l’inflation outre-Manche conforte les anticipations des marchés ailleurs : ce matin, sous l’effet des données britanniques et du discours de K.Knot, président de la Banque des Pays-Bas, les taux à deux ans allemands chutent de plus de six points de base à leur plus bas niveau depuis un mois.

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Médiocres données américaines

A une semaine de la publication du PIB, les dernières données américaines, révélées aujourd’hui, ont été plutôt médiocres. Les ventes de détail à prix courants ont augmenté de seulement 0,2 % en juin, contre 0,3 % en mai. La production industrielle s’est, quant à elle, contractée de 0,5 % et de 0,3 % pour sa composante manufacturière.  Les indicateurs NAHB de juillet dans l’immobilier sont restés plutôt bien orientés, à l’exception, cependant, d’un premier recul des perspectives de ventes.

Cela n’a rien de particulièrement inquiétant pour la croissance du deuxième trimestre. Hier, la Fed d’Atlanta anticipait encore une hausse de 2,3 % du PIB r.a.. A titre de comparaison, notre estimation réalisée à partir des seules variations trimestrielles des ventes et de la production indique une croissance légèrement plus faible, autour de 1,5 % r.a. ; de quoi conforter la tendance a la baisse des taux futurs.

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