Ceinture et bretelles pour 2025 : une lecture critique du « consensus » de marché

À en juger par le consensus des analystes des grandes banques internationales, 2025 serait une année des plus prometteuses au cours de laquelle les éléments les plus favorables aux bourses mondiales, américaines en premier lieu, seraient de nouveau au rendez-vous. Sans doute le sentiment des consommateurs américains n’est-il pas totalement étranger à cette vague d’optimisme. Ces derniers n’ont jamais été aussi confiants qu’aujourd’hui sur les perspectives boursières. Selon le Conference Board, plus de 57 % d’entre eux s’attendaient à une hausse des indices pour l’année à venir en novembre, mois de la réélection de D. Trump, soit vingt points de plus que la moyenne de 36 % observée depuis près de 40 ans. Ils étaient encore plus de 52 % à le penser en décembre.

De là à entretenir le discours ambiant, il n’y a qu’un pas que nombreux franchissent sans mollir, quitte, parfois, à tirer les scénarios par les cheveux. Selon le FT, les analystes « sell side » sont très majoritairement « bearish » au sujet des cours du pétrole, donc « bullish » s’agissant des perspectives de taux d’intérêt et, performance de l’an passé oblige, sur celles l’or. Ils sont, par voie de conséquence, plutôt confiants sur les bourses européennes et quasi-unanimement « bullish » sur les actions américaines.
Si le calendrier avance, rien ne semble changer du côté du consensus. Malgré le lapin posé par le rallye de Noël, la confiance est résolument au RDV et, avec elle, un degré d’aveuglement qui laisse pantois. Il y a bien des raisons de penser, en effet, que les choses ne se dérouleront pas comme anticipé et que dans les conditions en présence, mieux vaudra être bien harnaché pour aborder cette nouvelle année.
Si, parmi les nombreuses occasions d’instabilité, de mauvaises surprises ou de coups durs, les chances qu’aucune ne vienne entraver le scénario escompté ne peuvent être considérées comme nulles, reconnaissons que tel n’est pas, a priori, le plus probable. Face à l’excès d’optimisme en présence, le contrecoup pourrait être d’autant plus dur. Sur quels points se tenir sur ses gardes ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Quasi-clap de fin de la baisse des taux de la Fed : un brutal retour à la réalité

Le verdict semblait, pourtant, acquis : dans une position intenable depuis le FOMC du 18 septembre, la Fed accompagnerait l’annonce d’une baisse d’un quart de point des Fed Funds, que les derniers chiffres d’inflation lui permettaient de sauver, d’une révision significative de ses perspectives. C’est ce qu’elle a fait en réduisant de moitié l’ampleur de l’assouplissement monétaire pour 2025, de 100 points de base comme elle l’avait malencontreusement prévu en septembre, à 50 points. A écouter J. Powell, la Fed aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin. L’unanimité des votes n’a pas été recueillie, en effet, pour la baisse de ce 18 décembre et certains membres considèrent bel et bien que celle-ci pourrait être la dernière. En cause, un changement majeur de perception sur les perspectives d’inflation que les membres du FOMC prévoient en hausse l’an prochain, de 2,4 % en décembre 2024 pour le PCE, à 2,5 %, au lieu des 2,1 % prévus en septembre. C’est ce changement qui semble avoir provoqué la susceptibilité des marchés, qui ont violemment réagi à la publication de ces projections et, plus encore, aux réserves exprimées par J. Powell au fur et à mesure de sa conférence de presse. Résultat, les indices boursiers américains ont perdu pieds, le Nasdaq en chute de 3,6 % et le S&P 500 de 2,95 %, tandis que le rendement des T-Notes s’est envolé de plus de 13 pb, à 4,52 % à deux doigts de son plus haut d’avril, 4,66 %. Le dollar s’est quant à lui adjugé une progression de 1,2 %, provoquant des réactions en chaîne sur les marchés des changes dont le plus remarquées sont la chute l’euro à 1,035$, celle du yuan à un plus bas depuis fin 2007, à 7,325CNY pour un dollar et celles des crypto-monnaies.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Élections américaines, toutes les hypothèses sont ouvertes

C’est une cause entendue, la course à la Maison Blanche est serrée et aucun des principaux prévisionnistes -sérieux- n’a jamais donné à l’un ou à l’autre des candidats beaucoup plus que 60 % de chances de l’emporter, pour finalement s’accorder sur un 50/50 quasi-parfait. A titre de comparaison, les chances d’Hillary Clinton en 2016 étaient, au pire, supérieures à 70 %, voire dépassaient allègrement les 90 %, pour le résultat final que l’on sait. Bref, on ne peut faire plus incertain et une telle situation devrait inciter, de toutes façons, à la retenue.
Tel n’est guère ce qui caractérise, néanmoins, les marchés financiers. Sans surprise, ces derniers ont misé sur une victoire de D. Trump, sans vraiment, d’ailleurs, s’intéresser aux implications économiques et, encore moins, socio-politiques, de son programme (cf D. Trump : 2016-2024, ou l’inquiétante anesthésie d’un monde en perdition) et de son éventuelle réélection. Au fur et à mesure de sondages un peu plus favorables au candidat républicain, le mouvement s’est amplifié, entrainant dans son sillage de profonds ajustements sur les marchés, notamment marqués par l’envolée des anticipations d’inflation, des taux d’intérêt et des cryptomonnaies (+18 % pour le Bitcoin en un trimestre).

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Marchés obligataires, le scénario idyllique a du plomb dans l’aile. A quoi s’attendre ?

Le schéma était bien huilé : l’inflation, apparemment, maîtrisée, les banques centrales progresseraient dorénavant vers une normalisation graduelle de leur politique monétaire. La Fed, avec un point de départ plus élevé, bénéficierait de marges accrues de baisses de ses taux par rapport à la BCE, laquelle pourrait, néanmoins, s’appuyer sur la fragilité de la conjoncture européenne pour avancer à un rythme à peine moins cadencé.
J. Powell et C. Lagarde n’ont, d’ailleurs, pas contrarié le consensus, confortant, plus que l’inverse, les espoirs en place. Fin septembre, encouragés par les Dot Plots particulièrement conciliants du FOMC, les marchés anticipaient des taux à 2 ans à 3 % aux Etats-Unis et 2,2 % en Allemagne, d’ici septembre 2025 ; ni trop élevés, grâce au retour d’une inflation là où le souhaitent les banques centrales, ni trop bas, conformément au scénario d’atterrissage en douceur de l’économie américaine, qui avait supplanté les craintes de récession de l’été, et à celui d’une petite mais reprise quand même en zone euro.
En somme, le meilleur des cas de figure ; favorable à une repentification des courbes des taux, accueillie comme il se doit par les marchés, avec en sus, un vigoureux appel d’air pour les actifs du monde émergent, doublement soutenus par la perspective de baisses des taux et du dollar américains.
Seulement voilà, le scénario idyllique a du plomb dans l’aile. Non seulement, l’économie américaine se porte beaucoup mieux qu’envisagé par la Fed en septembre, triplement soutenue par le repli de l’inflation, la baisse des taux et une politique budgétaire toujours très active à la veille de la présidentielle, mais les sondages sur l’issue du scrutin ont viré de bord, pointant vers une probabilité élevée d’un retour de D. Trump aux commandes, avec dans sa hotte, un programme éminemment inflationniste.

Simultanément, le boulevard dont semblait pouvoir bénéficier la BCE après la chute de l’inflation du mois de septembre en zone euro, s’est réduit en un sentier escarpé avec la publication d’octobre, nettement moins favorable. Par ailleurs, là aussi, la conjoncture retrouve quelques couleurs, avec des consommateurs plus prompts à la dépense que jusqu’alors, notamment en Allemagne. L’urgence à baisser les taux se réduit, donc, de facto et le degré de liberté dont semblait pouvoir bénéficier la BCE par rapport à la Fed n’est plus que peau de chagrin, à la réappréciation près de l’euro, dont le regain de vigueur permettra, peut-être, à l’institution d’aller un cran plus loin, sur la pointe des pieds et sous réserve que les anticipations d’inflation ne suivent pas la direction empruntée ces dernières semaines du côté américain.
Le contexte, c’est peu de le dire, se complexifie avec, en prime, les mauvais chiffres d’emploi du mois d’octobre. Que peut-il, dès lors, se passer ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Inexorable ascension des bourses?

Si le nombre de records boursiers est un indicateur prémonitoire, alors 2024 se présente sous un jour des plus porteurs pour les bourses mondiales, y compris, in fine, pour bon nombre de pays émergents.
D’où pourraient venir les freins à cette ascension et, plus généralement à celle des prix des actifs à risque ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

2024, les perspectives désordonnées d’un monde polarisé

2023, année de tous les risques, se termine presque sans heurts : en dépit de hausses des taux d’intérêt très supérieures aux anticipations, la croissance a souvent été meilleure qu’attendu, sur fond de détente rapide de l’inflation. Finalement, la croissance du PIB mondial approchera 3,5 % cette année, celle des Etats-Unis dépassera 2,5 % et celle de la zone euro avoisinera 0,5 %. La récession redoutée il y a un an n’a pas eu lieu ; les bourses ont préservé l’essentiel de leurs gains du premier trimestre ; le crédit aux entreprises a profité de liquidités abondantes et de rendements plus attractifs que ceux des obligations d’Etat, l’euro a évité la chute. Fin 2023, alors que les banques centrales lèvent le pied, les marchés voient la vie en rose.
Que nous réserve 2024 ?
– Eclipse ou changement de donne inflationniste ?
– Perspectives américaines : La Fed pourrait créer la surprise et sauver la donne.
– Enlisement de la zone euro où le défi de la réindustrialisation se heurte à ceux de la productivité et de la déflation chinoise.
– Géopolitique – Xi Jinping, aux abois, finira-t-il par préférer l’apaisement ?
– Les marchés, entre espoirs de baisse des taux et manque de perspectives cycliques.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Le repli de l’inflation touche à sa fin et ça se complique

Alors que le cycle de hausse des taux directeurs touche son terme, à quoi s’attendre ? Dans un scénario idéal, largement plébiscité par le consensus de marché, les institutions internationales et monétaires, les banques centrales seraient sur le point de réussir leur pari, à savoir : la maîtrise de l’inflation sans casser la croissance. 2024 serait, ainsi, une année d’amélioration graduelle de la conjoncture mondiale, de repli persistant de l’inflation et de détente monétaire, comme rappelé cette semaine par la Commission européenne, et, plus tôt cet été, par le FMI. Pour autant, les chances que les choses se déroulent de la sorte sont, de prime abord, assez faibles. . Il y a une raison principale à cette conclusion : la normalisation des conditions monétaires n’est pas complète. Si l’on est tenté de s’en réjouir, tant les conséquences d’une poursuite du resserrement en cours pourraient être délétères, ce point de départ a de nombreuses implications sur les perspectives, en particulier celle de réduire significativement le potentiel d’expansion à venir. Comment les choses pourraient-elles donc se dérouler ?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Les politiques publiques finissent-elles par payer?

Signe de temps troublés, les Etats sont partout et désormais face à face. Forcément, les agences de notation refont parler d’elles. Pourtant, l’investissement commence à en retirer les bénéfices et les marchés semblent séduits…

2021 a été sauvée des eaux par les aides publiques, prioritairement, aux ménages
2022 l’a été par les boucliers énergétiques et les subventions publiques aux entreprises
2023 par le rattrapage post-covid… et, encore, les subventions publiques aux entreprises

Que se passe-t-il en 2024 et après?

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre