Moniteur de l’investissement mondial : toujours décevant

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L’amélioration du climat économique mondial depuis la fin de l’année dernière n’offre pas les résultats escomptés sur le font de l’investissement. Si la reprise européenne redonne quelques signes d’espoir, la lecture transversale des tendances de l’investissement mondial reste décevante :

  • Aux États-Unis, où ni les résultats récents ni les indicateurs avancés ne sont à la hauteur des attentes,
  • Au Japon, où le regain de 2013 est très largement conditionné par la performance à l’exportation des entreprises, aujourd’hui plus aléatoire,
  • Dans le monde émergent, où de nombreux pays d’Asie sont confrontés à des excès de capacités, quand la plupart des autres grandes nations sont rattrapées par leurs défaillances structurelles,
  • L’Europe, seule région au monde où les indicateurs avancés sont véritablement encourageants, pourrait-t-elle relever ce défi ? Un tel scénario est bien évidemment illusoire.

L’absence prolongée d’amélioration des perspectives d’investissement constitue la contrainte la plus préoccupante des développements économiques à venir. Nous abordons ce sujet plus en détail dans « Inertie de l’investissement : les enjeux ».

Décrochage chinois, regardons les choses en face

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Les raisons ne manquent pas pour justifier les mauvais chiffres du commerce extérieur chinois du mois de mars : effets de base, effets calendaires, intempéries américaines… Les résultats du mois de mars n’en sont pas moins mauvais et préoccupants à plus d’un titre. En premier lieu, bien sûr, quant à leurs implications sur l’activité du pays, à un moment où les ressorts domestiques de la croissance chinoise sont eux-mêmes impactés par le resserrement monétaire qu’implique la lutte contre les pratiques de shadow banking. En second lieu par leur diffusion extérieure.

Le combat des banques centrales contre le sous-emploi

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L’insistance de Mme Yellen sur la mauvaise situation persistante du marché de l’emploi américain lors de son allocution à Chicago cette semaine et celle, peu coutumière, de M. Draghi sur les risques encourus par le maintien du taux de chômage sur un niveau durablement élevé en zone euro interpellent au-delà de leur concomitance. Que peut-on y lire ?

Le message de la Fed est tout sauf anodin

Les taux longs ne monteront pas, « dans l’intérêt de Main Street, non celui de Wall Street », sic

La rhétorique de M. Draghi, identique à celle de Bernanke du printemps 2012…

Tableau de bord des indicateurs du marché de l’emploi de la Fed

BCE : un passage à l’acte sous peu

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Préoccupée par une inflation susceptible de rester trop longtemps trop faible, la BCE envisage une action plus radicale.

M. Draghi prêt à passer à l’acte, est apparu « Dovish » lors de sa conférence de presse. Les raisons pour lesquelles la BCE n’a pas bougé ce mois-ci sont claires.

1- L’amélioration de la conjoncture continue d’alimenter l’espoir d’une inversion de tendance de l’inflation : un mois après la publication de ses prévisions, la BCE ne pouvait guère faire autrement.

2- La situation bancaire s’améliore et ressortira comme singulièrement assainie lors de la prochaine revue du secteur. 

3- La BCE ne veut pas donner le sentiment que ses décisions puissent être guidées par des objectifs de taux de changes. 

Néanmoins, la porte est belle et bien ouverte, pour une action future.

La BCE ne bougera pas, dommage !

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L’Allemagne ayant levé son veto à des achats de titres de la dette publique par la banque centrale, à travers les propos du Président de la Bundesbank la semaine dernière, la BCE aurait potentiellement les moyens d’actionner une politique monétaire plus agressive que ce qu’elle a fait jusqu’à présent pour contrer le risque de déflation auquel est confrontée la zone euro. Le fera-t-elle dès demain ?

C’est peu probable. Cela pour plusieurs raisons…
A paraître sur le site de Boursorama le 3 avril 2014

Allemagne, le vent tourne Weidmann suit…

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Alors que les PMI encourageants du mois de mars en zone euro ont conduit nombre d’observateurs à considérer que la BCE avait fait le bon choix, à savoir celui de ne rien faire de plus, les propos du Président de la Bundesbank confortent notre scénario d’une action supplémentaire, sinon pour l’immédiat, du moins pour un futur peu éloigné. Une telle éventualité est porteuse de plusieurs messages :1- la zone euro n’est pas sortie de l’auberge,2- la croissance allemande perd de son élan 3- la BCE fera davantage mais uniquement parce que les perspectives de la zone euro sont bel et bien fragilisées. 

Quel message nous renvoient les marchés obligataires ?

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Quel message nous renvoient les marchés obligataires ?

Depuis le début du tapering de la Fed en janvier, les taux de rendement des T-bonds américains à 10 ans ont baissé de 25 points de base, les taux espagnols de même échéance ont reflué de près de 80 pb, ceux de l’Italie de 65 pb et ceux de l’Allemagne de 30 pb. Même la mauvaise surprise du dernier FOMC de mercredi n’a eu qu’un effet marginal sur les taux à 10 ans américains qui ont terminé la journée d’hier à 2,77 %, soit le même niveau qu’une dizaine de jours auparavant. 

L’ensemble est bien éloigné du schéma généralement anticipé des conséquences du changement de politique de la Reserve Fédérale américaine dont le consensus attendait qu’il provoque une remontée significative des taux longs dans le monde occidental. Comment expliquer que tel ne soit pas le cas et quel message en retenir ?

Chine : recherche croissance désespérément

Quel est le degré de détérioration du contexte économique chinois pour que les autorités s’affairent à ce point ces dernières semaines ? 

Depuis la mi-janvier, la banque populaire de Chine a orchestré une chute de 3 % du yuan. Nos soupçons d’une rupture de politique de changes se trouvent donc renforcés (voir à ce sujet : « Revirement chinois ?», 28 février) et s’il s’agissait d’introduire de la volatilité pour décourager les flux de capitaux entrants, voilà qui est fait. Le mouvement pourrait ne pas s’arrêter là car la Chine semble bel et bien aux abois, face à une difficulté majeure : assainir son économie des excès de dette privée tout en préservant sa croissance. La partie n’est pas gagnée et, force est de constater, que l’objectif d’une croissance du PIB de 7,5 % cette année est de moins en moins crédible.

La FED joue son va-tout

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Avec treize sur seize de ses membres estimant qu’un resserrement monétaire sera approprié dès 2015 et dix de ceux-ci prévoyant que le niveau des Fed Funds sera supérieur ou égal à 1 % à la fin de l’année prochaine, le message délivré par la Fed à la suite de sa réunion des 18 et 19 mars rompt avec sa communication antérieure. Incompatible avec les anticipations actuelles des marchés de taux, cette réorientation est susceptible d’entrainer des réactions significatives, préoccupantes à plus d’un titre :

  • pour les marchés financiers, tout d’abord, le risque d’une sur réaction des taux d’intérêt et des marchés d’actions à ce changement de discours étant particulièrement élevé, aux États-Unis comme dans le reste du monde,
  • pour l’économie américaine, ensuite, dont l’état de santé est sujet à caution et l’incertitude sur sa capacité à faire face à un renchérissement du coût du crédit, encore très grande,
  • pour le monde émergent et les pays du sud de l’Europe, enfin, exposés à un risque accru de sorties de capitaux.

Nous continuons à penser que la Fed fait fausse route. La marche accélérée vers un arrêt du QE et une hausse des taux à horizon 2015 ne paraissant guère compatible avec la réalité de la situation économique américaine ou mondiale présente. Nous maintenons notre prévision d’un retour de bâton avant l’été et d’un repli des taux longs après une vraisemblable remontée temporaire.