Qu’il le veuille ou non, J. Powell sera dans la cour politique mercredi

Ni changement du niveau des taux des Fed Funds, ni mise à jour des projections ; on serait presque tenté de sauter à pieds joints au-dessus du FOMC de ce mois-ci, tant l’attention est ailleurs, en particulier sur ce qui se déroule sur les marchés des métaux précieux, qui ont volé la vedette à la plupart des autres actifs ces derniers temps. Sauf qu’il s’agit bel et bien des deux faces d’une même médaille, indissociables des développements en cours sur les marchés des changes et de la crise monétaire en couveuse, que la perte d’indépendance de la première banque centrale au monde menace de provoquer.

Alors que les perspectives de baisse des taux pour cette année semblent ne plus tenir qu’à l’éventualité de la nomination d’un président fantoche à la tête de la Fed et que les économistes sont de plus en plus nombreux à envisager, « toutes choses égales par ailleurs », l’amorce d’une remontée des Fed Funds d’ici la fin de l’année, D. Trump, n’accueillera pas avec satisfaction le statu quo monétaire probable du FOMC et encore moins un communiqué, éventuellement, un brin plus réservé sur les perspectives de possibles baisses des Fed Funds cette année. De là à provoquer l’ire dont le président américain a le secret, il n’y a qu’un pas, un de plus dans la fuite en avant éperdue dans laquelle il s’est lancé pour tenter de sauver ce qui semble inexorablement en voie de lui échapper, une possible victoire aux élections de mi-mandat.

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Un pays vieux, comme le Japon, peut-il prétendre à des politiques de relance ?

C’est, entre autres interrogations, la question que posent les développements récents au pays du Soleil Levant, bien avant, d’ailleurs, l’arrivée de Mme Sanae Takaichi à sa tête à l’automne dernier. La crise démographique de ces vingt dernières années a fait sombrer le pays dans un état de déflation chronique et de surendettement vertigineux qui semblaient avoir tracé son sort vers un rétrécissement inéluctable de sa puissance et de son influence économique. La BoJ, acteur essentiel du maintien de l’équilibre financier face à ces difficultés, finirait par ravaler l’énorme stock d’actifs accumulé à son bilan sans que le reste du monde ait à s’en préoccuper, voire, y trouve, à terme, de quoi s’en inspirer, comme ce fut le cas des pratiques quantitatives qu’elle était la première à avoir initiées avant 2008.
Sauf, qu’aucun dirigeant ne peut se résoudre à un tel état de fait, surtout quand le PIB de son pays a occupé jusqu’en 2010 le deuxième rang mondial, derrière les Etats-Unis, avant d’être doublé par la Chine la même année, de se voir rattrapé par l’Allemagne en 2022 et, finalement, par l’Inde en 2024. En 2012, le premier ministre Abe avait déjà tenté d’inverser cette trajectoire toute tracée, sans succès. Perçue comme la dernière chance de redresser la barre, son échec a paralysé l’initiative politique, les Japonais se contentant de ce qu’il leur restait : un PIB par tête encore très honorable, au troisième rang mondial, contrepartie de la perte de cinq millions de ses habitants depuis 2010, lorsque sa population culminait à 128 millions de personnes.
Entretemps, le covid, l’inflation qui s’en est suivie et les développements géopolitiques ont, néanmoins, réveillé la classe politique japonaise, à la faveur d’un redéploiement d’ampleur de la défense nationale et d’un regain d’ambition qu’incarne l’élection de Mme Sanae Takaichi à la tête du pays, laquelle sur le modèle de D. Trump et des recettes de la même veine, promet de redonner au Pays du Soleil Levant son rang passé. La nouvelle première ministre a-t-elle des chances de réussir, à quel coût pour le Japon et le reste du monde ?

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La BoJ, à son rythme

Dans un monde où 24 heures suffisent à faire ou défaire les grands équilibres mondiaux, l’extrême gradualisme de la BoJ ne cesse de surprendre. Après une troisième remontée de ses taux directeurs, à 0,75 %, en décembre, le statu quo n’a surpris personne cette semaine. M. Ueda finira sans doute par évoluer, du moins est-ce le message que renvoie la révision à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation sous-jacente mais rien ne se passera de fait avant, au mieux, son prochain meeting, c’est-à-dire avant les élections convoquées par la première ministre, S. Takaichi, pour le 8 février. Les résultats de ce scrutin repousseront-ils une nouvelle fois sa décision ? Le cas de figure n’est pas totalement impossible. En attendant, le yen s’effrite davantage et les taux de financement campent sur leurs records dans un contexte d’extrême nervosité face aux promesses de Mme Sanae Takaichi de renverser la table avec une politique expansionniste au coût exorbitant pour les finances publiques. Les chefs d’entreprises trouvent leur compte dans ces développements, à en juger par l’envolée des PMI, manufacturier avant tout, en progression de 2,8 points entre novembre et janvier, à 51,5 ce mois-ci, de quoi permettre au Nikkei de se maintenir à deux doigts de ses records de la semaine dernière malgré la dissolution du Parlement depuis ce matin, en vue de la préparation, au pas de course, des élections du 8 février. Entre Ueda et Takaichi, c’est un peu le lièvre et la tortue…

La croissance américaine, de record en record, continue, malgré tout, de questionner

Les données actualisées du PIB du troisième trimestre ont subi une révision à la hausse d’un dixième, à 4,4 % en rythme annualisé, après 3,8 % au deuxième trimestre. Les résultats de l’économie américaine sont donc, au moins en apparence, de très bonne facture, avec, qui plus est, une estimation par la Fed d’Atlanta de quasiment 5,5 % pour la fin de l’année dernière. Après un début d’année morose, le secteur manufacturier poursuit son rattrapage et explique, à lui seul, plus de la moitié de la croissance du PIB du troisième trimestre, un peu moins qu’au deuxième mais, toujours, une proportion élevée. La situation s’est malgré tout améliorée dans les services, avec une contribution de moitié à la croissance du PIB du troisième trimestre, également la plus forte depuis trois ans. Le secteur de la construction est à l’écart, en territoire récessif pour le troisième trimestre consécutif, sans pour autant avoir d’impact notoire sur la conjoncture dans son ensemble, à ce stade.

On comprend le satisfécit de D. Trump sur son bilan. Restent malgré tout bon nombre de questions sur les développements en cours.

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L’inflation à 1,9 % en zone euro… La BCE en position inconfortable

Révisée à 1,9 % au lieu de 2 % en première estimation, l’inflation de la zone euro est maintenant en-dessous de l’objectif officiel. Plus encore, de plus en plus d’économies, parmi lesquelles la France, l’Italie et la Finlande affichent des résultats nettement inférieurs à ce dernier. La BCE a beau dire, elle pourrra difficilement maintenir le cap du statu quo très longtemps si les tendances en place se poursuivent, alors que les risques d’une nouvelle guerre commerciale refont surface et que la Fed, de son côté, a bel et bien relancé ses interventions quantitatives. Alors, faut-il se préparer à de nouvelles baisses des taux de la BCE, voire davantage ? La question revient en ligne de mire.

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En Chine, comme ailleurs, les prouesses technologiques ne font pas tout

Palpable depuis les printemps, la tendance se précise avec les données du dernier trimestre et de l’ensemble de l’année 2025 : sauf le secteur technologique, l’économie chinoise patine, voire s’enlise dangereusement. Vue sous cet angle, la situation ressemble plus qu’on ne le pense à l’américaine, aggravée dans le cas de l’Empire du Milieu par de puissants effets richesse négatifs, contrairement aux Etats-Unis, où ces derniers camouflent efficacement la misère d’une croissance en K. La crise immobilière a, de ce fait, des conséquences décuplées sur une économie chinoise, tout à la fois, capable de briller dans les domaines stratégiques de pointe et de donner l’impression de sombrer dans de nombreux autres, à l’égard desquels le gouvernement semble avoir capitulé, au grand dam d’une large majorité des consommateurs. Il faudra bien, pourtant, que la situation évolue pour que Xi Jinping conserve le soutien indéfectible d’une population dont il a plus que jamais besoin dans le contexte en présence.

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Quand le pétrole entre dans la danse, un puissant « game changer » potentiel

L’envolée des métaux précieux et plus récemment des métaux industriels n’a pas eu de conséquences significatives jusqu’à présent. Reflet de la montée des crispations géopolitiques et de la défiance à l’égard des politiques monétaires, la hausse des métaux précieux n’a pas d’effets économiques majeurs en retour. Celle des métaux industriels en aura davantage, en particulier sur les coûts de production, mais en l’absence de tensions sur les prix de l’énergie, son impact peut être considéré comme relativement marginal, à l’exception de quelques rares secteurs. La donne pourrait changer radicalement si les prix de l’énergie finissent par être enrôlés dans une dynamique haussière, comme le fait craindre l’envolée des cours du brut de ces tout derniers jours.

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5,3 % r. a., la croissance américaine toujours plus forte mais pas pour les consommateurs

CPI du mois de décembre hier, PPI et ventes de détail du mois de novembre aujourd’hui, le calendrier économique américain reste perturbé depuis le shutdown et la lecture des tendances en place n’en est pas simplifiée.
Premier constat, il ne se passe, a priori, pas grand-chose de significatif.
• Si les données d’inflation donnent lieu à des analyses quelque peu différentes d’un lecteur à l’autre, les conclusions sont rarement très éloignées : l’inflation s’assagit sans, toutefois, parvenir à convaincre le consensus.
• Pas grand-chose, non plus, du côté des ventes de détail. Ces dernières sont relativement mornes et les données du mois de novembre sont à prendre avec prudence, avec une économie sous shutdown jusqu’au 13 du même mois. Un peu de recul permet, toutefois, de mettre en évidence quelques tendances caractéristiques…

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