Folle semaine et une question : la Fed a-t-elle sonné le retour des liquidités mondiales ?

Dernière avant la trêve des confiseurs, cette semaine sera sans répit, avec un programme particulièrement chargé dans un contexte de marché des plus mouvementés. Aux réunions de politique monétaire de la BCE, de la Banque d’Angleterre et de la BoJ, qui, déjà, suffiraient à créer d’importants remous dans le sillage du FOMC de la semaine écoulée, s’ajouteront les données américaines, emploi
et inflation du mois de novembre, notamment, les PMI préliminaires de décembre, sans parler de l’enquête IFO et INSEE, de la dernière ligne droite du budget français, voire de l’accord UE-Mercosur. De quoi alimenter une nervosité persistante des marchés financiers, déjà enclenchée avec les publications chinoises de la nuit. Derrière cette instabilité, une question-clé : les banques centrales sont-elles sur le point de renouer avec des politiques de liquidités, à l’instar des décisions de la Fed du 10 décembre ? Les changements de pratiques dans ce domaine ne sont jamais anodins, en effet, dans un monde aussi compétitif et interdépendant que l’actuel. Quand la plus grande banque centrale au monde change le curseur, les autres finissent le plus souvent par suivre avec plus ou moins de délai. C’est ainsi que début 2018, le bilan de la Fed, de la BoJ, la BCE et la BPC tournaient tous autour du même niveau, compris entre 4 500 et 5 000
milliards de dollars.

Lire la suite…

Nous y voilà. Le FOMC du 10 décembre bientôt derrière nous !

Mercredi prochain se tiendra l’un des FOMC qui aura fait le plus parler de lui, au sujet duquel les anticipations ont rarement autant varié et auquel des enjeux démesurés semblent rattachés. Pourquoi tant de doutes ?

  • D’abord, parce que, au-delà d’être peu lisible, la conjoncture américaine est d’une rare complexité. Entre les activités en pleine effervescence concentrées autour de l’IA et bon nombre de secteurs traditionnels en pleine déconfiture – le terme n’est pas excessif à en juger par l’évolution sectorielle des profits – l’équilibre des forces et faiblesses est hautement incertain.

  • Ensuite, parce que la situation inflationniste n’est pas des plus lisibles, non plus. Si, à court terme, les tendances, tant du côté des prix que de la conjoncture, vont dans le sens espéré par la Fed, les perspectives pour 2026 sont nettement plus incertaines. Les investissements massifs requis pour l’IA et l’entrée en vigueur de la réforme fiscale, à ce stade, toujours d’actualité, constituent une menace que la Fed ne peut ignorer.
  • Également, parce qu’à 4 % depuis septembre, le niveau des Fed Funds est inférieur de plus d’un demi-point à la croissance nominale du PIB du deuxième trimestre, un écart susceptible de s’être creusé davantage, à en juger par les estimations préliminaires du troisième trimestre et pourrait approcher un point après la décision de mercredi. Alors, faudra-t-il aller nettement plus loin dès lors que les conditions financières ne suggèrent pas la nécessité d’un assouplissement monétaire, malgré quelques craquements sur le front des liquidités, que la Fed gère par des interventions ponctuelles ?
  • Plus que la question de ce que fera la Fed mercredi c’est bien celle, effectivement, d’un changement de ses perspectives qui se pose et risque de faire bouger les curseurs de bon nombre d’actifs à travers le monde.

Lire la suite…

Perspectives 2026 : grandeur et démesure des capex

Les promesses d’investissement pharaoniques des entreprises de l’innovation viennent s’ajouter aux programmes de développement énergétiques et militaires, déjà, de grande ampleur à travers le monde.

Bonne nouvelle s’il en est, après des années de disette d’investissement et de productivité, nous interrogeons, néanmoins, les limites que posent ces développements sur l’évolution des conditions de financement et les risques associés pour les perspectives macroéconomiques et financières de 2026

  • Notre scénario de croissance révisé en légère hausse
  • Le mix capex, réforme fiscale et matières premières accentue les tensions à la hausse des taux longs dès le printemps

Lire la suite…

Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

La nouvelle aurait pu décevoir. Tel n’est pas le cas. Sans doute pour deux raisons essentielles : des perspectives de croissance et d’inflation, in fine, plutôt rassurantes, d’une part, des mesures en faveur de la liquidité de l’autre.

Lire la suite…

Nouveau paradigme : les mauvais chiffres américains enflent les matières premières

Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.

Lire la suite…

L’Allemagne, l’épine dans le pied de l’inflation de la zone euro

En première estimation, l’inflation de la zone euro du mois de novembre est ressortie à 2,2 %, légèrement supérieure aux 2,1 % du mois précédent, sous l’effet d’une accélération d’autant du taux d’inflation des services, de 3,4 % à 3,5 %. Les autres composantes ont peu ou pas évolué et s’annulent pour l’essentiel entre la moindre baisse des prix de l’énergie, de -0,9 % à -0,5 % et la légère décélération des prix des biens à 0,6 %, pour une inflation sous-jacente inchangée, à 2,4 %. Pas grand-chose à dire, donc, sur ce rapport, sinon que la décélération de l’inflation s’est interrompue depuis le début de l’année, en particulier du fait du rôle spécifique de l’Allemagne, seule parmi les grands pays de la région à enregistrer une hausse significative de son taux d’inflation harmonisé le mois dernier, de 2,3 % à 2,6 %, à l’origine de la remontée de l’ensemble de la région.

Lire la suite…

BMG – L’inflation repointe son nez malgré une activité en berne

Révisé en hausse de 0 à 0,3 en novembre, notre baromètre macroéconomique global retombe à -0,2 en décembre du fait d’ajustements à la baisse marqués dans la plupart des pays, exception faite du Japon. Les données américaines, qui ne couvrent que partiellement les deux mois passés, accusent une sensible détérioration, tant du côté de la production que sur celui de la consommation. En Chine, où la dégradation est également marquée, notre indicateur synthétique tombe à -0,8, son plus bas niveau depuis juillet 2023. Enfin zone euro et Royaume-Uni retombent en territoire négatif encore du terrain. Notre indicateur global d’inflation remonte sensiblement ce mois-ci, à 0,6, un plus haut depuis octobre 2022.

Lire la suite…

Une histoire, définitivement, pas faite pour l’Allemagne

L’économie allemande paie décidément bien lourd ses années de myopie et pourrait avoir bien du mal à trouver les marques d’une situation plus porteuse en 2026. Dans un monde dans lequel les principales perspectives de croissance émanent des secteurs sur lesquels elle est, soit déficiente – technologie et énergie-, soit en perte de vitesse souvent vertigineuse -industrie traditionnelle-, même les programmes ambitieux de relance de la coalition Merz ont du mal à porter leurs fruits.
Après avoir fait illusion depuis l’été, sans doute davantage du fait du biais d’une inflation toujours soutenue, les indices PMI ont flanché en novembre, en même temps que leurs composantes prix… Bien rares étaient d’ailleurs les autres indicateurs d’activité allant dans le sens réconfortant des PMI, qu’il s’agisse des retours en provenance de l’activité réelle, production, commandes ou ventes de détail, ou du climat des affaires mesuré par l’IFO. Jusqu’où ira le déclin de la première économie de la zone euro est incertain mais ce qui l’est moins c’est que les développements en cours ne vont pas dans la meilleure direction. Les pans de son industrie qui ont permis ses succès pendant les années de mondialisation se heurtent aujourd’hui à une concurrence de plus en plus féroce de la Chine sur ces mêmes segments. Par ailleurs, véritable fer de lance de l’activité industrielle outre Rhin, la métallurgie ne se remet pas de la crise énergétique, simultanément plombée par des coûts de la transition environnementale et l’érosion de ses principales sources de demande, en provenance de l’automobile et des biens d’équipement, notamment. Idem pour la chimie, qui a perdu près d’un cinquième de ses volumes de production depuis le début de la décennie et pour laquelle les pourtours de la croissance à venir ne se présentent pas sous le meilleur jour.
Si les perspectives d’investissement ont partout le vent en poupe face aux besoins des technologies de l’innovation, il est à craindre que l’industrie allemande ne soit pas la mieux positionnée pour répondre à la typologie des équipements concernés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les cycles d’investissement passés dont elle a généralement tiré un grand avantage.
Le modèle allemand fait face à des difficultés, à bien des égards, inédites, qui ne semblent pas près de disparaître.

Lire la suite…