Italie, la crise de trop

Les risques s’amoncellent dans l’union monétaire, cette fois-ci avec une nouvelle crise politique en Italie. Malgré la fragilité de la conjoncture, l’inflation à plus de 8 % en mai en zone euro a poussé la BCE à durcir le ton, annonçant une remontée d’un quart de point de ses taux directeurs dès juillet et une possible accélération du resserrement monétaire en septembre, fonction des perspectives d’inflation d’ici là. Moins d’une semaine après, les tensions sur les marchés souverains, italiens en tout premier lieu, l’ont forcée à convoquer une réunion d’urgence dont est sortie l’idée d’un instrument anti-fragmentation destiné à préserver des conditions de financements acceptables pour les pays les plus endettés dans un contexte de resserrement monétaire. C’est sur ce dispositif, des plus complexes à imaginer, que repose aujourd’hui l’essentiel des attentes relatives à la prochaine prestation de Mme Lagarde devant la presse, ce jeudi. Jusqu’ici, néanmoins, le contexte politique ne posait pas de problème, M. Draghi à la tête de l’Italie garantissait la stabilité de l’union politique et monétaire, au moins à court terme. Sa démission jeudi dernier, bien que refusée par le président de la République, S. Mattarella, change la donne.

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La BCE, l’inflation, le gaz russe, la chute de l’euro, la FED et M. Draghi…

La Banque centrale européenne n’est pas la seule à faire face à un arbitrage complexe entre inflation et croissance. C’est le cas dans la plupart des pays développés où la détérioration rapide des perspectives économiques remet de jour en jour davantage en cause la capacité des politiques monétaires à aller au bout du cycle de normalisation. La tâche de la BCE est néanmoins plus complexe encore, aggravée par les conséquences de la guerre sur la conjoncture locale, les menaces grandissantes de coupure des approvisionnements de gaz russe, les distorsions souveraines et le risque que fait encourir la crise politique en Italie et la chute de l’euro.

Quoi qu’elle propose en matière d’outil anti-fragmentation, la cause semble entendue : Mme Lagarde a les mains liées et n’a guère les moyens de mener à bien la normalisation des conditions monétaires qu’appellerait, toute chose égale par ailleurs, l’inflation tout en protégeant les États les plus fragiles et sans accélérer la chute de l’activité donc, probablement, celle de l’euro… Difficile d’envisager une quelconque issue satisfaisante qui ne l’expose à plus de critiques ou de défiance.

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Pas de répit possible pour la FED… Ni pour l’économie US au vu de l’inflation de juin

Après le rapport sur l’emploi de vendredi dernier, c’est au tour des données d’inflation de conforter la FED dans son offensive contre l’inflation. En juin, l’indice des prix à la consommation a gagné 1,3 %, sa plus forte hausse mensuelle depuis septembre 2005 au lendemain de l’ouragan Katrina ou la huitième d’ampleur comparable en soixante-douze ans. L’inflation annuelle américaine est ainsi propulsée de 8,6 % en mai à 9,1 %, un record depuis novembre 1981.

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L’euro perd son statut de monnaie forte et c’est un sujet

Très tôt après sa création, l’euro a profité d’un statut de monnaie refuge et, au grand dam de la plupart des industriels régionaux, de celui de monnaie forte qui allait avec. Malgré les crises existentielles récurrentes, la confiance dans la monnaie unique a réussi à être préservée pour deux bonnes raisons :

  • une banque centrale européenne bâtie sur le modèle de l’allemande Bundesbank, temple de la rigueur monétaire censé garantir une protection infaillible contre l’inflation, unique objet de sa responsabilité ;
  • des excédents courants structurellement élèves, fruits de la puissance industrielle de l’Allemagne, que le vieillissement démographique dont l’effet premier est de peser sur la demande domestique, semblait en mesure de pérenniser, a l’instar du Japon ou de la Suisse.

Deux années de crise sanitaire et l’invasion russe de l’Ukraine ont fait voler en éclat ces deux piliers de stabilité et il n’en a pas fallu davantage pour faire décrocher la monnaie unique, en particulier vis-à-vis du dollar américain contre lequel elle a perdu plus de 10 % depuis le début de l’année.

Après avoir pendant longtemps espéré une dépréciation de la monnaie unique pour contrer le dépérissement de l’industrie locale et mettre fin aux politiques compétitives endogènes éminemment déflationnistes, la chute de l’euro devrait réjouir. Tel est pourtant loin d’être le cas.

Non seulement sa baisse arrive au pire moment, celui où la région n’a jamais été aussi dépendante de ses approvisionnements étrangers en produits de première nécessité, l’énergie notamment, mais elle révèle avec fracas ses fragilités économiques fondamentales, en tout premier lieu celles de l’Allemagne, en même temps que l’effacement de l’Europe de la scène mondiale ; des sujets assurément préoccupants pour l’avenir qui supplantent largement les faibles avantages conjoncturels que l’on peut escompter de la dépréciation de l’euro dans un contexte d’inflation et de déprime probablement durable de la demande internationale.

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BMG juin 2022 – Premiers signes de détente de l’inflation

A -0,1 en juin, notre baromètre macroéconomique global reste inchangé par rapport au mois précédent, en zone neutre légèrement négative depuis le début de l’année.  Seul l’indicateur des exportations se démarque et repasse en zone positive, tandis que les composantes domestiques passent ou restent en territoire négatif, sur fond d’importantes distorsions régionales, l’économie américaine en fort repli et la Chine en nette amélioration. Notre indicateur d’inflation recule de nouveau, en zone neutre pour la première fois depuis février 2021.
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L’ISM manufacturier US au plus bas depuis deux ans, les taux s’effondrent

L’indicateur de climat des affaires manufacturier de l’ISM se replie très violemment et passe de 56,1 à 53 un niveau qu’il n’avait plus connu en juin 2020, alors que s’achevait la première vague de covid. Parmi les indicateurs le composant, seules les perspectives de production regagnent à 54,9, un peu de terrain, soit 0,7 point, tandis que les l’opinion sur les stocks stagne à 56. L’opinion sur les délais de livraison s’effondre en même temps que celle sur les prix pays, à 57,3. Surtout, deux indicateurs se trouvent maintenant en zone de contraction : celui sur les commandes, qui perd 6 points, à 49,2 et surtout celui de l’emploi, qui passe de 49,6 à 47,3. Dans les deux cas, la chimie et les transports figurent notamment parmi les secteurs les plus lésés.

 

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L’inflation sous-jacente, une brèche dans les perspectives de resserrement de la BCE

Alors même que l’inflation totale  en zone euro gagne encore un demi-point en juin, à 8,6 %, l’inflation sous-jacente passe de 3,8 % à 3,7 %, une décélération faible qui s’explique, en partie, par un certain nombre de mesures gouvernementales, telle la baisse des tarifs ferroviaires en Allemagne pour trois mois. Reste que cette dernière n’accélère pas et ne contribue toujours qu’à hauteur de deux points et demi à l’évolution annuelle des prix à la consommation, pas beaucoup plus, en fait, que l’objectif de la BCE sur l’inflation totale. La situation est donc assez éloignée de l’americaine ou de la britannique ce qui renforce le diagnostic selon lequel la BCE n’a pas lieu de suivre ni la Fed ni la Banque d’Angleterre.

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Malgré le repli de l’inflation allemande, les tensions sur les prix restent intenses

L’inflation espagnole passe le cap symbolique des 10 % en juin, avec une hausse annuelle des prix à la consommation de 10,2 % selon les données non harmonisées, contre 8,7 % en mai. A contrario, l’Allemagne qui bénéficie des réductions de taxes sur l’énergie et des prix ferroviaires a vu son inflation refluer de 7,9 % en mai à 7,6 % en juin, un repli somme toute limité au regard des mesures adoptées. Les rares bonnes nouvelles sur le front de l’inflation en zone euro viennent donc des enquêtes de la Commission, qui tendent à confirmer le repli timoré des anticipations déjà constatées en mai…

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