Après les PMI, la remontée de l’IFO redonne des marges de manœuvre à la BCE

L’indice IFO de décembre se situe dans la lignée des PMI, avec une deuxième hausse en deux mois, de 2 points à 88,6 pour l’indicateur synthétique. Mieux encore, cette progression, principalement permise par les perspectives, est également portée par une remontée de sa composante sur les conditions courantes, pour la première fois depuis mai, de 93,2 à 94,4. Le même schéma se retrouve dans les services, le commerce et l’industrie manufacturière mais pas dans la construction. L’opinion sur la situation actuelle, bien qu’inférieure à sa moyenne de long terme, reste au total très supérieure aux creux constatés lors des derniers épisodes de récession ; une bonne nouvelle, donc, pour l’économie allemande qui jure avec le sentiment en présence malgré le coût particulièrement élevé pour les finances publiques du pays.

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2023 et la Chine 

Parmi les nombreuses incertitudes qui entourent les perspectives 2023, le sujet chinois n’est pas des moindres. Il se résume en une question, dont découlent deux réponses possibles, aux conséquences singulièrement différentes pour le diagnostic mondial : la Chine connaîtra-t-elle un rebond conjoncturel avec la levée de la politique zéro-covid et, si tel est le cas, ce rattrapage serait-il plutôt inflationniste, susceptible d’exacerber les tensions sur les marchés des matières premières ou, à l’inverse, désinflationniste grâce à la dissipation des tensions sur les chaînes de production qu’un retour à la normale de l’activité industrielle chinoise suggérerait ?

La réponse apportée conditionne à bien des égards la manière d’anticiper l’année prochaine, que ce soit en matière de croissance mais, plus encore, d’inflation et, donc, de taux d’intérêt. Ni J. Powell ni Mme Lagarde n’ont, d’ailleurs, pu éviter la question cette semaine et les deux ont dû reconnaître qu’il s’agissait là d’un sujet d’extrême incertitude.

Les crises immobilière et sanitaire ont accéléré la prise de conscience des freins structurels à la croissance chinoise, ce qui était nécessaire et correspond à une réalité que peu étaient prêts à entendre ces dernières années. Reste, maintenant, à ne pas sous-estimer les effets d’un éventuel rebond conjoncturel qui pourrait changer sensiblement la donne à brève échéance, notamment pour des banques centrales dont l’action se veut éminemment « data-dependent »…

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Au menu : hausse des taux ou récession. Les PMI jouent avec les nerfs des marchés

Après la bonne surprise de ce matin, l’heure est à la grande déception aux Etats-Unis. La première a fait s’envoler les taux, la seconde remet au centre du jeu les risques de récession. Le PMI composite américain passe de 46,4 à 44,6, son plus bas niveau depuis août, sous l’effet d’une dégradation de ses deux composantes, services et industrie manufacturière. Si les baisses enregistrées il y a quelques mois étaient dues au contexte de hausses de prix, celle de décembre intervient en revanche dans un environnement de moins en moins inflationniste, selon l’enquête elle-même : « l’action de la Fed semble porter ses fruits sur les prix mais aussi sur l’activité ».  Jusque-là très contradictoires, les indicateurs américains soufflaient le chaud et le froid. Malgré les difficultés de l’immobilier, les autres secteurs gardaient la tête hors de l’eau… du moins jusqu’à hier. En effet, avant même les PMI, les ventes de détail  en termes nominaux et la production manufacturière de novembre avaient déjà reculé trous deux de 0,6 %. L’économie est-elle déjà en récession comme le suggère le niveau du PMI ? Le doute est encore permis. L’enquête n’est pas forcément imperméable au contexte de prix et après avoir dopé les résultats de l’an dernier, l’inflation pourrait aujourd’hui tirer les l’indicateur  vers le bas. Il faudra attendre l’ISM pour confirmer le diagnostic, lequel avait renvoyé un son de cloche bien différent des PMI le mois dernier.

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La BCE change de ton et promet une restriction monétaire prolongée

La BCE a annoncé une hausse de 50 points de base de ses taux directeurs, à 2,5 %, un mouvement identique à celui de la FED hier soir, à la Banque d’Angleterre et la BNS un peu plus tôt. Pas de surprise sur ce point mais une communication assurément « hawkish » qui n’était pas attendue et tranche avec celle de ses homologues. Si la BCE ne relève ses taux que d’un demi-point après deux mouvements de 3/4 de points, elle « ne pivote pas » selon les mots même de Mme Lagarde, renforcés par un communiqué on ne peut plus clair sur ses intentions dont nous soulignons quelques passages-clés :

« Le Conseil des gouverneurs a décidé, ce jour, d’augmenter les taux d’intérêt directeurs de la BCE de 50 pb et nous prévoyons, sur la base de la révision à la hausse significative des perspectives d’inflation, de continuer à les relever.

Les taux d’intérêt devront encore être augmentés sensiblement à un rythme régulier, afin d’atteindre des niveaux suffisamment restrictifs pour assurer un retour au plus tôt de l’inflation vers notre objectif de 2 %. Avec le temps, le maintien des taux d’intérêt à des niveaux restrictifs permettra de réduire l’inflation. »

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La BCE est attendue sur tous les fronts mais aura du mal à faire de l’ombre à la FED

Dans un environnement toujours chaotique, l’issue du prochain Comité de politique monétaire de la BCE et la communication de sa présidente C. Lagarde lors de sa conférence de presse sont des plus incertaines. Ce n’est pas tant sur la hausse des taux directeurs que portent les interrogations que ce qui accompagnera cette décision. Sauf grande surprise, la BCE devrait, en effet, relever d’un demi-point ses taux directeurs, après deux mouvements de 75 points de base : le taux de base serait ainsi porté à 2,50 %, son niveau de janvier 2009. Les modifications apportées à ses projections de croissance et d’inflation et les annonces sur la réduction à venir de son bilan suscitent, en revanche, davantage d’interrogations et pourraient jouer au moins autant sur le message qu’elle enverra aux marchés. Le fossé s’est récemment creusé entre les « colombes », qui souhaitent temporiser le resserrement monétaire, et les « faucons », qui poussent à accélérer les annonces sur la réduction du bilan. Alors que les arguments des deux camps sont sur la table, Mme Lagarde aura maille à partir avec l’un ou l’autre. Reste à savoir lequel elle choisira et si sa communication sera en mesure de faire décaler les anticipations, aujourd’hui sur la réserve et surtout conditionnées par les anticipations sur ce que fera la FED…

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L’inflation américaine sur la bonne voie

Nouveau ralentissement de l’inflation américaine en novembre, qui passe de 7,9 % à 7,1 %, un plus bas depuis décembre dernier. Quant à sa composante sous-jacente, elle perd 0,3 points, à 6 %. Elle affiche, certes, un niveau toujours très haut, mais, surtout, une progression mensuelle de l’indice hors énergie et alimentaire de seulement 0,2 %, après 0,3 % et 0,6 % en août/septembre.

Or, il s’agit là de la condition d’une normalisation de l’inflation puisque s’il garde ce rythme de 0,2 % au cours des mois à venir, alors, son évolution en glissement annuel atteindra 2,5 % en septembre 2023. Voilà qui valide un cap décidément moins restrictif pour la Fed. La Banque Centrale américaine laissera-t-elle pour autant cette vision l’emporter ou sera-t-elle un peu plus prudente au vu du chemin qu’il reste à parcourir.

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Bonnes surprises conjoncturelles, même au Royaume-Uni

Considéré comme en récession par sa propre banque centrale, le Royaume-Uni était jusqu’à aujourd’hui vu comme l’économie industrialisée la plus en difficulté. Son PIB avait déjà reculé de 0,2 % au troisième trimestre, l’inflation était au plus haut et la politique économique semblait manquer cruellement de coordination et d’anticipation. Or, si tous ces problèmes ne sont pas écartés, les données d’octobre publiées ce matin révèlent néanmoins un tableau nettement moins sombre, avec la possibilité, ténue, d’une croissance positive au dernier trimestre, grâce à un acquis de 0,2 %. Comme pour ses voisins européens, la situation britannique n’est donc, peut-être pas, aussi désespérée qu’envisagé il y a quelques mois ce qui pourrait redonner quelques marges de manœuvre à la Banque d’Angleterre dans son combat contre l’inflation.

Le PIB mensuel a progressé de 0,6 % en octobre, une hausse similaire au recul de septembre qui avait été marqué par une journée de deuil national et une crise politique. Là où de nombreux observateurs voyaient le début d’un inexorable déclin, il s’agissait peut-être d’une exception.

Les trois principaux secteurs (construction, industrie, services), voient leur valeur ajoutée se reprendre ou se maintenir en octobre.

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Possible « put » de la FED, susceptible de corriger les anomalies de marché ?

Les contradictions ne manquent pas sur les marchés ces dernières semaines, parmi lesquelles les messages éminemment divergents entre le regain de confiance des marchés d’actions et l’inversion des courbes de taux focalisent l’attention. Il se passe également des choses inhabituelles sur les marchés des matières premières avec, d’un côté, les signaux positifs renvoyés par le les métaux industriels et, de l’autre, l’accélération à la baisse des cours du pétrole. Les premiers, plutôt en phase avec les bourses, semblent prendre pour argent comptant les espoirs de reprise qu’inspire l’assouplissement de la politique sanitaire chinoise ; les seconds paraissent plus sensibles à la montée du risque de récession aux Etats-Unis.

Dire aujourd’hui lesquelles de ces tendances sont les plus justifiées relève du pari tant est incertaine la trajectoire de la conjoncture internationale. Peut-être aurons-nous, d’ailleurs, les deux histoires en une, in fine, en 2023.

Ce qui est presque certain, en revanche, c’est que des divergences de telle ampleur ne sont pas amenées à durer et que la posture de la FED pourrait être décisive dans leur dénouement. Au-delà de pivoter, c’est sur son analyse de fond que le FOMC enverra les signaux susceptibles de remettre un peu de cohérence entre les différents pans de marchés : les projections de moyen terme du FOMC, les ‘Dot plots’, et l’interprétation qu’en fera J. Powell lors de sa conférence de presse.

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