Neutralité des taux réels : de quoi parle-t-on et pourquoi le travail n’est pas encore achevé ?

Il règne une grande confusion ces derniers mois à propos de l’objectif de neutralité des taux d’intérêt réels associé aux politiques anti-inflationnistes des banques centrales. Nombreux commentateurs suggèrent que cette neutralité serait d’ores et déjà effective, tandis que d’autres pointent l’anomalie persistante de taux réels toujours négatifs. Les uns et les autres ne parlent, naturellement, pas de la même chose. Les premiers font référence à l’écart entre les taux d’intérêt et l’inflation qu’anticipent implicitement les marchés à terme (ex-ante) ; les seconds, à l’écart entre les taux d’intérêt et l’inflation effectivement constatée (ex-post).

Les deux approches sont assez largement distinctes et ne sont guère interchangeables. Les taux implicites réels renseignent, au mieux, sur le degré de confiance des marchés à l’égard de la capacité des banques centrales à maîtriser l’inflation, à terme, en même temps qu’ils constituent un outil d’arbitrage financier d’influence indiscutable. Ils sont, néanmoins, bien peu utiles aux ménages et entreprises, pour apprécier l’opportunité d’emprunter et, de ce fait, assez éloignés des objectifs des banques centrales lorsque ces dernières visent à réfréner la croissance de la demande pour éteindre une inflation jugée excessive.

La confusion entre ces deux approches est à même de créer des distorsions importantes dans l’appréciation que se font les marchés et les banques centrales sur le degré d’avancement de la normalisation monétaire en cours. Sous influence des premiers, les secondes cèderont-elles à leurs sirènes ou poursuivront-elles la voie qui devrait être la leur ? De la réponse à cette question dépend en très large part le scénario de croissance et d’inflation de cette année et, vraisemblablement, des suivantes.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Récession américaine ? La réponse est hésitante ; l’étau se resserre sur la FED

Les indicateurs d’activité américains se dégradent les uns après les autres. Après la forte baisse du climat des affaires de la Fed de New-York, les ventes de détail et la production industrielle se sont respectivement contractées de 1,1 % et 0,7 % en décembre, soit dans les deux cas, des replis d’ordres comparables à ceux du mois de novembre. Que la Fed d’Atlanta continue à estimer la croissance du quatrième trimestre aux environs de 3,5 % en rythme annualisé, ne change pas grand-chose au diagnostic : l’économie américaine va mal, sans doute beaucoup plus mal que ne le suggère le rythme récent des créations d’emplois. Au point d’être déjà en récession ? La lecture du Beige book, tout juste publié, ne l’indique pas. L’activité y est décrite comme faible, souvent stable, seulement dans de rares cas en baisse, à l’exception notable, cependant, de l’immobilier, toujours en fort repli. À ce stade, néanmoins, le risque d’un emballement à la baisse est important. La FED ne peut l’ignorer mais doit gérer une balance des risques bien délicate.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

L’inflation britannique n’offre pas de porte de sortie à la BoE

L’inflation britannique est ressortie quasi stable en décembre avec un recul de seulement 0,2 point, pour atteindre 10,5 %. Sur la totalité de l’année, en moyenne, les prix à la consommation ont donc augmenté de 9 %, plaçant le Royaume-Uni en tête des grands pays développés. L’inflation sous-jacente, de son côté, a encore progressé de 0,1 point, jusqu’à 6,4 %. Le ralentissement des prix de détail reste minime, à 13,4 % après 14 %. Avec de tels résultats, la Banque d’Angleterre, plus encore que la Fed ou même la BCE, devra maintenir un cap résolument restrictif au cours des prochains mois.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Côté industrie française, l’hirondelle ne fait pas encore le printemps

En novembre, la production industrielle française a rebondi de 2 % après s’être contractée de 2,5 % en octobre. Sa composante manufacturière, quant à elle, a progressé de 2,4 % après une baisse de 2,1 %. Autrement dit, aux fluctuations mensuelles près, l’activité industrielle se stabilise sans plus.  sans décoller ni retrouver les niveaux d’avant crise. L’acquis de croissance de la production manufacturière à fin novembre, atteint ainsi 2 % pour 2022, symptôme d’une normalisation particulièrement lente.

D’autant que celle-ci est loin d’être uniforme : tous les secteurs ont affiché une hausse au mois le mois, à l’exception de l’aéronautique, décidément décevant. Néanmoins, si l’électronique/informatique, la pharmacie et les machines ont compensé les pertes du mois précédent, ce n’est le cas des secteurs-clés de la chimie, sur une tendance baissière comme en Allemagne, ni de l’automobile, qui ont reculé respectivement de 5 % et 3 % sur deux mois.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

BMG décembre 2022 – La consommation sauve les meubles

En décembre, notre baromètre stationne en territoire légèrement négatif à -0,3, comme en novembre. Sauf la consommation, en légère hausse, toutes ses composantes restent négatives, investissement et exportations, cependant, en recul de plus en plus marqué. Les distorsions régionales s’estompent, avec un net repli aux Etats-Unis et un léger mieux en zone euro. Notre indicateur d’inflation stagne à 0,1, avec un retour des Etats-Unis en territoire neutre où ils retrouvent la zone euro.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

La capacité de rattrapage de l’industrie allemande est entamée

La production industrielle allemande a augmenté de 0,2 % en novembre et de 0,5 % pour sa composante manufacturière ; un frémissement qui n’a pas permis de compenser les pertes d’octobre, de respectivement 0,4 % et 0,7 %. Au cours des douze derniers mois la production n’aura finalement augmenté que de 0,4 %, laissant un retard de plus de 4 % par rapport au début 2020. Porté pendant une longue période par le haut niveau des commandes, l’espoir d’un rebond de l’activité manufacturière s’est amenuisé au fur et à mesure du tassement de ces dernières qui, après les mauvais chiffres de novembre, ne suggèrent plus aucun potentiel de rattrapage de l’activité.

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre

Coup de froid sur l’ISM non-manufacturier américain ; youpi, les taux baissent !!!

Avec un premier retour en zone « de contraction », à 49,6 et surtout sa troisième pire baisse du début de siècle, -6,9 points, l’indicateur ISM des services renvoie, pour sa part, un signal nettement récessif. Il tranche ainsi avec les données d’emploi publiées plus tôt et, plus largement, avec des anticipations de croissance du quatrième trimestre, généralement bien orientées. Les indicateurs conjoncturels américains continuent de se contredire les uns les autres et brouillent les pistes. Les marchés en profitent pour s’envoler : moins de croissance c’est moins de hausse des taux donc c’est tout bon pour les matières premières !

You need to be logged in to view the rest of the content. Veuillez . Not a Member? Nous Rejoindre