Plus difficile de faire semblant sur les marchés européens

Les marchés américains font comme si. Chaque jour plus préoccupantes, les nouvelles économiques font à peine sourcilier les indices boursiers submergés par les liquidités tous azimuts de la FED. Le déconfinement au coin de la rue serait en passe de refermer la parenthèse de ces deux derniers mois et d’autoriser un redémarrage d’autant plus fort de l’activité que les mesures de soutien, d’ores et déjà exceptionnelles, devraient être renforcées. Le gouvernement vient de rallonger l’enveloppe des prêts garantis aux PME de 320 mds de dollars, les premiers 350 mds ayant été siphonnés par des grandes entreprises au détriment des plus nécessiteuses, et de voter un soutien de 100 milliards pour l’hôpital. Si D. Trump n’est pas encore parvenu à faire adopter son vaste plan de 3 000 mds d’infrastructures, la cause semble entendue ; l’approfondissement de la crise finira par faire plier les plus réticents. Quant au signal d’alarme provoqué par la crise du marché pétrolier en début de semaine, il a été étouffé en vingt-quatre heures au premier tweet du président américain promettant de sauver la mise. En somme, rien que de très normal au royaume du factice où les cours de bourse sont brandis comme les témoins incontestables de la réussite de la politique économique.

Le contexte n’est assurément pas le même de ce côté-ci de l’Atlantique. Ici, pas de président pour donner l’impression de repousser des montagnes, pas de tweet intempestif pour mettre au garde à vous la banque centrale, les lobbys et les marchés, mais une Commission, un Conseil européen, des échanges interminables et vidéoconférences extraordinaires pour accoucher, non d’un vaste plan de relance, mais d’un engagement collectif de travailler à la création d’un fonds spécial de relance… dont on reparlera courant juin ( !), pour, peut-être, décider, chiffres à l’appui, des propositions que la Commission fera alors. D’ici là, priorité aux investigations, d’abord sur le diagnostic et le chiffrage des besoins puis sur les montages envisagés : investissements, subventions, prêts, financement, dette perpétuelle, eurobonds… Seule information donnée par la présidente de la Commission, Mme Von der Leyen, il s’agira non pas de milliards mais de milliers de milliards, que l’Allemagne à travers la voix retrouvée de Mme Merkel, semble avaliser ; ouf, on peut patienter l’esprit tranquille !

 

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Les PMI d’un avril meurtrier auquel aucun pays européen ne réchappe

Les résultats préliminaires des enquêtes PMI du mois d’avril publiés ce matin sont partout calamiteux, avec finalement très peu d’écarts entre les pays. Que ceux-ci aient été plus ou moins fortement exposés à l’épidémie ou qu’ils aient pris des mesures de distanciation plus ou moins strictes et rapides, les indices composites du climat des affaires sont dans un mouchoir de poche, compris entre 11 et 17 points en avril. À ce titre, la chute des indicateurs allemands dans des proportions très comparables à ce qui est constaté en France ou au Royaume-Uni constitue sans doute la plus mauvaise surprise. Si les indices manufacturiers témoignent partout d’un approfondissement de la crise, c’est surtout par le bas niveau atteint par les PMI des activités des services que ces enquêtes sidèrent et risquent de questionner les premiers chiffrages de l’épidémie sur la croissance, par ailleurs, fragilisés par la chute simultanée des indicateurs de confiance des ménages dans la plupart des pays.

 

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ZEW allemand : quand je me compare, je me console…

L’indicateur de conditions courantes du ZEW recule de près de 50 points, à -91,5 en avril. Rien d’étonnant, puisque ce niveau correspond à peine à celui des précédentes crises. Plus intrigant, en revanche, est le fort rebond des perspectives, à 28,2, à un plus haut depuis l’été 2015 ! La moyenne des deux composantes se redresse ainsi légèrement, à -31,65 après -46,3, sans même avoir touché les points bas de 2008.

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L’effondrement du WTI, exception ou préalable à un mouvement plus général de chute des MP ?

Bien malin qui pourra répondre à la question. La chute des cours du pétrole américain jusqu’à quasiment -40$ le baril la nuit dernière est assurément liée à des phénomènes techniques très particuliers à la situation du marché pétrolier, tout spécialement américain ; en l’occurrence, la difficulté d’interrompre la production malgré un engorgement des capacités de stockage qui a effectivement conduit les producteurs à payer leurs acheteurs pour éviter d’avoir à stopper l’activité de leurs puits. A priori, il n’y a pas de raison de considérer que ce type de schéma se reproduise sur d’autres segments du marché des matières premières, il n’en reste pas moins que les effets de la crise sur la demande mondiale de matières premières industrielles ne semblent pas avoir été totalement intégrés dans les niveaux de prix de ces dernières semaines.

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Reprise en SUV ou à vélo?

Les données de ventes automobiles des premières semaines de confinement sont maintenant pour la plupart connues et sont, évidemment, extrêmement mauvaises : en mars, les ventes ont chuté de 32 % aux États-Unis par rapport à février, soit une baisse de 34 % par rapport à mars 2019, à comparer à -85 % en Italie, -72 % en France, -38 % en Allemagne, soit un total européen en chute de 58 % ou 68 % selon que l’on inclut ou non le Royaume-Uni. Des chiffres qui, ajustés du début des périodes de confinement, sont assez conformes à ce qu’ont été les résultats chinois de février et début mars.

L’industrie automobile est traditionnellement très exposée aux chocs économiques de toute nature et constitue souvent un des éléments moteurs des récessions, de leur ampleur et de leur durée. Dépense d’importance pour les particuliers qui font l’essentiel de ce marché, largement financée à crédit, et donc soumise aux conditions monétaires plus ou moins favorables, la décision d’acquérir un véhicule peut aisément être décalée dans le temps en période d’incertitude, ceci, plus encore, lorsque son utilisation n’est pas indispensable, bien évidemment en période de confinement. Il n’y a donc rien de bien surprenant dans ces très mauvais résultats.

Reste que l’importance du secteur est unique, égalée par aucune autre branche, ce qui lui confère une influence toute particulière en matière de perspectives. On peut ainsi dire sans grand risque de se tromper que, du sort du secteur automobile dépendront dans une très large mesure ceux de l’emploi, du commerce international et des prix des matières premières des trimestres à venir, autrement dit l’essentiel de ce que sera la croissance mondiale au sortir de la crise actuelle. En 2008, l’accumulation sans précédent des stocks de véhicules avait constitué une des principales caractéristiques de la récession industrielle, de sorte que l’essentiel des initiatives de soutien était allé à destination du secteur. La reprise qui s’en était suivie, avait tiré l’économie mondiale de la récession en moins de neuf mois. Cette manne est assurément plus difficile à envisager aujourd’hui.

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Les données américaines de mars préfigurent un mois d’avril calamiteux

Les données américaines du mois de mars commencent à nous parvenir et sont, sans surprise, mauvaises, malgré des mesures de distanciation moins sévères, adoptées de manière plus graduelle et plus tardivement que dans bien d’autres pays. C’est essentiellement la dernière semaine du mois, en effet, que se sont durcies les règles de confinement aux États-Unis et c’est à la lueur de ce calendrier que doivent être observées les données aujourd’hui publiées, avec pour conséquence un résultat alarmant pour avril, comme nous le suggère déjà l’effondrement de l’indicateur du climat des affaires de New-York, l’Empire manufacturing, en chute de plus de 50 points supplémentaires après sa baisse de plus de 33 points en mars, à -78,2.

 

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