ISM manufacturier vs PIB d’Atlanta, deux versions de la conjoncture américaine

L’ISM manufacturier américain a regagné un point en février, à 58,8 ; une bonne nouvelle a priori si ce n’est que le haut niveau de l’indicateur n’a guère fait preuve de fiabilité en matière de croissance effective de l’économie américaine ces derniers temps. Entre novembre et janvier, la production manufacturière n’a quasiment pas évolué malgré des ISM plus élevés qu’aujourd’hui. Une fois encore, ces enquêtes semblent être victimes d’effets de base trompeurs : en février 2021 la production manufacturière avait, en effet, chuté de plus de 3 %…

L’estimation de la FED d’Atlanta pour la croissance du premier trimestre donne un autre son de cloche. Son dernier chiffrage dévisse un peu plus pour ne ressortir qu’à 0,04 %, une bien médiocre performance par rapport aux attentes du consensus qui, bien que modestes, oscillent encore entre 1 % et 3 % r.a., en dépit des effets supposés positifs de l’amélioration de la situation sanitaire et tandis que les effets du conflit avec la Russie sont encore à venir. A la fin de la semaine dernière, le prix du gallon d’essence avait déjà rejoint ses quasi-records historiques de 2014. Le WTI n’était alors qu’aux environs de 95 $ le baril, il est aujourd’hui à plus de 106 $… Au contraire du message des ISM, c’est le risque d’une récession qui pointe à l’horizon.

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Morne plaine de la conjoncture chinoise malgré un léger mieux du côté des PMI

Jeux olympiques et Nouvel An chinois faisaient attendre de médiocres PMI ce mois-ci ; ceux-ci sont légèrement meilleurs que prévu par le consensus. Pour autant, la situation évolue peu. Sauf le rebond du sentiment des professionnels de la construction, fruit sans doute des mesures de soutien monétaire, l’amélioration du climat des affaires dans l’industrie et les services est microscopique, à respectivement 50,2 points et 50,5.

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Accélérations de l’histoire et failles européennes

Pandémie, crise climatique, résurgence de l’inflation, guerre russo-ukrainienne… Les crises d’ampleur inédite s’enchaînent depuis deux ans et préfigurent les pourtours d’un monde de plus en plus instable face auquel on ne peut que constater le désarroi de populations tellement peu préparées à ces bouleversements que les consciences peinent à en accepter la réalité.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie propulse l’Europe dans une situation de crise qui met au grand jour les failles de sa construction, que nombreux observateurs se sont lassés de rappeler : dépendance énergétique, inexistence diplomatique et militaire, souveraineté défaillante… Si nul ne sait dire, à ce stade, quelle sera l’issue de la crise russo-ukrainienne, on peut sans grand risque de se tromper avancer qu’il s’agit d’une nouvelle et complexe épreuve pour l’Europe, en première ligne d’un conflit qu’elle ne maîtrise pas et dont on ne peut que redouter qu’elle ressorte très affaiblie

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Ce que l’on sait de l’inflation, ce que l’on pense pouvoir avancer et tout ce que l’on ignore

L’inflation, qui semblait avoir disparu de la planète économique au cours des dernières années d’avant la crise sanitaire, a effectué un retour tout aussi inattendu que fulgurant depuis le printemps 2021. Dans un premier temps considéré comme transitoire, le phénomène se prolonge et préoccupe de plus en plus. Et s’il s’agissait d’un changement durable, témoin des modifications structurelles qui accompagnent la sortie de crise sanitaire ? Les contraintes climatiques et les règlementations qu’elles imposent ont toutes les chances d’accroître le coût de la vie sur le long terme, en particulier celui de l’énergie. Par ailleurs, les politiques monétaires, partout très accommodantes, encore aujourd’hui, ne sont-elles pas de nature à réveiller l’inflation des biens et services, dès lors qu’elles sont jumelées de soutiens budgétaires exceptionnels ? Se pourrait-il, enfin, qu’après avoir ouvert si grands les robinets monétaires et budgétaires depuis deux ans, l’acceptation par les salariés des contraintes qui prévalaient ces dernières années sur leur pouvoir d’achat ait fini par voler en éclat, faute, également, de pouvoir encore compter sur le substitut qu’a représenté le crédit par le passé ? Les questions fusent et vont assurément plus vite que les réponses. Après avoir fait valoir la patience, les banques centrales s’emballent face à l’inflation qu’elles craignent voir se propager. Et si elles allaient trop vite en besogne, au risque de casser une reprise encore balbutiante ? Le débat est vif et les arguments ne manquent pas. Que sait-on au sujet de l’inflation et quels sont les points d’incertitude qui pourraient nous conduire vers tel scénario plutôt que tel autre ?

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Il souffle comme un vent de récession outre Atlantique…

Poser la question de savoir si le choc de la crise sanitaire constituait l’équivalent d’une récession classique qui serait forcément suivie d’un nouveau cycle de croissance est souvent paru incongru ces derniers temps. Comment imaginer qu’une telle chute d’activité en 2020 ne crée pas les conditions d’un rattrapage digne de ceux qui ont suivi les récessions passées ? Effet élastique oblige, l’idée dominante était plutôt que, plus la crise serait profonde plus le rebond se devait d’être important, d’autant plus que les politiques économiques n’avaient pas lésiné pour parer aux dégâts majeurs.

Et pourtant, le doute s’instille. Comment se fait-il que les marchés de taux d’intérêt nous renvoient des signaux aussi persistants de fin de cycle alors que la FED n’a pas encore entamé le début de la remontée de ses taux et que même la promesse de réduction de son bilan ne provoque qu’un ajustement mineur, de 30 points de base sur les taux à 10 ans depuis octobre ? Que font les ménages du stock d’épargne qu’ils ont accumulé durant les privations imposées par le contexte sanitaire et pourquoi leur moral est aussi bas alors que leur richesse n’a jamais autant progressé depuis deux ans, ou comment expliquer que leurs perspectives d’achat automobiles ne retrouvent pas les couleurs qu’elles devraient avoir après trois années de vaches maigres ?

Et si il y avait erreur de casting ? Qu’au lieu d’une reprise cyclique, l’économie américaine, et les autres, aient tout simplement, après une année blanche, renoué avec la position qui était la leur à la fin 2019 ; celle d’un cycle déjà trop avancé pour supporter des chocs en cascade et un relèvement, même mineur, des taux d’intérêt ? La question devient moins incongrue au fur et à mesure des développements récents et de la perspective d’un durcissement accéléré de la politique monétaire américaine, surtout si les chiffres d’emplois, meilleurs que prévu en janvier, venaient à donner des ailes à J. Powell…

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Aux Etats-Unis, le rapport sur l’emploi qui détonne

Les données de l’ADP auront une nouvelle fois envoyé un signal trompeur ce mois-ci : l’emploi salarié américain n’a pas baissé comme indiqué mercredi mais se serait, au contraire, amélioré beaucoup plus nettement qu’attendu, avec 467 K créations de postes, après 501 K en décembre selon les données révisées, plus de deux fois supérieures aux données initiales. De quoi y perdre son latin. Les révisions des uns et des autres ne facilitent pas la tâche : nettoyage annuels des données d’emplois et de population active et nouvelles estimations des coefficients saisonniers font valser les étiquettes. Si, comme le précise le BLS dans son rapport de ce jour, les révisions s’équilibrent entre les corrections à la baisse des créations mensuelles de mars à juillet 2021 et à la hausse sur le reste de l’année, pas sûr que la perception qu’en auront les marchés et la FED sera aussi équilibrée.

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Mme Lagarde passera le cap en mars, c’est quasiment fait…

Extrait de notre preview: « Il suffira de peu de choses, quelques ouvertures plus ou moins appuyées dans le communiqué ou à l’occasion de la conférence de presse de Mme Lagarde, pour que s’enclenchent les ajustements qui devraient accompagner la perspective d’une convergence, même très graduelle, de sa politique vers celle de ses homologues ». Ces ouvertures ont été livrées sous plusieurs formes et ont produit les effets escomptés.

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BMG janvier 2022 – La consommation dévisse

Notre baromètre économique global recule à -0,1 en janvier après 0,2, un chiffre un peu meilleur qu’initialement publié pour décembre. Les indicateurs de consommation se dégradent partout nettement et sont, de loin, les plus négatifs, tandis que les momenta de l’investissement et du commerce international se maintiennent au-dessus de 0. Notre indicateur d’inflation poursuit son repli très graduel, à 0,7 après 0,8, grâce notamment à une Chine déconnectée des autres régions.

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