Les données américaines plaident en faveur des « hawks »

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Après sa communication très accommodante du mois de juin, les données en provenance des États-Unis ont tout lieu de créer l’inconfort du côté de la FED. Que redouter ?

Les données économiques sont sans équivoques, les risques immédiats sur la croissance sont en retrait par rapport à la situation qui prévalait depuis le début de l’année tandis que l’inflation est, indiscutablement, en hausse. Il sera, dans ces conditions, compliqué pour la FED de ne pas reconsidérer la nécessité de relever le niveau de ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année dans son communiqué de ce soir. De la fermeté avec laquelle ce verdict sera présenté dépendra dans une large mesure la réaction des marchés financiers, des cours des matières premières et des marchés des changes. Le risque d’un communiqué perçu comme « hawkish » semble relativement élevé.

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Le secteur automobile un vrai potentiel de hausse en cas de décrispation des marchés

Les résultats encourageants des entreprises du secteur automobile se soldent par un rebond très net des valeurs, notamment marqué par l’envol du titre Peugeot de plus de 7%, ce matin.
Au risque près des crispations que pourrait susciter un communiqué de la FED beaucoup plus restrictif que le précédent (sujet sur lequel nous publierons notre analyse cet après-midi après les publications du jour), la configuration du secteur automobile européen semble plutôt encourageante pour les semaines à venir :
– Le secteur a été largement sanctionné par les effets redoutés de la chute des cours du pétrole sur la demande en provenance du monde émergent. De fait cette dernière n’est guère au rendez-vous, quand les mesures adoptées par le gouvernement chinois ont surtout profité aux producteurs locaux.
Cette sanction paraît excessives au vu:
1- du changement de cap de la demande régionale, les ventes automobiles en zone euro ayant retrouvé depuis le mois de février leur niveau de début 2010 tandis que le rythme de croissance des immatriculations stationne sur un niveau confortable de près de 9% l’an depuis deux ans ;
2- des effets bénéfiques de la baisse des coûts que représente pour ce secteur tout particulièrement l’effondrement des cours des matières premières ;
3- le soutien encore représenté aujourd’hui par des prix du pétrole en berne sur fond d’amélioration persistante de la reprise domestique en zone euro et du faible niveau de l’euro.
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Compte-tenu de ces éléments, le secteur automobile pourrait se révéler parmi les mieux positionnés pour profiter d’un appel d’air sur les marchés. On notera à ce titre la bien meilleure résistance en bourse des entreprises françaises depuis deux ans dont l’explication semble venir tout à la fois de la récupération des entreprises nationales, Peugeot en premier lieu, et de la typologie de la demande, toujours plus favorable aux véhicules de petit/moyenne gabarits qu’aux grands modèles.
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Au total, un secteur à privilégier pour les plus confiants, avec prudence toutefois tant que la FED n’a pas donné son verdict…

De la démondialisation économique à la dé globalisation financière, un peu de lecture

Si le sujet, encore relativement tabou, de la démondialisation économique ne fait plus véritablement débat, on lui oppose souvent l’argument d’une poursuite de la globalisation financière. L’importance des liquidités internationales, largement dopées par l’action des banques centrales, rend de fait assez difficile la démonstration d’une dé globalisation financière qui, logiquement, devrait suivre la démondialisation économique.

Les données de la Banque des Règlements Internationaux relatives à l’évolution des engagements internationaux des établissements bancaires offrent une certaine illustration de l’influence de la raréfaction des échanges mondiaux sur l’activité internationale des, ainsi qu’illustré ci-dessous.

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Un article de Bloomberg publié aujourd’hui offre un complément intéressant à cette lecture, à travers l’analyse de l’évolution des activités internationales des deux grandes banques, Citigroup et HSCB. Il décrit par ailleurs, la montée en puissance des activités bancaires de proximité dans bon nombre de pays, États-Unis et pays émergents notamment, assises sur les activités de « corporate & investment banking », avec toutefois cette caractéristique, de correspondre de moins en moins au concept d’activités de banque universelle…

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Source: Bloomberg

Quid de la FED face à la rechute des matières premières ?

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Quid de la FED face au nouveau round d’assouplissement monétaire que préparent la rechute des MP et la montée des risques britanniques ?

Sur le papier, la FED aurait largement de quoi changer une nouvelle fois son fusil d’épaule et préparer le terrain pour une communication relativement « hawkish » au terme du FOMC de la semaine prochaine, tout du moins au vu des derniers chiffres sur l’économie américaine. C’est le propre, en effet, d’une gestion de court terme, assise sur un panier d’indicateurs plus ou moins définis, que d’être soumise à des contradictions répétées. Faute d’avoir su revoir son objectif d’inflation à la hausse, les va et viens incessants de la FED depuis le début de l’année l’ont déjà conduite à changer par trois reprises son fusil d’épaule, soit quasiment autant que de FOMC depuis janvier !

Sans doute est-ce, en l’occurrence, ce qui se prépare à nouveau pour la semaine prochaine car, avec un horizon d’analyse grosso modo mensuel, la cause est sans appel : emploi, consommation, salaires, inflation sous-jacente, record du S&P 500, BRexit sous contrôle de Theresa May, Chine de nouveau sous anesthésie de crédit… tout est potentiellement en place pour ?que la FED vienne à reconsidérer l’opportunité d’un relèvement de ses taux d’intérêt dès le mois de septembre.

 

M. Draghi, répond discrètement à la question bancaire

Minimum syndical de la part de la BCE qui, sans surprise, n’annonce aucune mesure de soutien supplémentaire ; ni extension de la période de Quantitative Easing attendue par certains, ni aucune indication sur les mesures à l’égard des banques italiennes au sujet desquelles il laisse à la Commission Européenne l’initiative d’appliquer la législation existante.

Ce dernier point a clairement déçu, les valeurs bancaires qui s’étaient reprises en fin de matinée, rebaissent brutalement au fil de l’intervention du Président de la BCE.

Le vent a toutefois tourné lors de la séance des Q&A, durant laquelle M. Draghi a laissé entendre que la question bancaire serait plus claire après la publication la semaine prochaine des résultats des stress test sur les banques européennes. S’agissant du problème des banques, le Président a rappelé que l’action de la BCE avait permis de résoudre les problèmes de solvabilité et que les difficultés actuelles concernaient surtout la rentabilité, proposant trois pistes de solutions :

  • Le respect des règles prudentielles
  • Le développement d’un marché des créances douteuses
  • Enfin, l’action renforcée des gouvernements….

En d’autres termes, conformément à la décision de la Cour de justice européenne de ces derniers jours, Mario Draghi ne ferme plus la porte à une recapitalisation éventuelle des banques italiennes.

Les valeurs bancaires n’ont pas tardé à se ressaisir à ces propos qui, s’ils ne répondent pas totalement aux attentes, permettent néanmoins de croire en l’émergence d’une solution à venir.

En somme, une habile communication permettant de gagner du temps. 

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Warning sur le DAX, l’euro répond

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Le repli de l’indice ZEW du climat de confiance auprès des investisseurs allemands n’est pas de bon augure pour le DAX. En juillet, l’indice synthétique a cassé à la baisse le niveau de 30 points sur lequel il s’était stabilisé depuis le mois d’octobre, ouvrant la voie à un possible nouveau déclin au cours des prochains mois. Si les craintes à l’égard des conséquences du Brexit peuvent expliquer ce décrochage, principalement lié à la baisse de la composante sur les perspectives de cette enquête, l’indice composite risque néanmoins, au vu de son historique, d’avoir plus de difficultés à rebondir à partir de son niveau présent.

dax

Plus confiants, oui mais…

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Les développements intervenus au cours de la semaine écoulée ont ouvert la voie à une nette récupération des marchés boursiers internationaux avec pour conséquence la propulsion des indices phares américains sur de nouveaux records historiques et, dans leur sillage, un retour généralisé de l’appétit pour le risque. Après une clôture jeudi de l’indice MSCI monde sur un plus haut depuis le 1er décembre 2015, la tentation est grande de voir dans le regain de confiance de ces derniers jours les signes avant-coureurs d’une embellie durable des marchés mondiaux à l’heure, qui plus est, où les liquidités ne manquent pas.

Qu’en penser ?

Sticky inflation USExports All