Baisse des taux de la FED : une délicate question de timing

Les marchés envisagent à 73,9 % la probabilité d’une baisse des taux des Fed funds d’un quart de point et à 26,1 % celle d’une baisse de 50 points de base au terme du FOMC du 31 juillet : autrement dit, les anticipations ne font aucune place à un statu quo pour ce mercredi malgré l’inconfort de ces dernières semaines à l’idée d’un changement d’orientation monétaire souvent jugé trop précoce. De fait, la volte-face de J. Powell depuis le début du mois de juin suscite de nombreuses interrogations : la FED fait-elle une erreur, se soumet-elle aux pressions du président D. Trump, sait-elle des choses que les marchés ignorent ?… Pour nombreux, cette incompréhension conduit à considérer que J. Powell n’ira pas très loin dans la voie d’un assouplissement de sa politique et qu’il pourrait s’arrêter dès l’automne après avoir abaissé l’objectif du taux des Fed Funds de 50 points de base, dans une fourchette de 1,75 % à 2 %. Il se pourrait que cette conclusion soit le fruit d’une lecture trop conciliante de la situation américaine et, par là-même, trop confiante sur l’effet des baisses de taux sur la croissance et les marchés financiers. S’il n’y a, certes, pas d’urgence à abaisser le niveau des taux directeurs dès cette semaine, il y a bien des raisons de penser que la FED ne pourra échapper très longtemps à un assouplissement significatif de sa politique. Si tel venait à être le message de J. Powell cette semaine, il n’est pas certain que la baisse des taux reste longtemps perçue comme l’assurance tout risque que l’on lui prête.

 

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Peu de rescapés parmi les indices boursiers du monde émergent

Les marchés émergents ont décidément bien du mal à tirer leur épingle du jeu économique et politique international en présence. Malgré des initiatives d’un certain nombre de banques centrales en faveur de baisses de leurs taux d’intérêt directeurs, l’indice MSCI émergent peine à trouver une tendance stable. Embarqué dans le mouvement de hausse des indices mondiaux de début d’année, il n’est pas parvenu à égaler les performances du S&P 500 ou de l’Eurostoxx et affiche au cours des trois derniers mois un recul de quelques 3 %, comparable à sa médiocre performance annuelle. Derrière ce constat général, les disparités semblent prendre un nouveau tour avec des écarts de performance bien peu coutumiers de marchés qui, sauf histoires spécifiques tendent généralement à évoluer de concert, au gré d’indicateurs globaux à peu près identiques : activité industrielle, prix des matières premières et taux d’intérêt. Malgré l’attraction qu’entretiennent des taux de croissance économiques globalement plus élevés que dans le monde développé, la partie se complexifie pour les investisseurs volontaires, dans un contexte économique, financier et géopolitique de plus en plus incertains.

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La BCE ne déclenche pas la guerre de tranchée contre la FED

Il y avait un risque évident à ce que la BCE dévoile toutes ses cartouches aujourd’hui : celui d’encourager les marchés à anticiper d’autant plus d’assouplissement de la FED à l’occasion de son prochain FOMC de la semaine prochaine. Il fait peu de doute qu’une posture plus immédiatement accommodante aurait poussé le cours de l’euro-dollar à la baisse et déclenché les foudres de D. Trump, tant à l’égard de la BCE que de J. Powell, augmentant les risques d’une spirale à la baisse des anticipations de taux d’intérêt. M. Draghi n’a pas donné cette occasion au président américain. En se contentant d’indiquer son intention d’actionner tous les moyens d’assouplissement à sa disposition sans préciser les contours, l’agenda ni l’ampleur de ce qu’elle envisageait, la BCE a rassuré tout en évitant de créer les conditions d’une surenchère de plus en plus embarrassante des anticipations. L’histoire ne dit pas si les dissensions internes sont à l’origine de cette posture mais dans un contexte de concurrence croissante entre banques centrales, cette attitude, choisie ou subie, est plutôt bienvenue.

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L’hypocrisie à son comble à la veille des annonces de la BCE

Ce n’est pas faute de l’avoir dit ces dernières années : la BCE pourra faire tout ce qui est en son pouvoir, cela ne sera pas suffisant sans le relais des politiques économiques. Sept ans presque jour pour jour après le « Whatever it takes » de M. Draghi, le 26 juillet 2012, la BCE a usé de tous ses moyens pour éviter le chaos de l’union monétaire et, sans doute, son éclatement. Sur ce point, le succès est incontestable. Reste son mandat, celui de permettre un rétablissement des perspectives d’inflation vers la cible de 2 % ; sur ce dernier, l’échec est au contraire total. Personne n’oserait décemment en tenir la BCE pour responsable tant il est devenu évident que cette situation n’a pas grand-chose d’un phénomène monétaire. C’est pourtant bien de la BCE que sont hypocritement attendues les initiatives pour remédier à la menace que constitue ce risque de déflation chronique. Mario Draghi va donc faire semblant et tenter de convaincre de l’efficacité de son action immédiate ou à venir. Ironie de l’histoire, le PMI manufacturier de la zone euro est retombé à 46,4 points en juillet, deux doigts au-dessus de son niveau de juillet 2012 et un signal presque garanti d’intensification des pressions déflationnistes… M. Draghi saura-t-il trouver une nouvelle formule pour convaincre ? Paradoxalement, cela pourrait être plus difficile qu’en 2012, malgré la gravité de la crise d’alors.

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Gouvernance européenne : au-delà des noms…

Nous avions opté, à la veille des élections européennes, pour un titre provocateur : « Sans électrochoc salvateur, l’Europe se dirige droit dans le mur ». Après le fiasco des premiers rounds de négociations sur la désignation des responsables des postes-clés de la gouvernance de l’Europe, les nominations finales sont plutôt réconfortantes. L’électrochoc s’est-il produit ? On est tenté de le penser, comme semble d’ailleurs en témoigner l’écrasement du spread de taux d’intérêt italo-allemands depuis l’annonce des nominations de C. Lagarde et d’U. von der Leyen respectivement à la tête de la BCE et de la Commission.

Si ce point de départ rassure, le plus dur reste néanmoins à faire : il s’agit de sortir l’Europe de l’immobilisme de ces dernières années et de parvenir à atteler ses différentes parties à une ambition collective. C’est tout l’impératif de ce quinquennat au cours duquel il faudra raccrocher les wagons que la crise de ces dernières années a trop dispersés. Au-delà des chefs de file, les dissensions sont intenses entre les différents pays de la région et, contrairement à ce que l’on serait tenté de penser, un environnement international adverse n’est pas forcément synonyme de meilleure cohésion intra européenne. Si les chances de réussite existent, elles appelleront une détermination sans faille et un degré d’habileté que les conditions économiques difficiles en présence ne cesseront de challenger que ce soit sur le plan monétaire, financier ou budgétaire.

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La BCE et sa cible d’inflation, quelque chose nous échappe…

La rumeur s’est répandue ces dernières heures selon laquelle la BCE s’apprêterait à modifier sa cible d’inflation, laquelle a été interprétée par les marchés comme le signal d’un plus grand degré d’assouplissement monétaire à venir à l’origine d’un accès de faiblesse ponctuel de l’euro dans la journée. Que la BCE réfléchisse à ce type d’ajustement n’est pas impossible au vu des difficultés à parvenir à ses fins depuis plusieurs années maintenant. Que ce changement soit synonyme d’un assouplissement accru de la politique monétaire est loin de couler de source, en revanche. En l’occurrence si la BCE venait à abaisser son objectif d’inflation, ce serait sans doute, en effet, pour le rapprocher de l’inflation présente. Elle aurait donc plutôt moins de raisons de faire plus, non ? À moins que ce geste soit perçu comme une capitulation, ce qui serait potentiellement plus dangereux encore. Décidément, quelque chose nous échappe.

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La récession guette définitivement l’Allemagne, gare au réveil du DAX

Après avoir envoyé des signaux franchement négatifs pendant les premiers mois de l’année, le ZEW replonge encore plus fortement en juillet, retrouvant des niveaux jamais vus depuis la crise de 2008-2009. Une très mauvaise nouvelle, notamment, pour les secteurs exportateurs dont les perspectives de reprise imminente semblent enterrées. En l’occurrence, c’est une récession de l’économie allemande que suggère cette enquête à horizon de la fin de l’année. Jusqu’à présent insensible à la dégradation de la conjoncture, l’indice phare de la bourse de Francfort pourrait avoir plus de difficultés à digérer ce nouveau coup dur…

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