Déflagration?

Après une envolée de respectivement 24 % et 65 % depuis le 1er janvier, les cours de l’or et de l’argent ont dévissé de 11 % et 32 % vendredi. Ainsi vont les choses quand la spéculation se déchaîne, sur fond de liquidités trop abondantes. La frénésie d’achat ne pouvait, à l’évidence, se poursuivre et, comme toujours, les signes avant-coureurs d’une correction majeure n’ont pas manqué ces derniers jours. Mais qui pouvait dire qu’ils feraient, forcément, barrage à une potentielle nouvelle jambe de hausse de 10 %, 20 %, peut-être encore 50 % dans le contexte alors en présence ? La crainte de rater une dernière opportunité (FOMO!) est, souvent, plus forte que tout dans de telles circonstances, jusqu’à ce qu’un déclencheur, souvent anodin, vienne signer la fin de partie. La nomination de K. Warsh, comme successeur de J. Powell à la tête de la Fed, par D. Trump a bon dos. Le personnage, plus académique que les autres pressentis, serait plus fiable que ces derniers, plus scrupuleux à l’égard des pratiques bilancielles de la banque centrale offrirait une garantie de gestion plus orthodoxe qui aurait suffi à provoquer une réévaluation des craintes à l’origine de la frénésie des investisseurs pour les métaux précieux de ces dernières semaines…
Les cours des précieux sont-ils, dès lors, voués à s’effondrer, comme cela a le plus souvent été le cas après leurs vagues de hausses passées ?

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Perspectives 2026 : grandeur et démesure des capex

Les promesses d’investissement pharaoniques des entreprises de l’innovation viennent s’ajouter aux programmes de développement énergétiques et militaires, déjà, de grande ampleur à travers le monde.

Bonne nouvelle s’il en est, après des années de disette d’investissement et de productivité, nous interrogeons, néanmoins, les limites que posent ces développements sur l’évolution des conditions de financement et les risques associés pour les perspectives macroéconomiques et financières de 2026

  • Notre scénario de croissance révisé en légère hausse
  • Le mix capex, réforme fiscale et matières premières accentue les tensions à la hausse des taux longs dès le printemps

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Shutdown, réforme fiscale, taux longs, or… l’imparable enchaînement

Les épisodes de Shutdown, on connaît. Même pas mal serait-on tenté de dire. Le discours est un peu simpliste face à une paralysie inédite de l’administration fédérale américaine et dans le contexte très particulier en présence où les investisseurs n’ont d’yeux que pour les développements autour de l’IA, au risque de passer à côté de l’essentiel, du reste bien peu renseigné.
Certes, les quelques publications macroéconomiques disponibles sont plutôt réconfortantes. Les indicateurs de climat des affaires tiennent. Mieux encore, ils se sont légèrement améliorés dans les services. Idem pour l’emploi si l’on en juge par les données de l’ADP. Il y a pourtant bien des raisons de douter des conclusions qu’on en retire.
D’abord, parce leur analyse détaillée peut suggérer une réalité nettement plus discutable, en particulier sur le front du marché de l’emploi. Ensuite parce que les retours en provenance du terrain ne sont pas franchement correspondants. L’inquiétude des Américains, déjà élevée avant même le Shutdown, est extrême comme signalé par l’indice Michigan et susceptible de monter plus vite au fur et à mesure du prolongement de ce dernier.
Par ailleurs, l’opacité gagne du terrain sur nombre de sujets, qu’il s’agisse des conditions conjoncturelles ou des risques plus sérieux que suggère le renouveau des tensions sur le marché monétaire, alors que les ponctions du financement du Trésor sont de plus en plus indigestes.
Enfin, parce que, derrière le budget 2026 au sujet duquel démocrates et républicains ne parviennent à s’accorder, c’est potentiellement la réforme fiscale de D. Trump qui pourrait être menacée. …

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Les cours de l’or et le consentement inflationniste

En 1980, Karl Otto Pöhl, alors président de la Bundesbank, avait comparé l’inflation à de la pâte dentifrice, qu’il était impossible de faire rentrer dans son tube une fois qu’elle en était sortie. Mal absolu depuis le premier choc pétrolier, l’inflation était devenue la bête noire des responsables économiques. Les temps ont changé. Derrière l’engagement affiché par les banquiers centraux pour prévenir toute résurgence inflationniste depuis les débordements post-covid de 2022-2023, se profile une certaine indulgence à l’égard de l’inflation. Il y a plusieurs explications historique, générationnelle et circonstancielle à ce changement.
La première est historique.
La seconde est générationnelle.
La troisième est circonstancielle…

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Ce que font les guerres : remontée des taux nominaux, baisse des taux réels, hausse de l’or.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les taux d’intérêt à long terme se sont renchéris de 300 points de base en moyenne dans le monde développé, l’inflation s’est envolée de 10 % à la charnière des années 2022-23, avant de revenir entre 3 % et 5 %, et les taux d’intérêt réels ont fait le chemin opposé, s’effondrant à -4,5 % en moyenne depuis le début du conflit, malgré leur remontée tout au long de l’année 2023.
Si la responsabilité des ruptures d’approvisionnement en gaz et pétrole russes dans l’envolée de l’inflation est peu contestée, le lien entre hausse des coûts d’emprunt et situation de guerre a rarement été évoqué durant cette période. Il est vrai que plus de deux années d’épidémie de covid avaient déjà largement préparé le terrain à un possible retour de l’inflation. Par ailleurs, de l’avis du plus grand nombre, la guerre en Ukraine n’était pas censée durer et a rarement menacé d’embraser le reste du monde. La chute des taux d’intérêt réels a donc, majoritairement été considérée comme un effet mécanique de l’envolée des prix, amené à trouver son terme avec la normalisation progressive de l’inflation. C’est bien, d’ailleurs, la manière dont les choses se sont déroulées, que nous soulignions il tout juste trois semaines comme un changement de donne radical de l’environnement économique et financier (cf – La parenthèse de taux réels négatifs se referme à grande vitesse et ça change la donne). C’était néanmoins avant les attaques du Hamas sur Israël et ce qui s’en est suivi, à savoir une envolée du risque de conflit mondial, qui pourrait justifier à elle seule une vigoureuse remontée des tensions à la hausse des taux d’intérêt. Le risque géopolitique est-il en train de devenir une composante prédominante de l’évolution des taux d’intérêt, à même de prendre le pas sur la conjoncture ? La question se pose indiscutablement.

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Si l’or doit rebondir, ça ne devrait plus tarder

Le titre est prudent ; on le serait à moins après le contrepied de ces derniers mois. Après avoir enregistré un record à 1746 € l’once en août, l’or a quasiment reperdu un cinquième de sa valeur, subissant depuis le début du mois de février une déferlante en euro ou en dollar qui en a surpris plus d’un. Actif, de loin, le plus performant des grandes classes d’investissement au monde au cours des sept premiers mois de 2020, le métal précieux est devenu le malaimé et, in fine, le grand perdant depuis. Curieusement, c’est au moment où les anticipations d’inflation des marchés se redressent comme elles l’ont rarement fait, que, ce qui s’apparente à une fuite devant le placement refuge, a été le plus manifeste, mettant en porte-à-faux de nombreux investisseurs. Avec un peu de recul, ce mouvement est moins surprenant qu’il n’y paraît. Notre approche, complétée de notre appréciation sur la situation économique et financière internationale, incite plutôt à envisager de se repositionner progressivement en faveur du métal précieux. Un quitte ou double largement suggéré par le caractère insupportable de la remontée des taux d’intérêt.

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Rien n’oblige à vendre son or, même en vue d’une plus grande rotation sectorielle en 2021

Les périodes de hausse des cours de l’or sont rarement les plus appréciées des investisseurs et il n’y a rien de bien surprenant à ce constat. Réputé pour son caractère de valeur refuge, quand le métal précieux finit par s’imposer dans les portefeuilles c’est en général lors d’épisodes d’inquiétude extrême, d’aversion au risque et de bas niveaux des taux d’intérêt réels. Après avoir été porté au zénith au cours de l’été, l’or a donc logiquement subi le contre-coup du regain d’appétit pour le risque que les espoirs suscités par la double perspective d’une vaccination à grande échelle contre le coronavirus et d’une politique de relance américaine ont provoqué. Adulé, il y a peu, l’or est depuis refoulé, comme enfoui avec les mauvais souvenirs d’une annus horribilis 2020, au profit des valeurs les plus cycliques, les plus impactées par la crise, sur lesquelles résident tous les espoirs de reprise et de performance.

La stratégie n’est pas sans risque dans un environnement encore marqué par un degré d’incertitude sans précédent au cours duquel même la poursuite du mouvement de rotation cyclique pourrait s’accompagner d’un retour en force du métal précieux, ainsi que cela a pu s’observer par le passé.

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La résistance de l’or à la chute de 30 % du pétrole ; une idée de sa force sous-jacente

… Et du degré de stress dans lequel les marchés européens ouvriront ce matin. La guerre des prix initiée par l’Arabie saoudite après l’échec des négociations entre l’OPEP et la Russie en fin de semaine dernière est un élément de stress supplémentaire après un week-end marqué par l’amoncellement des nouvelles mesures de confinement face à la propagation du coronavirus à travers le monde hors Asie.

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