Aux Etats-Unis, les pertes d’emplois s’accélèrent dans les services professionnels

Le rapport ADP sur l’emploi du secteur privé aux Etats-Unis est ressorti nettement plus faible qu’attendu en janvier, avec seulement 22 K créations de postes contre 43 K attendus par le consensus. Par ailleurs, les données de décembre ont été révisées en baisse, à 37 K au lieu de 41K en première lecture. Ces chiffres restent très en retrait de ce que laisserait envisager une croissance économique du rythme de celui de ces derniers mois. Le rapport du mois de janvier met particulièrement l’accent sur les destructions d’emplois dans les services professionnels, lesquels auraient perdu 57 K postes au cours du seul mois de janvier. Effet IA ou reflet des distorsions sectorielles exceptionnelles ? La réponse n’est pas formelle à ce stade, d’autant que la région Atlantique Sud (Floride, Géorgie, Carolines…) apparaît comme la principale responsable de ces mauvais chiffres avec 76 K destructions de postes. Les tendances de l’emploi dans les services professionnels sont, néanmoins, parmi les plus mauvaises depuis l’introduction de ChatGPT, en novembre 2022 et le lien de cause à effet est fortement suggéré. Avec 22,2 millions de salariés, ce secteur, le troisième plus important aux Etats-Unis, a déjà vu ses effectifs réduits de 500 K en un peu plus de deux ans.

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J. Powell ne voit pas pourquoi la Fed devrait baisser ses taux davantage cette année

Le communiqué le suggérait, J. Powell l’a clarifié et n’argumente pas en faveur de baisses supplémentaires des taux directeurs cette année, compte-tenu : 1- des résultats en amélioration en matière de la croissance économique et de perspectives, 2- de la stabilisation du marché de l’emploi, 3- d’un niveau d’inflation toujours relativement élevé. A la question d’un journaliste sur le fait que la Fed recule le moment de la baisse de ses taux prévue en décembre, la réponse de J. Powell est donc on ne peut plus claire, quand bien même le président de la Fed s’est abstenu d’y répondre formellement, avant la publication des nouvelles projections du FOMC du mois de mars. Il fait peu de doutes, néanmoins, qu’à conditions inchangées d’ici là, ces dernières devraient, tout à la fois, gommer le quart de point supplémentaire de baisse des Fed Funds intégré aux Dots du mois de décembre et publier un scénario de croissance rehaussé.
Les anticipations de marchés, qui intègrent encore deux baisses des taux d’ici la fin de l’année, n’ont donc plus lieu d’être, du moins, dans les conditions en présence et avec les membres actuels du FOMC.

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Qu’il le veuille ou non, J. Powell sera dans la cour politique mercredi

Ni changement du niveau des taux des Fed Funds, ni mise à jour des projections ; on serait presque tenté de sauter à pieds joints au-dessus du FOMC de ce mois-ci, tant l’attention est ailleurs, en particulier sur ce qui se déroule sur les marchés des métaux précieux, qui ont volé la vedette à la plupart des autres actifs ces derniers temps. Sauf qu’il s’agit bel et bien des deux faces d’une même médaille, indissociables des développements en cours sur les marchés des changes et de la crise monétaire en couveuse, que la perte d’indépendance de la première banque centrale au monde menace de provoquer.

Alors que les perspectives de baisse des taux pour cette année semblent ne plus tenir qu’à l’éventualité de la nomination d’un président fantoche à la tête de la Fed et que les économistes sont de plus en plus nombreux à envisager, « toutes choses égales par ailleurs », l’amorce d’une remontée des Fed Funds d’ici la fin de l’année, D. Trump, n’accueillera pas avec satisfaction le statu quo monétaire probable du FOMC et encore moins un communiqué, éventuellement, un brin plus réservé sur les perspectives de possibles baisses des Fed Funds cette année. De là à provoquer l’ire dont le président américain a le secret, il n’y a qu’un pas, un de plus dans la fuite en avant éperdue dans laquelle il s’est lancé pour tenter de sauver ce qui semble inexorablement en voie de lui échapper, une possible victoire aux élections de mi-mandat.

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Nous y voilà. Le FOMC du 10 décembre bientôt derrière nous !

Mercredi prochain se tiendra l’un des FOMC qui aura fait le plus parler de lui, au sujet duquel les anticipations ont rarement autant varié et auquel des enjeux démesurés semblent rattachés. Pourquoi tant de doutes ?

  • D’abord, parce que, au-delà d’être peu lisible, la conjoncture américaine est d’une rare complexité. Entre les activités en pleine effervescence concentrées autour de l’IA et bon nombre de secteurs traditionnels en pleine déconfiture – le terme n’est pas excessif à en juger par l’évolution sectorielle des profits – l’équilibre des forces et faiblesses est hautement incertain.

  • Ensuite, parce que la situation inflationniste n’est pas des plus lisibles, non plus. Si, à court terme, les tendances, tant du côté des prix que de la conjoncture, vont dans le sens espéré par la Fed, les perspectives pour 2026 sont nettement plus incertaines. Les investissements massifs requis pour l’IA et l’entrée en vigueur de la réforme fiscale, à ce stade, toujours d’actualité, constituent une menace que la Fed ne peut ignorer.
  • Également, parce qu’à 4 % depuis septembre, le niveau des Fed Funds est inférieur de plus d’un demi-point à la croissance nominale du PIB du deuxième trimestre, un écart susceptible de s’être creusé davantage, à en juger par les estimations préliminaires du troisième trimestre et pourrait approcher un point après la décision de mercredi. Alors, faudra-t-il aller nettement plus loin dès lors que les conditions financières ne suggèrent pas la nécessité d’un assouplissement monétaire, malgré quelques craquements sur le front des liquidités, que la Fed gère par des interventions ponctuelles ?
  • Plus que la question de ce que fera la Fed mercredi c’est bien celle, effectivement, d’un changement de ses perspectives qui se pose et risque de faire bouger les curseurs de bon nombre d’actifs à travers le monde.

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Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

La nouvelle aurait pu décevoir. Tel n’est pas le cas. Sans doute pour deux raisons essentielles : des perspectives de croissance et d’inflation, in fine, plutôt rassurantes, d’une part, des mesures en faveur de la liquidité de l’autre.

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Nouveau paradigme : les mauvais chiffres américains enflent les matières premières

Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.

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« On balance »… la Fed n’envisage pas de baisser davantage ses taux en décembre

En dépit de nombreuses incertitudes sur les tendances de la conjoncture américaine en plein shutdown et de dissensions inhabituelles entre les membres du FOMC, le fin mot des minutes du dernier comité de politique monétaire est des plus limpide, posé sur le papier en fin de compte-rendu, en ces termes : « La plupart des participants notent que, dans un contexte d’inflation élevée et de refroidissement très progressif des conditions du marché du travail, de nouvelles réductions des taux directeurs pourraient accroître le risque d’une inflation plus élevée ou être interprétées, à tort, comme un manque d’engagement des décideurs politiques envers l’objectif d’inflation de 2 % ». Voilà qui devrait aider à départager les anticipations encore très hésitantes sur l’issue du prochain FOMC.

Les taux futurs ont pris acte de ces conclusions, poussant l’ensemble de la courbe des taux vers le haut, quand bien même dans des proportions limitées, de 1 à 2 points de base. Le dollar, qui avait pris de l’avance dans la journée, a peu évolué tandis que les indices américains, concentrés sur la publication à venir des résultats de Nvidia ont à peine frémi. De ce compte-rendu ressort une préoccupation des membres de la Fed de ne pas risquer d’apparaître moins vigilants à l’égard de l’objectif d’une inflation à 2 %, un ressaisissement incontestablement bienvenu, aux multiples conséquences pour les marchés internationaux.

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Sur les marchés, c’est pas le Pérou… même quand la Chine vient en renfort de la Fed

Les autorités chinoises semblent avoir fait ce qu’il fallait pour pouvoir s’assurer une « Golden Week » sans tracas, extirpant leurs indices boursiers des zones de risques dans lesquelles ils étaient embourbés ces derniers mois pour les propulser au premier rang de la performance mondiale, avant de fermer boutique jusqu’à mardi prochain. Sans parvenir à ravir la première place que J. Milei assure à l’Argentine, l’indice MSCI chinois a réussi à se hisser au n°2 du palmarès des principaux indices mondiaux depuis janvier, grâce aux mesures de soutien monétaire annoncées par la PBOC le 24 septembre : en dollar, sa progression ressort, ainsi, à 31 %, au lieu de 2,8 % la semaine précédente ! L’effet chinois n’a cependant guère essaimé. Après un accueil des plus enjoués, notamment en Europe, valeurs du luxe et cycliques allemandes avant

toutes autres, les Chinois semblent avoir emporté dans leurs bagages les bénéfices de leur audace, laissant place à une déconvenue globale, Asie en tête. Il faut dire que les données en provenance de l’Empire du Milieu ont, depuis, rappelé à quel point la situation chinoise est encore des plus critiques, quand, ailleurs, les développements n’ont pas aidé : montées des tensions au Proche Orient, inquiétudes européennes et doutes croissants sur l’évolution à venir des taux d’intérêt ont ramené les esprits à la raison.
Au total, les espoirs nés, sur les marchés, du changement de braquet de la Fed sont loin de produire les effets escomptés. Les indices du monde développé se cherchent et ceux du monde émergent battent en retraite, après une tentative laborieuse de rattrapage. Manquerait plus que J. Powell, contrarié par les évidences d’une économie plus résiliente que prévu, que viennent de couronner les statistiques d’emploi, soit contraint de rétropédaler après s’être déjà ravisé, sur la pointe de pieds, mardi.

 

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