Marchés émergents : de l’attraction aux risques, selon trois scénarios

L’engouement des investisseurs pour les marchés émergents ne s’est pas démenti ces derniers temps. Depuis le début de l’année, l’indice MSCI de ces pays s’est adjugé une progression de 11 % en dollar, à comparer à une stagnation du S&P500 et une hausse de 6 % du Stoxx 600 (5 % en euro). Après un démarrage en trombe au mois de janvier, au cours duquel l’indice a progressé de plus de 8 %, la performance est plus normée depuis le début février mais conserve un rythme soutenu, d’autant plus remarquable que S&P500 et Nasdaq sont en repli marqué.

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Baisses politiques ou justifiées des taux de la Fed ? L’histoire n’est pas du tout la même

La multiplication de données économiques décevantes sur la conjoncture américaine, le changement de régime inflationniste de ces derniers mois et la mise en concurrence sévère des grandes entreprises technologiques américaines par leurs rivaux chinois, semblent sur le point de changer la donne des marchés mondiaux. Point central de ce revirement : le scénario d’une mise sous tutelle, au moins partielle, de la Fed par rapport à l’exécutif américain, qui ouvrirait la porte à des anticipations de baisses des taux plus politiques que réellement justifiées par la conjoncture économique et financière, perd progressivement en intensité. La nomination de K. Warsh à la tête de la Federal Reserve n’est pas la première cause de ce changement. Ce dernier trouve, en effet, son origine dans l’évolution récente du pouls de la conjoncture américaine, qui, malgré une croissance du PIB toujours estimée aux alentours de 4 % l’an fin 2025, montre de plus en plus de signes de fragilités que reflète, aussi, les derniers chiffres d’inflation. Conséquence : la Fed aurait de bonnes raisons d’envisager une relâche de la contrainte monétaire en procédant à des baisses, justifiées, de ses taux directeurs. Un tel scénario n’a plus grand chose à voir avec celui d’un assouplissement monétaire « gratuit » guidé par des considérations dogmatiques plutôt que conjoncturelles. Sur les marchés financiers, ce scénario de bascule aurait des conséquences majeures, s’il se concrétisait, qu’il s’agisse des marchés des changes, de ceux des matières premières, précieux avant tout, ou des actions, dans un contexte de courbe des taux potentiellement éminemment différent. Est-ce ce qui se joue ces derniers jours ? C’est la réponse que chercheront à trouver les investisseurs à travers les données économiques de toutes prochaines semaines et à partir de celle-ci que se joueront ou non les ruptures des stratégies d’investissement.

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Marchés en folie : l’or, encore refuge et, sinon, les obligations d’Etat, malgré tout ?

Argent, or, JGB, Bitcoin, actions… les phénomènes de volatilité hors norme se multiplient à un rythme inédit ces dernières semaines sans épargner aucune classe d’actif. Si les MAG7 américaines étaient souvent considérées comme la principale source de risque financier pour 2026, ce n’est pas de là que viennent les chocs les plus remarquables ni les plus, potentiellement, bouleversants, mais des victimes collatérales du boom de l’IA sur les acteurs technologiques traditionnels, de celles d’une guerre économique tentaculaire sur un nombre croissant d’entreprises tous secteurs confondus, sur fond de ruptures politiques historiques, en cours ou à venir, telle l’arrivée de Mme Takaichi au Japon, les élections de mi-mandat américaines du mois de novembre, sans parler des scrutins européens bientôt d’actualité.

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Grandeur et démesure des capex – suite

C’était le thème de notre présentation du 11 décembre dernier, au cours de laquelle nous avions tenté de mettre en lumière les effets favorables des perspectives d’investissement sur les prévisions de croissance mondiale et les risques, simultanément assortis, de tensions sur les conditions de financement, les prix des matières premières et l’emploi, liés à un essor par trop rapide des capex dans les nouvelles technologies, IA en tout premier lieu.
Ces questions animent depuis le début de l’année les réflexions des économistes et les tendances de marchés, à juste titre, devenus de plus en plus sensibles à un sujet, bien placé pour dominer les développements économiques et financiers en 2026. Où en sommes-nous ? Que retirer des tendances en cours en matière de perspectives économiques et de stratégie d’investissement ?

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Déflagration?

Après une envolée de respectivement 24 % et 65 % depuis le 1er janvier, les cours de l’or et de l’argent ont dévissé de 11 % et 32 % vendredi. Ainsi vont les choses quand la spéculation se déchaîne, sur fond de liquidités trop abondantes. La frénésie d’achat ne pouvait, à l’évidence, se poursuivre et, comme toujours, les signes avant-coureurs d’une correction majeure n’ont pas manqué ces derniers jours. Mais qui pouvait dire qu’ils feraient, forcément, barrage à une potentielle nouvelle jambe de hausse de 10 %, 20 %, peut-être encore 50 % dans le contexte alors en présence ? La crainte de rater une dernière opportunité (FOMO!) est, souvent, plus forte que tout dans de telles circonstances, jusqu’à ce qu’un déclencheur, souvent anodin, vienne signer la fin de partie. La nomination de K. Warsh, comme successeur de J. Powell à la tête de la Fed, par D. Trump a bon dos. Le personnage, plus académique que les autres pressentis, serait plus fiable que ces derniers, plus scrupuleux à l’égard des pratiques bilancielles de la banque centrale offrirait une garantie de gestion plus orthodoxe qui aurait suffi à provoquer une réévaluation des craintes à l’origine de la frénésie des investisseurs pour les métaux précieux de ces dernières semaines…
Les cours des précieux sont-ils, dès lors, voués à s’effondrer, comme cela a le plus souvent été le cas après leurs vagues de hausses passées ?

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Le moindre appétit pour la Tech américaine, pour l’instant sans dommage

C’était notre scénario en fin d’année dernière. Les choses semblent commencer à prendre forme.
1- Le retranchement des investisseurs à l’égard des grandes valeurs du secteur technologique américain est enclenché. Bonne nouvelle, toutefois, ce mouvement est à ce stade relativement progressif et s’accompagne d’une rotation à la faveur d’autres segments de marché, qui en limite l’impact négatif sur les indices phares américains.
2- L’attrait pour les valeurs technologiques américaines se déplace, au profit du reste du monde : sans surprise, à la faveur des valeurs des pays émergents d’Asie et, très timidement, à l’égard des européennes.

L’appétit pour le secteur technologique est donc toujours en place, quand bien même pas à n’importe quel prix, et l’attrait de l’IA pourrait encore réserver des surprises, notamment dans les pays dotés de puissants moyens financiers très friands de se faire une place dans le domaine, pays du Golfe en tout premier lieu. Ces évolutions entretiennent un environnement de marché globalement favorable, doublé des effets en chaîne de l’IA sur les perspectives d’investissement. C’est sur ce dernier front que l’Europe pourrait tirer son épingle du jeu, malgré les risques et incertitudes en présence sur le plan géopolitique, d’abord, monétaire ensuite.

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2026 : moins de discrimination sectorielle pour les actions européennes ?

Dans le contexte favorable de ces dernières semaines, les écarts de performance sectorielle tout à fait atypiques qui ont caractérisé l’année 2025 finiront-ils par se réduire ? L’augmentation du nombre de secteurs du Stoxx 600 en hausse ces derniers mois, jusqu’à plus de 70 % en décembre, va plutôt dans le bon sens, sur fond d’amélioration progressive des perspectives conjoncturelles régionales et de regain de confiance des investisseurs européens.

Au-delà, l’accélération de la croissance américaine et les perspectives qui vont de pair pour les indices américains, sont également susceptibles de redonner à la hausse du marché européen davantage de profondeur.
Les facteurs de discrimination restent, malgré tout importants, qu’il s’agisse des perspectives d’activité et de celles de profitabilité et, si l’on en juge par les distorsions sectorielles observées au niveau de l’économie et des entreprises américaines, malgré des conditions nettement plus favorables, les chances de retrouver un environnement fondamentalement plus équilibré, posent encore question.

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Stratégie 2026 – oubliés les sujets qui fâchent… jusqu’au printemps

Après une année 2025 marquée par une incessante rotation des sujets d’inquiétude, 2026 se présente sous un jour, presque, apaisé pour les marchés mondiaux, du moins ses premiers mois. Année des élections de mi-mandat aux Etats-Unis mais, surtout, du changement de présidence de la Fed et d’une centralisation des pouvoirs comme jamais dans l’ère moderne américaine, 2026, pourrait, en effet, réserver bien des bouleversements en seconde moitié d’année. Force est néanmoins de reconnaître que de ces derniers nous ne savons rien pour l’instant et que, d’ici là, réforme fiscale, protection opportuniste des consommateurs américains, liquidités et anticipations de baisses des taux constituent des facteurs de soutien à même de continuer à aiguiser l’appétit pour le risque des investisseurs américains.
Dans le reste du monde où l’environnement macroéconomique s’améliore graduellement grâce aux développements autour de la défense et de l’énergie mais, aussi, de plus en plus souvent, de l’IA, les conditions en présence sont relativement favorables. Malgré les stigmates de la guerre commerciale, notamment pour l’Allemagne et la Chine, les politiques publiques et l’essor des capex apportent quelques couleurs aux perspectives conjoncturelles. Après une année quasi record du MSCI monde hors Etats-Unis depuis 35 ans, les premiers mois 2026 semblent en mesure de profiter d’un contexte encore porteur…

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