La posture des banques centrales semble de jour en jour plus délicate. Si la Fed est la plus concernée, du fait de la pression qu’exerce l’administration américaine sur ses décisions, et ses choix particulièrement scrutés en raison de son influence, la plupart ont perdu leurs repères face à un monde qui ne ressemble guère à celui qu’elles ont connu ces dernières décennies.
Comme envisagé avant même la réélection de D. Trump et la guerre commerciale qui s’en est suivie, l’inflation, partout, résiste et la poursuite de sa décélération laisse le plus souvent à désirer. Les banques centrales pourraient se satisfaire d’évolutions de prix nettement moins menaçantes qu’elles ne l’étaient il y a quelques trimestres, malgré tout, les choses ne sont pas aussi simples. Avec une inflation sous-jacente nettement plus soutenue que ce qu’elle était avant 2021, le juste positionnement du curseur des politiques monétaires est beaucoup plus incertain.
Répondre aux sirènes des risques conjoncturels n’est, dès lors, pas aussi accessible que par le passé. La capacité des banques centrales à prévenir ces derniers s’est érodée et la situation ne se clarifiera pas avant que ne soit levée l’incertitude sur la trajectoire du mix inflation-croissance. Après une décennie de « goldilocks », au cours de laquelle co-existaient croissance, sinon forte, du moins décente, et très faible inflation, la flambée des prix de 2022-2023, sur fond de changements structurels de l’économie mondiale et d’instabilité géopolitique et commerciale, est en mesure d’avoir définitivement confisqué la possibilité d’un retour vers cet équilibre. Si tel est le cas, sur quoi pourrait déboucher l’état de stagflation qui caractérise la situation du monde développé depuis le début de l’année dernière ? La réponse suscite, à juste titre, d’intenses débats et c’est de sa réponse que dépendront, pour l’essentiel, les évolutions à venir des prix d’actifs.







