L’Inde, délaissée par des investisseurs plus sélectifs qu’ils ne paraissent

Après deux années au cours desquelles les marchés indiens ont gravi le haut du podium mondial, le vent a subitement tourné en septembre 2024, quelques mois après la réélection de Narendra Modi à la tête du pays et quelques semaines avant celle de D. Trump aux Etats-Unis. Au cours des douze derniers mois, le léger déclin du MSCI indien le place aux derniers rangs de la performance des principaux marchés, lesquels ont progressé de 15 % au niveau mondial, de 18 % dans pays émergents et de 32 % dans les seuls pays frontières. Si l’avance prise les deux années antérieures n’a pas été totalement effacée, elle s’est néanmoins considérablement réduite, tandis que les indices indiens sont laissés à l’écart du mouvement de reprise dont profite la majorité des pays émergents depuis le printemps.
Désamour passager après l’ivresse passée ou question plus fondamentale ?

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Présentation du 02/10: Peut-on encore se projeter à long terme… et vers quels scénarios ?

Alors que nous avons les yeux rivés sur l’actualité politique et économique immédiate, les marchés des précieux et des taux d’intérêt nous renvoient aux enjeux de long, voire de très long terme, au sujet desquels les économistes n’osent presque plus de se positionner face aux bouleversements en cours.

Il est faux, pourtant, de penser que nous pouvons nous exonérer de cette analyse. Avérées ou démenties, les projections de long terme sont autant de forces de rappel qui influencent déjà les comportements économiques et les évolutions des marchés financiers.

Oser l’exercice prospectif semble plus utile que jamais pour remettre au cœur de la réflexion les principaux enjeux et tenter d’en tirer les enseignements. C’était l’objet de notre présentation trimestrielle de ce jeudi.

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Les accords commerciaux finiront-ils par transformer l’Europe en une passoire ?

Dans le monde tel qu’il évolue, l’axe libre-échangiste de l’Union européenne interroge. Les accords de partenariat conclus ces dernières années ne se comptent plus et le temps dédié à l’aboutissement de ces derniers occupe une large part de celui des responsables politiques de l’UE. À quelles fins, pour quels bénéfices et, le cas échéant, au prix de quels renoncements ?
L’accord de libre-échange conclu cette semaine avec l’Indonésie n’échappe pas à ces interrogations. Premier pays d’Asie du Sud-Est par sa population de plus de 280 millions d’habitants, l’Indonésie est, toutefois, loin de s’imposer spontanément aux premiers rangs des cibles commerciales d’envergure pour les exportateurs européens. Pays à bas niveau de revenu et faible croissance, son développement profite surtout aux produits chinois, face auxquels les Européens auront, quoi qu’il en soit, du mal à s’imposer.

L’Indonésie n’est pas, non plus, des plus diversifiées à l’exportation, ces dernières vers l’Europe sont majoritairement constituées d’huile de palme, aux méfaits environnementaux reconnus. Elle se caractérise, par ailleurs, par son rôle de plaque tournante du commerce régional de la Chine, renforcé depuis 2010 par un accord de partenariat stratégique, incluant l’Australie, à l’égard de laquelle elle a resserré ses liens en matière de défense l’an dernier. Quant à ses ressources naturelles, le nickel et le charbon dont elle dispose en abondance, elles intéressent de longue date la Chine…
Comment, dès lors, aborder l’accord de cette semaine ? Pékin y voit une stratégie hostile à son propre développement dans le monde émergent. Difficile, de son point de vue, d’observer les choses différemment, quand bien même une logique géostratégique européenne beaucoup plus profonde et légitime pourrait y être opposée. La question concerne néanmoins la finalité des choix européens et leur coût potentiel pour les producteurs régionaux. A vouloir jouer la corde du multilatéralisme comme elle le fait, l’UE joue-t-elle forcément la bonne carte pour son avenir ?

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De la disparition du statut d’actif sans risque à l’appétit pour les obligations privées

Les habitudes ont la vie dure et la référence n’est pas près de disparaitre de sitôt des règlementations, référentiels et réflexes d’arbitrage. Voilà bien longtemps, pourtant, que la notion d’actif sans risque ne correspond qu’à une réalité toute relative, que les épisodes de crises souveraines des lendemains de la crise financière de 2008 auraient dû balayer. La protection offerte par les banques centrales a, toutefois, permis d’entretenir l’illusion, du moins les faux-semblants, avant que les crises des cinq dernières années approfondissent le travail et érodent plus sérieusement le statut d’actifs sans risque des obligations souveraines d’un grand nombre de pays.
Si le diagnostic n’est pas encore totalement admis, et pour cause, force est de reconnaître que nombre de signaux clignotent de manière plus ou moins aigüe dans cette direction : perte de contrôle des dettes publiques, enflement des primes de terme, envolée des taux de financement à très long terme, fragmentation du marché. Parmi les conséquences, nombreuses et encore largement hypothétiques, de ces changements, l’écrasement des primes de risque traditionnellement assorties au financement des entreprises par rapport à celui des États en dit long sur les mutations en cours.

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Les banquiers centraux entre le marteau et l’enclume de la stagflation

La posture des banques centrales semble de jour en jour plus délicate. Si la Fed est la plus concernée, du fait de la pression qu’exerce l’administration américaine sur ses décisions, et ses choix particulièrement scrutés en raison de son influence, la plupart ont perdu leurs repères face à un monde qui ne ressemble guère à celui qu’elles ont connu ces dernières décennies.
Comme envisagé avant même la réélection de D. Trump et la guerre commerciale qui s’en est suivie, l’inflation, partout, résiste et la poursuite de sa décélération laisse le plus souvent à désirer. Les banques centrales pourraient se satisfaire d’évolutions de prix nettement moins menaçantes qu’elles ne l’étaient il y a quelques trimestres, malgré tout, les choses ne sont pas aussi simples. Avec une inflation sous-jacente nettement plus soutenue que ce qu’elle était avant 2021, le juste positionnement du curseur des politiques monétaires est beaucoup plus incertain.

Répondre aux sirènes des risques conjoncturels n’est, dès lors, pas aussi accessible que par le passé. La capacité des banques centrales à prévenir ces derniers s’est érodée et la situation ne se clarifiera pas avant que ne soit levée l’incertitude sur la trajectoire du mix inflation-croissance. Après une décennie de « goldilocks », au cours de laquelle co-existaient croissance, sinon forte, du moins décente, et très faible inflation, la flambée des prix de 2022-2023, sur fond de changements structurels de l’économie mondiale et d’instabilité géopolitique et commerciale, est en mesure d’avoir définitivement confisqué la possibilité d’un retour vers cet équilibre. Si tel est le cas, sur quoi pourrait déboucher l’état de stagflation qui caractérise la situation du monde développé depuis le début de l’année dernière ? La réponse suscite, à juste titre, d’intenses débats et c’est de sa réponse que dépendront, pour l’essentiel, les évolutions à venir des prix d’actifs.

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Dette française : et si la politique salariale était une grosse partie du problème ?

Dans les nombreux débats qui animent l’actualité française de ces derniers jours, si l’on parle, un peu, de pouvoir d’achat, rares sont les références au contexte salarial pour tenter de comprendre la situation politique et financière en présence. Il est vrai que l’environnement actuel s’y prête peu. Les entreprises françaises, c’est bien connu, souffrent de leur faible compétitivité et, à l’heure des sanctions commerciales américaines, le sujet est d’autant plus aisément mis à l’écart… comme il l’a été depuis longtemps dans l’Hexagone. Ce faisant, l’analyse fait abstraction d’un sujet, pourtant, assez largement indissociable des questions d’endettement. Des salaires partent, pour une large part, l’inflation, laquelle explique, le plus souvent, une bonne part de la croissance nominale des revenus, donc du PIB, dont dépendent la capacité des agents, État comme les autres, à rembourser leurs dettes.

Est-ce à dire qu’une croissance nominale soutenue par l’inflation vaut autant que la croissance réelle pour les investisseurs ? L’expérience de ces dernières années et, au-delà, les rouages économiques les plus évidents, qui nous rappellent que la dette ne se dissout jamais dans la déflation et encore moins dans l’austérité déflationniste, ne devraient pas permettre de faire l’impasse sur cette question.

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Comment les bourses émergentes finissent par profiter des choix de D. Trump

Droits de douanes, tensions géopolitiques, dégradation des perspectives de croissance… les pays émergents n’étaient pas, a priori, les mieux placés pour tirer parti du contexte en présence. Le vent a, pourtant, tourné en leur faveur ces derniers mois, au point d’offrir au MSCI émergent une performance équivalente à celle du Stoxx 600 en dollar depuis le 1er avril et à l’indice des marchés frontières, la plus forte progression, de loin, des grands indices internationaux hors Nasdaq, depuis la veille du « Liberation Day ». Il faut remonter longtemps en arrière pour retrouver des équivalents. Au cours des quatre derniers mois, c’est une appréciation de 23 % qu’a enregistré l’indice MSCI de ces petits marchés, moins profonds et, surtout, plus exposés au risque, la plus forte depuis 2009. Comment l’expliquer ? C’est dans les méandres des effets de la politique trumpiste sur les perspectives globales à plus ou moins long terme que se nichent les réponses les plus convaincantes.

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A vos marques ! Les rendez-vous de la rentrée 2025

Intense, l’actualité des marchés financiers a, malgré tout, peu évolué en août et les thématiques de rentrée semblent proches de celles de juin-juillet, avec, néanmoins, trépidante gestion américaine oblige, quelques variations…
– Stablecoins contre primes de terme. L’avenir de la Fed sera l’un de ces premiers rendez-vous, dans le sillage du dernier symposium de Jackson Hole de l’ère Powell, avec à la clé un chapelet de questions : quel nouveau président, quand, pour quelle politique monétaire et jusqu’où l’administration ira-t-elle pour imposer des baisses de taux à la Fed ? Derrière ces questions essentielles, s’agissant de la banque centrale de la première monnaie de réserve au monde, une réalité : celle d’une administration aux prises avec des primes de termes sur lesquelles des baisses de taux directeurs imposées et des stablecoins pourraient avoir l’effet inverse à celui recherché. Le fait est que défiance et inflation se combattent mal par une offre monétaire déguisée.

– L’inflation américaine et celle du reste du monde. Ce pourrait bien être le deuxième rendez-vous. Inflation américaine, certes, laquelle semble toutefois offrir une trajectoire assez claire à la hausse, mais, aussi, mondiale. Rarissimes ont été les épisodes d’inflation américaine qui ne se sont pas propagés au reste du monde par le passé. Pourrait-il en être différemment aujourd’hui ? Peu évoqué à ce stade, compte-tenu du contrecoup dépressif attendu du protectionnisme américain, le sujet pourrait faire surface sous peu. Pourquoi la question d’une possible résurgence de l’inflation mondiale, du moins occidentale, se pose-t-elle ?
– Les camouflets camouflés des accords à la Trump. Poignées de mains et sourires convenus cachent mal l’amertume des pays soumis aux sanctions commerciales américaines. L’administration de D. Trump, chacun l’a bien compris, promet d’user encore largement de sa position de force. Mais le monde s’organise et finira peut-être par se révéler moins tributaire des exigences du locataire de la maison blanche, du moins hors d’Europe, laquelle n’a pas encore trouvé le chemin de l’indépendance. La menace géopolitique l’y conduira-t-elle ? Il est à craindre qu’elle ait l’effet inverse.
– « Back in USSR ?». En même temps que le rêve d’une paix retrouvée ou, a minima, l’espoir d’un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie, se profilaient ces derniers jours, la question de la sécurité européenne s’est imposée. C’est que, hier considérée comme une lubie, l’idée d’une stratégie de reconquête des républiques du feu empire soviétique par V. Poutine paraît de moins en moins fantaisiste. Doux délire ou réalité ? Toujours est-il que face à la menace l’Europe, démunie, préférera, encore, faire semblant de croire à l’aile protectrice des Etats-Unis…

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