Dans les nombreux débats qui animent l’actualité française de ces derniers jours, si l’on parle, un peu, de pouvoir d’achat, rares sont les références au contexte salarial pour tenter de comprendre la situation politique et financière en présence. Il est vrai que l’environnement actuel s’y prête peu. Les entreprises françaises, c’est bien connu, souffrent de leur faible compétitivité et, à l’heure des sanctions commerciales américaines, le sujet est d’autant plus aisément mis à l’écart… comme il l’a été depuis longtemps dans l’Hexagone. Ce faisant, l’analyse fait abstraction d’un sujet, pourtant, assez largement indissociable des questions d’endettement. Des salaires partent, pour une large part, l’inflation, laquelle explique, le plus souvent, une bonne part de la croissance nominale des revenus, donc du PIB, dont dépendent la capacité des agents, État comme les autres, à rembourser leurs dettes.
Est-ce à dire qu’une croissance nominale soutenue par l’inflation vaut autant que la croissance réelle pour les investisseurs ? L’expérience de ces dernières années et, au-delà, les rouages économiques les plus évidents, qui nous rappellent que la dette ne se dissout jamais dans la déflation et encore moins dans l’austérité déflationniste, ne devraient pas permettre de faire l’impasse sur cette question.
