L’inflation décroche en Allemagne et baisse à 0,7 % en France. La BCE peut-elle réagir ?

Les retours en provenance des enquêtes avaient signalé de moindres tensions inflationnistes ces derniers temps en Allemagne. Les données préliminaires du mois de décembre vont au-delà des espoirs avec une chute de six dixièmes du taux d’inflation harmonisé de la première économie de l’union monétaire, de 2,6 % à 2 % entre novembre et décembre. Avec une inflation toujours plus faible en France, publiée plus tôt ce matin en repli, de 0,8 % en novembre à 0,7 % en fin d’année, la BCE finira-t-elle par reconsidérer sa posture ? Les appels en ce sens se sont multipliés parmi les économistes ces derniers temps et le contexte international en présence justifierait, à plus d’un titre, une inflexion de la politique monétaire. Avec des taux directeurs à 2 %, passer ce cap signifierait que la BCE soit prête à envisager d’aller potentiellement beaucoup plus loin courant 2026, une fois J. Powell, vraisemblablement, remplacé par un acteur beaucoup plus laxiste. La BCE mettra, sans doute, au mieux, du temps avant de passer ce cap.

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L’Allemagne, l’épine dans le pied de l’inflation de la zone euro

En première estimation, l’inflation de la zone euro du mois de novembre est ressortie à 2,2 %, légèrement supérieure aux 2,1 % du mois précédent, sous l’effet d’une accélération d’autant du taux d’inflation des services, de 3,4 % à 3,5 %. Les autres composantes ont peu ou pas évolué et s’annulent pour l’essentiel entre la moindre baisse des prix de l’énergie, de -0,9 % à -0,5 % et la légère décélération des prix des biens à 0,6 %, pour une inflation sous-jacente inchangée, à 2,4 %. Pas grand-chose à dire, donc, sur ce rapport, sinon que la décélération de l’inflation s’est interrompue depuis le début de l’année, en particulier du fait du rôle spécifique de l’Allemagne, seule parmi les grands pays de la région à enregistrer une hausse significative de son taux d’inflation harmonisé le mois dernier, de 2,3 % à 2,6 %, à l’origine de la remontée de l’ensemble de la région.

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Une histoire, définitivement, pas faite pour l’Allemagne

L’économie allemande paie décidément bien lourd ses années de myopie et pourrait avoir bien du mal à trouver les marques d’une situation plus porteuse en 2026. Dans un monde dans lequel les principales perspectives de croissance émanent des secteurs sur lesquels elle est, soit déficiente – technologie et énergie-, soit en perte de vitesse souvent vertigineuse -industrie traditionnelle-, même les programmes ambitieux de relance de la coalition Merz ont du mal à porter leurs fruits.
Après avoir fait illusion depuis l’été, sans doute davantage du fait du biais d’une inflation toujours soutenue, les indices PMI ont flanché en novembre, en même temps que leurs composantes prix… Bien rares étaient d’ailleurs les autres indicateurs d’activité allant dans le sens réconfortant des PMI, qu’il s’agisse des retours en provenance de l’activité réelle, production, commandes ou ventes de détail, ou du climat des affaires mesuré par l’IFO. Jusqu’où ira le déclin de la première économie de la zone euro est incertain mais ce qui l’est moins c’est que les développements en cours ne vont pas dans la meilleure direction. Les pans de son industrie qui ont permis ses succès pendant les années de mondialisation se heurtent aujourd’hui à une concurrence de plus en plus féroce de la Chine sur ces mêmes segments. Par ailleurs, véritable fer de lance de l’activité industrielle outre Rhin, la métallurgie ne se remet pas de la crise énergétique, simultanément plombée par des coûts de la transition environnementale et l’érosion de ses principales sources de demande, en provenance de l’automobile et des biens d’équipement, notamment. Idem pour la chimie, qui a perdu près d’un cinquième de ses volumes de production depuis le début de la décennie et pour laquelle les pourtours de la croissance à venir ne se présentent pas sous le meilleur jour.
Si les perspectives d’investissement ont partout le vent en poupe face aux besoins des technologies de l’innovation, il est à craindre que l’industrie allemande ne soit pas la mieux positionnée pour répondre à la typologie des équipements concernés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les cycles d’investissement passés dont elle a généralement tiré un grand avantage.
Le modèle allemand fait face à des difficultés, à bien des égards, inédites, qui ne semblent pas près de disparaître.

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France-Allemagne, l’écart industriel se creuse davantage

En hausse de 1,9 % en septembre, la production manufacturière allemande offre quelques signes d’amélioration ce matin. A ce stade, néanmoins, ces résultats sont loin de compenser les pertes récentes, en particulier celle du mois d’août au cours duquel l’activité manufacturière s’était contractée de 4,7 %. Les commandes, bien que stabilisées, ne promettent pas, non plus, de reprise imminente de la production, laissant place à un diagnostic toujours très mitigé sur les perspectives industrielles Outre-Rhin. Le contraste avec les retours en provenance de l’Hexagone sont de fait saisissants. En septembre, la production manufacturière française s’est, en effet, améliorée de 0,9 %, ce qui, malgré sa contraction du mois précédent, porte à 2,4 % sa hausse en trois mois…

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L’Allemagne, de la croissance sans inflation à l’inflation sans croissance

Au troisième trimestre, le PIB allemand a stagné, après un recul de 0,2 % au deuxième (révisé en hausse d’un dixième). Si l’investissement en capital productif a tenu bon, le commerce extérieur a vraisemblablement été plombé par les droits de douane américains. L’acquis de croissance pour l’ensemble de 2025 atteint péniblement 0,2 %, après deux années consécutives de net recul.
L’inflation du mois d’octobre est ressortie en baisse de seulement un dixième, à 2,3 %, tandis que sa composante sous-jacente est restée inchangée, à 2,8 %. Toujours pas de signe de détente, sur ce front, au contraire.
Le tout forme donc un contexte franchement stagflationniste en net contraste avec les années d’avant Covid.

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L’inflation, explication la plus crédible à l’énigme des bons PMI allemands

En Allemagne, tout va bien, à en croire l’enquête S&P publiée ce matin : renaissance des services, avec une hausse de trois points de l’indicateur, à 54,5, et remontée, de facto significative, de l’indice composite de 52 à 53,8, un plus haut depuis deux ans et-demi, malgré une certaine inertie du manufacturier, à 49,6.
Comme souvent, néanmoins, les données brutes ne racontent que la moitié de l’histoire. D’après le rapport accompagnant leur publication, en effet :
– L’indicateur d’emploi se dégrade encore, malgré du mieux dans les services.
– L’opinion des professionnels sur leurs perspectives ne sont guère meilleures.
– Surtout, l’indicateur des prix payés et facturés accélère : la divergence franco-allemande sur ce point semble d’ailleurs persister. De sorte que les effets prix constituent, sans doute, une explication à d’aussi bonnes données d’activité.

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La production manufacturière allemande vingt ans en arrière

Un pas en avant, trois pas en arrière. La production industrielle allemande, construction comprise, s’est repliée de 4,3 % en août. La production manufacturière a reculé plus nettement encore, de 5,5 %, ce qui correspond à sa plus forte baisse mensuelle depuis mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. A titre de comparaison, hors rattrapages post crises, le niveau de production en présence est si bas qu’il avait été franchi pour la première fois, à la hausse il y a vingt ans, presque mois pour mois, en septembre 2005.
Les données d’août sont, sans doute, exceptionnellement mauvaises et il ne serait pas étonnant d’observer une correction à la hausse en septembre. Néanmoins, au vu des tendances de fond, les perspectives de rebond sont, elles aussi, très limitées : les commandes sont en berne, tout comme le commerce avec les Etats-Unis ou l’Asie. La probabilité d’une nouvelle baisse du PIB au troisième trimestre, après celle de 0,3 % au deuxième, gagne donc encore du terrain.

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L’inflation allemande fait toujours tâche

Maintenant que les quatre grands pays de la zone euro ont publié leurs données d’inflation de septembre, deux conclusions s’imposent.
– Comme attendu, les effets de base énergétiques, encore franchement négatifs en août, se sont partiellement résorbés en septembre et devraient entraîner une hausse de l’inflation en zone euro d’environ deux dixièmes. Conformément à ces attentes, l’inflation a augmenté de 0,2 ou 0,3 point en Allemagne, en France et en Espagne, à respectivement 2,4 %, 1,2 % et 2,9 % l’an. L’équivalent italien est resté stable, à 1,6 %.
– Pour ce qui est de l’inflation sous-jacente, les dynamiques sont en revanche très différentes d’un pays à l’autre. Les données allemandes conservent un rythme soutenu, avec une accélération des prix hors énergie et alimentation, de 2,7 % à 2,8 %. Ailleurs, les chiffres sont plus contenus, dans la zone des 2 %, voire en dessous pour l’Hexagone.

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