Des tendances, enfin, plus convaincantes de désinflation aux Etats-Unis

Les mesures de l’inflation n’ont pas beaucoup évolué aux États-Unis entre mars et avril. Sur un mois, le CPI total a augmenté de 0,4 % après 0,1 %, en raison d’un léger rebond des prix énergétiques, tandis que sa composante sous-jacente a conservé son rythme du mois précédent, là aussi, de 0,4 %. Sur douze mois, en l’absence d’effet de base similaire à ceux de mars, l’inflation totale comme sous-jacente ont seulement perdu un dixième de point, à respectivement 4,9 % et 5,5 %.

Un mois « pour rien », à première vue, avec des résultats toujours très supérieurs aux objectifs de la Fed. Aux détails près du rapport de ce mois-ci qui offrent des signes nettement plus tangibles de décélération de l’inflation sur des postes sensibles, loyers en particulier, et services de transport.

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La FED prête à pivoter mais pour la mauvaise cause ! Les marchés digèrent…

L’intention est à peine voilée. Après avoir relevé, comme largement anticipé, le taux objectif des Fed Funds d’un quart de point, à 5,25 %, la FED s’apprête à marquer une pause dès le prochain FOMC. Si le ralentissement de la croissance, apparemment plus convaincant à ses yeux, a sans aucun doute participé à ce changement de cap, c’est surtout du côté de ses commentaires au sujet de la situation bancaire que se nichent les raisons les plus évidentes à l’origine de ce qui semble constituer une ferme décision. Manifestement, le resserrement des conditions de crédit préoccupe suffisamment les membres de la FED pour détourner leurs regards de l’inflation. A ceux qui en doutaient, J. Powell n’a, d’ailleurs, pas hésité à souligner que la référence à la nécessité de relever les taux davantage avait été retirée du communiqué. Dont acte. Le point haut des Fed Funds est donc probablement atteint, comme nombreux l’avaient envisagé, y compris nous-mêmes, sans forcément imaginer que le verdict soit aussi clairement établi dès ce mercredi.

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PIB US, jusqu’ici tout va bien, M.Powell !

Les données de croissance officielles américaines, à 1,1 % en rythme annualisé, ne rendent pas justice à l’activité du premier trimestre puisqu’elles sont déprimées par les baisses de stocks. Hors ces dernières, la hausse du PIB aurait été de 3,4 % r.a. soit plus de 0,8 % en rythme trimestriel. Bonne tenue de la consommation privée, soutien public, stabilité de l’investissement non résidentiel, contribution positive du commerce extérieur et, même, un léger mieux du côté de la construction… Rien qui ne dévoile de fragilité particulière de l’économie américaine, à rebours des indicateurs de ces derniers temps et de l’envolée du risque de récession vers lequel pointent la plupart des estimations. Comme elle l’avait déjà annoncé lors de ses minutes, la Fed ne trouvera pas dans ces données quoi que ce soit pour justifier une pause à son exercice de restriction monétaire la semaine prochaine et prendra vraisemblablement son temps avant de confirmer qu’elle pivote.

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Verre à moitié vide ou à moitié plein pour la Fed, après le CPI

Malgré la baisse d’un point de l’inflation totale, de 6 % à 5 % entre février et mars, le rapport sur les prix à la consommation est, en tout état de cause, insuffisant pour envisager que la bataille soit gagnée. Non que les détails soient particulièrement mauvais, ils montrent d’ailleurs quelques signes encourageants, mais ceux-ci sont encore bien trop ténus pour convaincre et, en l’occurrence, insuffisants pour stabiliser l’inflation sous-jacente, de nouveau en légère hausse, à 5,6 % après 5,5 % en février. L’inflation sous-jacente est, donc, dorénavant, supérieure à l’inflation totale et, quand bien même ceci n’a rien de surprenant après un choc de l’ampleur de celui de l’année dernière, il ne s’agit naturellement pas d’un résultat des plus favorables pour faire valoir l’efficacité de l’action de la FED qui devra continuer à arbitrer entre risque bancaire, croissance et inflation. Tout au plus, la chute de l’inflation totale, lui servira-t-elle de parachute, pour opérer un changement de cap face au risque de récession de plus en plus palpable. De quoi, potentiellement sauver la mise de court terme mais certainement pas convaincre qu’elle en aura fait suffisamment pour définitivement éradiquer l’inflation.

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Conjoncture américaine : pour se gâter, ça se gâte!

Inutile d’attendre le rapport sur l’emploi de vendredi pour être fixé : la conjoncture américaine prend l’eau et pourrait bel et bien faire regretter à J. Powell sa dernière hausse des taux, quand bien même celle-ci a plutôt bien été digérée par les marchés. Il y a dans les données récentes de quoi, a minima, assurer une pause lors du prochain FOMC et laisser bien peu de place aux promesses de réduction du bilan que la président de la FED avait jugé bon de réitérer il y a deux semaines, en pleine crise bancaire. Les anticipations de resserrement de la politique monétaire américaine ont donc définitivement du plomb dans l’aile. Les marchés escomptent à quasiment 100 % la probabilité d’une baisse des Fed Funds d’ici décembre, de sorte que les taux longs s’effondrent, à moins de 3,30 % pour le 10 ans et 3,70 % pour le 2 ans.

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L’industrie américaine, décidément, languissante, les services tiendront-ils ?

Nouveau recul des indices ISM manufacturiers américains, à 46,3 après 47,7 en mars, avec des composantes en territoire de contraction et en baisse, à l’exception des perspectives de production. Parmi les secteurs, seuls le pétrole et les machines ont pu atteindre le territoire d’expansion et il semble que l’automobile ait un peu moins le vent en poupe que ces derniers mois, malgré le soutien procuré par l’IRA.

En temps normal, comme le rappelle le compte rendu qui accompagne cette publication, de tels niveaux seraient compatibles avec un recul du PIB de 0,9 % r.a . La balle est donc dans le camp des services, jusqu’à présent plutôt résistants, bien qu’incontestablement fragiles.

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La FED peut-elle encore décider de relever ses taux, même d’un quart de point ?

Malgré la crise bancaire en présence, c’est l’opinion de nombreux observateurs, qui considèrent que la FED ne peut pas relâcher sa vigilance à l’égard de l’inflation. Ce pourrait être, aussi, une tentation de faire comme la BCE, pour envoyer un message rassurant, en substance : nous avons fait le nécessaire pour circonscrire la crise bancaire et pouvons, dès lors, poursuivre le cap du resserrement monétaire en cours face aux bons résultats du marché de l’emploi et à une inflation toujours excessive. Après tout, on imagine sans mal que la FED préfèrerait pouvoir agir de la sorte plutôt que d’avoir à gérer ce qui, à ce stade, semble ne pouvoir être présenté que comme une parenthèse, ou une pause, dans le processus encore inachevé de normalisation monétaire. Les contorsions d’un tel exercice ne sont guère confortables, même après avoir répété que rien de sa politique n’était prédéterminé et qu’elle agirait en fonction des données et développements au fil du temps. Manque néanmoins à chacun de ces arguments l’utilité de procéder à un relèvement immédiat des Fed Funds, alors que la crise bancaire joue d’elle-même l’effet d’un resserrement du marché du crédit, et les risques qu’elle pourrait encourir dans un contexte encore très incertain. Sur ces deux points, un statu quo vaudrait mieux que toute autre expérimentation.

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La FED devrait pouvoir lever le pied plus facilement après les données de février

Contrairement à janvier, qui avait été un bon mois pour les données de production et de consommation, février/mars a été particulièrement morne : -0,4 % pour les ventes de détail, +0,1 % pour la production manufacturière et -4 points pour l’indice Michigan de confiance des consommateurs. Il existe néanmoins une exception, le marché immobilier, qui, quoique toujours déprimé, a retrouvé quelques couleurs en début d’année.

Sur le fond, le dilemme de la Fed reste donc le même. En temps normal, la persistance de l’inflation l’emporterait sur les à-coups conjoncturels, somme toute encore mineurs et dont la composante immobilière affiche des signes de reprise. Une hausse de taux, voire une accélération de la réduction du bilan s’imposerait. Pour l’heure, néanmoins, même si la contagion bancaire ne s’étend pas outre mesure, ces signes de fragilité semblent autant de portes ouvertes pour un lâcher prise, au moins temporaire, de la FED.

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