Élections américaines – les 3 scénarios du 8 novembre

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Donald Trump. Un peu comme un rouleau compresseur, celui qui encore au printemps était presque unanimement considéré comme l’improbable candidat à la primaire républicaine a, depuis, passé avec brio toutes les étapes de la course à la Présidentielle, au point, de bénéficier aujourd’hui d’une probabilité élevée d’être élu Président des États-Unis mardi prochain. Son élection constituerait un scénario catastrophe à bien des égards.

Hillary Clinton. Présumée gagnante en début de course, notamment à partir du moment où son rival fut connu, la candidate démocrate a pour sa part subi les revers récurrents de ses déboires judiciaires et de l’image qu’elle porte en elle, celle de la continuité dont précisément une trop large proportion d’Américains ne veulent plus. Sa perte de vitesse au cours des derniers rounds vers l’élection, soulève de plus en plus sérieusement l’hypothèse d’un échec. Sa victoire constituerait un soulagement immédiat mais le caractère timoré de son programme soulèverait sans tarder des questions sur sa capacité à adresser les défis structurels qui se posent aujourd’hui à l’économie américaine.

Hillary Clinton, contestée. Dans le cas d’une victoire, largement plébiscitée en dehors des États-Unis, le scénario d’une avance insuffisamment confortable de la candidate démocrate pour prévenir une contestation des résultats par son rival dans un certain nombre d’États clés, comme ce dernier l’a déjà proféré dans l’hypothèse de son échec, est loin d’être négligeable. Le risque d’une issue différée de l’élection du 8 novembre, le temps nécessaire pour de nouveaux décomptes des votes semble relativement conséquent. En 2000, l’épopée du recomptage des voix de l’État de Floride avait pris fin le 12 décembre sur décision finale de la Cour suprême de couper court aux procédures de validation pour tenir les délais constitutionnels…

Rares ont été les élections passées au cours desquelles l’incertitude et, simultanément, les enjeux électoraux américains ont semblé aussi importants pour les États-Unis et le reste du monde. Quels pourraient être dans ces trois différents cas de figure les implications immédiates pour les marchés financiers internationaux ?

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La FED n’est pas entendue par les marchés

Les observateurs sont d’accord, les micro modifications apportées au communiqué de la FED après son comité des deux derniers jours, confirment sa volonté de relever le niveau de ses taux d’intérêt. Mise à part le changement de qualificatif sur l’évolution de la consommation, en « hausse modérée » plutôt qu’en « forte croissance », tous les changements apportés à sa rhétorique sont là pour rouvrir la porte d’une possible action en décembre, parmi lesquels :

  • le retrait de la proposition relative à la persistance d’anticipations d’une inflation faible à court terme
  • et le remplacement de « davantage » (further) par « certains » (some) au sujet des éléments nécessaires à son passage à l’acte.

La Fed prépare ainsi le terrain pour une éventuelle remontée de ses taux lors de sa prochaine réunion, sous réserve, toutefois, que les développements sur le front de la croissance, de l’inflation et des marchés financiers l’autorisent. Avec cette dernière condition, elle conserve encore une fois toute latitude, ce qui dans le contexte actuel de regain d’instabilité sur les marchés financiers internationaux laisse encore beaucoup d’incertitude sur ce qu’elle fera ou non le 14 décembre.

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Les marchés ne s’y sont pas trompés, qui ne semblent avoir vu dans ce communiqué aucune garantie d’un passage à l’acte. Il est intéressant à ce titre de revenir sur leur réaction au communiqué d’octobre l’an dernier pour prendre la mesure de ce qui ressemble bien à une sorte de capitulation, en dépit de la remontée récente des taux futures.

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Mieux vaut dans un tel contexte patienter pour voir les réactions aux résultats des élections de la semaine prochaine, la tournure économique et celle des marchés boursiers, avant de parier sur une remontée effective des Fed Funds le 14 décembre prochain

BMG octobre 2016 – Changement de donne sur les marchés financiers

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Notre baromètre est en amélioration notable, reflet notamment d’une meilleure orientation des tendances enregistrées dans l’industrie manufacturière à l’échelle mondiale, corroborée par le regain d’activité exportatrice.
Notre indicateur synthétique d’inflation continue, pour sa part, à évoluer à la hausse avec une accélération des tendances enregistrées sur le front des prix et des anticipations, à laquelle seul le Japon échappe dorénavant.
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Après une longue période d’inertie, nos baromètres de marchés enregistrent d’importants mouvements des grandes classes d’actifs et des secteurs, le changement de contexte inflationniste et la remontée des anticipations de hausse des taux directeurs de la FED semblant avoir imposé d’importants changements directionnels :
– net repli des indices obligataires souverains et corporate internationaux ;
– affaissement généralisé des devises vis à vis du dollar ;
– environnement très disparate sur le front des marchés d’actions émergents, le Brésil distançant nettement les autres grands marchés (pour des raisons avant tout politiques) ;
– embellie généralisée des indices boursiers hors Etats-Unis, soutenus par un regain des valeurs bancaires et, dans leur sillage et dans des proportions variables, de la plupart des secteurs cycliques.
baromètre global

Nous ne sommes pas encore en décembre !

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Les données économiques américaines d’aujourd’hui ont tout lieu de renforcer un peu plus les attentes d’une remontée des taux directeurs de la FED en décembre. Les bons PMI de ce jour viennent consolider les signaux positifs envoyés par les ISM le mois dernier, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services, ressortis respectivement à 53.2 en octobre, contre 51.5 en septembre et à 54.8 contre 52.3 pour les services.

PIB TAUX

Tapering, who cares ?

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Mario Draghi aurait pu faire mieux pour convaincre que la réduction de son programme d’achats d’actifs à partir du mois de mars n’était pas un sujet. Car assurer, comme il l’a fait, que le QE ne serait pas stoppé brutalement, quand personne n’avait osé imaginer un tel scénario, suggère plutôt que la question d’un éventuel « tapering » soit bel et bien d’actualité…

Les raisons susceptibles d’inciter la BCE à franchir le pas sont, de fait, assez nombreuses, de sorte que l’interprétation que les marchés ont eue des propos du Président de la BCE lors de sa conférence de presse du 20 octobre, peut être perçue comme assez largement conciliante. Retour sur un sujet auquel il pourrait être difficile d’échapper dans les prochaines semaines.

Tapering

Alerte rouge sur l’inflation mondiale

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L’inflation mondiale, c’est presque acquis, devrait s’accélérer notablement au cours des tout prochains mois. En cause, non pas une meilleure santé économique, ni un quelconque changement de régime en matière de coûts salariaux, mais les effets de base pétroliers, à même, toutefois, de propulser les taux d’inflation vers des niveaux bien inconfortables pour les banquiers centraux… Tomberont ils dans le panneau ?

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Entre promesses et désillusions

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Au cours des deux dernières semaines, la montée en puissance des anticipations de hausses des taux de la FED a, paradoxalement, alimenté l’espoir d’un déblocage vertueux de la situation économique et financière internationale. Il en est résulté une envolée du dollar, une reprise des cours des matières premières, une remontée des taux d’intérêt de moyen et long termes et un raffermissement des valeurs bancaires. Bien qu’un brin préoccupante pour les marchés boursiers, la perspective d’une hausse des taux de la FED finissait par être perçue comme une bonne nouvelle, susceptible, le cas échéant, de fermer la porte au scénario d’enlisement de ces derniers trimestres dans lequel le remède des bas niveaux des taux d’intérêt s’est progressivement transformé en un poison hautement toxique.

Au grand dam des plus impatients de voir la FED passer à l’action, les minutes du dernier comité de politique monétaire de la FED publiées ce mercredi et les développements en cours ont une nouvelle fois, repoussé ces attentes. Le débouclage des enchaînements vertueux qui progressivement s’étaient mis en place ces derniers jours n’en est que plus mal vécu. Et pourtant, plutôt que ce dernier, c’est bien le scénario d’une éventuelle hausse des taux directeurs de la FED qu’il faudrait redouter.

Dépréciation du yen, gare aux évidences

Si la probabilité d’une hausse des taux de la FED d’ici la fin de l’année s’est accrue, cette dernière n’est pas encore passée à l’acte. La fragilité de la situation économique américaine, sur fond de sources d’instabilités persistantes dans le reste du monde, pourrait encore la faire reculer et recréer par là-même les conditions d’un regain d’aversion pour le risque contre lequel les autorités japonaises se révéleraient, une nouvelle fois, impuissantes. Lire la suite…