Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

La nouvelle aurait pu décevoir. Tel n’est pas le cas. Sans doute pour deux raisons essentielles : des perspectives de croissance et d’inflation, in fine, plutôt rassurantes, d’une part, des mesures en faveur de la liquidité de l’autre.

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Nouveau paradigme : les mauvais chiffres américains enflent les matières premières

Les données de l’ADP du mois de novembre sont, incontestablement, mauvaises, avec 32K destructions de postes concentrées dans les petites entreprises, dont tout donne à penser qu’elles décrochent ou, du moins, que le shutdown leur a fait beaucoup de mal. Encore une fois, les postes créés le sont pour l’essentiel dans les entreprises de plus de 500 salariés, même si ce mois-ci les établissements de plus de 50 salariés ont été plus actifs que le précédent. L’aggravation de la situation des PME n’est pas de nature à rassurer les membres de la Fed, laquelle voit potentiellement, avec de telles tendances, son carquois se remplir de flèches.

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L’Allemagne, l’épine dans le pied de l’inflation de la zone euro

En première estimation, l’inflation de la zone euro du mois de novembre est ressortie à 2,2 %, légèrement supérieure aux 2,1 % du mois précédent, sous l’effet d’une accélération d’autant du taux d’inflation des services, de 3,4 % à 3,5 %. Les autres composantes ont peu ou pas évolué et s’annulent pour l’essentiel entre la moindre baisse des prix de l’énergie, de -0,9 % à -0,5 % et la légère décélération des prix des biens à 0,6 %, pour une inflation sous-jacente inchangée, à 2,4 %. Pas grand-chose à dire, donc, sur ce rapport, sinon que la décélération de l’inflation s’est interrompue depuis le début de l’année, en particulier du fait du rôle spécifique de l’Allemagne, seule parmi les grands pays de la région à enregistrer une hausse significative de son taux d’inflation harmonisé le mois dernier, de 2,3 % à 2,6 %, à l’origine de la remontée de l’ensemble de la région.

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« On balance »… la Fed n’envisage pas de baisser davantage ses taux en décembre

En dépit de nombreuses incertitudes sur les tendances de la conjoncture américaine en plein shutdown et de dissensions inhabituelles entre les membres du FOMC, le fin mot des minutes du dernier comité de politique monétaire est des plus limpide, posé sur le papier en fin de compte-rendu, en ces termes : « La plupart des participants notent que, dans un contexte d’inflation élevée et de refroidissement très progressif des conditions du marché du travail, de nouvelles réductions des taux directeurs pourraient accroître le risque d’une inflation plus élevée ou être interprétées, à tort, comme un manque d’engagement des décideurs politiques envers l’objectif d’inflation de 2 % ». Voilà qui devrait aider à départager les anticipations encore très hésitantes sur l’issue du prochain FOMC.

Les taux futurs ont pris acte de ces conclusions, poussant l’ensemble de la courbe des taux vers le haut, quand bien même dans des proportions limitées, de 1 à 2 points de base. Le dollar, qui avait pris de l’avance dans la journée, a peu évolué tandis que les indices américains, concentrés sur la publication à venir des résultats de Nvidia ont à peine frémi. De ce compte-rendu ressort une préoccupation des membres de la Fed de ne pas risquer d’apparaître moins vigilants à l’égard de l’objectif d’une inflation à 2 %, un ressaisissement incontestablement bienvenu, aux multiples conséquences pour les marchés internationaux.

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Le PIB japonais, objet de crispations entre la BoJ et le gouvernement fait chuter le yen

Rien de tel qu’une contraction du PIB pour renforcer la rhétorique de la nouvelle première ministre japonaise et mettre plus en porte-à-faux la BoJ sur son intention de poursuivre la normalisation du niveau de ses taux directeurs. Après une progression de 0,6 % au printemps, l’activité s’est contractée de 0,4 % au troisième trimestre au Japon, une occasion d’enfoncer le clou pour Mme S. Takaichi, en faveur du plan de relance en préparation et d’une opposition plus farouche à toute hausse des taux directeurs que la BoJ s’apprêtait à décider en décembre. Avec un déflateur du PIB en hausse annuelle de 2,8 %, la posture toujours très accommodante de la BoJ pose d’autant plus question que la politique budgétaire a pris un tour résolument expansionniste avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle première ministre. Dans un tel contexte, la perspective de maintien de taux directeurs à 0,5 % attise les pressions à la baisse du yen dont le taux de change a de nouveau faibli contre le dollar ce matin, pour se rapprocher de ses points bas de l’année dernière, à 145,7 yen pour un dollar. Mme Takaichi, dont l’objectif est bel et bien d’affaiblir ce dernier, n’y verra pas d’inconvénient, au risque de devoir payer cette préférence par des taux de financement de plus en plus exorbitants au vu du haut niveau d’endettement public du pays. Les conditions ne semblent décidément pas en place pour une stabilisation du yen et des rendements des JGB, qui affectent, par ailleurs, la compétitivité européenne et menacent le reste du monde d’une raréfaction des sources de financements japonais.

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La BoE ralentit la cadence de ses baisses de taux et conditionne leur reprise

Les banques centrales sont décidément moins promptes à abaisser leurs taux directeurs. Après le messages de la Fed de mercredi dernier, qui a mis en doute la probabilité d’un nouveau repli des Fed Funds en décembre, relayé par celui de la BCE qui a fermé la porte à l’éventualité d’une baisse de ses taux, la Banque d’Angleterre a sauté son tour aujourd’hui. Cette dernière dont les décisions étaient réglées comme du papier à musique, à raison d’un ajustement d’un quart de point chaque deux comités de politique monétaire, a donc rompu cette cadence. Malgré un verdict serré, de cinq votes sur neuf en faveur de ce statu quo, contre quatre pour une nouvelle baisse, la lenteur du processus désinflationniste a emporté la décision. L’inflation encore de 3,8 % et les salaires en hausse de plus de 5 %, bonus compris, à peine moins sans ces derniers, sont jugés insuffisants pour poursuivre l’assouplissement monétaire.

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Mme Lagarde surjoue la confiance

Volonté de résister au début de pressions en faveur d’un assouplissement monétaire ou réelles inquiétudes sur l’inflation ? Probablement un peu des deux avec pour résultat une présidente de la BCE plutôt « hawkish » que l’inverse. Résolument optimiste sur les perspectives de croissance, Mme Lagarde donne le sentiment d’exploiter chacune des faiblesses actuelles comme des atouts pour l’avenir et de sciemment passer sous silence les aspects les plus préoccupants de la conjoncture. A l’inverse son insistance que les incertitudes relatives aux perspectives d’inflation et les développements imprévisibles susceptibles de créer de mauvaises surprises donnent au final un discours assez largement déséquilibré. Au total, bien peu d’espoirs d’un possible changement de posture dans une direction plus accommodante sous peu.
Après la Fed hier et l’inflation allemande un plus plus tôt aujourd’hui (voir à ce sujet PIB et inflation en Allemagne) la messe semble dite : la BCE ne baissera pas ses taux directeurs cette année et ne passera pas à l’acte sans baisses additionnelles significatives de la part de la FED. Cette conclusion remet en partie en question notre scénario, lequel escomptait deux baisses d’un quart de point chacune des taux directeurs à cheval entre la fin de cette année et l’an prochain. Curieusement, l’euro ne retire aucun bénéfice de cette communication. Il est vrai que le dollar continue l’ascension provoquée par la prudence de J. Powell sur l’éventualité d’une nouvelle baisse des Fed Funds en décembre…

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Moins de baisses de taux à venir ? J. Powell sème le doute… La BCE gagne du temps #fed #taux #qt #bilan

Moins dovish que prévu ? La Fed a comme anticipé abaissé d’un quart de point son objectif des Fed Funds, à 3,75/4 %. Elle a, par ailleurs, confirmé l’arrêt de la réduction de son bilan, à partir du 1er décembre, précisant qu’elle réinvestira l’équivalent de l’intégralité des obligations souveraines de son bilan arrivant à échéance sur le marché des Treasuries, de même que 35 milliards par mois de ses titres hypothécaires. Cette dernière décision était moins largement anticipée. Si J. Powell avait fait part de cette éventualité mi-octobre, nombreux analystes l’envisageaient plus tardive.

C’est, malgré tout, une Fed moins « dovish » que prévu que retiendront les marchés. En premier lieu parce que sa décision de baisser les taux d’un quart de point n’était pas unanime. S. Miran, sans surprise, aurait souhaité une baisse de 50 pb mais, surtout, Jeffrey Schmid était contre toute baisse des taux. J. Powell a, par ailleurs, mentionné des divergences importantes de point de vue entre les gouverneurs de la Fed sur ce qu’il conviendrait de faire en décembre, soulignant qu’une nouvelle baisse des taux n’était pas acquise. Ces commentaires ont sonné comme un coup de semonce auprès d’investisseurs convaincus que la Fed procéderait comme elle l’avait prévu en septembre, d’ici la fin de l’année, voire bien davantage en 2026. Les taux à deux ans ont repris plus de dix points de base dans le sillage des propos de J. Powell, suivis de près par les taux à 10 ans, remontés à 4,08 %, tandis que l’indice ICE du dollar s’est envolé de plus d’un demi-point, à quasiment 99,6, son plus haut niveau depuis juin.

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