La France reprend-elle l’avantage industriel qu’elle avait sur l’Allemagne en 2019 ?

La production industrielle française a progressé de 3,8 % en juillet et de 4,5 % pour la seule industrie manufacturière. C’est nettement moins que le mois dernier et, ce sens, une nouvelle mitigée. Pour autant, la France ne s’en tire pas si mal en comparaison de ses partenaires immédiats. Au mois le mois, la progression de l’activité est plus soutenue qu’en Allemagne (2,8 %) et l’allure des deux courbes de production comparées est plutôt à l’avantage de la France depuis deux mois. Ce constat peut, certes, se justifier par un besoin de rattrapage plus important dans l’hexagone qu’outre-Rhin, après une chute plus marquée en avril/mai ; à moins qu’il ne signale le retour à la situation qui prévalait en 2019, à savoir une surperformance inhabituelle mais néanmoins persistante de l’activité française par rapport à l’allemande. Il semble que nous n’en soyons pas loin…

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Inflation ? On cherche, on ne trouve pas ; sauf des questions de long terme

Août a été marqué par une très nette remontée des anticipations d’inflation sur les marchés financiers qui, aux Etats-Unis comme en zone euro, ont renoué avec leurs niveaux de janvier-février, supérieures d’un demi-point environ à ceux de mai. L’amélioration des résultats économiques après la paralysie du deuxième trimestre, la perspective de politiques monétaires durablement accommodantes sur fond de relance budgétaire généralisée et la remontée des cours des matières premières ont simultanément eu raison des perspectives très faibles du printemps. Difficile, toutefois, de trouver dans les données récentes la validation de ce changement d’anticipations. Si quelques frictions haussières ont été observées sur certains prix post-confinement, elles ne semblent pas en mesure de résister aux tendances plus lourdes de l’inflation cyclique fondamentalement tirée à la baisse. Les marchés semblent donc s’être emballés ces dernières semaines ce qui suggère une correction de leurs excès.

Reste que les ruptures structurelles aujourd’hui pressenties interrogent de plus en plus sur leur impact en matière d’inflation : insécurité de l’offre face aux tensions commerciales et géopolitiques croissantes, modification du mixte de demande de matières premières induit par l’émergence de l’industrie bas carbone, déformation de la structure de consommation, forment un ensemble susceptible de créer plus de volatilité des anticipations de long terme d’inflation.

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Emploi américain, gare à la myopie des marchés obligataires

Après juillet, août marque une nouvelle forte progression de l’emploi américain, avec 1,37 millions de créations de postes ; une bonne nouvelle après les données très décevantes de l’ADP de mercredi et la recrudescence de l’épidémie de Covid qui sévit depuis le début de l’été. Tous les secteurs ont en l’occurrence profité d’une reprise, quand bien même les emplois publics ont gonflé les données totales de près de 345 K. Reste qu’avec 141 millions d’emplois, au total en août, contre 152,5 en février, le chemin vers le retour au niveau d’avant crise n’est qu’à moitié parcouru, par rapport au point bas d’avril. À l’évidence, le rythme de créations d’emplois devra réaccélérer pour correspondre aux attentes du consensus.

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Dans la jungle des plans de relance, la France se disperse quand l’Allemagne s’organise

Les dispositifs anti-crise se succèdent et finissent par donner le tournis. Revenons sur les réflexions qu’évoquent les annonces du gouvernement français. Cent milliards, l’équivalent de 4 % du PIB français de la fin de l’année dernière, voilà qui est effectivement imposant, en plus des dispositifs de sauvetage mis en place ces derniers mois. Sauf que le rouleau compresseur du Covid-19 a détruit 382 milliards de création de richesse depuis le début de l’année et que les conséquences d’un tel choc, sans parler des ruptures économiques et sociétales que l’épidémie risque de provoquer, ont tout lieu d’être considérables et, sur de nombreux points, durables. Face à une telle situation, deux stratégies s’opposent. La première vise à tenter d’adresser l’urgence, c’est la stratégie allemande mise en place dès le début de l’été. La seconde tente de traiter la plupart des maux, immédiats, structurels ou stratégiques, au risque d’atténuer la force de frappe, d’un manque de visibilité et d’efficacité de la relance ; c’est le choix du gouvernement français. S’il est manifestement trop tôt pour tirer des conclusions hâtives sur ces stratégies différenciées, ces écarts ne manquent pas d’interpeller, tant en ce qui concerne leurs chances de réussite que leur manque de cohérence.

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Une autre façon de lire les PMI

Des PMI définitifs publiés ce matin en zone euro on retire plusieurs observations :

  • Les retours en provenance du secteur manufacturier tiennent à peu près, grâce à l’Allemagne et à l’Italie. France et Espagne se replient en revanche fortement, le regain de croissance des deux derniers mois marque une pause chez ces deux derniers.
  • Les résultats sont en revanche sans appel dans les services pour lesquels l’indicateur de Markit rebaisse partout fortement avec un repli de plus de quatre points pour l’ensemble de la zone euro, à 50,5 contre 54,7 en juillet, reflet d’une contraction de 5,8 points en France, à 51,5 ; de plus de trois points en Allemagne, à 52,5 ; et de baisses de plus de quatre points en Italie et en Espagne à l’origine où l’indice rechute nettement sous le seuil de 50 points, respectivement 47,7 et 47,1 points.

Au total, l’amélioration de la situation conjoncturelle est loin d’être linéaire ni garantie. On rappellera à ce titre que les PMI ne nous renseignent que sur la dynamique de croissance, que leur écart à 50 est censé illustrer. Après des pertes considérables au printemps, il faudrait donc que ces indicateurs reviennent très au-dessus de 50 pour espérer retrouver la situation d’avant crise. Nous en sommes très loin si l’on en juge à ce que nous indique la somme de ces écarts depuis le début de l’année.

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Bonne récolte de PMI manufacturiers en août. Dont acte, attendons la suite.

Les PMI manufacturiers délivrés ces derniers jours sont d’un bon cru. Sauf rares exceptions, les résultats du mois d’août ont été en amélioration, voire en très nette amélioration, accentuant ainsi le message du mois de juillet. Depuis le début de l’été, les progressions de l’indicateur ont le plus souvent été exceptionnelles, majoritairement comprises entre 7 et 15 points depuis juin, quand elles ne dépassent pas allègrement les 20 points au Brésil, en Indonésie et en Inde. Quatre pays sortent néanmoins du lot : le Mexique, le Vietnam et la Malaisie dans lesquels les PMI restent sous la ligne de flottaison et la Chine qui, bien qu’ayant franchi le niveau des 50 points, n’a enregistré qu’une très modeste hausse de son indicateur, de 2,4 points, depuis le début de l’été. Quelles conclusions retirer de ces indices ?

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Navigation dans un futur lointain à Jackson Hole, le grand exercice de diversion de la FED

Curieuse préoccupation des autorités monétaires américaines que de se concentrer sur la manière dont la FED devra gérer le retour du taux de chômage à son niveau de plein emploi quand ce dernier a bondi à plus de 10 % depuis mars, potentiellement deux fois plus si l’on considère les emplois maintenus à flot par les aides publiques et plus encore si l’on réintègre les salariés disparus des statistiques que révèle la chute du taux de participation de la population en âge de travailler. Contrairement à ce que toute personne censée imaginerait, ce n’est donc pas la menace d’un chômage de masse susceptible de toucher près d’un actif sur quatre aux Etats-Unis qui préoccupe les autorités monétaires mais la manière dont elles devront aborder la situation lorsque le taux de chômage sera retombé si bas qu’il pourrait menacer de faire remonter l’inflation, aujourd’hui d’à peine 1 % ! Cette posture inspire plusieurs réflexions, pas toujours des plus flatteuses pour la FED mais tellement révélatrices du fossé grandissant entre les acteurs financiers, auxquels elle s’adresse, et la vie économique réelle.

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INSEE, IFO et PMI : les politiques de soutien domestique payent mais ne suffisent pas

La publication de l’enquête INSEE a clôt ce matin la série des principaux indicateurs régionaux du climat des affaires entamée la semaine dernière avec les PMI. Les résultats sont assez dissonants entre ces différentes sources. Si les PMI ont largement déçu, avec de lourdes baisses dans l’industrie française et les services allemands, les enquêtes nationales ont, à l’inverse, plutôt agréablement surpris. L’IFO allemand a regagné un peu plus de terrain, grâce à une amélioration plus notable du sentiment sur les conditions courantes. En France, le climat des affaires ressort en progression de presque sept points, grâce notamment à un bond de 10,5 points de sa composante industrielle. Dès lors qui croire, les PMI, ou les enquêtes nationales ?

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