En Chine, comme ailleurs, les prouesses technologiques ne font pas tout

Palpable depuis les printemps, la tendance se précise avec les données du dernier trimestre et de l’ensemble de l’année 2025 : sauf le secteur technologique, l’économie chinoise patine, voire s’enlise dangereusement. Vue sous cet angle, la situation ressemble plus qu’on ne le pense à l’américaine, aggravée dans le cas de l’Empire du Milieu par de puissants effets richesse négatifs, contrairement aux Etats-Unis, où ces derniers camouflent efficacement la misère d’une croissance en K. La crise immobilière a, de ce fait, des conséquences décuplées sur une économie chinoise, tout à la fois, capable de briller dans les domaines stratégiques de pointe et de donner l’impression de sombrer dans de nombreux autres, à l’égard desquels le gouvernement semble avoir capitulé, au grand dam d’une large majorité des consommateurs. Il faudra bien, pourtant, que la situation évolue pour que Xi Jinping conserve le soutien indéfectible d’une population dont il a plus que jamais besoin dans le contexte en présence.

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Le moindre appétit pour la Tech américaine, pour l’instant sans dommage

C’était notre scénario en fin d’année dernière. Les choses semblent commencer à prendre forme.
1- Le retranchement des investisseurs à l’égard des grandes valeurs du secteur technologique américain est enclenché. Bonne nouvelle, toutefois, ce mouvement est à ce stade relativement progressif et s’accompagne d’une rotation à la faveur d’autres segments de marché, qui en limite l’impact négatif sur les indices phares américains.
2- L’attrait pour les valeurs technologiques américaines se déplace, au profit du reste du monde : sans surprise, à la faveur des valeurs des pays émergents d’Asie et, très timidement, à l’égard des européennes.

L’appétit pour le secteur technologique est donc toujours en place, quand bien même pas à n’importe quel prix, et l’attrait de l’IA pourrait encore réserver des surprises, notamment dans les pays dotés de puissants moyens financiers très friands de se faire une place dans le domaine, pays du Golfe en tout premier lieu. Ces évolutions entretiennent un environnement de marché globalement favorable, doublé des effets en chaîne de l’IA sur les perspectives d’investissement. C’est sur ce dernier front que l’Europe pourrait tirer son épingle du jeu, malgré les risques et incertitudes en présence sur le plan géopolitique, d’abord, monétaire ensuite.

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Quand le pétrole entre dans la danse, un puissant « game changer » potentiel

L’envolée des métaux précieux et plus récemment des métaux industriels n’a pas eu de conséquences significatives jusqu’à présent. Reflet de la montée des crispations géopolitiques et de la défiance à l’égard des politiques monétaires, la hausse des métaux précieux n’a pas d’effets économiques majeurs en retour. Celle des métaux industriels en aura davantage, en particulier sur les coûts de production, mais en l’absence de tensions sur les prix de l’énergie, son impact peut être considéré comme relativement marginal, à l’exception de quelques rares secteurs. La donne pourrait changer radicalement si les prix de l’énergie finissent par être enrôlés dans une dynamique haussière, comme le fait craindre l’envolée des cours du brut de ces tout derniers jours.

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5,3 % r. a., la croissance américaine toujours plus forte mais pas pour les consommateurs

CPI du mois de décembre hier, PPI et ventes de détail du mois de novembre aujourd’hui, le calendrier économique américain reste perturbé depuis le shutdown et la lecture des tendances en place n’en est pas simplifiée.
Premier constat, il ne se passe, a priori, pas grand-chose de significatif.
• Si les données d’inflation donnent lieu à des analyses quelque peu différentes d’un lecteur à l’autre, les conclusions sont rarement très éloignées : l’inflation s’assagit sans, toutefois, parvenir à convaincre le consensus.
• Pas grand-chose, non plus, du côté des ventes de détail. Ces dernières sont relativement mornes et les données du mois de novembre sont à prendre avec prudence, avec une économie sous shutdown jusqu’au 13 du même mois. Un peu de recul permet, toutefois, de mettre en évidence quelques tendances caractéristiques…

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2026 : moins de discrimination sectorielle pour les actions européennes ?

Dans le contexte favorable de ces dernières semaines, les écarts de performance sectorielle tout à fait atypiques qui ont caractérisé l’année 2025 finiront-ils par se réduire ? L’augmentation du nombre de secteurs du Stoxx 600 en hausse ces derniers mois, jusqu’à plus de 70 % en décembre, va plutôt dans le bon sens, sur fond d’amélioration progressive des perspectives conjoncturelles régionales et de regain de confiance des investisseurs européens.

Au-delà, l’accélération de la croissance américaine et les perspectives qui vont de pair pour les indices américains, sont également susceptibles de redonner à la hausse du marché européen davantage de profondeur.
Les facteurs de discrimination restent, malgré tout importants, qu’il s’agisse des perspectives d’activité et de celles de profitabilité et, si l’on en juge par les distorsions sectorielles observées au niveau de l’économie et des entreprises américaines, malgré des conditions nettement plus favorables, les chances de retrouver un environnement fondamentalement plus équilibré, posent encore question.

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L’inflation décroche en Allemagne et baisse à 0,7 % en France. La BCE peut-elle réagir ?

Les retours en provenance des enquêtes avaient signalé de moindres tensions inflationnistes ces derniers temps en Allemagne. Les données préliminaires du mois de décembre vont au-delà des espoirs avec une chute de six dixièmes du taux d’inflation harmonisé de la première économie de l’union monétaire, de 2,6 % à 2 % entre novembre et décembre. Avec une inflation toujours plus faible en France, publiée plus tôt ce matin en repli, de 0,8 % en novembre à 0,7 % en fin d’année, la BCE finira-t-elle par reconsidérer sa posture ? Les appels en ce sens se sont multipliés parmi les économistes ces derniers temps et le contexte international en présence justifierait, à plus d’un titre, une inflexion de la politique monétaire. Avec des taux directeurs à 2 %, passer ce cap signifierait que la BCE soit prête à envisager d’aller potentiellement beaucoup plus loin courant 2026, une fois J. Powell, vraisemblablement, remplacé par un acteur beaucoup plus laxiste. La BCE mettra, sans doute, au mieux, du temps avant de passer ce cap.

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Stratégie 2026 – oubliés les sujets qui fâchent… jusqu’au printemps

Après une année 2025 marquée par une incessante rotation des sujets d’inquiétude, 2026 se présente sous un jour, presque, apaisé pour les marchés mondiaux, du moins ses premiers mois. Année des élections de mi-mandat aux Etats-Unis mais, surtout, du changement de présidence de la Fed et d’une centralisation des pouvoirs comme jamais dans l’ère moderne américaine, 2026, pourrait, en effet, réserver bien des bouleversements en seconde moitié d’année. Force est néanmoins de reconnaître que de ces derniers nous ne savons rien pour l’instant et que, d’ici là, réforme fiscale, protection opportuniste des consommateurs américains, liquidités et anticipations de baisses des taux constituent des facteurs de soutien à même de continuer à aiguiser l’appétit pour le risque des investisseurs américains.
Dans le reste du monde où l’environnement macroéconomique s’améliore graduellement grâce aux développements autour de la défense et de l’énergie mais, aussi, de plus en plus souvent, de l’IA, les conditions en présence sont relativement favorables. Malgré les stigmates de la guerre commerciale, notamment pour l’Allemagne et la Chine, les politiques publiques et l’essor des capex apportent quelques couleurs aux perspectives conjoncturelles. Après une année quasi record du MSCI monde hors Etats-Unis depuis 35 ans, les premiers mois 2026 semblent en mesure de profiter d’un contexte encore porteur…

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L’IA pour le meilleur et pour le pire

Guerre commerciale ou shutdown, l’économie américaine résiste. Au troisième trimestre, le PIB pourrait avoir de nouveau augmenté à un rythme annualisé de plus de 3,5 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta. Avec une croissance chétive des créations d’emplois, de seulement 0,5 % en équivalent annualisé au cours de la même période, les gains de productivité devraient avoir été, une nouvelle fois, spectaculaires. L’origine de ces succès ? Une seule et unique réponse : la tech, encore la tech et toujours la tech.
L’accélération du développement des technologies de l’information autour de l’IA explique l’essentiel de ces résultats, en effet, que ce soit en matière de croissance du PIB, de productivité et de profits ou, même, de commerce extérieur. Avant même le lancement des programmes exceptionnels des géants du secteur, les dépenses d’équipement à destination de la technologie ont représenté plus de 90 % de la croissance annuelle des investissements productifs américains des trois derniers trimestres.
En Europe, pour la première fois, l’espoir de voir les effets de l’essor des nouvelles technologies dans les résultats économiques pointe son nez. Interrogée durant sa dernière conférence de presse sur l’origine des révisions à la hausse des prévisions de croissance de la BCE, sa présidente, C. Lagarde, a suggéré que les développements de l’investissement autour de l’IA pourraient en être la cause. En France, où la résilience de l’activité a largement surpris depuis le début de l’été, les enquêtes de l’INSEE renvoient quelques signaux concordants, là où on les attendait le moins : les commandes au secteur de l’informatique et de l’électronique ont constitué la première, pour ne pas dire l’unique, source d’amélioration des carnets de commandes à l’exportation de ces tout derniers mois !

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