Aux Etats-Unis, les grandes entreprises sauvent la donne du marché de l’emploi

Shutdown oblige, les quelques publications en provenance de l’économie américaine sont scrutées avec plus d’attention que jamais pour tenter d’en tirer le maximum d’informations. A ce titre, les données de créations d’emploi de l’ADP, les seules qui seront publiées ce mois-ci, apportent quelques éclairages :
1- Avec en moyenne 42 K créations de postes, la situation a été moins dégradée en octobre qu’au cours des trois mois précédents : de juillet à septembre, ce chiffre n’avait pas dépassé 24 K.
2- Les secteurs du commerce, transports et utilités ont totalisé 42K créations de postes et ceux de la santé et de l’éducation 25 K, soit un total de 72 K postes, auxquels se sont ajoutées des évolutions plus modestes en provenance du secteur financier, des mines et de la construction. Les destructions ont été concentrées dans l’information, les services professionnels et les loisirs.
Vu sous cet angle, le shutdown ne semble pas avoir d’impact majeur sur le marché de l’emploi, comme du reste suggéré par les composantes emploi des ISM. Les détails apportent néanmoins quelques nuances d’importance à ce premier diagnostic.

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En novembre notre BMG pointe vers un dangereux enlisement en zone euro

Révisé de -0,1 à -0,4 en octobre, notre baromètre macroéconomique global revient à zéro en novembre, un léger mieux assuré par l’amélioration des climats des affaires, Chine exceptée. Lissé sur 3 mois, notre BMG continue de refluer, néanmoins, notamment du fait de sa nette détérioration en zone euro. Sauf au Japon, l’environnement des consommateurs reste en  berne et nos indicateurs d’investissement piétinent en territoire neutre ou négatif. En revanche, les exportations retrouvent quelques couleurs, grâce, notamment, aux Etats-Unis.

Notre baromètre d’inflation, au mieux neutre, retombe en territoire négatif au niveau global, une première depuis le mois d’avril.

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Mme Lagarde surjoue la confiance

Volonté de résister au début de pressions en faveur d’un assouplissement monétaire ou réelles inquiétudes sur l’inflation ? Probablement un peu des deux avec pour résultat une présidente de la BCE plutôt « hawkish » que l’inverse. Résolument optimiste sur les perspectives de croissance, Mme Lagarde donne le sentiment d’exploiter chacune des faiblesses actuelles comme des atouts pour l’avenir et de sciemment passer sous silence les aspects les plus préoccupants de la conjoncture. A l’inverse son insistance que les incertitudes relatives aux perspectives d’inflation et les développements imprévisibles susceptibles de créer de mauvaises surprises donnent au final un discours assez largement déséquilibré. Au total, bien peu d’espoirs d’un possible changement de posture dans une direction plus accommodante sous peu.
Après la Fed hier et l’inflation allemande un plus plus tôt aujourd’hui (voir à ce sujet PIB et inflation en Allemagne) la messe semble dite : la BCE ne baissera pas ses taux directeurs cette année et ne passera pas à l’acte sans baisses additionnelles significatives de la part de la FED. Cette conclusion remet en partie en question notre scénario, lequel escomptait deux baisses d’un quart de point chacune des taux directeurs à cheval entre la fin de cette année et l’an prochain. Curieusement, l’euro ne retire aucun bénéfice de cette communication. Il est vrai que le dollar continue l’ascension provoquée par la prudence de J. Powell sur l’éventualité d’une nouvelle baisse des Fed Funds en décembre…

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La baisse des Fed Funds entrainera-t-elle celle des taux longs ?

La Fed devrait acter une baisse d’un quart de point de son objectif des Fed Funds à l’issue du FOMC mercredi soir, de 4/4,25 % à 3,75/4 %. Malgré les tarifs, l’inflation reste contenue, avec des évolutions certes peu compatibles avec un retour à 2 % mais pas, non plus, annonciatrices d’un quelconque dérapage. Les données du marché de l’emploi, de leur côté, sont apparues dégradées selon la publication de l’ADP de début de mois, tandis que le shutdown se prolonge. La Fed n’a donc pas lieu de remettre en cause ce qu’elle avait envisagé en septembre et devrait également préparer le terrain pour un ajustement supplémentaire de ses taux directeurs au mois de décembre. Jusque là rien de bien nouveau. Les marchés ont, en effet, pleinement intégré ces ajustements à venir.
Le débat s’est néanmoins complexifié après que J. Powell a annoncé mi-octobre l’arrêt probable de la réduction du bilan de la Fed d’ici peu. La probabilité que cette dernière soit actée dès cette semaine est loin d’être négligeable. Si tel est le cas, de nombreuses questions pourraient s’ajouter au débat, parmi lesquelles la justification d’une telle décision et ses implications éventuelles sur les anticipations d’inflation. Avec une baisse des taux plutôt pro-cyclique, l’arrêt du QT devra être bien compris pour ne pas risquer d’attiser le sentiment d’une politique monétaire par trop indulgente dans le contexte en présence, à quelques mois d’une réforme fiscale inédite et d’un vaste programme de déréglementation bancaire. C’est sur la partie longue de la courbe de taux que se joueront ces enjeux, laquelle a une influence beaucoup plus importante sur l’économie que les taux directeurs eux-mêmes.

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IFO : retour à la réalité après les PMI

Comme nous le pressentions, les PMI allemands étaient trop beaux pour être vrais. Les indicateurs IFO dressent un tout autre tableau des conditions en présence outre-Rhin. A en croire l’indice synthétique, la situation courante s’est encore dégradée pour atteindre, à 85,3, son plus bas niveau depuis février, sous l’effet d’une nette chute dans l’industrie manufacturière.

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L’industrie française frémit, les services et la construction s’engluent… un bilan mitigé

L’indicateur INSEE de confiance dans l’industrie est remonté au-dessus de sa moyenne de long terme, à 101 points ce mois-ci, son plus haut niveau depuis mars 2024, grâce à une nette amélioration des carnets de commandes des secteurs les plus exposés au programme de relance militaire. Déjà notable le mois dernier, la hausse des perspectives de production prend, par ailleurs, plus d’envergure, entraînant dans son sillage la plupart des secteurs industriels d’importance, de l’auto aux autres industries de transport, dont l’aéronautique, les biens d’équipement, la chimie et le papier. L’ensemble est incontestablement plus convaincant d’une amélioration du climat des affaires industriel en France.

 

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Les cours de l’or et le consentement inflationniste

En 1980, Karl Otto Pöhl, alors président de la Bundesbank, avait comparé l’inflation à de la pâte dentifrice, qu’il était impossible de faire rentrer dans son tube une fois qu’elle en était sortie. Mal absolu depuis le premier choc pétrolier, l’inflation était devenue la bête noire des responsables économiques. Les temps ont changé. Derrière l’engagement affiché par les banquiers centraux pour prévenir toute résurgence inflationniste depuis les débordements post-covid de 2022-2023, se profile une certaine indulgence à l’égard de l’inflation. Il y a plusieurs explications historique, générationnelle et circonstancielle à ce changement.
La première est historique.
La seconde est générationnelle.
La troisième est circonstancielle…

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L’industrie française frémit, les services et la construction s’engluent… un bilan mitigé

L’indicateur INSEE de confiance dans l’industrie est remonté au dessus de sa moyenne de long terme, à 101 points ce mois-ci, son plus haut niveau depuis mars 2024, grâce à une nette amélioration des carnets de commandes des secteurs les plus exposés au programme de relance militaire. Déjà notable le mois dernier, la hausse des perspectives de production prend, par ailleurs, plus d’envergure, entraînant dans son sillage la plupart des secteurs industriels d’importance, de l’auto aux autres industries de transport, dont l’aéronautique, les biens d’équipement, la chimie et le papier. L’ensemble est incontestablement plus convaincant d’une amélioration du climat des affaires industriel en France.

A contrario, la contruction et les services sont un peu plus à la peine. Sans doute plus sensibles à la détérioration du contexte politique, ces activités fléchissent, avec de franches détériorations dans la plupart des segments des services…

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