BMG avril 2026 – Une histoire de Capex

Conçu pour appréhender les signaux faibles sur la direction de l’économie mondiale, notre BMG est, en revanche un peu moins enclin à capter immédiatement les variations brutales issues, par exemple, d’une décision politique telle que la guerre en Iran. Ses composantes sur l’investissement ou le commerce mondial affichent un certain retard et les évolutions du tertiaires sont moins bien représentées. La bonne tenue de notre baromètre en mars-avril mérite, donc, d’être relativisée.

Malgré tout, notre baromètre confirme deux intuitions :

– La situation dans le Golfe n’altère pas la dynamique des Capex à l’échelle internationale, ce qui permet à notre indicateur de repasser en territoire légèrement positif ce mois-ci, malgré une situation détériorée sur le front de la consommation.

– L’inflation s’installe, avec un momentum en territoire positif pour le troisième mois consécutif, en moyenne à son plus haut niveau depuis le premier semestre 2022 au cours des trois derniers mois.

=> Un tel contexte n’est pas favorable à un statu quo prolongé des politiques monétaires.

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J. Powell au board de la Fed… pour préserver l’indépendance de l’institution !

Plus que le communiqué et les précisions qu’il y a apportées durant sa conférence, le message le plus important livré par J. Powell au terme du FOMC tient dans sa décision de rester membre du board après son remplacement par K. Warsh à la tête de la Fed, le 15 mai. À la réponse à la première question d’un journaliste sur les raisons qui justifient ce choix et la durée de son maintien au poste de gouverneur, J. Powell n’a pas mâché ses mots, d’une manière des plus cinglantes à l’égard de l’exécutif, qui en dit long sur le climat de suspicion qui règne au sein de l’institution aujourd’hui. J. Powell fera « profil bas » selon ses propres termes, en tant que gouverneur, avec pour unique objectif d’être le garant de l’indépendance de Fed, tant qu’il le pourra et qu’il le faudra, sans préciser combien de temps mais en rappelant qu’il lui en restait.
Par cette décision, J. Powell souhaite occuper la place qui est sienne et faire barrage au risque d’une politisation de la première institution monétaire au monde. L’occasion se présentera, peut-être, dès le prochain comité en s’opposant aux baisses de taux que pourrait souhaiter un FOMC sous influence politique ou pour aider à éliminer des projections du mois de juin, les baisses de taux jusqu’alors envisagées pour cette année et l’an prochain. Par son maintien, J. Powell élimine ainsi l’éventualité d’une baisse « électoraliste » des Fed Funds d’ici aux Midterms… Il s’agit d’une quasi-promesse de guerre au sein de la Fed, entre les partisans d’une baisse des taux, de nouveau soutenue par S. Miran ce mois-ci, et ses opposants. Parmi ces derniers, trois ont voté contre le maintien du biais en faveur d’un assouplissement, implicitement suggéré par la mention du communiqué selon laquelle « le comité serait prêt à ajuster l’orientation de la politique monétaire de manière appropriée si des risques qui pourraient entraver la réalisation de ses objectifs apparaissaient ».
Plusieurs conclusions peuvent être retirées de ces observations.

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Amplifications des tensions sur les taux futurs : ça va vite !

Les statistiques d’inflation du mois d’avril publiées aujourd’hui dans plusieurs pays de l’union monétaire, Allemagne notamment, semblaient en mesure de rassurer les investisseurs avec des évolutions plutôt inférieures aux attentes, en faible augmentation, voire inchangées, par rapport au mois dernier. Les marchés de taux en Europe, n’y ont pourtant guère porté attention. Il faut dire qu’entre-temps, les résultats d’enquête de la Commission ont délivré des messages plutôt contrariants. Non seulement, les anticipations d’inflation des ménages se sont envolées mais les perspectives de prix des industriels ont poursuivi leur ascension particulièrement vite, tandis que celles des professionnels des services ont également enregistré une première augmentation. Voilà qui est bien rapide en comparaison du temps habituellement observé entre le rebond des prix industriels et ceux des services, ce qui pourrait suggérer une inertie bien temporaire de l’inflation sous-jacente.

Ces résultats auraient sans doute eu peu d’incidence sur les marchés de taux si les données américaines ne s’en étaient pas mêlées. Mais tel n’est pas le cas, les informations en provenance de l’économie américaine continuent, en effet, à prendre le contrepied des attentes en matière de politique monétaire et la conséquence, cette fois, ne se fait plus attendre.

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Illusoire résilience des bourses émergentes face à l’enlisement en Iran

Après avoir trébuché dans le sillage de l’éclatement du conflit iranien, l’indice MSCI émergent a récupéré sans mollir ses pertes du mois de mars, retrouvant en milieu de semaine ses niveaux de la fin février. Cette apparente solidité n’est pourtant pas aussi convaincante qu’elle paraît.

Deux mois après le début des frappes israélo-américaines en Iran, l’environnement financier du monde émergent n’a plus grand-chose à voir, en effet, avec la situation qui prévalait au cours des deux premiers mois de l’année, durant lesquels l’engouement des investisseurs en leur faveur a connu un niveau rarement égalé.
La guerre et ses effets sur la demande et les prix des hydrocarbures ont redistribué les cartes et chamboulé la hiérarchie des performances. Très dépendants de leurs importations énergétiques, les pays d’Asie qui avaient retrouvé un vent de poupe depuis l’automne 2025, payent un lourd tribut à la crise iranienne, tandis qu’à l’inverse, l’Amérique latine, particulièrement bien positionnée pour profiter d’un monde à court de ressources, figure parmi les grands gagnants potentiels de cette rupture.
Les indices synthétiques résument mal ces distorsions, que révèlent des écarts de performances typiques des périodes de crise ou de bouleversements majeurs, aujourd’hui comparables à ce qu’ils étaient fin 2022, à l’occasion du dérapage inflationniste mondial, ou encore en 2020 lors de la première vague de covid.

S’il est probable que ces écarts se réduisent à relativement brève échéance, il se pourrait que ce ne soit pas dans le sens espéré. La crise qui se profile face à l’enlisement de la situation en Iran, n’épargne aucun pays, des consommateurs aux producteurs de matières premières, aux structures économiques souvent fragiles et hautement sensibles au risque d’inflation.

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Les banques centrales encore en stand-by mais pour combien de temps ?

Le bal des réunions de banques centrales débute ce mardi avec la BoJ et se terminera jeudi avec la BCE et, entre temps, les comités de politique monétaire au Canada, Brésil, Etats-Unis et Royaume-Uni. Autant dire que le programme est chargé, potentiellement source de rebondissements dans un contexte d’extrême incertitude quant aux développements du conflit en Iran et de ses retombées sur l’activité et l’inflation mondiales. Néanmoins, comme la plupart des observateurs, les banquiers centraux sont encore dans l’expectative, sans raison particulière de se précipiter à changer de posture. Si l’inflation énergétique s’est, partout, sensiblement accélérée en mars, les données sous-jacentes ont, le plus souvent, poursuivi leur détente. Les anticipations d’inflation ont, par ailleurs, peu évolué. En forte hausse à horizon proche, elles sont restées relativement stables à plus long terme. Pas de panique, donc, et probablement pas de décision intempestive de remontée des taux directeurs. C’est dans leur communication sur la perception des risques que pourrait résider l’essentiel du message des banques centrales cette semaine. Mais, là encore, le manque d’informations à ce stade disponibles plaide plutôt en faveur de postures très réservées, exception, peut-être de la BOJ et de la BoE. Viendra pourtant un moment où cette prudence pourrait jouer contre elles. C’est de la partie longue de la courbe que pourrait venir l’avertissement…

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Retour à la case départ pour les marchés

Voilà qui est fait. Les investisseurs n’ont pas attendu la confirmation d’un accord entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël pour saluer le cessez-le-feu par de nouveaux records boursiers. L’indice phare de la bourse de New-York, le S&P 500, a terminé la séance de mercredi à un niveau supérieur à ses records de janvier-février. Les stratèges nous l’avaient bien dit : « depuis cinquante ans, toute chute des bourses liée aux épisodes de guerre a systématiquement donné lieu à un rattrapage à peu près aussi rapide que la correction ». Dont acte. Les économistes n’ont qu’à manger leur chapeau, guerre ou pas, les actions montent, c’est presque dans l’ordre de choses…

Des cours du baril quasiment deux fois plus élevés qu’avant le conflit n’ont donc aucune importance ? Nous avons tenté de débroussailler cette question, et la réponse est, effectivement, presque affirmative… à quelques détails ou conditions près qui pourraient faire toute la différence, sinon pour l’appétit immédiat des investisseurs pour le risque, du moins pour la formation ou l’amplification des déséquilibres d’un peu plus long terme.

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Et maintenant?

Réglée comme une horloge, l’annonce d’un cessez-le-feu de quinze jours entre les forces américano-israéliennes et l’Iran a produit les effets que nombreux auraient pu attendre sur les marchés financiers : une correction de plus de 15 % des cours du baril, une envolée des bourses mondiales, enfin un net repli des taux d’intérêt et du dollar, auxquels l’or et l’argent on répondu sans ambages. Il était temps, à en juger par les menaces que l’impatience des investisseurs commençait à laisser poindre. De moins en moins facile à tenir ces derniers jours, la stratégie du gros dos a, néanmoins, fini par payer. Avec des pertes relativement contenues depuis le 27 février, la plupart des actifs mondiaux trouveront sans doute dans les prochains jours de quoi effacer une bonne partie de leurs pertes, voire de renouer avec leurs niveaux de la fin du mois de février. Mais encore, comment envisager la suite ?

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BMG mars 2026 – Premiers effets en pointillés du conflit iranien

Synthèse des statistiques publiées au cours du mois écoulé, dont nombreuses concernent le mois de février, notre baromètre du mois de mars ne donne qu’un premier aperçu partiel de l’impact du conflit sur l’activité et l’inflation mondiales.

– La première ressort, à ce stade, relativement résiliente malgré d’importantes distorsions.

– Notre indicateur de momentum d’inflation, déjà en nette accélération ces derniers mois, augmente peu mais suffisamment pour quasiment retrouver ses plus hauts niveaux de 2022.

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