Un pas historique pour l’Union Monétaire.

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Les annonces de Mario Draghi constituent un changement radical dans la gestion de la crise souveraine européenne qui évacue le risque systémique engendré par la détérioration de la situation macro-économique. Les marchés apprécieront.

La BCE éradique le risque systémique qui prévalait ces derniers mois

En se posant en prêteur en dernier ressort, la BCE a fait un pas de géant qui, s’il n’efface pas les incertitudes macro-économiques, évacue les risques majeurs qui, jusqu’à présent, y étaient associés. Les primes de risques nées de l’intensification de la crise de ces derniers mois, à savoir : la redénomination des dettes périphériques d’une part, celui de dislocation de la zone euro de l’autre, n’ont fondamentalement plus de raison d’être. Cela constitue incontestablement une totale rupture avec les deux années écoulées.

EUR 4 500 Md : le bilan de la BCE si elle voulait frapper aussi fort que la Fed

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Depuis le début de la crise financière, le bilan de la BCE a été multiplié par plus de deux, passant de 1 500 Md en juin 2008 à 3 100 Md d’euros en août 2012. C’est nettement moins que ce qu’ont fait la plupart des autres grandes banques centrales dans un laps de temps souvent beaucoup plus court. Que la BCE s’apprête à actionner des leviers non-conventionnels supplémentaires n’a donc rien de préoccupant, au contraire. Donner une vraie chance de survie à la zone euro nécessiterait de frapper au moins aussi fort que ce qu’ont fait la Fed et la Banque d’Angleterre, ce qui équivaudrait à augmenter la taille du bilan de la BCE d’environ 1 500 milliards supplémentaires, aux alentours de 4 500 milliards d’euros. Une telle action est nécessaire et l’on ne peut que redouter que la rupture de politique à laquelle la BCE se prépare ne soit pas aussi ambitieuse.

€4.5 Trillion Balance Sheet Needed for the ECB to Achieve the Same Firepower as the Fed

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Since the onset of the financial crisis, the European Central Bank’s balance sheet has doubled in size—from €1.5 trillion in June 2008 to €3.1 trillion in August 2012. That’s impressive, but much less so than what most of the other major central banks have done, often in a much shorter time span. So the idea that the ECB is about to make use of further unconventional tools should be no cause for concern. In fact, for the eurozone to stand a fighting chance of survival, the ECB will have to pull out all the stops, going at least as far as the Fed and the Bank of England. That will mean boosting its balance sheet by another €1.5 trillion or so to a total of roughly €4.5 trillion. What should be a cause of concern is that the break with the past the central bank is about to make will prove to be less bold than required.

Budget français : « 3 % en 2013, un objectif intangible” ?

A répéter à l’envi que l’objectif de 3 % de déficit public pour 2013 est intangible, le gouvernement français ne rassure pas tout le monde. Que les investisseurs apprécient, au point de payer pour détenir des titres de la dette française, est sans doute en partie le signe du succès de sa communication et l’on ne saurait que s’en féliciter en ces temps où de plus en plus de nos voisins n’ont accès au financement qu’à des conditions exorbitantes. Mais ne soyons pas dupes, la France n’y parviendra pas ! L’exercice déjà ambitieux au vu des perspectives de croissance officielles, respectivement 0,3 % et 1,2 % pour 2012 et 2013, deviendra impossible dès lors que l’économie évoluera en territoire négatif.

Or, après trois trimestres de stagnation, c’est bien par une récession que se soldera la détérioration persistante de l’activité depuis le début de l’été. Selon nos estimations, le taux de croissance du PIB s’établirait autour de zéro cette année et enregistrerait une baisse d’au moins 0,7 % en moyenne l’an prochain. La différence est de taille avec les prévisions actuelles du gouvernement à partir desquelles se basent aujourd’hui les hypothèses budgétaires pour 2012 et 2013 : avec un manque à gagner de respectivement 0,4 et 1,9 point de PIB, soit 2,3 points au total, l’effort nécessaire pour ramener le déficit à 3 % en 2013, initialement prévu à 2,6 % de PIB sur deux ans, s’élèverait ainsi à 3,6 points ! En d’autres termes, un effort inédit, au deux-tiers concentré sur l’année à venir, qui s’il venait à être réalisé, ferait de la France la championne de l’ajustement fiscal au sein de la zone euro… Le calcul laisse dubitatif. Le gouvernement s’apprête-t-il vraiment à tenter le diable ? Lire la suite…

France’s 3-Percent Deficit Target for 2013: Harder and Harder to Believe

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Although the French government has repeatedly described its 3-percent deficit target for 2013 as “inviolable,” this claim should be taken with a large grain of salt. The fact that investors are willing to pay to hold French sovereign debt suggests that the government has done a good job communicating—no small achievement just when one neighboring country after another is forced to borrow at exorbitant rates. But let’s not be gullible: there is no way that France can meet its target. Even if the official growth forecasts were accurate—0.3 percent in 2012 and 1.2 percent in 2013—this would be an ambitious goal. If the economy goes into negative territory, it will be downright unattainable. Coming after three quarters of stagnation, the steady slide in economic activity since early summer will push France into a full-blown recession. We estimate that GDP should basically be flat this year, before decreasing by at least 0.7 percent on average next year. This differs markedly from the government’s current forecasts, the basis for its budgetary assumptions for 2012 and 2013. With a shortfall totaling 2.3 points of GDP (0.4 points in 2012, 1.9 points in 2013), meeting the 3-percent target in 2013 would require cuts equal to 3.6 points of GDP over those two years, in contrast to the 2.6 points initially forecast!

In other words, it would require unprecedented savings, two thirds of them in the coming year. If actually carried out, they would make France the eurozone’s star pupil in the field of fiscal retrenchment, but it seems unlikely they will be. In fact, it seems more like the government is playing with dynamite.

After a Summer Break, The Carrot and the Stick

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After several weeks of major uncertainty, investors hailed the ECB’s promises of late July, and the month of August provided a welcome lull. The two key questions are how long it will be before they start demanding follow-through on those promises, and just what the much-awaited measures will entail. By requiring Spain and Italy to request assistance from the EFSF rescue facility before agreeing to purchases of their government debt, the European leaders will only drive the EU even further into the morass it has been mired in for more than two years. And a growing number of countries in the region will inevitably get dragged down in the process. Unfortunately, those leaders show little inclination to do otherwise.

Trêve estivale, et après ? La carotte et le bâton

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Après quelques semaines des plus incertaines, les investisseurs ont salué les promesses de la BCE de la fin juillet et le mois d’août a été celui du répit. Combien de temps patienteront-ils avant d’exiger que ces promesses soient suivies d’actions concrètes et que nous réservent les mesures tant attendues ? En conditionnant les achats de titres souverains espagnols et italiens à la demande préalable d’aide du FESF par les pays concernés, les dirigeants européens persisteraient sur la voie de l’enlisement dans laquelle ils se sont embourbés depuis maintenant plus de deux ans et qui entraîne naturellement dans son sillage un nombre croissant d’économies de la région dans ses abysses. Or rien ne laisse préjuger qu’il en sera autrement.

 

Récession : nul n’y échappe, pas même l’Allemagne

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Les statistiques de ces dernières vingt-quatre heures finiront par avoir raison du consensus : l’Europe est bel et bien en récession et aucun pays n’y échappe, en témoigne l’enquête IFO du mois de juillet qui valide avec force le scénario qui apparaît, depuis déjà le début du printemps, comme inéluctable. La concrétisation de cette situation est un sérieux avertissement pour le consensus qui, au mois de juillet, tablait encore sur une amélioration des perspectives à horizon 2013 avec une croissance de 0.5 % pour la zone euro dans son ensemble, dont 1.3 % pour l’Allemagne et 0.7 % pour la France ! Elle devrait avoir l’effet d’un électro choc sur les prévisions à venir mais l’inertie étant ce qu’elle est, sans doute faudra-t-il attendre les mois de novembre ou décembre pour que le consensus finisse par se rendre à l’évidence : celle de la diffusion de la récession des pays du sud de l’Europe à tous les pays de la région sans exception en 2013 et d’une situation souveraine de plus en plus inextricable.