When the Eurozone Policy Mix Becomes a Weapon of Mass Destruction

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Last week’s economic data should have eliminated any lingering doubts about the state of the eurozone. The recession has definitely arrived in the single-currency countries—all of them. Although the third-quarter figures turned out to be slightly less bleak than suggested by surveys this summer, that doesn’t alter the overall picture. In fact, the eurozone will probably pay dearly in the fourth quarter for the unexplained rebound in automotive output that drove the better-than-expected performance, since order backlogs have shrunk dramatically and automakers already plan to mothball significant production capacity in November.

Quand le policy-mix de la zone euro devient une arme de destruction massive

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Les statistiques de la semaine passée devraient avoir levé les derniers doutes sur la situation de la zone euro : les pays de l’Union monétaire sont bien, tous, en récession. Que le troisième trimestre soit in fine un peu moins mauvais que ne le suggéraient les enquêtes de cet été ne change pas la donne. Le rebond inexpliqué de la production automobile qui en est à l’origine, risque, en effet, de coûter cher en croissance au quatrième trimestre à en juger par l’extrême dégradation des carnets de commandes et les arrêts de production déjà programmés dans le secteur pour le mois de novembre.

L’Allemagne n’est aujourd’hui pas mieux lotie que ses partenaires : qu’il s’agisse des enquêtes PMI ou de celles de l’IFO, le diagnostic est bel et bien celui de son entrée imminente en récession (voir à ce sujet « Récession nul n’y échappe, pas même l’Allemagne » du 7 juillet 2012). Les effets en retour sur le reste de la région ne tarderont pas à se faire sentir.

On aurait certainement préféré avoir tort sur ce point, tant la perspective d’une récession, dont tout laisse penser, qu’elle ne sera pas accompagnée des mesures de politique économique nécessaires pour en amortir les effets, est à la fois inédite et immensément inquiétante. 

The U.S. Economy: Still Far From the Mark

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In an environment dominated for months by mounting fears of the worst, pleasant surprises understandably create a fair amount of enthusiasm. That leaves economists with the thankless task of urging the enthusiasts not to get their hopes up too fast. The U.S. economy has shown encouraging signs in the past few months, including revival of the housing market, higher consumer sentiment, and, in the past few days, good news from the job market. But the country is not out of the woods yet.

  • The jobless rate has fallen to its lowest level since 2008. A less heartening statistic, however, is that private-sector employment has yet to recover to where it stood in 2001. In this area, the U.S. economy has not performed any better than the French economy over the past eleven years!
  • The housing market is unquestionably picking up, and all the evidence points to further improvement down the road. But the key drivers of demand have taken quite a bruising from the weaker economic environment of the past few years, and real estate has lost a good deal of its power to tow the rest of the economy in its wake.
  • Corporate profits in the U.S. are at a historic high. However, decelerating productivity growth has led to a significant slowdown in the rise of earnings over the last several quarters. The upshot is that by any standard, developments on the investment front have been extremely disappointing.
  • Lastly, while American pragmatism can be expected to bring about a postponement of the deadline for balancing the budget, thereby limiting the “fiscal cliff” risk to the economy, the fact remains that the country’s public finances are in alarming shape. The upcoming negotiations will necessarily turn the spotlight on one of the most disturbing issues facing the United States.

Economie américaine : le compte n’y est, toujours, pas

  • Dans un environnement marqué depuis des mois par une montée des inquiétudes les plus graves, la tendance à faire la part belle aux bonnes surprises est assez légitime. Reste aux économistes la tâche ingrate de rappeler à la juste raison. L’économie américaine a délivré des signes encourageants ces derniers mois : reprise immobilière, remontée de la confiance des ménages et, enfin, de bonnes nouvelles sur le front du chômage ces derniers jours. Elle n’en est pas, pour autant, sortie du bois :
  • Le taux de chômage est revenu sur ses plus bas niveaux depuis 2008. Plus préoccupant est toutefois le constat que l’emploi privé n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2001. À ce titre, l’économie américaine n’a donc pas fait mieux que l’économie française depuis onze ans !
  • La reprise immobilière est en marche, c’est incontestable et tout laisse penser que cette amélioration se prolongera. Les ressorts de la demande restent toutefois très endommagés par la détérioration du contexte économique de ces dernières années et la capacité du secteur à entraîner le reste de l’économie est sérieusement érodée.
  • Les profits des sociétés américaines se situent à un niveau historiquement élevé. La décélération des gains de productivité a néanmoins sensiblement ralenti la croissance des bénéfices ces derniers trimestres de sorte que les développements sur le front de l’investissement productif sont, en tout état de cause, très décevants. 
  • Enfin, s’il est entendu que le pragmatisme américain devrait permettre de repousser les échéances en matière de rééquilibrage budgétaire, limitant de la sorte le risque conjoncturel associé au « fiscal cliff », il n’en reste pas moins que l’état des finances publiques américaines est alarmant et que les négociations à venir viendront mettre l’accent sur un des points les plus préoccupants de la situation du pays.

L’ensemble n’incite guère à la confiance aveugle qui semble à nouveau tenter de nombreux esprits. Les ressorts structurels de la croissance américaine ont été largement entamés par la crise. Il faudra assurément du temps avant que la première économie mondiale retrouve le chemin d’une croissance suffisamment solide pour évacuer les risques de nouvelles ruptures conjoncturelles et, davantage encore, pour qu’elle puisse jouer le rôle de locomotive susceptible de tracter le reste de l’économie mondiale. À 1,3 %, notre prévision de croissance pour l’année 2013, bien que nettement en-deçà du consensus (2 % en octobre), n’a pas de raison d’être modifiée.  Lire la suite…

Recession for Everyone, Germany Included

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The current consensus will eventually collapse in the face of statistics released in the last twenty-four hours. The IFO’s July Business Climate Survey abundantly confirms a scenario that has looked inevitable since early spring—Europe has unquestionably entered a recession and no country will escape it. This should be a sobering warning to consensus economists, who were still predicting an improved outlook for 2013 in July, with 0.5 percent growth in the eurozone as a whole, 0.7 percent in France, and 1.3 percent in Germany! But while this grim news ought to prompt a wrenching re-evaluation, the forecasting community shows such inertia that we are unlikely to see any real change in the consensus until November or December. By then, it will be impossible to deny the undeniable: in 2013, the recession will spread from Southern Europe to the entire rest of the region, and the sovereign debt crisis will become increasingly hard to untangle.

 

Moniteur de la croissance mondiale : net ralentissement de l’activité d’ici la fin de l’année

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Les indicateurs d’activité internationaux n’augurent rien de bien rassurant pour les prochains mois. La stabilisation du climat de confiance des industriels durant le printemps n’a été qu’un feu de paille qui a laissé place depuis le début de l’été à une détérioration généralisée des perspectives, particulièrement marquée parmi les grands exportateurs de produits manufacturés. L’activité exportatrice des pays asiatiques, qui constitue un bon témoin des tendances globales de la demande, s’est nettement affaissée ces derniers mois. Simultanément la croissance du commerce entre la Chine, L’inde et le Brésil s’est brutalement interrompue. A la détérioration des flux des échanges de produits intermédiaires qui a marqué les mois passés, succède aujourd’hui un net repli de la demande de biens d’équipement, qui, au vu du repli généralisé des taux d’utilisation des capacités, a toutes les chances de se poursuivre à brève échéance. La demande de biens de consommation a moins souffert jusqu’à présent. Les ventes d’automobiles se sont légèrement raffermies parmi les BRICs, notamment sous l’effet d’un regain d’achats au Brésil et en Chine, et ont continué à bien se tenir aux États-Unis, ce qui a permis de compenser l’anémie du marché européen. Les indications sur le commerce de détail hors automobiles sont toutefois moins encourageantes, en particulier dans les pays du G7. La croissance des pays de l’OCDE devrait, au total, nettement ralentir d’ici la fin de l’année et celle des BRICs risque fort de suivre le mouvement.

Du bazooka de la BCE au missile de la Fed : un cocktail détonant pour les marchés obligataires

C’était prévisible, la détérioration des conditions économiques déclencherait un nouveau round de politiques anti-crise à travers le monde avant la fin de l’année. C’est chose faite, tout au moins sur le front monétaire. En l’absence de marges de manœuvre des gouvernements, les banques centrales ont frappé fort, largement plus fort que ce que l’on pouvait attendre en début d’été. Si le pas franchi par la BCE a particulièrement marqué les esprits, on aurait tort de considérer, qu’à l’inverse, la Fed n’a ni plus ni moins que prolongé ce qu’elle a toujours fait. La stratégie implicite de repentification de la courbe des taux d’intérêt mise en place par le FOMC du 13 septembre est en totale rupture avec celle privilégiée jusqu’à présent, qui consistait essentiellement à faire baisser le loyer de l’argent. Cette nouvelle orientation accroît les chances de parvenir à stimuler, à la fois, l’offre et la demande de crédit. Elle est donc incontestablement bienvenue. Mais, ne nous y trompons pas : la politique de Ben Bernanke est une bombe à retardement inflationniste dont les effets ne tarderont pas à se manifester dès lors qu’elle portera ses fruits, c’est-à-dire, dès lors qu’elle aura rétabli les mécanismes de circulation monétaire. Or, la Fed n’a plus la main sur la partie longue de la courbe des taux… La bulle obligataire peut donc maintenant se dégonfler.