Sauf un électrochoc salvateur, l’Europe se dirige droit dans le mur

À ce point de décrépitude et face à la soif de changement qu’expriment les oppositions grandissantes, de deux choses l’une : soit l’Europe est capable de surmonter ses différends et de retrouver la voie de l’audace par laquelle elle pourra redonner un espoir commun à ses populations, soit les scénarii du pire ne manqueront pas de se profiler à un terme plus ou moins rapproché. Force est de reconnaître, que les chances que le scrutin de cette semaine ouvre les portes à la première de ces options sont assurément faibles. Sauf un électrochoc salvateur que pourraient provoquer les résultats mêmes des élections ou l’amplification des menaces extérieures, la probabilité que l’Europe se disloque un peu plus dans les années à venir risque de s’en trouver fortement accrue. Les voies d’un délitement européen sont toutefois à peu près aussi complexes que celles du fonctionnement de l’UE et les scénarii en la matière assez sensiblement différents selon les cas. Comment les choses pourraient-elles tourner ?

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Regain de vigueur domestique en France, mais les exportations sont plombées

Rebond du climat des affaires de l’INSEE, rebond des PMI, les données françaises donnent du baume au cœur, et surtout, elles résistent à la dégradation de la situation allemande. En mai l’écart France-Allemagne du PMI manufacturier s’est encore accru pour atteindre un plus haut depuis treize ans. Alors que la perspective du Brexit semblait expliquer l’essentiel de ces écarts de performance ces derniers mois, l’argument ne tient plus. L’industrie française aurait-elle d’autres atouts ? .

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Après un PIB allemand de très bonne facture, un cinglant rappel à l’ordre de l’IFO

La matinée avait bien commencé en Europe ce matin avec la succession de très bons chiffres du PIB allemand du premier trimestre, le net rebond des indicateurs du climat des affaire en France et un PMI composite allemand stabilisé. Le flash PMI pour la zone euro et, plus encore, la forte baisse de l’IFO, n’ont pas laissé le temps de savourer ces premiers chiffres et nous rappellent à une réalité préoccupante.

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Les minutes dépassées, déjà ‘dovish’, du FOMC d’avant la guerre commerciale…

Impatients de connaître les détails du dernier FOMC des 30 avril et 1er mai derniers, les marchés semblent avoir oublié à quel point le durcissement du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine modifie la donne. Qu’à cela ne tienne, si Jérôme Powell avait surpris lors de sa conférence de presse, apparaissant un brin moins préoccupé par l’environnement économique et relativement confiant dans l’idée d’une baisse seulement passagère de l’inflation, les minutes rectifient le tir. La patience est de mise pour un certain temps et la hausse des taux n’est pas en vue. Quant au rééquilibrage des actifs à son bilan, la FED l’aborde sur la pointe des pieds, avec tellement de précaution qu’au regard de la situation actuelle, l’ensemble semble plus ‘dovish’ encore… Difficile de trouver là de quoi alimenter les hausses tant attendues des taux futurs ou du dollar…

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Abe aux abois… même après la surprise du PIB du premier trimestre

Les « Abenomics » ont fait leur temps et le Premier Ministre Shinzo Abe commence à compter le sien. Reflet de la faiblesse de la demande domestique et d’une contraction de 2,4 % de l’activité exportatrice au premier trimestre, les importations ont chuté de 4,6 %, autorisant une hausse inattendue du PIB réel de 0,5 %, qui ne doit cependant pas tromper. À moins de six mois d’une nouvelle hausse programmée des taxes à la consommation, la tournure de la conjoncture nippone est des plus en plus préoccupante. Alors que les tensions commerciales sino-américaines fragilisent davantage les perspectives à l’exportation et que le yen menace une nouvelle fois de s’apprécier, Shinzo Abe est aux abois et la spéculation va bon train sur d’éventuelles mesures « radicales » pour tenter de redonner des couleurs à la demande domestique. Ses marges de manœuvre manquent cependant bougrement.

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Plus les tarifs montent plus les taux baissent. Une anomalie ?

Le programme protectionniste de D. Trump était supposé faire flamber l’inflation ; il faudra vraisemblablement attendre longtemps avant d’observer de tels effets. En l’occurrence plus les tarifs augmentent plus les anticipations d’inflation et, dans leur sillage, les taux d’intérêt, baissent. Il n’y a en cela rien de véritablement anormal compte-tenu de la conjoncture actuelle et de l’exacerbation des pressions concurrentielles que provoquent les menaces protectionnistes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, une prolongation/amplification de la guerre commerciale propulserait sans doute les taux d’intérêt sur des niveaux bien plus bas qu’aujourd’hui et plus encore dans le cas de véritable décrochage du yuan…

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Inflation pascale en UEM

L’inflation est remontée significativement au mois d’avril, de 1,4 % à +1,7 %, avec une forte contribution du sous-jacent, à hauteur de 0,92 points, la plus élevée en deux ans. Une convergence vers les cibles de la BCE ? Probablement pas, plutôt l’effet passager des congés de Pâques, comme le montrent les détails des chiffres nationaux. À brève échéance, inflation sous-jacente et totale ont tout lieu de se tasser à nouveau.

L’avenir compromis du monde en développement face à la démondialisation

Parmi les ravages susceptibles d’émaner du mouvement de démondialisation qui sévit depuis le début de la décennie, les économies en développement risquent fort d’apparaître, à terme, les plus grandes victimes. Moins directement exposés que les exportateurs de produits manufacturés d’Asie au tarissement de la demande ou à la montée des tarifs douaniers, elles n’en sont pas moins affectées par les effets délétères du ralentissement de la demande internationale sur les prix et les volumes des produits de base et par la frilosité des flux d’investissements directs inhérente à l’évolution vers un monde moins ouvert. Alors que le regain de tensions commerciales entre les États-Unis et le Chine force à voir avec plus de réalisme l’état de dégradation des perspectives commerciales internationales, la prise de conscience de cette exposition du monde en développement pourrait devenir, sous peu, plus acerbe.

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