Chômage, salaires et PMI risquent de pousser la FED dans ses retranchements

Les membres de la FED, dans les starting blocks, menacent de déraper dans leurs choix de politique monétaire, faisant redouter une accélération du resserrement monétaire à brève échéance avec de possibles hausses des Fed Funds d’un demi-point voire davantage au cours des prochains FOMC, voire entre deux de ces réunions. Dans de telles conditions, tout élément additionnel susceptible d’alimenter la phobie inflationniste du moyen risque fort de servir de levier à une action d’envergure, au détriment des risques financiers et économiques qui y seraient liés.

Le rapport sur l’emploi du mois de mars représente un de ces risques. Avec des créations d’emplois suffisantes pour ne pas inquiéter plus que cela sur la situation conjoncturelle, c’est vraisemblablement la nouvelle baisse du taux de chômage et l’accélération de la croissance annuelle des salaires que retiendra la FED: deux éléments qu’elle n’hésitera pas à mettre en avant pour souligner la très bonne santé de l’économie américaine… Donc des marges de manœuvre pour relever le loyer de l’argent.

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Les données d’emploi accélèrent aux Etats-Unis mais passent au second plan

En février, le nombre d’emplois salariés a augmenté de 678 000, après une hausse de 481 000 en janvier. Les pertes par rapport à l’avant crise sanitaire sont ainsi réduites à  2,5 millions. L’hôtellerie et les loisirs poursuivent leur rattrapage avec 179K embauches nettes mais, sauf le secteur de l’information, les hausses sont généralisées : 112K dans l’éducation et la santé, 95 K dans les services professionnels, 66K dans les transports et 36K dans l’industrie manufacturière.

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Aux Etats-Unis, le rapport sur l’emploi qui détonne

Les données de l’ADP auront une nouvelle fois envoyé un signal trompeur ce mois-ci : l’emploi salarié américain n’a pas baissé comme indiqué mercredi mais se serait, au contraire, amélioré beaucoup plus nettement qu’attendu, avec 467 K créations de postes, après 501 K en décembre selon les données révisées, plus de deux fois supérieures aux données initiales. De quoi y perdre son latin. Les révisions des uns et des autres ne facilitent pas la tâche : nettoyage annuels des données d’emplois et de population active et nouvelles estimations des coefficients saisonniers font valser les étiquettes. Si, comme le précise le BLS dans son rapport de ce jour, les révisions s’équilibrent entre les corrections à la baisse des créations mensuelles de mars à juillet 2021 et à la hausse sur le reste de l’année, pas sûr que la perception qu’en auront les marchés et la FED sera aussi équilibrée.

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Emploi américain, ça se complique pour la FED et ça rappelle de plus en plus 2018…

Mauvaise surprise sur le front de l’emploi américain en nombre avec 210 K créations de postes seulement. Il s’agit du plus mauvais résultat mensuel depuis le début de l’année, malgré un déficit d’emplois de près de 4 millions par rapport à février 2020. Si, jusqu’à présent, le président de la FED s’est montré assez hermétique aux risques associés à la résurgence de l’épidémie, cette déception est un sérieux rappel à l’ordre, susceptible de le faire douter de sa nouvelle posture. Sauf qu’à force de changer d’avis, le président de la FED risque bel bien d’y perdre son latin ou d’apparaître comme une girouette, d’autant que la nouvelle baisse du taux de chômage de 4,6 % à 4,2 % en un mois, risque fort de servir le discours des faucons…

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L’emploi américain : les questions qui taraudent les anticipations de taux

Après la surprise provoquée par J. Powell cette semaine, nul doute que le rapport sur l’emploi du mois d’octobre publié aujourd’hui a une teneur particulière, risquant, à l’évidence, de mettre le président de la FED sur la sellette. Dans cette perspective, trois tendances semblent pouvoir être privilégiées par l’analyse.
Le nombre des créations d’emplois, lequel s’améliore et suggère qu’au rythme de ces quatre derniers mois, l’économie américaine pourrait renouer avec son niveau d’emploi de février 2020 d’ici août… On comprend mieux les anticipations des marchés sur le timing des hausses de taux à venir.
Les indicateurs de tensions éventuelles sur le front salarial. Ceux-ci sont très discutables. Si le nombre de démissionnaires remonte un peu, leur proportion est loin d’être anormale au regard d’un certain nombre de critères.
Enfin les taux de chômage et de participation. Le premier, en repli à 4,6 % en octobre, ne laisse a priori pas beaucoup de marge à la FED tandis que le second, s’il s’agit d’obtenir une économie plus inclusive pour combattre les forces déflationnistes sous-jacentes, laisse beaucoup plus de place pour le maintien d’un axe accommodant.
Ce rapport sur l’emploi ne sert pas la cause de J. Powell à l’égard des anticipations trop précoces de hausses de taux mais ne crée pas non plus de pressions particulières susceptibles de démontrer que la Fed puisse être « derrière la courbe ». Les marchés attendront sans doute les données d’inflation de la semaine prochaine pour prendre position.

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Moins d’emplois, plus de salaires : le mauvais mixte du rapport sur l’emploi US

C’était le scénario redouté, d’un accès de faiblesse des créations d’emplois accompagné d’une accélération des salaires susceptible de mettre la FED dans l’embarras. En août, les créations d’emplois n’ont pas excédé 235 K. Il s’agit d’une sérieuse déception que les fortes révisions à la hausse apportés sur les mois précédents ne suffiront vraisemblablement pas à digérer. De fait, la plupart des postes censés concentrer les effets positifs de la réouverture de l’économie ne sont pas au rendez-vous, à l’image des loisirs et de l’hôtellerie qui n’ont tout bonnement pas créé d’emploi en août. Les marchés auraient peut-être salué cette mauvaise nouvelle économique, comme ils l’ont fait régulièrement ces derniers jours à chaque publication détestable mais synonyme d’une prolongation du QE. Sauf que ce rapport s’accompagne d’une nette accélération des salaires, qui évoque une autre partie ; en l’occurrence celle d’une FED potentiellement de plus en plus nerveuse au sujet du risque de dérapage inflationniste.

 

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D’une réouverture à l’autre, un sacré distinguo. Les perspectives américaines en question

L’exercice prévisionnel pour 2021 a été relativement aisé jusqu’à présent. Les vaccinations garantissaient une réouverture avant la fin du premier semestre, dont la plupart des économistes, riches de l’expérience de 2020, pensaient pouvoir anticiper les effets calqués sur ceux de l’été dernier. Rattrapage rapide de la demande et boom des services sur lesquels les consommateurs frustrés se rueraient, constituaient le lot commun de la plupart des prévisions. Si les perspectives un peu plus lointaines étaient plus incertaines, l’idée dominante était néanmoins que l’ampleur des pertes occasionnées par la crise sanitaire et l’impact des initiatives de relance déboucheraient « forcément » sur un nouveau cycle de croissance riche en investissements, productivité et emplois ; des perspectives presque idylliques que certains n’hésitaient pas à comparer aux années 20 du siècle passé. La première jambe du scénario se vérifie : les économies réouvrent, bien que sans certitude d’avoir verrouillé la porte à une nouvelle vague de Covid. Mais c’est à peu près tout. Autant le rattrapage de l’année dernière avait été marqué, autant celui de cette année se fait attendre et les résultats déçoivent, au point que le doute s’installe.

 

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Emploi américain : vers un nouveau plan d’urgence contre la pauvreté ?

Voilà un nouveau rapport sur l’emploi américain bien peu porteur avec des créations nettes encore une fois très décevantes : seulement 559 K pour l’ensemble non agricole en mai dont 492 K pour le seul secteur privé. Si les chiffres de l’ADP d’hier ont pu laisser penser à une possible bonne surprise après la grosse déception d’avril, il n’en est rien. L’emploi se traîne et la stabilisation de la durée du travail n’est guère signe de surchauffe. En revanche, le taux de chômage, traditionnellement très influent sur l’orientation de la FED baisse de trois dixièmes, à 5,8 % quand, simultanément, les salaires moyens augmentent de 0,5 % après 0,7 %. C’est, vu sous cet angle, un peu comme le pire des scénarii avec, simultanément, l’évidence d’une reprise particulièrement molle en même temps que plus inflationniste… À y regarder de plus près, cependant, rien ne valide à ce stade de telles préoccupations quand, par ailleurs, les tendances de fond, mettent plutôt en lumière les difficultés des Américains à trouver un emploi suffisant pour satisfaire leurs besoins : le multi-salariat s’envole de 400 K en mai. Sur les marchés de taux, les rendements accusent le coup : les taux retombent et effacent leur gains d’hier et davantage ; une réaction, de facto, favorable à l’or, beaucoup moins au dollar et, conformément à ce qui anime les bourses aujourd’hui, porteuse pour les indices américains… moins pour les européens, plus sensibles à l’espoir d’une croissance américaine revigorée, mis sous-cloche.

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