Rapport sur l’emploi américain, ce qu’il faut retenir en quelques graphiques

Les créations d’emplois s’établissent à 156 K en août, après 189 K en juillet.  Ces mauvais résultats tiennent surtout au net reflux des créations de postes dans les loisirs et l’hôtellerie, secteurs parmi les plus dynamiques depuis le début de l’année. En revanche, l’industrie manufacturière a créé    36 K emplois, une nette amélioration par rapport à la situation qui prévalait au premier semestre. La croissance des salaires reste toutefois bridée, de 0.1% seulement en août, ou 2.5% l’an comme en juillet. Enfin, le taux de chômage remonte.

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Le rapport sur l’emploi américain sauve la donne pour la FED, mais en façade seulement

Avec 211 000 créations d’emplois au mois d’avril, la FED est incontestablement confortée dans sa stratégie de resserrement monétaire. Les marchés ne s’y sont pas trompés qui anticipent à 83 % la probabilité d’une nouvelle hausse de ses taux directeurs en juin, au lieu de 72 % hier.

Pour autant, l’analyse du détail de ces chiffres n’est pas forcément à la hauteur du réconfort que leur annonce a pu susciter. Plusieurs spécificités du rapport publié aujourd’hui questionnent, en effet et ne pourront laisser la FED très longtemps insensibles.

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La FED dans une logique de fin de cycle ?

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Les minutes du dernier FOMC de la FED sont on ne peut plus claires : la Fed est de nouveau préoccupée par le marché de l’emploi, globalement moins inquiète qu’au cours des derniers mois par les tendances inflationnistes et peu encline à relever le niveau de ses taux d’intérêt avant d’avoir les éléments de clarification sur les perspectives américaines. En d’autres termes pas de hausse à ce stade quand bien même les dissensions entre les membres du board n’ont pas totalement disparu. Ceci d’autant plus que la FED semble dorénavant se positionner dans une logique de fin de cycle ; une posture assurément nouvelle sur laquelle il convient de s’arrêter.

 

De l’emploi américain aux bancaires européennes et aux émergents…

I- Le rapport sur l’emploi américain, un mauvais signal pour les bancaires européennes

Si le lien entre l’emploi américain et la performance de valeurs bancaires mondiales ne coule pas de source à première vue, il est pourtant bien réel, ceci peut-être plus encore pour les valeurs européennes.
Il y a trois éléments d’explication a cette conclusion :
  1. L’évacuation des anticipations de hausse de taux de la Fed que suggèrent les chiffres de l’emploi a tout lieu de pousser les taux longs à la baisse dans l’ensemble du monde développé ; un mouvement malvenu pour le secteur bancaire européen encore largement convalescent.
  2. En faisant refluer le cours du dollar, cette évolution des taux d’intérêt risque de faire remonter la probabilité de baisse des taux en Europe et au Japon, M. Draghi n’a pas hésité à mentionner la possibilité de baisser davantage les taux de dépôts lors de sa conférence du 2 juin et la BoJ s’était déjà clairement positionnée sur cette voie ces derniers mois. Une telle éventualité, on le sait, serait très négative pour les établissements financiers.
  3. Les effets négatifs de la détérioration des perspectives économiques américaines et leur impact sur les marchés financiers mondiaux constituent un facteur additionnel susceptible d’être accentué par le reflux des cours du pétrole.
A l’heure où nombre d’observateurs étaient tentés d’accroître leur exposition aux valeurs bancaires européennes, ces arguments méritent d’être considérés comme d’importants facteurs de risques. Face à celui-ci, l’Italie, le Portugal sont sans aucun doute très exposés, leur performance n’ayant même pas réussi à se redresser ces derniers jours en dépit du regain de confiance observé à l’égard du secteur. Il serait sans doute erroné de considérer que seuls ces deux pays soient exposés. Les couleurs reprises du côté allemand ou français risquent fort de ne pas faire le poids dans un environnement redevenu menaçant sur le front de la croissance et des marchés de capitaux.
II- S’il ne s’agissait que de l’emploi pour pourrions escompter un appel d’air pour les émergents, mais tel n’est pas le cas.
La baisse du dollar qu’implique le changement d’anticipations sur la politique monétaire américaine n’est pas en soi un facteur négatif pour le monde émergent. A l’instar de ce qui s’est passé en mars-avril, le reflux du billet vert peut même être considéré comme un facteur positif ces marchés.
  • en premier lieu parce qu’un dollar plus faible allège d’autant le coût des dettes en dollar de pays et entreprises, tous fortement endettés en devise americaine,
  • en second lieu parce que la baisse du dollar permet mécaniquement au yuan de se déprécier, ce qui retire une épine du pied de la banque de Chine dont on pouvait redouter que le renchérissement malvenu de sa devise à l’egard de l’euro et du yen ces derniers temps ne conduise à une nouvelle dévaluation.
Nous avions expliqué les enchainements d’un scénario vertueux sur ce sujet qui, bien que difficilement cohérent sur la durée, pouvait justifier, à brève échéance, un regain d’appetit pour les actifs du monde émergent et, par voie de conséquence, les matières premieres (voir Y croire ? et Dollar).
Toutefois, comme nous l’avions conclu à ce moment là, ce schéma n’est guère compatible avec celui d’une détérioration marquée des perspectives americaines, de l’ampleur aujourd’hui suggérée par les indicateurs récents, emploi et autres.
En d’autres termes la réaction positive des palces emergentes à la publication des chiffres de l’emploi américains dans la journée de vendredi nous semble des plus precaires.

NFP ou ISM, à quelle statistique américaine se fier ?

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Entre les très mauvais signaux envoyés par les ISM ces derniers jours et les bons chiffres de l’emploi, les indicateurs n’aident pas à se faire une opinion sur la réalité de la situation américaine et ses perspectives. Si réconcilier ces statistiques est encore possible en considérant que l’ISM est un indicateur avancé de l’activité, au contraire de l’emploi -plutôt retardé-, l’argument commence, toutefois, à être tiré par les cheveux.

  • Au cours des trois derniers mois, la composante synthétique de l’emploi des ISM manufacturiers et non-manufacturiers s’est en effet repliée de quasiment six points, pour retomber, à un niveau inférieur à 50, normalement synonyme de singulière décélération des créations d’emplois.
  • Durant cette même période, cependant, les créations d’emplois privés, se sont en moyenne établies à 223 000 par mois, grâce notamment à une nette amélioration au mois de février durant lequel 230 000 nouveaux postes ont vu le jour, après 182 000 en janvier.

Janet Yellen bientôt félicitée

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Autant dire que la Présidente de la Fed, Janet Yellen, aura été bien inspirée de changer son fusil d’épaule avant la réunion du Comité de politique monétaire du mois de septembre. Avec 112 000 emplois créés dans le secteur privé américain en septembre (après 100 000 en août), une nouvelle baisse du taux de participation de la population en âge de travailler et le repli à 1,6 % du taux de salaire du personnel non cadre, un resserrement monétaire, supposé nécessaire pour faire face aux goulots d’étranglement du marché du travail, aurait fait mauvaise figure.

L’économie américaine n’est assurément pas en bonne passe et c’est dorénavant le spectre d’une récession que scruteront les marchés ; un risque dont la probabilité a singulièrement augmenté à en juger par les enchainements susceptibles de naître de la mauvaise santé de l’industrie ces derniers mois. L’éventualité d’un quelconque resserrement monétaire à horizon prévisible s’en trouve de facto écartée. De quoi, certainement redorer le blason de Madame Yellen, à défaut de répondre à toutes les interrogations soulevées par un tel diagnostic.