Moins de risques sur les perspectives de croissance mais une inflation toujours insuffisante pour modifier la politique monétaire, voilà en substance le message de la BCE et de Mario Draghi, son président lors de sa conférence de presse, validé par des révisions à la hausse des perspectives de croissance mais à la baisse de celles d’inflation. En somme, rien de bien surprenant à l’exception de l’insistance de Mario Draghi sur le faible niveau d’inflation, y compris sur les tendances salariales et, plus rare de sa part, la qualité des emplois créés, qualifiés de « faible qualité ».
Archives par catégories : CONJONCTURE
Analyse de la conjoncture internationale au fil de l’eau.
L’honneur perdu de Theresa May
Le pari d’élections anticipées dont le résultat était censé permettre de renforcer le positionnement de l’équipe au pouvoir et de lui offrir plus de marges de manœuvre dans les négociations avec l’UE sur le Brexit, était risqué dès ses début (Voir à ce sujet BREXIT, ce n’est que le début du 18 avril). Il semble aujourd’hui quasiment perdu et de facto de plus en plus périlleux pour Theresa May. Si les sondages permettent encore d’envisager que la première ministre britannique conserve la majorité au Parlement, la capacité des Conservateurs de se renforcer est loin d’être acquise quand l’hypothèse d’une perte pure et simple de majorité absolue ne peut, désormais, plus être exclue.
En d’autres termes, l’incertitude à l’égard des résultats des élections de jeudi est extrême. Or, de ceux-ci dépend l’avenir du pays, en particulier à l’égard de l’Europe.
Partisane d’un « hard Brexit » que l’on est tenté de définir par les propres mots de Mme May, à savoir : « préférer un Brexit sans accord avec les autres pays de l’UE, à un Brexit assorti d’un mauvais accord », la première ministre avait vraisemblablement en tête de profiter d’une majorité renforcée pour soutenir une stratégie relativement rapide de sortie du Royaume-Uni de l’UE en évitant des débats à rallonge, tant sur le front domestique qu’européen, sur les multiples sujets épineux des négociations à venir. Cette stratégie, qui ne disait rien sur l’impact économique du processus enclenché, offrait néanmoins la possibilité d’éviter l’enlisement et de réduire la période d’incertitude.
L’absence de majorité renforcée ou, pire, la perte de majorité absolue des Conservateurs, risque, au contraire, de compliquer les négociations, de fragiliser le positionnement des Britanniques, éventuellement désunis, face aux européens et de prolonger la période d’incertitude, donc l’exposition de l’économie britannique aux conséquences néfastes de la transition vers un Brexit. Elle peut accroitre, a contrario, les chances d’un Brexit moins radical. En effet, bien que Jeremy Corbyn, leader des Travaillistes, se dise soucieux de respecter l’expression des Britanniques à l’occasion du référendum de l’an dernier, son positionnement à l’égard de l’Europe est nettement moins catégorique que celui de T. May, visant en particulier, à conserver l’accès au marché commun européen. Si l’on voit mal quel compromis pourrait permettre d’aboutir à un tel accord avec l’UE, une montée des Travaillistes pourrait accroître l’éventualité d’un « soft Brexit », à terme moins pénalisant pour l’économie britannique.
Dans un cas comme dans l’autre, sauf surprise d’un élargissement effectif de la majorité Conservatrice, ces élections ne devraient guère soutenir la livre Sterling, en particulier contre l’euro, à un moment où ce dernier reprend des couleurs. Le risque d’une chute de la livre en deçà de ses plus bas de l’automne dernier, soit sous 1,10 GBP/EUR serait dans le cas d’une perte de majorité absolue relativement élevé, ce mouvement ayant tout lieu de se produire en même temps qu’un reflux significatif des taux longs britanniques, en particulier des taux à 10 ans. Pas sûr que les indices boursiers apprécient.


Le chômage s’érode, les créations d’emplois aussi… Les marchés perdent le nord.
Après des créations d’emplois privés étonnamment soutenues selon les chiffres de l’ADP publiés hier, le rapport officiel des créations d’emplois du mois de mai paru cet après-midi est de bien mauvaise facture, à 138 000 seulement, dont 147 000 dans le secteur privé, ainsi qu’une révision importante à la baisse pour le mois d’avril, à 174 000 après une estimation initiale de 211 000. De telles distorsions entre les deux sources sont exceptionnelles, n’ayant jamais été observées sur une période aussi longue depuis le début de la série de l’ADP, en 2003 et créent d’importantes interrogations sur les tendances réelles du marché de l’emploi
Stupide, la stratégie perdante de D. Trump sur le climat constitue une chance à saisir pour l’Europe.
Les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique dépassent de très loin le seul sujet environnemental. Les pays qui sauront s’emparer de cette cause devraient non seulement pouvoir trouver de nouvelles sources de croissance, d’investissements et d’emplois mais s’ériger en maîtres des avancées et de la réglementation qui, demain, contraindra les entreprises du monde entier et mettra de facto les retardataires ou réfractaires hors-jeu. L’Europe a potentiellement tout à gagner face à ces défis, les États-Unis tout à perdre à se mettre à l’écart.
Le Beige book plombe les espoirs d’un deuxième trimestre revigoré et accroît le risque d’un statut quo de la FED en juin
Croissance modeste ou en ralentissement, inflation absente et faibles créations d’emplois malgré des goulots d’étranglement certains sur le marché du travail, le Beige book du mois de mai est en phase avec ce que relatent les indicateurs récents : malgré un ressaisissement des dépenses de consommation ces deux derniers mois, l’économie américaine s’enlise. En dépit de toutes les bonnes raisons de ne pas reculer, la probabilité que la FED préfère marquer une pause dans ses hausses de taux est bien réelle, un scénario à ce stade ignoré par les marchés qui intègrent à plus de 90% un nouveau relèvement de 25 pb le 14 juin…
Notre baromètre fête son premier anniversaire !
Initié en mai 2016 dans l’idée d’offrir une synthèse visuelle du momentum des principaux indicateurs économiques par grand thème d’activité, notre baromètre macro-économique global a un an d’existence.
Malgré son caractère géographiquement restreint, contrainte imposée par la volonté de disposer d’un indice le plus avancé possible, les résultats sont, à ce stade, plutôt convaincants. Notre indicateur synthétique sur l’activité nous a offert des signaux très pertinents en début d’été, en avance par rapport à la plupart des données les plus scrutées, lorsque que sont apparus les premiers éléments d’une amélioration de la conjoncture internationale, et sa composante inflation a également bien assumé son rôle précurseur à partir de l’automne aux tout premiers temps de la reprise de l’inflation mondiale.
On note de manière récurrente une tendance à l’amplification des mouvements de nos indices lors de leur première estimation, notamment à l’occasion des changements de tendance. Ce biais s’estompe généralement au long cours, une fois l’indicateur initial révisé. Bien que quelque peu gênant, ce biais offre l’avantage de souligner les points d’inflexion, objectif premier recherché avec ce type de méthode.
S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la validité de la méthode retenue, ces résultats sont encourageants et nous n’avons que marginalement modifié la méthodologie initiale, les seuls changements apportés ayant consisté à élargir autant que possible les sous-jacents de notre indice d’investissement dont l’objectif est de cibler les tendances des dépenses en biens d’équipement, et d’harmoniser nos méthodes de normalisation en se limitant pour chacune des composantes aux derniers 24 mois.

Le cycle automobile mondial a vécu. Le secteur n’est pas à l’abri d’une remise en question en Europe
Depuis le début de l’année le secteur automobile européen a affiché l’une des plus faibles performances en bourse. Alors que les perspectives de croissance économiques tendent à être revues à la hausse, on aurait attendu de ce secteur qu’il donne des signes plus encourageants. Tel semble de moins en moins pouvoir être le cas. Fragilisé par les perspectives de faible croissance domestique, le secteur est maintenant rattrapé par la celle des perspectives mondiales, les mauvais coups portés au scénario de reflation par l’administration américaine et le repli du pétrole et, dorénavant, par la hausse de l’euro…
Saisie par le doute, la FED est prête à reculer et semble surtout perdre pieds
Bien qu’escomptée à 84 % par les marchés, la hausse des taux du mois de juin pourrait ne pas avoir lieu. C’est bien la conclusion que suggèrent les minutes du dernier FOMC publiées ce mercredi. En cause, un doute profond des membres du FOMC sur la conjoncture américaine et leur volonté de s’assurer que le ralentissement du premier trimestre n’est, effectivement, que temporaire avant d’aller plus en avant dans l’exercice de hausse des taux ou de donner plus de précisions sur d’éventuels changements du bilan de la FED d’ici la fin de l’année. Lire la suite…