La FED parvient à stopper l’ascension du pétrole. C’est déjà ça, mais c’est bien tout !

Les premières lignes du communiqué du FOMC ont froidement planté le décor : « Les indicateurs récents suggèrent que l’activité économique a progressé à un rythme soutenu. Les gains en emploi ont ralenti mais restent forts et le taux de chômage est resté faible. L’inflation reste élevée ». Voilà qui est dit et assorti de projections correspondantes : la Fed n’a pas modifié sa prévision du mois de juin qui prévoyait une nouvelle hausse d’un quart de point des Fed funds, à 5,75 % d’ici décembre, et a réduit de 1,5 à un demi-point, seulement, la baisse qu’elle envisage d’ici fin 2024. La bonne nouvelle d’un statu quo confirmé ce mois-ci est, ainsi, noyée dans une communication, assurément, plus faucon qu’escompté, renforcée par la révision à la baisse de sa prévision de taux de chômage qu’elle n’envisage plus à 4,5 % mais seulement à 4,1 % l’an prochain, trois dixièmes de plus qu’aujourd’hui…

Les marchés n’ont pas eu besoin d’écouter la conférence de presse de J. Powell pour se faire une conviction : les taux à deux ans se sont envolés de 6 points à 5,17 % et les 10 ans de 3 pb, à 4,40 %, emportant dans leur sillage les espoirs de repentification de la courbe des taux. Les marchés, pour le coup, ne se trompent guère : la FED veut moins de croissance et finira probablement par avoir gain de cause, peut-être plus vite qu’elle ne l’envisage… La spéculation reflationniste, encore possible après l’annonce de la BCE, est dès lors balayée d’un revers de manche et les cours du pétrole retombent.

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Les planètes s’alignent pour une BoE plus accommodante

Quand bien même elle devrait remonter ses taux de 25 points de base demain, la probabilité que la BoE adopte un ton plus accommodant pour la suite a gagné du terrain depuis une semaine, et, plus encore, avec la publication des données d’inflation ce matin. En effet, celle-ci a atteint, en août, son plus bas niveau, à 6,7 %, depuis février 2022 et sa composante sous-jacente a perdu 0,7 point, à 6,2 %. A cela s’ajoute une déprime conjoncturelle de plus en plus palpable qui, comme en zone euro, influencera sans doute les décisions de politique monétaire, sur fond de dégradation accélérée du contexte immobilier. Si la rigidité des salaires contrarie quelque peu ce tableau, leurs évolutions mensuelles autorisent une plus grande confiance, dans un contexte de remontée du chômage.
Andrew Bailey avait annoncé il y a quelques semaines que la BoE se rapprochait de la fin des hausses de taux, il semble en mesure de le confirmer dès demain et de provoquer un ajustement des anticipations, jusqu’alors plus réservées que dans le cas de la BCE ou de la FED.

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La BCE ouvre grand la porte à une pause, les cours du pétrole saluent la nouvelle !

Comme envisagé, la remontée de 25 points de base des taux de la BCE, à 4,5 %, se présente comme le point final du cycle de hausses des taux. C’est, en tout cas, ce que signale, de manière on ne peut plus claire, le communiqué officiel avec, comme point d’orgue cet extrait : «les taux d’intérêt directeurs de la BCE ont atteint des niveaux qui, maintenus pendant une durée suffisamment longue, contribueront fortement au retour au plus tôt de l’inflation au niveau de l’objectif ». Les bourses saluent la nouvelle comme il se doit, avec une hausse de 1,4 % de l’Eurostoxx. Le résultat est plus mitigé sur les taux, rattrapés par des données américaines moins conformes aux attentes de statu quo de la FED. L’indice des prix à la production est, en l’occurrence, ressorti en hausse mensuelle de 0,7 % en août. Comme pour le CPI, l’effet énergie est le grand responsable : hors alimentation et énergie, la hausse est de 0,3 %, comme en juillet, et en repli à 2,2 % sur un an. Il n’y a probablement pas de quoi retenir la FED de marquer une pause la semaine prochaine mais une vraie source d’incertitude pour la suite.

Comme redouté, les matières premières saluent, en effet, la perspective d’un arrêt du resserrement monétaire, avec pour conséquence une nouvelle embardée des cours du pétrole, à 93,6$ le baril de Brent, suivie par la plupart des matières premières industrielles. De quoi réduire à bien peu de choses les chances que la pause des banques centrales se transforme en détente des taux directeurs si la tendance venait à se confirmer.

BCE : encore une p’tite dernière

La BCE ouvrira jeudi le bal des comités de politique monétaire des banques centrales de la rentrée et la probabilité qu’elle actionne une nouvelle hausse de ses taux directeurs est relativement forte, malgré l’extrême détérioration des données conjoncturelles en zone euro, particulièrement en Allemagne. Sauf réelle surprise, l’inflation encore trop élevée, la remontée des cours du pétrole et la faiblesse de l’euro devraient, en effet, l’inciter à relever son taux directeur d’un nouveau quart de point, à 4,50 %, quand bien même, les chances semblent non négligeables que Mme Lagarde assortisse cette décision d’un communiqué moins faucon qu’en juillet, susceptible d’ouvrir la voie à une possible pause en octobre. N’imaginons pas, néanmoins, une BCE colombe. La vigilance a tout lieu de rester de mise avec des taux directeurs toujours inférieurs à l’inflation et la multiplication des signes d’un possible regain de tensions des prix énergétiques à l’échelle internationale.

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Constance du côté de J. Powell qui juge les résultats obtenus insuffisants, sans plus

Qui aurait pu imaginer autre discours de la part du président de la FED au vu des informations économiques de ces dernières semaines aux Etats-Unis ? J. Powell est donc apparu constant vendredi, lors de son allocution de Jackson Hole. Fidèles à ses propos de fin juillet et aux détails des minutes du dernier FOMC, les principaux points de son allocution se résument comme suit : (1)Les progrès sont là sur les fronts de l’inflation, des salaires, du marché de l’emploi et de la demande, et la politique restrictive en place devrait permettre d’obtenir davantage de résultats. Mais ceux-ci seront, peut-être, insuffisants, auquel cas, la FED se tient prête à relever davantage le niveau de ses taux directeurs. (2)L’économie doit évoluer sous son potentiel pour consolider ces résutlats. Ce n’est pas le cas et cela nécessitera le maintien de conditions durablement restrictives pour y parvenir et infléchir, notamment, l’inflation des services hors loyers. A ce titre, l’accélération récente de la croissance au-dessus du potentiel est un sujet d’insatisfaction. (3) 2 % est, et reste, l’objectif d’inflation de la FED et n’est pas négociable. J.Powell est apparu factuel, ni particulièrement faucon ou colombe, ce qui explique sans doute les errements des marchés, lesquels ont, selon, privilégié l’apaisement permis par sa constance, ou l’inquiétude suggérée par sa fermeté. Le rendement des T-Notes à 2 ans qui avait déjà franchi les 5 % la veille a peu réagi, les taux à 10 ans ont conservé leur niveau de 4,25 % et le dollar a, sans conviction, grapillé 0,2 %.

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Lagarde : « We are not in the domain of forward guidance», ça c’est sûr !

Après avoir de nouveau relevé ses taux directeurs d’un quart de point, portant le repo à 4,25 %, son plus haut niveau depuis octobre 2008, que fera la BCE ? Nul ne le sait et, a priori, surtout pas Mme Lagarde, à en juger par ses propos qui, comme ceux de J. Powell hier soir, semblent avoir avant tout cherché à ne rien divulguer de ses intentions. En septembre ce sera donc une pause ou une hausse des taux, fonction des données économiques publiées d’ici là, de l’estimation des effets retardés de la politique monétaire et de la perception de la BCE sur les tendances inflationnistes. Seule certitude, il n’y aura pas de baisse des taux et si pause il y a ce pourrait être pour un mois, pas davantage… Message reçu : la politique évoluera au gré des données économiques jusqu’à atteindre un degré suffisant de restriction pour garantir que l’inflation revienne à 2 %. Une réduction accélérée du bilan n’a même pas été évoquée par le Conseil des gouverneurs qui continue à privilégier son instrument préféré, celui des taux d’intérêt. A priori ces derniers n’ont pas atteint leur pic mais, tout dépend, peut-être que si, qui sait ? Voilà qui n’aide pas beaucoup et promet encore pas mal de volatilité sur les anticipations de politique monétaire. Comme pour la FED, les marchés jouent malgré tout une autre partition : celle d’une BCE plutôt colombe. Cherchez l’erreur. A force de tirer sur le malade, ils finiront sans doute par avoir raison.

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La Fed beaucoup plus faucon qu’envisagé. Un bien mauvais présage pour la croissance

Après avoir de nouveau relevé le taux des Fed Funds d’un quart de point, à 5,25 %-5,50 % aujourd’hui, la FED publie un communiqué beaucoup plus faucon qu’envisagé, dans lequel rien ne laisse supposer que ce mouvement puisse être le dernier du cycle en cours. Il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour des marchés qui avaient quasiment exclu l’hypothèse de nouvelles hausses des Fed Funds entre aujourd’hui et la fin de l’année et pour les perspectives économiques américaines, compte-tenu des dégâts que pourraient, in fine, causer la poursuite de la politique en place

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Hausse des taux de la BoE, mauvaise passe ou biais cognitif des marchés ?

La Banque d’Angleterre a relevé ses taux directeurs d’un demi-point, deux fois plus qu’attendu par les marchés, à 5 %, pour la 13ème fois depuis décembre 2021. En cause, une inflation « toujours trop élevée », selon A. Bailey, notamment sa composante hors énergie et alimentaire, suspectée d’être entretenue par des hausses persistantes des salaires. Réaction épidermique à cette annonce, les taux à termes se sont écrasés partout en Europe, sans doute dans la perspective d’un nouveau coup de barre monétaire fatal à la croissance. Ce mouvement n’a pas duré et a très vite été corrigé par de nouvelles anticipations de hausse des taux… à six mois. Signe des temps, les rendements des Gilts à 2 et 10 ans n’ont, eux, quasiment pas bougé. Dit autrement, les marchés font encore bougrement confiance en l’action de la banque centrale pour casser l’inflation d’ici peu et pouvoir rapidement revenir en arrière. Mieux vaudrait qu’ils ne se trompent pas.

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