Résultats industriels et réforme fiscale font bouger les curseurs des anticipations de taux aux Etats-Unis

La probabilité implicite d’une hausse des Fed Funds de 50 points de base, plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, fait son apparition à hauteur de 8,5 %, après les bons chiffres de production industrielle et le vote du projet de réforme fiscale par la Chambre des représentants.

La production industrielle américaine a enregistré en octobre une progression de 0,9 %, la plus forte depuis le mois d’avril, grâce à un rebond de 1,3 % de l’activité manufacturière. Pour partie explicable par l’impact des ouragans sur la demande de biens et les besoins de reconstruction, ces données n’en demeurent pas moins de qualité. À 2,5 %, la croissance sur douze mois de l’activité manufacturière, est la plus forte depuis le milieu de l’année 2014, quand bien même toujours très inférieure à ce que suggère le haut niveau de l’ISM manufacturier.

À cette bonne nouvelle du milieu de l’après-midi s’est ajouté celle du passage du projet de réforme fiscale à la Chambre des représentants ; une étape essentielle face à laquelle les chances d’un soutien au Sénat se trouvent incontestablement accrues, malgré d’importantes incertitudes persistantes sur ce dernier point.

Ces deux évolutions simultanées ont largement soutenu le rebond des marchés actions aujourd’hui, l’indice Dow Jones récupérant 0,8 %, à 23.458 points, tandis que le Nasdaq s’adjugeait une progression de 1,3 %. Sans effet majeur sur le taux de change du dollar, globalement inchangé contre l’euro et le yen, ces nouvelles ont néanmoins eu un impact beaucoup plus net sur les anticipations de taux. Pour la première fois, en effet, la probabilité implicite d’une hausse des taux de 50 points de base plutôt que d’un quart de point, le 13 décembre, a fait son apparition à hauteur de 8,5 %.

Il y a là un signal à surveiller de près qui, s’il ne se révèle pas éphémère, pourrait être précurseur d’un changement en profondeur des marchés de taux, à même d’évoluer vers une repentification de la courbe des rendements qui modifierait de nombreux aspects de la situation des marchés financiers dans leur globalité.

Si nous n’en sommes pas là, c’est bien dans cette direction que se dirigeront les regards avec à la clé l’anticipation d’un nouveau rallye éventuel des marchés d’actions internationaux et d’un rebond du dollar. 

À 0,4 % l’an, la croissance des salaires réels américains ne tolèrera pas une inflation beaucoup plus soutenue

L’inflation sous-jacente américaine s’est très légèrement redressée en octobre, à 1,8 % au lieu de 1,7 % en septembre malgré le repli du taux d’inflation totale sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie au cours du mois sous revue.

Malgré ce léger raffermissement, difficile de trouver dans les données d’aujourd’hui l’illustration d’un changement notable. Les composantes les plus cycliques de l’évolution des prix restent largement inertes, conformes ou inférieures à ce qu’elles ont fait en moyenne ces quatre dernières années, à l’exception près des prix des loyers.

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Not exactly party time in emerging markets. Does that matter?

While the USA is entering an extended phase of growth, Europe is enjoying a rapidly improving outlook and Japan is apparently recovering from two lost decades, emerging-market countries are struggling to keep up. Brazil and Russia have turned the corner after several years of recession, which means that average emerging-market growth rates are now higher than in the last two years. However, they are still disappointing. After a few encouraging months, the improvement in leading-activity indicators already seems to be fading. Exports of manufactured goods are benefiting only slightly from the upturn in global demand, while commodity exports are continuing to suffer from weak growth in export volumes and very varied price trends.

The situation seems not to be worrying observers or the markets, which are generally taking the view that the improving global outlook will eventually filter through to emerging-market countries. This is probably optimistic, given current trends. Indeed, there is a risk that disappointing performance in the developing world could drag down the global economy.

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La croissance décolle en Allemagne, l’Euro suit. M. Draghi a bien fait de fixer le cap !

À 0.8 % au troisième trimestre, la croissance du PIB allemand excède largement ce que laissaient envisager les indicateurs mensuels à disposition (0,6 % selon le consensus). La production industrielle a, en effet, progressé moitié moins rapidement au troisième trimestre qu’au deuxième (0,9 % après 1,9 %) tandis que les ventes au détail ont plutôt perdu de leur vigueur par rapport au printemps. Selon le communiqué officiel, c’est du côté extérieur que proviennent les bonnes surprises, l’apport représenté par les exportations ayant sans doute été consolidé par des importations moins dynamiques au cours de la période.

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C’est pas la fête chez les émergents. Cela est-il sans importance ?

Alors que le cycle de croissance se prolonge aux États-Unis, que les perspectives européennes ont le vent en poupe et que le Japon semble renaître de deux décennies perdues, la situation peine à suivre dans le monde émergent. Si la sortie de plusieurs années de récession au Brésil et en Russie autorise à l’ensemble de ces économies d’afficher, en moyenne, des rythmes de croissance plus élevés qu’au cours des deux dernières années, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Après quelques mois d’encouragements, l’amélioration des indicateurs avancés de l’activité semble déjà s’essouffler. Les exportateurs de produits manufacturés n’affichent que de maigres bénéfices de la reprise de la demande mondiale tandis que les exportateurs de matières premières restent pénalisés par la faible croissance des volumes exportés et des évolutions de prix encore très disparates.

Cette situation ne semble guère émouvoir les observateurs ni les marchés, partant généralement du postulat que l’amélioration des perspectives du monde développé finira forcément par porter ses fruits dans le reste du monde. C’est sans doute faire preuve d’un biais assurément optimiste, à en juger par l’état des lieux que les tendances en place conduisent à dresser. Gare à ce que les déceptions en provenance du monde en développement ne finissent, au contraire, par l’emporter sur la conjoncture mondiale.

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The Fifth Wave, or the Last Hurrah

According to Elliott wave aficionados, the fifth wave of the upward phase of a market cycle, itself composed of five wavelets, is characterized by unpredictability and unusual exuberance. During these periods, financial reflation and its powerful wealth effects overwhelm structural economic factors, and even most economists start having trouble differentiating rationality from recklessness. Those who don’t are considered party-poopers; they become less and less audible. The bond markets and central bankers also generally jump on the bandwagon. This often marks the beginning of the end of the party.

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Vague V de la Vème vague : prolongations et tir au but

Dernière d’un cycle de hausse des marchés, se décomposant elle-même en cinq temps, la Vème vague se caractérise, selon les « Elliottistes », par une imprévisibilité et une exubérance hors normes. Au cours de ces périodes, la reflation financière finit par l’emporter sur les résistances économiques structurelles à travers de puissants effets richesse, de sorte que les économistes, eux-mêmes, peinent pour la plupart à discerner la rationalité de son contraire ; les autres, considérés comme rabat-joie, devenant de moins en moins audibles. Marchés obligataires et banquiers centraux finissent, en général, par y perdre également leur latin ; c’est alors que sonne le plus souvent le début de la fin de la partie…

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Un rapport sur l’emploi américain mi-figue mi-raisin mais certainement pas à même de faire grimper les anticipations de hausse des taux

À 261 K, les créations d’emplois du mois d’octobre sont plus proches qu’il n’y paraît des attentes du consensus (310 K) compte tenu de la révision à la hausse des données du mois de septembre, à +18 K au lieu de -33. Le rapport pour l’emploi reste pour autant plutôt de mauvaise facture, ceci pour au moins trois raisons : la dynamique du marché de l’emploi est affaiblie, les salaires n’ont pas augmenté en octobre et le taux de participation rebaisse de quatre dixièmes. Au total, si ce rapport ne peut pas être qualifié de mauvais, il est assurément médiocre et assez éloigné du schéma optimiste du consensus.

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