Comment les bourses émergentes finissent par profiter des choix de D. Trump

Droits de douanes, tensions géopolitiques, dégradation des perspectives de croissance… les pays émergents n’étaient pas, a priori, les mieux placés pour tirer parti du contexte en présence. Le vent a, pourtant, tourné en leur faveur ces derniers mois, au point d’offrir au MSCI émergent une performance équivalente à celle du Stoxx 600 en dollar depuis le 1er avril et à l’indice des marchés frontières, la plus forte progression, de loin, des grands indices internationaux hors Nasdaq, depuis la veille du « Liberation Day ». Il faut remonter longtemps en arrière pour retrouver des équivalents. Au cours des quatre derniers mois, c’est une appréciation de 23 % qu’a enregistré l’indice MSCI de ces petits marchés, moins profonds et, surtout, plus exposés au risque, la plus forte depuis 2009. Comment l’expliquer ? C’est dans les méandres des effets de la politique trumpiste sur les perspectives globales à plus ou moins long terme que se nichent les réponses les plus convaincantes.

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« Le plus beau, le plus grand »… RACKET de l’histoire ! D. Trump jubile.

– 15 % de droits à l’entrée des produits européens sur le sol américain
– 50 % de droits sur l’acier et l’alumimium
– Produits pharmaceutiques exclus de l’accord, donc, toujours potentiellement exposés à des droits prohibitifs de 200 %
– 750 milliards d’achats d’energie américaine par les Européens
– 600 milliards d’investissements européens aux Etats-Unis
– ZERO POURCENT de droits d’entrée des produits américains sur le marché européens.
Pourquoi tant de cadeaux aux Américains ? « L’excédent commercial de l’UE à l’égard des Etats-Unis se serait démesurément accru ces dernières années », Mme Von der Leyen, présidente de la Commission et négociatrice pour l’UE qui abonde dans le sens de D. Trump.

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Quelles perspectives pour l’Asie hors Chine dans un monde protectionniste ?

Avant la Chine, les pays d’Asie du Sud-Est ont basé leur modèle de développement économique sur l’ouverture de leur économie à l’exportation. L’histoire a débuté avec les « Dragons » à partir du milieu des années quatre-vingt, rapidement rejoints par les « Tigres », alors que, sous l’impulsion américaine, les politiques d’ouverture et de libéralisation des échanges battaient leur plein. Le modèle consistait à profiter des avantages comparatifs qu’offrait l’abondance d’une main d’œuvre à bas coût pour asseoir l’essor de pays sous-développés et assurer, ainsi, une meilleure distribution des sources de croissance internationale. L’ascension des premiers a été fulgurante. De 5 % environ des exportations du monde émergent au milieu des années soixante, leur part s’est hissée à plus de 20 % dix ans plus tard, avant de culminer à plus de 40 % au milieu des années quatre-vingt-dix, avec, à la clé, les bases d’une élévation proportionnelle des niveaux de vie.
L’ouverture de l’économie chinoise, accélérée par son entrée dans l’OMC en 2001, a mis un coup d’arrêt à cette ascension. Les exportations chinoises se sont progressivement substituées à celles des premiers conquérants pour se tailler la part du lion dans les échanges mondiaux et la croissance économique de ces derniers, ponctuée de crises de surinvestissement, puis de plus en plus fréquemment, de crises politiques, s’est structurellement ralentie, malgré l’influence positive de l’essor de l’économie chinoise sur la région. Les plus précoces, qui étaient parvenus à se hisser à un niveau de développement comparable, voire supérieur aux standards du monde développé, sont progressivement devenus moins tributaires de leur commerce extérieur. De plus en plus tertiarisés, ils ont notamment assis la poursuite de leur essor économique sur des bases plus financières, à l’instar de Singapour ou de Hong-Kong, jusqu’en 2019 pour ce dernier. Les ressources de croissance des autres pays semblaient se tarir inexorablement. À partir de 2018, ces derniers ont, pourtant, profité de l’effet d’aubaine offert par la première guerre commerciale de D. Trump avec la Chine pour récupérer les parts de marché que cette dernière perdait sur le marché américain ; les exportations de l’Asie hors Chine à destination des Etats-Unis se sont, ainsi, singulièrement accélérées. Par ses sanctions à l’égard de l’Empire du Milieu, D. Trump redonnait au reste de l’Asie émergente un nouveau souffle qui lui permit, notamment, de compenser la croissance raréfiée des débouchés chinois. Le 2 avril a subitement confisqué cette bouée de sauvetage, avec des droits de douanes américains particulièrement élevés, à l’égard, non plus seulement de la Chine mais de la plupart des pays d’Asie, vis-à-vis desquels l’économie américaine avait creusé des déficits depuis 2018. Quel avenir envisager, dès lors, pour les pays de la région, coincés entre une Chine de moins en moins distributrice de croissance et un marché américain quasi-inaccessible ?

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Juin, mois de répit pour la conjoncture américaine… En attendant août

Après le CPI, publié mardi, correct en apparence bien que plus préoccupant dans les détails, les données publiées ces deux derniers jours sont d’un meilleur cru.
– Les prix à la production publiés hier sont ressortis stables, grâce à une baisse dans les services et malgré une hausse persistante du côté des biens.
– Les ventes de détail, la production manufacturière, les inscriptions au chômage, les enquêtes Philly Fed, Empire State et NAHB sont globalement meilleures qu’en mai.
Rien de tout cela n’offre de garantie sur le futur de la conjoncture américaine mais permet de maintenir à flot l’estimation d’une croissance soutenue au deuxième trimestre, laquelle profite surtout des effets positifs de la chute des importations, après leur envolée de début d’année. A 2,6 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta, la Fed n’est pas encore aux abois et le dollar en profite pour consolider son rebond de ces derniers jours, malgré les menaces renouvelées de D. Trump d’un possible limogeage de J. Powell.

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Nouvelle salve de tarifs américains, chaud devant !

Malgré la suspension des droits de douane jusqu’au 1er août, D.Trump fait feu de tout bois depuis la semaine dernière, multipliant les annonces intempestives de renchérissement des tarifs envisagés à cette date, notamment à destination de ses partenaires européens, canadiens et mexicains. L’issue de la période de négociations reste donc très incertaine, avec à la clé de possibles surprises encore à venir, tant l’arme des droits de douanes est utilisée par le président américain à peu près à toutes les sauces, y compris dorénavant pour faire pression sur le Kremlin sur l’aboutissement d’un processus de paix avec l’Ukraine. Même pas mal semblent nous dire les marchés qui parient sur des compromis encore à venir entre l’administration américaine et ses fournisseurs et n’ont vu jusqu’alors que très peu des effets patents de cette guerre commerciale sur l’inflation ou l’activité américaines et internationales. Les données du jour donnent pourtant à réfléchir, en Chine ce matin et aux Etats-Unis avec le rapport sur l’inflation du mois de juin, à laquelle les taux américains à 30 ans ont notamment réagi par un retour sur leurs points hauts de la mi-mai, au-delà de 5 %.

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Perspectives 2026 : 3 % sauvegardés pour le PIB mondial mais l’essentiel est ailleurs

A 3,1 %, notre prévision de croissance du PIB mondial a été révisée en légère hausse pour 2025 et 2026. Les victoires de D. Trump payeraient donc ! C’est le principal enseignement de ces dernières semaines. Iran, Otan, fiscalité et négociations commerciales : D. Trump est parvenu à ses fins. L’économie américaine en retirera quelques bénéfices à moindre frais et devrait pouvoir afficher une croissance de l’ordre de 2 % l’an prochain, après un second semestre 2025 en berne. La réforme fiscale devrait être en mesure de rattraper ce faux pas à partir du printemps 2026, un coup de pouce non négligeable… avant que la note ne se présente, à plus long terme, côté taux d’intérêt notamment.
L’économie chinoise semble en mesure, de son côté, de résister à des tarifs inférieurs à 30 %-35 %. Il lui sera plus difficile de contourner les tarifs américains que jusqu’alors et le protectionnisme mordra sur l’activité manufacturière. L’Empire du Milieu continue néanmoins à renforcer sa puissance dans les technologies d’avenir et l’énergie et déploie ses exportations en dehors des Etats-Unis à grand pas. Xi-Jinping tisse sa toile et profite du champ libre laissé par le désengagement américain à l’égard du monde émergent et du climat. La croissance devrait y rester inférieure à 5 % mais l’objectif est ailleurs, à la fois stratégique et diplomatique, à long terme.
Pendant ce temps, l’Europe boit la tasse. L’UE recule face à D. Trump, affronte l’agressivité de la compétition chinoise, promet de faire plus de chars mais moins d’environnement, délaisse sa recherche et se tire dans les pattes pour le budget à venir et bien d’autres sujets. Malgré l’offensive sur la défense et les infrastructures, la croissance de la zone euro dépassera de peu 1 % l’an prochain, selon nos estimations, pas mieux que cette année pour laquelle l’envolée irlandaise du premier trimestre sauve la donne. Pour la France et l’Allemagne, ce ne serait pas plus que 0,4 % en 2025 et respectivement 0,8 % et 1,2 % l’an prochain.
Notre scénario mondial se conclut, malgré tout, sur une note plutôt encourageante, également, moins préoccupante s’agissant des perspectives d’inflation. Les négociations commerciales en cours apaisent les risques d’une embardée de l’inflation aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, dans lequel, pour de nombreux pays, la guerre commerciale est synonyme de pressions déflationnistes plutôt que l’inverse.

Les banques centrales devraient, donc, retrouver un peu plus d’agilité. Du moins, là où leurs taux directeurs n’ont pas été déjà fortement abaissés, comme en zone euro où le spectre d’un retour à des taux zéro impose de la retenue, notamment face à l’imprévisibilité de ce qui peut se passer aux Etats-Unis. Les marges devraient être plus conséquentes dans de nombreux pays émergents dans lesquels les politiques monétaires ont conservé, hors Chine, un biais très restrictif.

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Le dollar ne valide pas le regain de confiance des marchés suite au vote du budget

Voilà qui est fait, la méga réforme fiscale de D. Trump est passée. Les bourses américaines n’ont pas attendu sa promulgation pour saluer ce succès et inscrire records sur records ces derniers jours, ni d’ailleurs, bien que dans une moindre mesure, les bourses européennes… Enfin, surtout, les valeurs du luxe, en tête de la performance des indices européens de ces derniers jours. Et pour cause, l’Amérique n’a pas connu de budget plus discrétionnaire que celui de D. Trump dans son histoire ; les valeurs du secteur lui doivent, donc, bien cet accueil, même avec des droits de douane et un dollar déprécié.
Les marchés de taux se sont montrés plus hésitants mais l’amélioration quasiment imparable des perspectives conjoncturelles que suggère cette réforme et les questions de financement qu’elle pose à plus long terme semblent avoir emporté la mise. Le reflux des taux de la dette du Trésor américain s’est interrompu dès le 1er juillet, à l’annonce de son passage au Sénat. Depuis, les rendements à 10 et 30 ans ont repris 10 à 15 points, pas grand-chose mais la direction est donnée, renforcée par une remontée un peu plus nette des taux à deux ans et des anticipations d’inflation.
Manque à ce panorama, néanmoins, le dollar dont l’indice ICE peine à retirer les bénéfices de ces changements. Ce constat interpelle, notamment, parce qu’il renforce l’idée d’une déconnexion du cours du billet vert avec les perspectives conjoncturelles, comme c’est le cas depuis le début avril, malgré le retour de la confiance qu’illustre l’envolée des bourses. Effet transitoire ou durable ? Au-delà des soubresauts de court terme, la réponse est sans doute pour une très large part dans les conséquences économiques de la réforme fiscale, en particulier dans sa capacité à restaurer des gains de productivité structurels, seuls à même de permettre d’en absorber le surcoût budgétaire à terme. La partie n’est pas gagnée.

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