Le Vietnam, bouc émissaire, de la guerre commerciale sino-américaine

Les derniers PMI le confirment, l’Asie résiste aux pressions commerciales. Et pour cause, la pause de 90 jours des hausses de tarifs annoncées le 2 avril en a, jusqu’à présent, différé l’essentiel des effets de la guerre commerciale. En Chine, les différentes mesures du climat des affaires se sont améliorées en juin, tout comme les enquêtes manufacturières de la plupart des pays d’Asie : Corée, Inde, Japon, Philippines, Malaysie ou Thailande.
Ce n’est pas le cas au Vietnam, où le PMI manufacturier a reculé d’un point, à 48,9. Le pays, en ligne de mire de l’administration américaine, est parvenu à conclure un accord commercial avec les Etats-Unis pour échapper aux droits de 46 % annoncés le 2 avril. Il s’en tire néanmoins avec une surtaxe de 20 % sur ses ventes à destination des Etats-Unis. La pillule est amère pour une économie dont 30 % des exportations ont pour destination la première économie mondiale et représentent presque autant de son PIB. Elle risque de passer d’autant plus mal que les Américains ont instauré une surtaxe de 20 % additionnelle aux ventes de produits d’origine étrangère par le Vietnam. La mesure, qui vise directement les tentatives de contournement des taxes américaines par les entreprises chinoises, devrait finir par impacter ces dernières et par peser d’autant plus sur l’économie vietnamienne.

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L’adoption du budget par le Sénat américain efface le mauvais rapport ADP

La bonne nouvelle chasse la mauvaise. Le projet de loi budgétaire « One Big Beautiful Bill Act » a été adopté par le Sénat. Il prévoit des baisses historiques d’impôts avec, à la clé, un surcroît de dette fédérale de 3000 milliards de dollars d’ici 10 ans, soit environ 10 % du PIB actuel. La victoire des républicains a été gagnée de justesse, grace au vote du vice-président JD Vance, à 51 voix contre 50, après la défection de trois républicains. Le texte amendé et adopté par le Sénat est maintenant discuté de nouveau à la chambre des représentants. Pour D.Trump, qui engrange les succès depuis deux semaines, il s’agit d’une victoire majeure, peu importe la méthode, les oppositions internes et les conséquences de cette réforme pour les finances publiques ou les Américains les moins fortunés, qui verront surtout de ces changements les effets négatifs des coupes promises des budgets sociaux.

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L’heure redevient-elle américaine ?

Le vent semble avoir subitement tourné en faveur de D. Trump depuis l’intervention « Midnight Hammer » du 22 juin en Iran. En dépit des critiques que suscitent la rupture de ses promesses de désengagement militaire des Etats-Unis, des coûts de l’opération, ou de l’opacité sur la réalité des destructions des sites nucléaires iraniens, l’action est perçue comme un succès ; en l’occurrence, le premier d’un mandat qui commençait véritablement à tourner en eau de boudin. L’occasion pourrait-elle créer les conditions d’un nouveau départ, tout à la fois plus favorable au président américain et à la confiance des investisseurs internationaux à son égard ?
L’hypothèse n’est pas dénuée de sens.

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Réussite italienne, à quel point ?

C’est bien connu, l’herbe est, toujours, plus verte ailleurs, surtout vu de France. C’est le message que nous renvoient de manière récurrente les analyses sur les performances économiques italiennes ces derniers temps, lesquelles sont souvent l’occasion de passer au pilori celles de sa voisine. Tour à tour, on y apprend :
– Que l’activité à l’exportation est en bien meilleure posture que celle de l’Hexagone.
– Que, notamment dopé par cette vigueur retrouvée sur le front du commerce extérieur, le PIB par tête italien a rejoint celui de la France et le taux de chômage ses plus bas historiques.
– Que l’Italie aurait su faire des prouesses budgétaires que la France est incapable de mener à bien, en témoigne la stabilisation de sa dette publique à 135 % du PIB l’an dernier, son niveau d’avant covid, après une envolée à 154 % en 2020, et l’écrasement persistant des spreads de taux italo-français de ces derniers mois.
Un ensemble dont il découle, forcément, un satisfecit quant à la politique menée par G. Meloni depuis son accession au pouvoir en octobre 2022.
Aucun de ces constats n’est totalement faux. Que la France fasse moins bien que la botte est sans doute un sujet pour la fierté hexagonale, à moins de se réjouir que le pays le plus mal en point des fondateurs de l’Europe depuis la création de la monnaie unique parvienne, enfin, à sortir la tête de l’eau, grâce notamment au changement de cap de la politique européenne à son égard et aux initiatives qui ont suivi. Encore faudrait-il que les faits valident les dires. Or, le diagnostic italien n’a rien d’exceptionnel, certainement pas en comparaison d’autres pays du sud, ni, même, par rapport à son voisin français, si mal en point qu’il soit. Alors, quelle est la part d’exactitude, de réels progrès et d’espoirs que l’Italie s’en sorte mieux dorénavant, voire d’éventuelles leçons que l’Hexagone pourrait retirer de l’expérience italienne ?

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Croissance, inflation, chômage : la Fed souligne les méfaits de la politique actuelle

« Les Dotplots envisageaient deux baisses de taux en 2025 en mars, les retirer se révèlera compliqué dans le contexte en présence. C’est dans ses projections à plus long terme que la Fed pourrait affirmer sa prudence à l’égard de la politique de l’administration, en réduisant, par exemple, ses projections de baisse des taux pour 2026 et 2027 ». Cet extrait de notre Preview d’hier reflète assez fidèlement la communication de la Fed à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours. Comme anticipé, cette dernière n’a pas changé le niveau de ses taux directeurs, pas plus qu’elle n’a donné d’indication sur la possibilité d’une baisse en juillet. Contrainte de conserver sa projection d’un repli de 50 points de base d’ici la fin de l’année, face aux bons résultats d’inflation et à la multiplication des signes de fragilité de l’économie, elle a néanmoins limité la portée de ce scénario en fermant la porte à la perspective d’un cycle prolongé d’assouplissement monétaire. Il ne reste plus en effet que 25 points de base des 50 envisagés au mois de mars pour 2026, avant un nouveau quart de point en 2027…
Malgré un degré inhabituel d’incertitudes, amplement souligné par J. Powell, les projections du FOMC sont on ne peut plus claires : selon ses membres, la politique en présence est synonyme de moins de croissance mais de plus d’inflation et de chômage, avec pour résultat de réduire la marge de baisse des taux d’intérêt, en dépit d’une croissance nominale à peu près identique. Si le chiffrage n’est pas strictement celui d’un scénario de stagflation, la direction est bien celle-là.

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BoJ, Fed : quand les risques sur l’avenir l’emportent sur l’inflation passée

Si l’inflation des tout derniers mois était l’alpha et l’omega des décisions de politique monétaire, alors la BoJ aurait, au moins à une occasion, remonté ses taux directeurs depuis la dernière hausse de janvier. Au lieu de cela, elle a laissé ses taux inchangés pour la troisième fois consécutive, à 0,5 % ce matin. Dans un souci de contenir les tensions sur la partie longue de la courbe des taux, elle a, même, confirmé sa décision de réduire le rythme de baisse de ses achats d’obligations à partir d’avril prochain.
A contrario, les données d’inflation américaine sont on ne peut plus en phase avec ce qu’il lui faudrait pour que la Fed prépare, demain, le terrain à une baisse des Fed Funds en juillet, à défaut de se précipiter en y procédant dès maintenant. Ce n’est, pourtant, pas l’hypothèse privilégiée.
Dans un cas comme dans l’autre, la fonction de réaction des banques centrales est devenue de plus en plus complexe, imprégnée d’une multiplication de risques et de sources d’incertitudes qui ont pour conséquence de retarder les processus de décision : impact incertain de la guerre commerciale sur les perspectives de croissance et d’inflation, tensions sur les marchés de taux à long terme, politiques budgétaires particulièrement dispendieuses, sans parler des risques géopolitiques. Face à un tel degré d’incertitude, le plus probable est que la Fed ne s’engage qu’à demi-mot sur sa politique à venir, quand bien même il lui sera difficile de gommer l’intégralité des baisses de taux affichées dans les Dotplots du mois de mars.

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L’économie chinoise tient le coup, voire davantage, en mai…

Les données chinoises du mois de mai sont agréablement surprenantes. Ainsi, la croissance de la production industrielle a, certes, ralenti sur douze mois, mais les données mensuelles sont nettement plus engageantes. La Chine a compensé la forte baisse de ses exportations à destination des Etats-Unis par de solides ventes vers d’autres régions, échappant, ainsi, aux conséquences redoutées de la guerre commerciale sur son activité manufacturière.
Mais c’est surtout les retours domestiques que nous viennent les bonnes nouvelles, avec une multiplication des signes encourageants en provenance des consommateurs. Les ventes de détail, notamment, retrouvent une dynamique qu’elles n’avaient pas eu depuis longtemps… De quoi sans doute conduire à une révision à la hausse du consensus sur la croissance de l’Empire du Milieu pour cette année, si jamais les négociations commerciales se déroulent comme promis…

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Les bourses européennes à l’épreuve de la perte du soutien de la BCE et de la Pologne

Le meilleur de la performance des bourses européennes est-il dépassé ? Après un début d’année exceptionnel, simultanément porté par les baisses de taux directeurs de la BCE et des initiatives budgétaires inédites en faveur de la défense et des infrastructures, les investisseurs pourraient se montrer plus exigeants avant de s’engager davantage sur les valeurs européennes. Les valorisations, maintenant normalisées, sont moins attractives et, quand bien même l’effet des programmes de défense est d’ores et déjà palpable dans un certain nombre de secteurs et de pays, les promesses en matière de politiques publiques mettront, au mieux, du temps avant de porter des fruits plus conséquents, dans un contexte international bien peu porteur. L’ambition d’élever les budgets de la défense à 5 % du PIB n’est guère accessible aux Européens, à court de ressources de toutes sortes et, depuis les élections polonaises, également à court de soutien politique.

Le coût des programmes militaires inquiète les consommateurs, qui en payent déjà une partie des frais avec la remontée des taux à long terme.
Dans un tel contexte, la pause dans le processus d’assouplissement monétaire de la BCE pourrait faire toute la différence pour les marchés européens. Si les baisses de taux reprennent éventuellement d’ici la fin de l’année, ce sera, selon toute vraisemblance, pour faire face à un environnement plus adverse, potentiellement menacé par une économie américaine vacillante. Il faudra, dès lors, plus de garanties d’un changement réel de régime de croissance en zone euro pour convaincre les investisseurs du potentiel de hausse additionnelle des bourses régionales.

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