-4,8 % pour le PIB américain c’est commun ; -7,5 % pour les seuls services c’est inédit

À première vue, une chute de 4,8 % r.a. du produit intérieur brut n’est pas outre mesure effrayante. Après tout, c’est nettement moins que celle de 8,4 % enregistrée à l’occasion de la crise financière, au quatrième trimestre 2008, et assez conforme à ce qu’a connu l’économie américaine à l’occasion des récessions passées. Dans le détail, les choses paraissent pourtant un peu plus ardues. Selon les premières estimations, les dépenses des ménages américains (70 % du PIB) se seraient contractées de 7,5 % en moyenne au premier trimestre, un record de baisse depuis la récession de 1980, pour deux semaines maximum de confinement non généralisé…

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L’Allemagne, moins touchée par l’épidémie mais première victime économique du Covid ?

Les indicateurs de climat des affaires de la Commission européenne sont, comme attendu, en forte chute en avril, avec un indice de sentiment économique pour la zone euro en chute de 27 points, à 67, un plus bas de 11 ans. L’effondrement de la confiance dans les services explique dans une large mesure ce résultat ; à -35, l’indice du secteur tombe à un plus bas niveau depuis les débuts de l’enquête, comme c’est également le cas pour le commerce de détail. L’industrie s’en sort moins mal et n’est pas encore tombée à son niveau de 2009, notamment parce qu’il a fallu faire face à l’absence des Chinois jusqu’à la mi-mars. L’ajustement dans la construction est violent mais sans commune mesure pour l’instant avec un indice de confiance encore au-dessus de sa moyenne de long terme, quand bien même, en fort repli. Mais c’est ailleurs que les résultats de cette enquête surprennent, en l’occurrence dans la comparaison entre les différents pays de la région, tout particulièrement le choc très important que semble subir l’économie allemande qui, selon cette enquête, serait beaucoup plus affectée que les autres économies, notamment la France, par la crise en présence.

 

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Chute historique de la confiance des ménages français ; l’essentiel reste, pourtant, à venir

L’indicateur mensuel de confiance des ménages français publié par l’INSEE ce matin marque un repli de plus de huit point en avril, sa plus forte chute mensuelle depuis le début de la série en 1973. À 95 points, le baromètre reste cependant très éloigné de ses points bas historiques, très supérieur par exemple au niveau qu’il avait atteint lors de la crise des gilets jaunes fin 2018 ou encore de sa moyenne des années 2008 à 2014.

La construction de l’indicateur, moyenne des opinions sur la situation récente et sur les perspectives, explique ce résultat. Les premières ont été préservées jusqu’à présent. L’opinion des ménages sur le passé récent, qu’il s’agisse de la situation économique, leur situation financière ou leur capacité d’épargne, s’est même améliorée par rapport à ce qu’elle était en mars ! Ces composantes ont sauvé le résultat de ce mois-ci qui aurait été bien différent s’il ne s’était agi que de leur perspectives.

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Plus difficile de faire semblant sur les marchés européens

Les marchés américains font comme si. Chaque jour plus préoccupantes, les nouvelles économiques font à peine sourcilier les indices boursiers submergés par les liquidités tous azimuts de la FED. Le déconfinement au coin de la rue serait en passe de refermer la parenthèse de ces deux derniers mois et d’autoriser un redémarrage d’autant plus fort de l’activité que les mesures de soutien, d’ores et déjà exceptionnelles, devraient être renforcées. Le gouvernement vient de rallonger l’enveloppe des prêts garantis aux PME de 320 mds de dollars, les premiers 350 mds ayant été siphonnés par des grandes entreprises au détriment des plus nécessiteuses, et de voter un soutien de 100 milliards pour l’hôpital. Si D. Trump n’est pas encore parvenu à faire adopter son vaste plan de 3 000 mds d’infrastructures, la cause semble entendue ; l’approfondissement de la crise finira par faire plier les plus réticents. Quant au signal d’alarme provoqué par la crise du marché pétrolier en début de semaine, il a été étouffé en vingt-quatre heures au premier tweet du président américain promettant de sauver la mise. En somme, rien que de très normal au royaume du factice où les cours de bourse sont brandis comme les témoins incontestables de la réussite de la politique économique.

Le contexte n’est assurément pas le même de ce côté-ci de l’Atlantique. Ici, pas de président pour donner l’impression de repousser des montagnes, pas de tweet intempestif pour mettre au garde à vous la banque centrale, les lobbys et les marchés, mais une Commission, un Conseil européen, des échanges interminables et vidéoconférences extraordinaires pour accoucher, non d’un vaste plan de relance, mais d’un engagement collectif de travailler à la création d’un fonds spécial de relance… dont on reparlera courant juin ( !), pour, peut-être, décider, chiffres à l’appui, des propositions que la Commission fera alors. D’ici là, priorité aux investigations, d’abord sur le diagnostic et le chiffrage des besoins puis sur les montages envisagés : investissements, subventions, prêts, financement, dette perpétuelle, eurobonds… Seule information donnée par la présidente de la Commission, Mme Von der Leyen, il s’agira non pas de milliards mais de milliers de milliards, que l’Allemagne à travers la voix retrouvée de Mme Merkel, semble avaliser ; ouf, on peut patienter l’esprit tranquille !

 

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Les PMI d’un avril meurtrier auquel aucun pays européen ne réchappe

Les résultats préliminaires des enquêtes PMI du mois d’avril publiés ce matin sont partout calamiteux, avec finalement très peu d’écarts entre les pays. Que ceux-ci aient été plus ou moins fortement exposés à l’épidémie ou qu’ils aient pris des mesures de distanciation plus ou moins strictes et rapides, les indices composites du climat des affaires sont dans un mouchoir de poche, compris entre 11 et 17 points en avril. À ce titre, la chute des indicateurs allemands dans des proportions très comparables à ce qui est constaté en France ou au Royaume-Uni constitue sans doute la plus mauvaise surprise. Si les indices manufacturiers témoignent partout d’un approfondissement de la crise, c’est surtout par le bas niveau atteint par les PMI des activités des services que ces enquêtes sidèrent et risquent de questionner les premiers chiffrages de l’épidémie sur la croissance, par ailleurs, fragilisés par la chute simultanée des indicateurs de confiance des ménages dans la plupart des pays.

 

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ZEW allemand : quand je me compare, je me console…

L’indicateur de conditions courantes du ZEW recule de près de 50 points, à -91,5 en avril. Rien d’étonnant, puisque ce niveau correspond à peine à celui des précédentes crises. Plus intrigant, en revanche, est le fort rebond des perspectives, à 28,2, à un plus haut depuis l’été 2015 ! La moyenne des deux composantes se redresse ainsi légèrement, à -31,65 après -46,3, sans même avoir touché les points bas de 2008.

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L’effondrement du WTI, exception ou préalable à un mouvement plus général de chute des MP ?

Bien malin qui pourra répondre à la question. La chute des cours du pétrole américain jusqu’à quasiment -40$ le baril la nuit dernière est assurément liée à des phénomènes techniques très particuliers à la situation du marché pétrolier, tout spécialement américain ; en l’occurrence, la difficulté d’interrompre la production malgré un engorgement des capacités de stockage qui a effectivement conduit les producteurs à payer leurs acheteurs pour éviter d’avoir à stopper l’activité de leurs puits. A priori, il n’y a pas de raison de considérer que ce type de schéma se reproduise sur d’autres segments du marché des matières premières, il n’en reste pas moins que les effets de la crise sur la demande mondiale de matières premières industrielles ne semblent pas avoir été totalement intégrés dans les niveaux de prix de ces dernières semaines.

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