La production allemande, plus robuste, dans la foulée des commandes

Avec une hausse de la production industrielle de 2 % en février (construction incluse) après 3,7 % en janvier, l’économie allemande semble retrouver un peu de vigueur en ce début d’année. Sa composante manufacturière, en augmentation de 2,4 %, a atteint son plus haut niveau depuis trois ans.

Atténuation de la crise énergétique, soutien public, demande internationale, les explications potentielles à ces bonnes données sont nombreuses et difficiles, pour l’heure, à discriminer. La quasi-totalité des secteurs a, en effet, enregistré une hausse entre les deux premiers mois de l’année.

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Conjoncture américaine : pour se gâter, ça se gâte!

Inutile d’attendre le rapport sur l’emploi de vendredi pour être fixé : la conjoncture américaine prend l’eau et pourrait bel et bien faire regretter à J. Powell sa dernière hausse des taux, quand bien même celle-ci a plutôt bien été digérée par les marchés. Il y a dans les données récentes de quoi, a minima, assurer une pause lors du prochain FOMC et laisser bien peu de place aux promesses de réduction du bilan que la président de la FED avait jugé bon de réitérer il y a deux semaines, en pleine crise bancaire. Les anticipations de resserrement de la politique monétaire américaine ont donc définitivement du plomb dans l’aile. Les marchés escomptent à quasiment 100 % la probabilité d’une baisse des Fed Funds d’ici décembre, de sorte que les taux longs s’effondrent, à moins de 3,30 % pour le 10 ans et 3,70 % pour le 2 ans.

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Enfin un message un peu plus convaincant sur l’industrie européenne

Après avoir suscité maintes inquiétudes, les commandes allemandes ont rebondi de 4,8 % en février après leur frémissement de 0.5 en janvier. Quoique, pour une bonne part, explicable par la vigueur des commandes exceptionnelles, ce résultat n’en est pas moins significatif pour un début d’année qui bénéficie d’un regain de demande étrangère, comme l’ont montré, hier, les données du commerce extérieur.

De bonnes nouvelles qui ne se limitent pas à l’Allemagne puisque la France a, aussi, enregistré une hausse de 1,3 % de sa production manufacturière, insuffisante, néanmoins, pour compenser les pertes de janvier.

Il reste donc bien du chemin à parcourir et celui-ci ne sera pas de tout repos mais les données européennes de ce matin vont plutôt dans la bonne direction.

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L’industrie américaine, décidément, languissante, les services tiendront-ils ?

Nouveau recul des indices ISM manufacturiers américains, à 46,3 après 47,7 en mars, avec des composantes en territoire de contraction et en baisse, à l’exception des perspectives de production. Parmi les secteurs, seuls le pétrole et les machines ont pu atteindre le territoire d’expansion et il semble que l’automobile ait un peu moins le vent en poupe que ces derniers mois, malgré le soutien procuré par l’IRA.

En temps normal, comme le rappelle le compte rendu qui accompagne cette publication, de tels niveaux seraient compatibles avec un recul du PIB de 0,9 % r.a . La balle est donc dans le camp des services, jusqu’à présent plutôt résistants, bien qu’incontestablement fragiles.

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En UEM, l’inflation chute et le sous-jacent montre de très légers signes d’apaisement

Conformément aux anticipations et aux données allemandes, françaises et espagnoles, l’inflation totale en zone euro a nettement ralenti en mars, avec un recul de 1,6 point, à 6,9 %. Reste que, comme anticipé, aussi, cette baisse n’est due qu’à sa composante énergétique, d’ailleurs repassée en territoire négatif, à -0,9 % au cours des douze derniers mois. L’inflation alimentaire a, en effet, poursuivi sa hausse, à 15,4 % après 15 % en février, et reste un sujet de préoccupation majeure dont on a notamment vu les effets sur les données de consommation publiées ce matin en France et en Allemagne.

Tout n’est pas mauvais, cependant, dans ce rapport. L’inflation sous-jacente, à 5,7 %, n’est supérieure à celle de février que de quelques centièmes. Est-ce un premier signal de moindres tensions, déjà suggéré par les retours d’enquêtes récentes, qui coïnciderait avec le temps généralement imparti aux effets de second tour ? Le rapport d’aujourd’hui, autorise, enfin, à l’envisager.

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L’inexorable chute de la consommation de biens en France et en Allemagne

En Allemagne, en février, les ventes de détail ont enregistré une chute de 1,3 % et un niveau inférieur de plus de 7 % à celui de février 2022. En France, après un rebond en janvier, la consommation des ménages à prix constants s’est repliée de 0,8 %, pour une baisse sur 12 mois de plus de 4 %.

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L’inflation hors énergie n’est pas à la hauteur des attentes de la BCE

Les premières données d’inflation disponibles en zone euro pour le mois de mars confirment le fort recul par rapport à février, de 1,3 points en Allemagne, à 7,4 % et de presque trois points en Espagne, à 3,3 %. À l’origine de ce mouvement, principalement, les effets de base énergétiques. La forte remontée des cours du pétrole en mars 2022 (23 % en un mois) constitue, en effet, une base de comparaison annuelle très élevée.

Ces bonnes nouvelles actées, les autres informations délivrées ce jour restent largement en-deçà des espoirs de désinflation. Les tensions alimentaires perdurent et l’inflation hors énergie et alimentation ne lâche que bien peu de terrain. De quoi continuer à interroger la BCE sur l’efficacité de son action anti-inflationniste, malgré un certain nombre d’avancées, en particulier relayées ce matin dans les résultats d’enquêtes mensuelles de la Commission européenne.

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France, Italie, Allemagne, les indicateurs tiennent, les inconnues demeurent

Après les PMI, les données de climat des affaires de l’INSEE, de l’IFO et de l’Istat de l’IFO et de l’Istat ont, dans l’ensemble, confirmé l’amélioration de la conjoncture européenne, ainsi que l’atténuation des tensions  inflationnistes.

Comment cela se traduira en termes de croissance est plus difficile à déterminer. Quoique les effets de la crise énergétique aient été moins forts que redouté, les difficultés persistantes de certains secteurs industriels et les contraintes de pouvoir d’achat dressent un tableau toujours très fragile de la situation que les hausses de taux d’intérêt ne vont pas contribuer à améliorer.

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