L’inflation s’affaisse en zone euro… Il en faudra plus pour les ménages mais la BCE pourrait y trouver son compte

A la veille de la publication de l’inflation de mai pour la zone euro, les premières données nationales dessinent une tendance claire : les prix à la consommation ont nettement décéléré en France, en Espagne ou dans les Landers allemands, y compris, la plupart du temps, leur composante sous-jacente. Ce résultat, s’il s’explique en partie par des effets de base d’une année sur l’autre est renforcé par le constat d’une certaine normalisation des évolutions mensuelles des indices de prix.

Ces résultats encourageants n’effacent pas, pour autant, plus d’un an d’une inflation inédite. Les ménages ont été très durement touchés par la flambée des prix et, malgré un léger mieux ces derniers mois, les contraintes de pouvoir d’achat restent entières, comme en témoignent les données françaises de ce matin avec une nouvelle baisse de 1 % des achats réels de biens en avril. L’ensemble devrait finir par convaincre la BCE qu’elle peut lever le pied.

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Des nouvelles d’Allemagne, toujours plus mauvaises

Annoncé stagnant en première lecture, le PIB allemand s’est, selon les estimations mises à jour, contracté de 0,3 % au premier trimestre, après une baisse de 0,5 % au quatrième trimestre 2022. De quoi, a priori, déclarer le pays en récession. Néanmoins, l’approche par la production nuance ce diagnostic, puisque la valeur ajoutée a bel et bien augmenté de 0,9 %, tandis que c’est la composante « taxes-subventions » qui s’est littéralement effondrée, sous l’effet des décisions politiques prises pour limiter l’impact de la crise énergétique.

Pas de quoi, pour autant, remettre en cause le tableau d’une économie en panne. La consommation des ménages s’est repliée de 1,2 % sur le trimestre, après une chute plus forte encore en fin d’année dernière. Les nouvelles en provenance de l’industrie sont plus mauvaises les unes que les autres et les climats des affaires ne s’améliorent pas, au contraire.

Privé du soutien allemand, le vieux continent dans son ensemble accuse le coup. L’enquête INSEE de ce matin se détériore franchement et la monnaie unique continue de payer le prix de d’inquiétudes croissantes sur la conjoncture européenne.

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La baisse de l’inflation britannique éclipsée par la mauvaise surprise sous-jacente

Globalement, les données publiées aujourd’hui sont en phase avec les perspectives d’un apaisement des tensions sur les prix. L’inflation totale, c’était attendu, est passée, en avril, de 10,1 % à 8,7 %. Le bouclier tarifaire a, en effet, largement contribué a ce résultat, comme, d’ailleurs, au ralentissement de l’inflation des prix de détail, alors même que celle des prix à la production n’a été que de 5,4 %, trois points de moins qu’en mars.

L’histoire ne s’arrête pourtant pas là. À 6,8 %, contre 6,2 % en mars, l’inflation sous-jacente a atteint son plus haut niveau depuis les années 1990. Même si cette accélération est limitée à quelques postes et peut, à ce titre, sembler temporaire, les dynamiques salariales menacent d’entretenir des tendances durablement élevées.

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L’industrie ne va pas mieux, le rattrapage des services s’étiole, sauf en Allemagne

Ralentissement en France et au Royaume-Uni, léger mieux au Japon. Pour chacun de ces pays, la livraison des PMI du mois de mai n’a rien de véritablement surprenant, confirmant le plus souvent ce qui était déjà pressenti, à savoir, globalement, une stagnation persistante de l’activité manufacturière et un essoufflement du rattrapage dans les services. L’exception est allemande où le PMI manufacturier chute de nouveau à un plus bas de 42,9, rarement observé dans son histoire, mais où, a contrario, celui des services gagne encore 1,8 points, à 57,8 points, tout aussi exceptionnel hors périodes de déconfinement de ces trois dernières années. Qu’en tirer comme enseignement ? Difficile à dire. Si l’on est tenté de rappeler que les PMI n’ont pas été les plus fiables des indicateurs en matière de croissance, notamment influencés par des effets prix, l’action du gouvernement allemand porte, peut-être, néanmoins ses fruits. L’introduction d’un tarif unique pour les transports publics, à 49€/mois, a-t-elle contribué à une plus grande mobilité de la population, aux effets dynamisants sur la demande au cours de ce mois de mai rempli d’opportunités ? L’IFO attendu demain nous en dira peut-être davantage mais, dans un contexte où l’industrie a perdu son rôle d’entrainement sur la croissance, l’influence des politiques publiques a tout lieu de prendre de plus en plus d’importance sur la conjoncture. Les indicateurs de ce matin sont moins favorables côté français où le PMI composite perd un point, à 51,4 points, plus en phase avec les retours de l’enquête INSEE du mois dernier qui avaient déjà constitué une première alerte.

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Frémissements sans plus de l’activité US sauf, peut-être, dans l’immobilier

Tant du côté des ventes de détail que de la production, les données concernant le mois d’avril, publiées aujourd’hui, n’offrent pas beaucoup de visibilité sur l’économie américaine, à ceci près qu’elles ne se sont pas dégradées davantage. A défaut d’être synonyme de rebond, avril n’aura, au moins, pas été un mois récessif.

Après un recul en février/mars, les ventes de détail à prix courants ont progressé de 0,4 %, soit autant que l’inflation totale et moins que l’inflation des biens (0,6 %). Dans ce contexte, la consommation réelle des ménages, publiée la semaine prochaine, est sans doute restée relativement stable, en tout état de cause, insuffisante pour effacer les baisses de février et mars.

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L’inflation salariale, une exception britannique qui pourrait menacer la livre

Au Royaume-Uni, les salaires hors bonus ont progressé, en mars comme en février, de 0,6 % sur un mois et de 7 % sur un an. Autrement dit, leur évolution dépasse, toujours, celle de l’inflation sous-jacente, qu’elle contribue, vraisemblablement, à entretenir. Quant aux salaires totaux (bonus compris), s’ils ont ralenti, c’est uniquement en raison d’effets de base et non d’une quelconque accalmie.

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L’économie chinoise se languit mais fait le plein des effets de base

+18,4 % en glissement annuel pour les ventes de détail, +13,5 % pour la production de services et un modeste +5,6 % pour la VA dans l’industrie : tels sont les chiffres de l’activité chinoise en avril et ils semblent, à première vue, encourageants.

Néanmoins, les données chinoises sont pour la plupart publiées à prix courants et en glissement annuel. Leur résultat est donc tout autant lié aux évolutions de prix qu’à ce qui s’est passé un an auparavant, en l’occurrence en avril 2022, marqué par une grande faiblesse de l’activité.

Au vu des informations complémentaires à disposition, le bilan qui ressort des données du jour est, en effet, bien moins encourageant qu’il n’y paraît en première lecture.

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Le PIB britannique échappe à la contraction. C’est tout, à ce stade, en attendant mieux.

Le PIB britannique s’est accru de 0,1 %, porté par le rebond de l’activité du mois de janvier. Pour la suite, février et, surtout, mars avec un repli de 0,3 % du PIB mensuel, ont été médiocres. L’acquis de croissance pour le deuxième trimestre ressort ainsi à -0,1 %, un chiffre que les mouvements sociaux et les jours fériés liés au couronnement pourraient encore abaisser.

Autre source de circonspection, la consommation des ménages a littéralement stagné. Sur un an, elle n’a finalement cru que de 0,2 %, plutôt en ligne avec ce qui a été observé dans les autres pays occidentaux. De même, les exportations se sont, de nouveau, fortement repliées. Ce sont donc les investissements des entreprises et, moins anecdotique qu’il n’y paraît, la contribution des « acquisitions moins cessions d’objets de valeur » (+1,9 point de croissance trimestrielle !) qui ont constitué les principaux soutiens à la croissance du premier trimestre.

L’économie britannique échappe à la récession antérieurement envisagée par la Banque d’Angleterre mais offre, pour l’heure, bien peu de raisons de satisfaction. Le reflux de l’inflation est impatiemment attendu.

 

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